La lumière cendrée aux côtés de l’étoile Aldébaran

Vendredi soir 28 avril la jeune Lune et sa lumière cendrée glissaient doucement devant l’amas des Hyades, non loin de la brillante Aldébaran.

Avez-vous déjà entendu parler de la lumière cendrée ? Cette douce clarté, environ 10.000 fois plus faible que la Pleine Lune, permet de distinguer le reste du disque lunaire juste avant ou après la Nouvelle Lune, quand le croissant est assez fin pour ne pas trop nous éblouir. Alors que ce croissant reçoit directement les rayons solaires, le reste de la surface lunaire est très légèrement éclairé par la lumière solaire que la Terre renvoie dans l’espace (les océans et les nuages terrestres jouent un peu un rôle de miroir). Le disque lunaire semble gris clair comme de la cendre, ce qui explique le nom de lumière cendrée.

Pour bien voir la lumière cendrée il est nécessaire de faire une pose photographique assez longue : cette image représente 6 sec de pose à 400 iso avec un objectif de 200 mm de focale (ouverture 7,1), le boîtier étant installé sur une monture équatoriale motorisée pour compenser la rotation de la Terre.

Même si l’amas des Hyades compte environ dix fois moins d’étoiles que Messier 45, le célèbre amas des Pléiades, il est également très intéressant à observer car c’est l’amas ouvert le plus proche du Système solaire (150 années-lumière). Les astrophysiciens ont remarqué que les étoiles des Hyades et de l’amas de la Crèche (M 44), ont des caractéristiques communes, preuve qu’elles sont nées dans la même région de notre Galaxie.

Curieusement, l’étoile la plus brillante des Hyades, Aldébaran (qui représente l’œil du Taureau), est deux fois plus proche de nous et ne fait donc pas partie de l’amas. C’est elle qui brille à droite du croissant de Lune, les autres étoiles faisant partie de l’amas des Hyades.

4 réflexions sur “ La lumière cendrée aux côtés de l’étoile Aldébaran ”

  1. Superbe la photo,
    je vois que tu as franchi un cap, je suis curieux de connaître le matériel utilisé : quelle monture, quel boitier et quel objectif et quelles sont les difficultés que tu as rencontrées pour réaliser ce cliché ?
    Merci
    Amitiés

    Louis

  2. Merci Louis, effectivement le suivi permet un gain appréciable en luminosité 🙂 La monture est une simple EQ1 avec platine photo et moteur : https://www.maison-astronomie.com/montures/2881-monture-equatoriale-eq1-platine-photo.html La mise en station se fait en pointant l’appareil photo avec le 50 mm ouvert à 1,8 en direction de la polaire et en zoomant sur l’écran pour la centrer (avec un objectif aussi lumineux la polaire se voit très bien avant qu’il fasse nuit). Le boîtier est toujours le Nikon D3200 sur lequel j’ai monté un vieux 70-300 mm pour boîtier argentique. Je diaphragme l’objectif de 2 crans pour améliorer le piqué.
    Je peux poser 6 sec sans filé avec 200 mm de focale, donc en théorie 25 sec avec mon 50 mm (ou addition de 5 poses de 5 sec) ou encore 2,5 minutes avec mon 8 mm (ou addition de 5 poses de 30 sec) ; à tester cet été sur la Voie lactée 🙂

  3. Très encourageant de voir qu’on peut réaliser de très belles images avec un « réflex de type amateur » (D 3200 Nikon) . Souvent les images présentées dans les revues sont réalisées avec du matériel sophistiqué (boitier + télescope + suivi) dont le prix est hélas hors de portée des simples amateurs curieux du ciel.

    1. Tout à fait, Pierre : tirer le maximum d’un matériel simple, c’est une philosophie qui me tient à coeur 🙂

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