Io, une lune volcanique très active autour de Jupiter

Orbitant très près de la planète gazeuse géante Jupiter, Io est un satellite qui connaît une activité volcanique intense découverte en 1979.

Lorsqu’il pointe le 8 janvier 1610 sa modeste lunette en direction de Jupiter, le savant italien Galilée constate que 4 satellites gravitent autour de la planète gazeuse géante : Io, Europe, Ganymède et Callisto.

Notes de Galilée rédigées en janvier 1610 au sujet des satellites de Jupiter. © Librairie de l’Université du Michigan

Des quatre lunes galiléennes, Io est sans doute la plus surprenante. Ce brillant satellite de magnitude 5 (il serait même visible à l’œil nu s’il n’était pas perdu dans l’éclat éblouissant de Jupiter) un peu plus gros que la Lune orbite à 350.000 kilomètres de son imposante voisine, ce qui déclenche d’importants effets de marée en son sein.

L. Morabito en 1979 à côté des écrans montrant un panache volcanique sur Io. © NASA

Le 9 mars 1979, alors qu’elle analysait l’une des images transmises par la sonde Voyager 1, Linda Morabito, membre du Jet Propulsion Laboratory, détecta un nuage sur Io : elle venait de découvrir le premier exemple de volcanisme actif en dehors de la Terre.

Déjà malmené par la proximité de Jupiter, Io est également tiraillé par les passages des lunes Europe et Ganymède. Les conséquences sont spectaculaires : la surface du satellite peut se soulever d’une centaine de mètres, à comparer aux 18 mètres d’amplitude maximale des marées terrestres (dans le cas de notre planète cette déformation concerne une masse liquide, pas une croûte solide !). D’autre part l’orbite du satellite le contraint à couper les lignes du champ magnétique de la planète géante, le transformant en puissant générateur électrique : on a mesuré des courants jusqu’à 400.000 volts pour une intensité de 3 millions d’ampères !

Io, l’un des quatre satellites galiléens, connaît une forte activité volcanique. © NASA

Les forces de marée génèrent une énorme quantité de chaleur dans le satellite, maintenant liquide la majeure partie du sous-sol. La lave en fusion renouvelle constamment la surface, donnant régulièrement naissance à des éruptions qui remplissent tous les cratères d’impact (voir cette récente éruption enregistrée par la sonde Juno). La composition de cette lave est encore incertaine mais les théories suggèrent qu’il s’agit principalement de soufre fondu et de ses composés (ce qui expliquerait la coloration du sol) ou de la roche silicatée (qui rendrait mieux compte des températures mesurées). Le dioxyde de soufre est le principal constituant de la mince atmosphère qui entoure ce satellite.

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