Couvre-feu : et si on éteignait enfin l’éclairage public ?

La généralisation progressive du couvre-feu remet en cause le bien-fondé de l’éclairage nocturne. Et si on profitait de la situation pour éteindre ?

Couvre-feu pour tous ou presque :

C’est une évidence : la fin de la pandémie actuelle n’est pas pour demain. Même si la Recherche ne cesse de progresser (lire par exemple : Covid-19 : les premiers essais sur le tocilizumab se confirment), nous n’en avons pas fini avec ce virus. Le couvre-feu est aujourd’hui l’une des armes pour tenter de ralentir sa progression. 46 millions de Français sont concernés par cette mesure. Après 21 heures et jusqu’à 6 heures, la circulation des personnes est désormais interdite.

Se pose alors une question pertinente : l’éclairage nocturne des villes et villages a-t-il encore un sens ?

Quand la Nature reprend ses droits :

Le confinement au printemps 2020 nous a beaucoup appris. Rester chez soi plusieurs semaines a eu des effets psychologiques négatifs évidents. Mais cette contrainte nous a aussi montré à quel point le ralentissement des activités humaines avait un impact positif sur la nature qui nous entoure. La faune et la flore ont connu à cette époque un développement que nous n’imaginions même pas. Amélioration de la qualité de l’air, retour des dauphins le long des côtes, transparence de la lagune à Venise… Les médias ont fait à l’époque une large place aux effets spectaculaires du confinement sur la santé de la planète.

Du bon sens avant tout :

Avec le couvre-feu les communes ont l’opportunité d’éteindre l’éclairage nocturne devenu inutile. Une décision qui irait dans le sens de la protection de la biodiversité. Et qui permettrait également de substantielles économies d’énergie et financières. Certaines villes n’ont pas attendu la pandémie pour prendre de telles initiatives. Comme le rappelle l’association 3AS, la ville de Saumur (près de 30.000 habitants) expérimente l’extinction nocturne depuis plusieurs années. Avec à la clé d’importantes économies et aucune augmentation de la délinquance. Un exemple dont pourraient s’inspirer de nombreux maires de France. C’est le choix que viennent également de faire les élus de Lambersart. En éteignant l’éclairage de 23 heures à 6 heures, il espèrent économiser 15.000 euros pendant la période du couvre-feu.

L’extinction de l’éclairage public permettrait de faire des économies et de profiter de la brillante planète Mars actuellement au plus près de la Terre. © Jean-Baptiste Feldmann
Ciel pour tous :

En France la lutte contre la pollution lumineuse est menée depuis 20 ans par l’ANPCEN. Son site internet fournit une multitudes d’informations à ce sujet. Pour les astronomes comme pour les simples amoureux du ciel nocturne, l’extinction de l’éclairage public serait aussi une aubaine. Imaginez-vous en train d’admirer le ciel nocturne depuis vos fenêtres comme si vous étiez dans un planétarium ! Constellations, étoiles et planètes seraient à portée de main. Chacun pourrait admirer Saturne, Jupiter et Mars actuellement visibles en début de nuit. Ou encore la Voie lactée avant que la lumière de la Lune n’en efface la trace. Comme le disait Guillaume Apollinaire, «Il est grand temps de rallumer les étoiles. »

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5 réflexions sur “ Couvre-feu : et si on éteignait enfin l’éclairage public ? ”

  1. Bravo pour votre article sur l’extinction de l’éclairage public en période de couvre-feu. Il faut surtout s’adresser à ceux qui ont la main sur l’éclairage public, les maires.
    Sur notre site anpcen.fr il y a une lettre à adresse aux maires de votre commune :
    https://www.anpcen.fr/?id_ss_rub=127&id_actudetail=222
    Merci de relayer si vous êtes d’accord.
    Obtenir l’extinction de l’éclairage en coeur de nuit de manière pérenne est un travail de longue haleine. Ca ne se fait pas claquant des doigts. A saumur il a fallu 3 ans d’interventions, rencontres, articles.
    Amicalement,
    JLuc Colas
    secrétaire ANPCEN

    1. Militant de longues dates pour la réduction de l’éclairage public et son extinction sur des créneaux horaires négociés avec les autorités municipales, je suis partant pour participer et relayer cette initiative sur cette période de couvre feu. Je tiens seulement à vous signaler que le téléchargement de la lettre type dont vous fêtes références n’est pas fonctionnel pour des personnes non références ANPCEN, dommage pour une diffusion de masse.
      Bien cordialement
      Serge

  2. On en fait pas assez là dessus ,ça devrait devenir la première mission des mairies,les mairies,mêmes toutes petites devraient se mutualiser ét mettre en commun cet argent gagné pour se payer un eclairage moderne et dynamique ( ca ne veut pas dire “bling bling”) ca veut dire qui fonctionne quand il y a quelqu’un dessous.public ou privé l’éclairage actuel est moyenâgeux,sauf peut être pour quelques grandes villes où il est up date .
    On devrait même prospecter sur internet pour financer le changement ,beaucoup de petites communes n’ont pas les moyens des travaux ,ét se sont elles qui sont les plus économes ,çe n’est pas juste .quand elles font partie d’une communauté elles sont spoliées par les plus grosses qui leur mangent leurs economies sous prétexte de developpement de l’image de la region.
    Pourtant çe n’est pas rien de pouvoir supprimer une centrale nucléaire sur la France ,çe n’est pas rien de ne plus concourir au réchauffement climatique ,d’ avoir moins de dechet nucléaire à enfuir ,à charrier,moins d’usines à démanteler ,moins d’usines thermiques en appoint pendant l’hiver ,etc….
    Voir les propositions de Cawantec etc…

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