André Brahic en conférence à Dijon

Le mardi 9 décembre, André Brahic était l’invité de la Société Astronomique de Bourgogne (SAB). Né en 1942 à Paris, André Brahic est actuellement professeur à l’Université Paris Diderot et au Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) à Saclay. Il a participé aux deux principales missions d’exploration du Système solaire, la mission Voyager dans les années 1980 (aux côtés de l’exobiologiste Carl Sagan) et l’actuelle mission Cassini-Huygens autour de Saturne. Il est célèbre pour avoir découvert avec son équipe les 5 anneaux de Neptune en 1984, baptisés Galle, Le Verrier, Lassell, Arago et Adams. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « De feu et de glace » (2010) et « La science, une ambition pour la France » (2012).

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Enfants du Soleil : à la recherche de nos origines et de la vie dans l’Univers. L’idée d’une vie dans l’Univers n’est pas nouvelle, puisque Epicure l’évoquait déjà en 300 avant J-C, mais c’est au cours du vingtième siècle qu’elle est devenue un grand sujet de discussion.

D’un côté les progrès de la biologie moléculaire ont révélé la complexité de la vie cellulaire, donnant à penser que cette complexité ne peut être que le résultat d’un concours de circonstances exceptionnel qui ne peut se reproduire. De l’autre l’exploration de zones terrestres à priori inhospitalières (comme les sources hydrothermales observées au niveau des dorsales océaniques) nous montre que la vie se présente parfois sous des formes étonnantes là où on ne l’imaginait pas : c’est le cas avec la découverte des extrêmophiles, des organismes capables de vivre dans des conditions normalement mortelles.

L’exploration de notre Système solaire est également riche d’enseignements : des océans souterrains sur Europe et Ganymède (satellites de Jupiter), Encelade (satellite de Saturne) ou Triton (satellite de Neptune) pourraient offrir les conditions nécessaires à l’apparition de la vie. De nombreux composés organiques ont également été découverts dans les comètes de Halley, Hyakutake et Hale-Bopp et sont présents dans les nuages interstellaires.

En 1953 le chimiste américain Stanley Miller déclencha des décharges électriques dans un ballon rempli d’un mélange de gaz, reproduisant les conditions présentes sur la Terre au début de son histoire. Il découvrit ainsi quelques acides aminés primitifs, premiers maillons d’une longue chaîne conduisant à la vie. Soixante ans plus tard il est urgent pour André Brahic de retourner vers certains satellites de notre Système solaire et de s’y poser pour savoir si oui ou non les conditions requises pour permettre l’apparition de la vie se limitent à notre seule planète…

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