Que fait la comète de Halley sur la Tapisserie de Bayeux ?

Parmi les multiples détails qui ornent la Tapisserie de Bayeux, figure la comète de Halley, dont le passage à cette époque marqua les esprits.

Frise historique inestimable : 

Vous avez dit Tapisserie de Bayeux ? Les puristes vous répondront qu’il s’agit en réalité d’une broderie (que l’on peut désormais explorer en ligne). En effet, elle a été cousue sur un tissu préexistant. Pour justifier du qualificatif de tapisserie, il aurait fallu que l’œuvre soit entièrement réalisée sur un métier à tisser. Mais de quoi parle-t-on exactement ? D’une toile de lin longue de 70 mètres et large de 50 centimètres, brodée par on ne sait qui à la fin du XIe siècle. Elle nous raconte les événements qui se sont déroulés entre Normands et Anglais de 1064 à 1066. Une fresque historique inestimable, qui s’achève par la bataille d’Hastings, remportée par le Normand Guillaume le Conquérant sur Harold II d’Angleterre :

Extrait de la Tapisserie de Bayeux , sur lequel la comète de Halley a été représentée comme un mauvais présage pour Harold II d’Angleterre. © Ville de Bayeux, DRAC Normandie, Université de Caen, CNRS, Ensicaen, La Fabrique de patrimoines en Normandie.

En parcourant la Tapisserie, vous y croiserez pas moins de 623 personnages, 994 animaux, un grand nombre de végétaux … et une comète !

Spectaculaire passage :

Si les astronomes sont convaincus qu’il s’agit de la comète de Halley, c’est parce que son passage en 1066 fut exceptionnel. À l’époque, elle s’approcha à seulement 15 millions de kilomètres de la Terre. Par comparaison, en 1986, elle était à 63 millions de kilomètres :

En 1986, le passage de la comète de Halley (ici depuis l’Observatoire du Pic du Midi de Bigorre), fut beaucoup moins spectaculaire qu’en 1066. © Olivier Sauzereau.

Pendant quelques nuits du printemps 1066, le noyau de l’astre chevelu fut aussi lumineux que Jupiter. Quant à sa queue de gaz et de poussière, elle s’étira sur un quart de la voûte céleste ! Autant dire que, dans un ciel exempt de pollution lumineuse, la comète ne passa pas inaperçue. Et les chroniqueurs ne manquèrent pas d’y voir à postériori un heureux présage pour les Normands, malheureux pour les Anglais. Notons d’ailleurs qu’à l’époque, elle ne s’appelait pas encore comète de Halley. Il faudra attendre la fin du XVIIe siècle pour qu’elle prenne le nom de l’astronome britannique Edmond Halley. C’est lui qui déterminera sa périodicité (76 ans environ) grâce à ses calculs.

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