Éphémérides : le ciel du mois d’avril 2026

Une comète qui contourne le Soleil, le rendez-vous des Pléiades avec la Lune et l’éclatante Vénus sont au menu de ce mois d’avril 2026.

C/2026 A1 (MAPS), la grande inconnue :

Ce mois d’avril 2026 sera-t-il celui de la comète MAPS ? Impossible à dire au moment de la rédaction de ces éphémérides. L’astre chevelu, découvert le 13 janvier par des amateurs, semble bien prometteur. L’évolution de sa luminosité laisse penser qu’il pourrait être assez brillant autour du périhélie (à suivre ici). Mais les comètes, c’est bien connu, n’en font qu’à leur tête. Et personne ne peut dire si C/2026 A1 (MAPS) résistera à son passage au plus près du Soleil le 4 avril. Un spectacle que tout le monde pourra vivre sans danger sur son ordinateur (voir plus bas).

Autre comète à surveiller, C/2025 R3 (PanSTARRS), à suivre ici. Elle aussi pourrait nous réserver une belle surprise durant ce mois d’avril, son périhélie ayant lieu le 19 :

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Mars 1996 : la comète Hyakutake illumine le ciel nocturne

Le mois de mars 1996 fut marqué par l’arrivée rapide de la somptueuse comète Hyakutake qui fit un passage remarqué.

Découverte inattendue :

Les plus anciens s’en souviennent : au début de l’année 1996, les astronomes surveillaient l’arrivée de la comète Hale-Bopp, repérée six mois plus tôt par deux observateurs américains. Les calculs laissaient présager d’un beau spectacle au printemps 1997, ce qui fut bien le cas. Mais le 30 janvier 1996, un astronome amateur japonais, Yuji Hyakutake, repère une nouvelle comète avec une paire de jumelles Fujinon 25X150. La comète prend son nom et fait un passage aussi rapide que remarqué :

comet

Voici l’image que j’avais réalisée à l’époque. C’est en réalité l’assemblage de deux clichés. Sur l’un, la comète prise avec un objectif de 50 millimètres de focale. La pose (sur diapo)  était de 5 minutes, le boîtier étant installé sur une monture équatoriale. Sur l’autre, un observateur à l’oculaire du télescope de 1 mètre de diamètre de Puimichel. Continuer la lecture de Mars 1996 : la comète Hyakutake illumine le ciel nocturne

Tango cosmique pour les galaxies NGC 2207 et IC 2163

Dans le Grand Chien, les galaxies spirales NGC 2207 et IC 2163 s’enlacent délicatement, dans un tango cosmique envoûtant. 

Galaxies en interaction :

Si vous aimez la douceur, vous ne manquerez pas d’admirer la tendre union entre NGC 2207 et IC 2163. Les deux galaxies que vous voyez sont blotties dans la constellation du Grand Chien. Quand vous pointerez votre télescope dans cette direction, attention quand même à l’éblouissante Sirius, située à proximité :

Vous remarquerez d’abord NGC 2207 (magnitude 11), découverte par John Herschel en 1835. Elle a naturellement pris place dans le New General Catalogue of Nebulae and Clusters of Stars (NGC) publié en 1888 par John Dreyer. En insistant un peu, vous détecterez ensuite la seconde galaxie, IC 2163, moins lumineuse (magnitude 12). Elle ne fut découverte qu’en 1898 par Herbert Alonzo Howe. Voilà qui explique son référencement ultérieur dans l’Index Catalogue (IC). Ces deux galaxies se situent à environ 135 millions d’années-lumière. L’astrophotographe Adam Block en a réalisé ce superbe portrait :

Il aura fallu 19 heures de poses avec un télescope de 61 centimètres de diamètre pour obtenir un cliché aussi détaillé. Comme vous pouvez le voir ici, ce séduisant couple galactique n’a pas échappé non plus aux télescopes spatiaux Hubble et JWST. Vous le savez peut-être, mais lorsque des galaxies interagissent, les forces de marée gravitationnelles étirent les belligérants. La collision déclenche également des flambées de naissances stellaires. Avec à la clé une profusion de jeunes étoiles bleutées et de nuages ​​de gaz. Des indices qui ne manqueront pas d’attirer votre attention en scrutant ce tango cosmique.

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La lumière cendrée salue l’arrivée du printemps

Ce 20 mars 2026 marquait le début du printemps dans l’hémisphère Nord, accompagné d’une belle lumière cendrée en soirée.

Mécanique céleste :

L’arrivée du printemps n’a rien d’arbitraire. Ce changement de saison est dicté par le mouvement apparent du Soleil. Le jour de l’équinoxe, il surplombe exactement l’équateur terrestre, éclairant à parts égales le Nord et le Sud de notre planète. Ce franchissement de l’équateur céleste s’effectue dans le sens Sud-Nord le 20 mars (c’est la même date depuis 2008 et ça le restera jusqu’en 2043). Le Soleil effectuera le franchissement inverse (dans le sens Nord-Sud) à l’occasion de l’équinoxe d’automne. Ce 20 mars, la durée du jour est égale à la durée de la nuit. Cette égalité est à l’origine du mot équinoxe, du latin æquus (égal) et noxnoctis (nuit).

La Nouvelle Lune ayant eu lieu le 19 mars, le jeune croissant était visible durant cette première soirée de printemps. Lorsque le ciel a été assez sombre, on pouvait de plus admirer une superbe lumière cendrée. Un spectacle que je n’ai pas manqué d’immortaliser. Pour l’occasion, j’ai fixé un boîtier Nikon D3200 au foyer d’une lunette Bresser 102/460. Et voici le résultat, obtenu avec une seconde de pose à 800 iso :

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Regardez passer l’ISS, avec à son bord Sophie Adenot

La seconde quinzaine du mois de mars nous offre la possibilité d’observer en soirée la Station spatiale (ISS) avec à son bord Sophie Adenot.

Meccano géant :

l’ISS (International Space Station) est un assemblage de modules et de panneaux solaires de la taille d’un terrain de football. Elle passe régulièrement au-dessus de nos têtes à plus de 300 kilomètres d’altitude. La première mission de longue durée, Expédition 1, s’est déroulée il y a vingt-cinq ans. Depuis, la Station est occupée sans interruption. Le spationaute français Thomas Pesquet y séjournait en 2021. C’est désormais au tour de Sophie Adenot. Elle est à bord de la Station depuis le mois de février dans le cadre de la Mission Epsilon.

L’ISS au-dessus du château des Carbonnières dans le Beaujolais. © Jean-Baptiste Feldmann

Il est possible de voir passer la Station spatiale dans le ciel lorsqu’elle nous survole en début ou en fin de nuit. C’est à ce moment que le Soleil (sous l’horizon) éclaire toute la structure. La Station peut alors briller aussi fort que Vénus.

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Comète C/2026 A1 (MAPS) : à quoi s’attendre ?

Découverte il y a quelques semaines, la comète C/2026 A1 (MAPS) est l’objet de nombreuses spéculations. Que peut-on réellement espérer voir ?

Lointaine mais déjà célèbre :

C/2026 A1 (MAPS) a beau être encore bien faible (magnitude 10 au moment de la rédaction de cet article), elle a déjà fait couler beaucoup d’encre. Les spéculations vont bon train, certains sites annonçant une magnitude de -20 au moment du périhélie le 4 avril 2026 ! Le 14 mars, la SAF a organisé un webinaire en présence des découvreurs de la comète. Une cinquantaine de personnes ont suivi cette cession, animée par Thierry Midavaine et Denis Huber, Vice-Président du GAPRA. L’occasion de faire le point sur cette découverte et sur ce qui devrait se passer dans les jours à venir.

La comète photographiée le 12 mars 2026. © Gerald Rhemann/Michael Jäger
Un engouement justifié :

Rappelons que C/2026 A1 (MAPS) a été détectée le 13 janvier par une équipe d’astronomes amateurs. Le récit de cette découverte est à retrouver sur le blog d’Alain Maury :

Rapidement, les calculs ont montré que cette comète faisait partie du groupe de Kreutz. Il s’agit d’un ensemble de petits astres chevelus (rattachés à la dislocation de la comète d’Aristote, observée en -371), qui s’aventurent régulièrement à proximité du Soleil. Ce groupe compte quelques membres célèbres, comme C/2011 W3 Lovejoy, et surtout C/1965 S1 (Ikeya-Seki), qui fut visible en plein jour. Une parenté qui a enflammé les imaginations, et, fait rarissime, a poussé les astronomes à chambouler le programme du JWST pour photographier ce nouvel astre chevelu :

À quoi s’attendre :

Précisons tout d’abord que la trajectoire de cette comète est malheureusement défavorable aux observateurs de l’hémisphère Nord. Ces derniers auront sans doute beaucoup de mal à l’observer au-dessus de l’horizon Ouest, dans les lueurs du couchant. Le spectacle profitera aux observateurs situés au niveau de l’Équateur et plus au Sud :

Dans un récent article, l’astrophotographe Nicolas Lefaudeux propose plusieurs scénarios d’évolution de la comète. Les spécialistes s’accordent actuellement sur la troisième option :

L’un des temps forts est fixé au 4 avril. Ce jour-là, la comète contournera le Soleil. Un spectacle étonnant que chacun pourra suivre grâce à SOHO (Solar and Heliospheric Observatory), un observatoire solaire américain :

Il suffira alors de se rendre sur la page des instruments LASCO (Large Angle and Spectrometric COronagraph). En temps normal, C2 (champ étroit) et C3 (grand champ) permettent d’étudier la couronne solaire. Mais pendant quelques heures, la comète C/2026 A1 s’invitera dans le champ de ces coronographes.

Je remercie vivement Denis Huber pour la mise à disposition des visuels qui illustrent cet article, visuels présentés durant le webinaire du 14 mars. Vous retrouverez un article de Denis au sujet de cette comète dans le numéro d’avril de la revue L’Astronomie.

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La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

C’est au mois de mars 1986 que la sonde européenne Giotto s’approcha à moins de 600 km du noyau de la célèbre comète de Halley.

La plus célèbre des comètes :

Certains d’entre vous se souviennent sans aucun doute du mois de mars 1986 et du dernier passage de la comète de Halley. Elle était devenue célèbre à partir du XVIIIème siècle grâce à Edmond Halley. Cet astronome britannique avait reconnu la périodicité de l’astre chevelu (76 ans) dont les hommes consignaient les passages depuis 611 avant J.-C. Jusqu’à récemment, les comètes inspiraient la peur. D’ailleurs, lors du dernier passage de 1910, on annonça la fin du monde. Il se trouve que les scientifiques avaient calculé que la Terre devait traverser la queue de la comète de Halley (calculs faux d’ailleurs). Et justement, on y avait détecté un gaz mortel, le cyanogène ! En réalité la proportion de ce gaz était beaucoup trop faible pour être inquiétante.

Représentation de la sonde Giotto et de la comète de Halley en 1986. © ESA

En 1986, tous les scientifiques attendaient donc avec impatience le retour de la plus célèbre des comètes. Son passage fut peu spectaculaire, mais pas moins de cinq sondes furent envoyées à sa rencontre. Outre les soviétiques Vega 1 et 2, il y eu Suisei et Sakigake pour les Japonais, ainsi que Giotto pour les Européens. Continuer la lecture de La sonde Giotto survolait la comète de Halley il y a 40 ans

L’atmosphère de Jupiter dévoile lentement ses secrets

Les observations de Jupiter ne cessent de révéler la complexité des phénomènes météorologiques qui agitent son atmosphère.

Météo de l’extrême :

L’atmosphère de Jupiter est un sujet d’étude depuis plus de 4 siècles. De Galilée jusqu’aux dernières images capturées par la sonde Juno, vortex et tempêtes joviennes intriguent les observateurs. Poussés par des vents à près de 400 km/h et sans relief pour les stopper, certains cyclones sont visibles pendant des années. Record absolu pour la Grande tache rouge (GTR), cette célèbre formation observée depuis le XIXe siècle :

Visible depuis 1831, la Grande tache rouge, est un cyclone deux fois plus grand que la Terre. C’est la plus ancienne formation météorologique connue sur Jupiter. © NASA/ESA

À l’aide des mesures fournies par les sondes interplanétaires (Pioneer 10, Voyager, Galileo et Juno, en attendant celles de Juice) les scientifiques ont commencé à dresser le portrait de cette turbulente couche nuageuse. Et progressent peu à peu dans leur compréhension des phénomènes qui s’y déroulent. Continuer la lecture de L’atmosphère de Jupiter dévoile lentement ses secrets

Le Soleil filtré par le nuage de sable venu du Sahara

Le nuage de sable du Sahara qui recouvre actuellement la France joue très efficacement le rôle d’un filtre pour observer le Soleil.

Ciel voilé :

Vous l’avez remarqué, le ciel s’est teinté d’ocre depuis quelques jours. En cause, un nuage de sable qui nous arrive tout droit du Sahara. Le phénomène est également bien visible sur nos voitures ! Pour les astronomes, ce filtre atténue considérablement les images nocturnes. Mais pour l’observation du Soleil, il a un effet positif. En temps habituel, comme je vous l’ai déjà expliqué, il est indispensable d’utiliser un filtre (comme par exemple le ASTF 80). C’est seulement à cette condition que vous allez pouvoir observer sans danger la surface de notre étoile. Mais actuellement, c’est ce nuage de particules qui joue ce rôle :

La preuve avec cette image réalisée ce matin avec mon boîtier Panasonic FZ 82. On y voit notamment quelques taches solaires, encore mieux sur le cliché réalisé quelques minutes plus tard :

Mais attention, c’est seulement lorsque le Soleil apparaît au ras de l’horizon que l’on peut réaliser ce genre d’images !  Car rapidement, notre étoile devient trop lumineuse pour être observée sans danger. Il faut alors impérativement protéger vos yeux… et le capteur de votre boîtier photo !

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L’éruption de la comète 29P/S-W se confirme

L’éruption récente de la comète 29P/S- W (Schwassmann-Wachmann) a bien provoqué l’apparition d’un halo de particules glacées.

Une comète à sursauts :

Il se passe toujours quelque chose sur la comète 29P/Schwassmann-Wachmann. Comme je vous le racontais dans mon billet du 14 février 2026, une nouvelle éruption s’est produite. Il faut dire que l’on en observe régulièrement sur cet astre chevelu découvert il y a un siècle. Ces éruptions sont causées par le cryovolcanisme. Lorsque la surface gelée du noyau de la comète se fracture, elle laisse échapper de la glace et des poussières. Chaque éruption s’annonce par une baisse d’éclat de la comète. C’est le signe que la croûte du noyau est devenue hermétique à tout dégazage. Quand la pression devient trop forte, la surface finit par céder. Dans les semaines qui suivent, on doit alors observer autour du noyau de la comète l’expansion d’un halo de particules glacées. C’est bien ce qu’a photographié Akihiro Yamazaki le 22 février dans la constellation du Lion :

30 minutes de poses avec un télescope Epsilon 180 ED permettent de visualiser ce halo. Remarquez la couleur verdâtre du carbone diatomique présent dans la comète, excité par le rayonnement solaire. L’étoile la plus brillante du champ est HD 99005 (magnitude 8,8). Notez aussi la présence d’une lointaine galaxie de magnitude 16, PGC 104111.

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