À la découverte des étoiles doubles Mizar et Alcor

Dans la constellation de la Grande Ourse les étoiles doubles Mizar et Alcor n’ont cessé de surprendre les astronomes depuis qu’ils les observent.

L’une des constellations les plus célèbres est appelée Grande Ourse ou Grand Chariot. Il s’agit de la troisième plus grande constellation du ciel mais on a souvent tendance à la réduire à ses sept étoiles les plus brillantes dont la forme évoque une casserole : les étoiles du manche sont Alkaïd, Mizar et Alioth, celles du récipient sont Megrez, Phecda, Merak et Dubhe. Cette constellation est circumpolaire comme celle de Cassiopée, ce qui signifie qu’elle ne se couche jamais pour un observateur situé aux latitudes de la France.

Nous allons aujourd’hui nous intéresser à l’étoile Mizar qui possède un compagnon très proche, Alcor. La légende veut que tout archer capable de distinguer les deux étoiles à l’œil nu était admis dans l’armée de Gengis Khan, le terrible chef mongol.

Mizar (Zeta Ursae Majoris) est une étoile de magnitude 2,27 ; Alcor (0 Ursae Majoris) est un peu plus faible (magnitude 3,99) et en est distante de 11,5 minutes d’arc, ce qui représente environ le tiers du diamètre apparent de la Pleine Lune. Ce couple d’étoiles se trouve à un peu moins de 80 années-lumière de la Terre.

Jusqu’à l’époque de Galilée les hommes ne voyaient là que deux étoiles très proches, mais l’invention de la lunette astronomique et ses perfectionnements allaient peu à peu changer notre vision de ce couple céleste.

Vers 1650 l’astronome italien Giovanni Battista Riccioli constate que Mizar est elle-même une étoile double : Mizar B (magnitude 4) tourne autour de Mizar A. Puis en 1889 c’est l’astronome américain Edward Charles Pickering qui parvient à dédoubler Mizar A et en 1908 on découvre que Mizar B est également une double ! Nous en sommes donc à un système quintuple : Mizar A (2 étoiles), Mizar B (2 étoiles) et Alcor. Vous suivez toujours ?

Dernier rebondissement en 2009, quand Éric Mamajek (University of Rochester) découvre avec ses collègues que Alcor est également un système binaire, portant à six le nombre de composantes du système Mizar-Alcor, en attendant peut-être de nouvelles découvertes…

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