Avec MUSE, le VLT surpasse le télescope spatial Hubble

Pour mieux reconstituer l’histoire de notre Voie lactée, les astronomes ont besoin d’observer de très jeunes galaxies aux confins de l’Univers, à plus de dix milliards d’années-lumière : un véritable défi car à de telles distances les galaxies sont minuscules et très faiblement lumineuses.

muse

Par le passé on a utilisé à plusieurs reprises le télescope spatial Hubble pour réaliser des images de ciel très profond en cumulant des poses sur plusieurs jours. Les images fournies révélaient une multitude d’astres dont les astronomes devaient ensuite réaliser le spectre, un long travail qui n’est toujours pas terminé.

Il y a quelques années une équipe du Centre de Recherche Astrophysique de Lyon a proposé un concept révolutionnaire : un spectrographe intégral de champ ou spectrographe 3D, qui soit à la fois un spectrographe et un imageur capable de fournir un spectre de toute source lumineuse présente dans le champ de l’instrument. En somme un outil très sensible capable de donner immédiatement (grâce à leur spectre) la localisation et la distance de très jeunes galaxies.

C’est ainsi qu’est né MUSE (Multi Unit Spectroscopic Explorer), un monstre de 5 tonnes réalisé par 7 grands laboratoires européens et installé derrière l’un des VLT, un ensemble de 4 très grands télescopes de l’ESO (8,2 mètres de diamètre) situés dans le désert chilien d’Atacama à plus de 2.600 mètres d’altitude.

MUSE a réalisé sa première image en juillet 2014 en pointant pendant quatre nuits une région de l’Univers très lointaine déjà sondée par le télescope Hubble : MUSE, qui a collecté près de 90 000 spectres à cette occasion, a déjà déniché 26 galaxies trop faibles pour être vues par le télescope spatial et les chercheurs se réjouissent déjà des nombreuses découvertes que devrait permettre ce spectrographe-imageur révolutionnaire.

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