La nébuleuse de la Carène, une immense région H II

C’est depuis l’hémisphère sud qu’on peut admirer NGC 3372, la nébuleuse de la Carène, qui est l’une des nébuleuses en émission les plus étendues du ciel.

C’est en 1752 , alors qu’il effectue une mission dans l’hémisphère austral au cours de laquelle il doit mesurer l’arc du méridien, que l’astronome français Nicolas-Louis de Lacaille découvre la nébuleuse de la Carène. C’est l’une des plus grandes régions H II (hydrogène ionisé) de la Voie lactée : elle couvre une surface apparente de 3 degrés (soit six fois la Pleine Lune) ce qui, à une distance de près de 9000 années-lumière représente une taille réelle d’environ 460 années-lumière.

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L’objet le plus spectaculaire de la nébuleuse est l’étoile Eta Carinae, une hypergéante variable bleue. Nous voyons à peine cet astre à l’œil nu (sa magnitude est de 6,2), mais il a pourtant une masse 150 à 300 fois plus élevée que celle du Soleil et brille 5 millions de fois plus fort.

En 1843 les astronomes ont vu Eta Carinae devenir la seconde étoile la plus brillante du ciel après Sirius : la lumière d’une explosion survenue 8000 ans plus tôt arrivait jusqu’à nous. De cette explosion naquit une nébuleuse dotée de deux lobes symétriques (la nébuleuse de l’Homunculus) qui mesure actuellement la taille du Système solaire.

L’image ci-dessus a été prise par l’astrophotographe Babak Tafreshi (fondateur de TWAN) dans le cadre d’un projet de réalisation d’images en Ultra Haute Définition pour l’ESO. La nébuleuse de la Carène, entourée de plusieurs amas d’étoiles comme NGC 3532 et IC 2602, déploie ses pétales rouges au-dessus d’une des antennes du réseau ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array), un observatoire radiomillimétrique et submillimétrique installé sur le plateau de Chajnantor, au Chili, à plus de 5.000 mètres d’altitude.

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