Le ballon d’un jeune Québécois atteint la stratosphère

Tristan Leblanc, jeune Québécois de 17 ans, a construit et envoyé une petite nacelle et son ballon dans la stratosphère à plus de 32 kilomètres d’altitude.

L’espace fait toujours rêver ; il suffit pour s’en convaincre de voir l’engouement que suscitent des projets comme le lancement de la Tesla d’Elon Musk en février 2018 ou encore le saut de Felix Baumgartner depuis la stratosphère en 2012. Sans parler du cinquantenaire du premier Homme sur la Lune que nous fêterons en 2019 et qui devrait faire naître de nombreuses vocations.

Outre de solides connaissances scientifiques, de tels exploits nécessitent de gros investissements. Mais la passion et l’intelligence permettent parfois de belles réalisations avec peu de moyens : exemple avec Tristan Leblanc qui vient de lancer son propre ballon stratosphérique.

Ce jeune Québécois passionné par l’espace depuis longtemps a été marqué par l’éclipse de Soleil qui s’est produite le 21 août 2017 (un superbe phénomène filmé par l’astrophotographe français Olivier Sauzereau). Il s’est alors demandé à quoi ressemblait le passage de l’ombre lunaire sur notre planète au cours de l’éclipse si on l’observait depuis l’espace. Tristan Leblanc a donc décidé de réaliser une nacelle accrochée à un ballon qui pourrait s’élever jusqu’à la stratosphère.

C’est durant l’éclipse de Soleil du 21 août 2017 que Tristan Leblanc (à gauche) a imaginé son projet de ballon stratosphérique pour voir la Terre d’en haut.

Les ballons stratosphériques sont des ballons dilatables remplis d’hélium (beaucoup moins dangereux que l’hydrogène utilisé autrefois) qui peuvent s’élever jusqu’à 50 km d’altitude. Ils servent à analyser la composition de l’atmosphère et à réaliser des observations astronomiques comme l’étude des rayons cosmiques. C’est dans une nacelle enlevée par un ballon de ce type que l’aéronaute suisse Auguste Piccard (le grand-père de Bertrand Piccard) s’éleva à plus de 15 km d’altitude en 1931.

Réalisée en styromousse, la nacelle IBICTTS suspendue à son ballon contient deux caméras destinées à filmer le vol et la petite pomme de terre Billy qui va faire le voyage.

Seconde couche de l’atmosphère terrestre coincée entre la troposphère en dessous et la mésosphère plus haut, la stratosphère s’étire en gros de 10 à 50 kilomètres au-dessus du sol. C’est dans la stratosphère que se situe la couche d’ozone dont on connaît l’importance (ce gaz absorbe en partie le rayonnement ultraviolet du Soleil qui est nocif à forte dose et régule les températures).

Gonflé à l’hélium, le ballon est prêt à emporter la nacelle IBICTTS dans la stratosphère. Un parachute freinera le retour sur Terre.

Pendant près d’un an Tristan a travaillé (tout seul) sur ce projet : se documentant sur Internet, il a fait une multitude de tests pour trouver les produits les mieux adaptés aux conditions du vol (l’ennemi numéro un étant le froid rencontré dans la stratosphère). Il a finalement conçu une petite nacelle en styromousse surnommée IBICTTS (pour I Believe I Can Touch The Sky) qui contenait deux caméras et un système de localisation, l’ensemble étant alimenté par deux batteries.

Vue imprenable pour la petite pomme de terre Billy à plus de 32 kilomètres d’altitude.

Accrochée à un ballon d’environ 1.8 mètre de diamètre, la nacelle a été lancée il y a quelques jours avec succès : la mission (surnommée Strato 1 par Tristan) a emmené une petite pomme de terre (Billy) à un peu plus de 32 kilomètres d’altitude au cours d’un voyage d’environ 3 heures. Une fois dans la stratosphère le ballon (qui avait triplé de volume) a explosé et la nacelle est revenue tranquillement sur Terre au bout d’un parachute, se posant dans une exploitation agricole laitière située à 232 kilomètres de son point de départ. Gageons qu’après ce succès, Tristan n’en restera pas là ; il se murmure qu’une mission Strato 2 est en projet…

Succès total pour la mission Strato 1 : après s’être élevée à plus de 32 kilomètres dans la stratosphère, la nacelle IBICTTS a atterri sans encombre dans une exploitation agricole.

6 réflexions sur “ Le ballon d’un jeune Québécois atteint la stratosphère ”

  1. Bonjour Tristan, je suis bouleversé par ton exploit. Admirablement réussi. Tu es un exemple à suivre pour ceux de ton âge. J’espère que Billy n’a pas le vertige car il a dû passer un très mauvais quart d’heure là-haut! J’ai 64 ans mais je me sens comme à 18…si jamais tu as besoin d’aide dans tes projets, je pose ma candidature. Bien que je sois en fauteuil roulant, il y a plusieurs choses dont je suis encore capable: faire de la recherche, écrire et communiquer notamment.
    Ok, félicitations!

    1. Merci pour votre proposition, Guy ; n’hésitez pas à prendre directement contact avec Tristan en lui envoyant un message sur Facebook par exemple !

  2. Bravo ! ou comment trouver une patate émouvante ..
    En espérant qu’elle finira dans une vitrine et non pas en purée ..
    Merci aux initiateurs de ce projet , de petites choses comme ça qui font du bien , nous font rêver , nous qui restons collés au sol .
    Xav.

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