Plusieurs télescopes scrutent la Lune en permanence pour enregistrer les flashs d’impacts provoqués par la chute de météorites.
La Lune bombardée :
Sur la Lune, les impacts de météorites sont loin d’être négligeables. On estime même qu’il pourrait y en avoir une dizaine par heure ! C’est un nombre impressionnant, mais somme toute assez normal. Car, contrairement à la Terre, la Lune ne dispose pas d’une atmosphère protectrice pour échauffer et désintégrer la plupart des météorites. Les impacts y sont donc fréquents :

La chute la plus spectaculaire est certainement celle du 25 juin 1178. Elle fut consignée par cinq moines anglais. Ce soir là, ils virent “une torche embrasée qui vomissait des flammes” sur le bord du croissant lunaire. Les astronomes y ont depuis localisé un cratère de 22 kilomètres de diamètre. La “jeunesse” de cet impact est confirmée par une série de rayons clairs tout autour. Hormis cet événement, seuls les impacts les plus lumineux ont été détectés pendant longtemps, un peu par hasard. Mais cette situation est en train de changer.
Astre sous surveillance :
Depuis 2017, le programme NELIOTA est dédié à la surveillance des flashs lunaires. Financé par l’ESA, il mobilise un télescope de 1,2 mètre en Grèce, doté d’une caméra qui prend trente images par seconde. Les observations, qui se déroulent entre le Dernier et le Premier Quartier, ont permis d’enregistrer de nombreux flashs :
En France, c’est sur le plateau de Calern que se met en place le programme TILT (pour Twin Impact Lunar Telescope). À terme, TILT se composera de trois stations d’observation chargées de la détection de ces flashs. Avec un double objectif à la clé. D’une part, en apprendre un peu plus sur les impacts lunaires (fréquence, énergie dégagée…). D’autre part, cette surveillance devrait permettre d’améliorer notre connaissance de l’intérieur de la Lune :
Dans le futur, on peut penser que ces mesures seront enrichies par celles du sismomètre SPSS. Comme son nom l’indique, l’instrument South Pole Seismic Station doit opérer depuis le Pôle Sud lunaire. À charge pour la mission Artemis IV, prévue en 2028, de l’installer. De leur côté, les astronomes amateurs ont toujours un rôle à jouer. Car lorsqu’ils filment la surface lunaire, ils peuvent enregistrer par hasard un de ces flashs. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à plusieurs d’entre eux, à l’occasion de l’éclipse de Lune du 21 janvier 2019.
Vous pourriez aimer :
- En couleurs, la Lune révèle son histoire géologique
- En vidéo : la Lune insolite de Darya Kawa Mirza
- W. H. Pickering, l’astronome qui aimait (trop) la Lune
Suivez l’actualité astronomique et découvrez mes images du ciel en vous abonnant à Cielmania sur Facebook.

