Chappe d’Auteroche, mort pour la science le 1er août 1769

Il y a tout juste un quart de millénaire – le 1er août 1769 – disparaissait un de ces héros oubliés de l’histoire des sciences : Jean Chappe d’Auteroche. Cela se passait très loin de son Auvergne natale (il était né en 1728 à Mauriac), en un lieu désolé de la Basse-Californie du Sud, aujourd’hui San José del Cabo au Mexique. Conclusion tragique d’une vie d’aventures tout entière vouée à la science, plus particulièrement à l’astronomie et plus spécifiquement aux deux événements célestes marquants qu’ont été en 1761 et 1769 les transits de la planète Vénus devant le disque du Soleil. J’en raconte l’histoire dans mon roman historique Le Rendez-vous de Vénus, publié en 1999.

Dans ce billet-hommage je reproduis  quelques extraits choisis, mais j’en profite surtout pour dévoiler une riche iconographie qui ne pouvait figurer dans le roman.

Jean Chappe d’Auteroche, mort pour la science le 1er août 1769 à San José del Cabo (Mexique)

 

Un aperçu général de la vie et de l’œuvre de Jean Chappe d’Auteroche n’est pas mon propos : vous le trouverez ici sur Wikipédia. Place maintenant à l’imagination, documentée cependant par une étude approfondie des sources historiques. Voici par exemple comment dans mon roman j’ai imaginé la première rencontre entre le héros narrateur, l’astronome Joseph-Jérôme Lefrançois de Lalande, et l’abbé Chappe, ce dernier ayant déjà embrassé l’état ecclésiastique lui permettant de se livrer à sa passion pour les sciences :

« Chappe était un garçon d’une vingtaine d’années dont le visage rond et jovial, la bouche gourmande, les cheveux de jais et l’œil bleu sombre sous un sourcil net lui donnaient un aspect de virilité extraordinaire. Virilité soulignée encore par des joues qui, soigneusement rasées à l’aurore, devenaient bleues à midi. Ses muscles semblaient devoir faire éclater à chaque mouvement les habits noirs de l’abbé. Il était très grand et massif. Plus de six pieds et… Ah sacré nom, alors que le système métrique est l’une des plus intelligentes réformes que nous ait léguées la Révolution, je n’arriverai donc jamais qu’à radoter mes pouces et mes coudées ! Chappe mesurait un mètre, huit décimètres et cinq centimètres … À peu près. Je pensai alors que cet homme-là devait plaire aux femmes.
En le voyant perdu dans ses pensées, je m’amusai à lâcher un tonitruant “ Bonjour, monsieur l’abbé ”, rien que pour le plaisir de le voir sursauter, le sachant, malgré ses allures d’athlète, d’un naturel distrait. Il ne sursauta pas, mais pour répondre à mon salut, lança son index vers son chapeau. Dans le mouvement, son coude se leva et le portefeuille qu’il tenait serré sous son bras chuta sur les gravillons de l’allée. En ce début de mois de mars – cela faisait donc sept mois que j’étais à Paris – il soufflait un vent frisquet, qui emporta sur la pelouse quelques papiers échappés de la serviette tombée à terre. Je me lançai à leur poursuite. J’arrivai enfin à les ramasser, jetai un œil dessus, et revins, en les lisant, vers l’abbé. Il tendit la main pour les récupérer, mais je continuai à examiner les documents. Enfin, je levai la tête et dis en lui tendant les feuilles ramassées :
– Vous travaillez donc sur les tables de Halley, monsieur l’abbé ?
En prononçant ces mots, je devais être bien fat. Chappe émit un sifflement admiratif et dit :
– Eh bien mon garçon, si je m’attendais à ce qu’un enfant… Vous alliez chez le père Désastre ?
Tel était le sobriquet du libraire dont la boutique jouxtait l’Observatoire, et qui répétait avec fierté qu’il était “ le libraire des astres et des planètes ”.
– Oui-da, mon garçon, répliquai-je avec insolence, vexé que ce grand dadais me traitât comme un gamin. Et moi, ajoutai-je, je m’étonne qu’un ecclésiastique essaie de violer les mystères de la divine Providence.
L’abbé Chappe rougit, s’excusa mille fois de sa grossièreté, puis mille nouvelles fois quand je lui appris mon âge en me vieillissant de deux ans. Je n’avais pas encore compris que mon intérêt était au contraire de m’afficher en enfant prodige.
– Comprenez, m’expliqua-t-il comme pour se justifier, je ne suis pas entré dans les ordres par vocation, mais ce costume me permet de vivre décemment tout en me consacrant à la science. D’ailleurs, je ne suis pas le seul dans ce cas. Dès que le titre de savant me procurera enfin une considération et une existence moins équivoques, je renoncerai à cet état. Et vous ?
– Mon propre maître, le père Béraud, à Lyon, m’a suggéré de faire de même, mais ma famille s’y est opposée.
Plantés au milieu de l’allée, nous devînmes les meilleurs amis du monde. »

Je rappelle brièvement que, dans l’ordre des planètes du système solaire, Vénus se situe entre le Soleil et la Terre. Donc, à certaines périodes, la planète de l’amour passe exactement devant le disque de Phébus, comme un grain de beauté qui défile lentement. Cet événement est cependant assez rare : des conditions très particulières doivent en effet être réunies pour que Vénus, le Soleil et la Terre soient exactement alignés. Normalement, si le plan de l’orbite de la Terre était exactement le même que celui de Vénus, on le verrait relativement souvent. Mais comme les deux plans sont inclinés, il faut attendre une configuration très précise, à savoir le passage de Vénus sur la ligne des nœuds, lequel ne se produit que deux fois par siècle environ, groupés à 8 ans d’intervalle.

Configurations orbitales permettant le transit de Vénus devant le Soleil lors de ses passages aux nœuds ascendant et descendant. L’inclinaison des plans orbitaux de la Terre et de Vénus est ici très exagérée pour la clarté du schéma.

Les deux derniers transits de Vénus ont eu lieu le 8 juin 2004 et le 5 juin 2012. J’ai eu la chance d’y assister dans les meilleures conditions qui soient – le premier à l’Observatoire de Paris, le second à Tahiti, là même où le capitaine Cook avait effectué ses observations ! Mais auparavant je m’étais passionné pour les extraordinaires aventures humaines et scientifiques liées aux deux passages de Vénus du XVIIIe siècle, grâce auxquels les astronomes ont pu mesurer pour la première fois la distance Terre-Soleil avec une marge d’erreur réduite. Cette mesure a constitué un jalon très important de l’histoire des sciences, permettant de définir une unité de distance astronomique et, à partir d’elle, de commencer à arpenter l’Univers.

A gauche, la carte publiée par Lalande des passages de Vénus devant le Soleil de 1761 et 1769 observés en différents lieux de la Terre. Comme on le voit, les cordes tracées sur le Soleil par le passage de Vénus ont des positions et des durées légèrement différentes, en fonction de la latitude des lieux d’observation. Ce sont ces différences qui, par des calculs géométriques relativement simples proposés par Edmund Halley, permettent d’estimer la parallaxe solaire, laquelle fournit la distance Terre-Soleil. A droite, succession de clichés photographiques pris à l’Observatoire de Paris lors du transit de Vénus de juin 2004. La configuration était très proche de celle de 1769.

Selon une méthode initialement proposée dès 1716 par Edmund Halley, pour effectuer cette mesure (que l’on appelle parallaxe solaire), il fallait chronométrer la durée de transit de Vénus devant le disque du Soleil (qui dure environ 6 heures) depuis différents points du globe les plus éloignés possibles les uns des autres. Des expéditions internationales très coûteuses et très dangereuses – les pays concernés étant à l’époque souvent en guerre – furent ainsi lancées aux quatre coins du monde, marquant le début de l’internationalisation de la science. Les détails techniques de la méthode de Halley et des expéditions qui ont suivi se trouvent dans les deux ouvrages ci-dessous parus en 2004, dont j’ai rédigé des chapitres et une préface.

Pour les expéditions de Chappe d’Auteroche, le « must » est de se plonger dans ses relations originales, que l’on peut trouver par exemple à la bibliothèque historique de l’Observatoire de Paris, où j’ai passé de longues heures à les étudier pour ma documentation!

Le chapitre XII du Rendez-vous de Vénus est entièrement consacré à l’extraordinaire expédition de Chappe en Sibérie à l’occasion du transit de Vénus de juin 1761, et le chapitre XIX à la non moins extraordinaire expédition de 1769 au Mexique – celle-là même qui lui fut fatale.

En haut, le long trajet de Chappe à travers l’Europe et la Russie pour rejoindre Tobolsk, ville de l’Oural aux portes de la Sibérie. En bas, carte géographique de l’Oural publiée par Chappe dans son compte-rendu de voyage.

Le voyage en Sibérie a fait l’objet d’une description détaillée par Chappe lui-même, dans 4 volumes richement illustrés publiés à Paris en 1768 sous le titre à rallonge  « Voyage en Sibérie, fait par ordre du roi en 1761. Contenant les mœurs, les usages des Russes et l’état actuel de cette puissance; la description géographique & le nivellement de la route de Paris à Tobolsk; l’histoire naturelle de la même route; des observations astronomiques, & des expériences sur l’électricité naturelle, enrichi de cartes géographiques, de plans, de profils du terrain; de gravures qui représentent les usages des Russes, leurs mœurs, leurs habillements, les divinités des Calmouks, & plusieurs morceaux d’histoire naturelle ».

Le voyage entrepris par Chappe d’Auteroche fut principalement consacré aux observations astronomiques, mais aussi à la recherche de minéraux et aux nivellements des terrains. Sa relation renferme des considérations assez originales mais polémiques sur le génie des Russes en général, la forme de leur éducation, leurs progrès dans les sciences et les arts, la population du pays, le commerce, la marine et les armées de cette puissance. Très « politiquement incorrect » avant l’heure, Chappe d’Auteroche dénonce le despotisme qui avilit l’âme et fait de l’homme une « denrée de commerce ». Notons au passage que le capitalisme d’aujourd’hui est une autre forme de despotisme aboutissant exactement – et plus efficacement – au même résultat ! Le propos de Chappe déplut vivement à l’impératrice Catherine II, qui l’avait royalement accueilli à St Pétersburg au début de son périple et s’est sentie trahie. Quelques années plus tard, elle répliqua page par page à l’abbé par un « Antidote ou Examen d’un mauvais livre superbement imprimé ».

Illustrations tirées du voyage de Chappe en Sibérie, par le graveur Jean-Baptiste Le Prince. En haut, deux scènes de la vie paysanne. En bas, un intérieur d’habitation russe et une expérience de Chappe sur l’électricité.

L’édition originale est de fait magnifiquement illustrée. Peintre messin formé dans l’atelier de Boucher, Jean-Baptiste Le Prince (1740-1781) a réalisé l’essentiel des scènes de genre et d’intérieur. Ses compositions sont celles d’un témoin oculaire. En effet, en 1758 il avait rejoint ses frères musiciens fixés à Moscou et passant cinq ans en Russie, vivant de sa peinture et voyageant à travers l’empire. C’est là qu’il se lia avec Chappe d’Auteroche et participa à l’expédition de Sibérie.

Illustrations du Supplice du Grand Knout et du Supplice des Batogues, par Jean-Baptiste Le Prince. C’est ce genre de description qui a fortement fâché l’impératrice de Russie…

Après le voyage en Sibérie qui lui avait fait braver les neiges et les glaces du Nord, Chappe s’engage six ans plus tard dans un voyage très contrasté qui lui fait affronter les ardeurs d’un soleil brûlant. La Basse-Californie est à l’époque une presqu’île inculte et peu habitée, mais jugée l’un des lieux de la planète les plus propres à l’observation du transit de Vénus du 5 juin 1769. Mandaté par l’Académie des Sciences et sous autorisation royale, Chappe se rend donc en Basse-Californie après une longue et périlleuse traversée du Mexique, alors sous dépendance espagnole. Pour des raisons diplomatiques il est accompagné de deux officiers de marine et astronomes du roi d’Espagne, Vicente Doz et Salvador Médina. Côté français, Chappe engage Pauly- ingénieur géographe-, Alexandre Jean Noël – jeune élève de Joseph Vernet à l’Académie de peinture-, l’horloger Dubois, l’interprète Signoret et un domestique surnommé Barcelonnette.

Le voyage de Chappe en Basse-Californie. Parti de Cadix et après deux escales aux Iles Canaries et à la Martinique, le navire, l’Angerville, a accosté à Vera Cruz. S’ensuivit une longue et périlleuse traversée du Mexique.
Plan de la ville de Mexico établi par Pauly lors de leur passage dans la capitale du pays.

Le dessinateur Alexandre Jean Noël, alors âgé d’à peine 17 ans, accompagne Chappe dans son expédition et l’illustre par une série de dessins dépeignant leur périple, les curiosités du pays ainsi que les mœurs et coutumes locales.

Outre ses talents d’illustrateur, Alexandre Jean Noël se passionne pour les sciences naturelles. A gauche, un lézard de Californie (proche de l’iguane), à droite, des structures cristallines et autres curiosités.
Intérieur d’une habitation
Vue du village de San José del Cabo et mission.
Dessin du transit de Vénus du 5 juin 1769 figurant dans le journal autographe de Chappe d’Auteroche (Bibliothèque de l’Observatoire de Paris)

Quelque temps après leur arrivée en Californie, une épidémie de fièvre jaune – que les locaux appellent « vomito negro » – se déclare dans la région et décime la population locale. Tandis que les équipages désertent, les membres de l’expédition scientifique prennent le risque de poursuivre la mission sur place. Le transit de Vénus est observé avec succès le 5 juin,  Chappe en dessine la configuration.

Dès lors la situation s’aggrave. Les membres de l’expédition vont succomber à tour de rôle, à l’exception de Pauly, qui rapportera à Paris les résultats et les instruments, et du jeune et robuste Noël. Chappe lui-même s’éteint le 1er août 1769, mais satisfait, en expirant, d’avoir rempli la mission pour laquelle il avait été mandaté.

C’est au cours de mes travaux de documentation pour l’écriture du roman que j’ai découvert à la bibliothèque historique de l’observatoire de Paris le dramatique compte-rendu de l’expédition de Chappe en Californie ramené par Pauly et publié en 1772 par César-François Cassini.  Au lieu de plier bagage pour échapper à l’épidémie de fièvre jaune, Chappe, jusqu’alors préservé, décide de rester pour aider à soigner les malades, mais il attrape le mal à son tour. Dès lors, moribond mais mû par un zèle inaltérable pour la science, il s’attache à accomplir son ultime observation astronomique : une éclipse de Lune. C’est avec une extraordinaire émotion que j’ai transcrit dans mon roman l’épisode final (un Lalande âgé en est le narrateur).

« Deux semaines durant, Chappe se dépensa sans compter, allant du village à la mission, soignant, consolant et parfois guérissant. L’ingénieur Pauly, remis sur pied, le supplia en vain de quitter les lieux, de se rendre avec tous les malades jusqu’au cap où ils avaient débarqué, et d’attendre dans un air plus sain le retour de leur bateau. Chappe refusa net. La plupart des survivants de l’expédition étaient intransportables. De plus, il lui aurait semblé lâche d’abandonner les misérables du village qui avaient, plus que jamais, besoin de ses soins. Surtout, mais il ne l’avoua pas, il attendait avec impatience le matin du dix-huit juin. Ce jour-là en effet, on prévoyait une éclipse de lune.
Chappe, mon ami, ta vie valait-elle un phénomène qui apporterait si peu à notre science ?
Ce matin-là, péniblement, il se hissa jusqu’en haut du clocher de la mission jésuite de San José. Je n’ai aucune raison de douter du témoignage de Pauly qui me rapporta ces faits. Selon ce géographe, mon ami avait toute conscience que ce serait l’ultime observation de sa vie. Pour cela, il mit un soin particulier à l’accomplir. Le phénomène dura un peu plus de six heures.
Oui, sans doute, il savait qu’il allait mourir. Je garde toujours avec moi un double des derniers mots qu’il écrivit. Je sais où sont les taches dont sa sueur macula le papier :
            » Dix heures quarante cinq : on aperçoit à la vue que la Lune entre dans la pénombre. A onze heures et huit minutes l’éclipse a commencé. L’ombre est si claire et la lune si bien terminée que je pense avoir terminé ce commencement trop tard.
… Ce commencement trop tard.
Les cratères entrent dans l’ombre les uns après les autres : Grimaldus, Galileus, Gassendus, Keplerus, Aristarchus, Tycho. N’est-ce pas le sort des astronomes que d’entrer ainsi dans l’ombre ? et moi qui n’atteindrai jamais la célébrité des précédents, la grande ombre va-t-elle me saisir bientôt, m’engloutir à tout jamais, dans l’oubli ? »
Une fois son observation de l’éclipse de lune achevée, il demanda à Pauly et à Barcelonnette de l’aider à descendre du clocher. Les deux hommes, eux-mêmes très faibles, eurent beaucoup de mal à traîner ce colosse jusqu’au réfectoire. Quand il fut allongé sur son lit de camp, il demanda :
– Barcelonnette, vous me la faites cette saignée ?
L’autre s’exécuta. Il rata la veine, mais après bien des tâtonnements, finit par extraire quelques palettes de sang.
– Ne vous acharnez pas, mon garçon. Et n’essayez pas de me purger. Monsieur Doz a sans doute triché, au jeu du pile ou croix, pour flatter la médecine française. Purge, saignée ? Allons, il n’y a rien à faire. Je suis le dernier à être malade, il est normal que je sois le premier à partir. Qu’importe. J’ai rempli mon contrat.
Il ferma les yeux. »

Alexandre Jean Noël : La mort de l’abbé Chappe en Californie entouré d’iguanes, d’instruments scientifiques et en présence d’Amérindiens.
Enterrement de Chappe d’Auteroche à San José del Cabo

Pour conclure sur une note moins lugubre et comme déjà dit plus haut, atteint de la fièvre jaune Alexandre Jean Noël en a réchappé. Il est mort paisiblement à Paris en 1834, après une longue carrière dans les gouaches et les aquarelles de marines et de paysages…

Coup de vent en mer, gouache d’Alexandre Jean Noël (Musée du Louvre)

17 réflexions sur “ Chappe d’Auteroche, mort pour la science le 1er août 1769 ”

  1. Bonjour!

    Quel beau billet! Merci Monsieur l’auteur de nous donner l’occasion de lire et de chercher en essayant de comprendre.

    Une occasion de nous interroger et d’interroger l’autre…

    Dans votre précédent billet indicateur de la ligne du ciel, un dernier commentaire mentionne non par hasard Jean Chappe d’Auteroche.

    Que peut-on dire de cet abbé sans se répéter qui soit inconnu ou oublié de l’encyclopédie en ligne?

    Peut-être cette observation que va lire sans doute un ami russe de Mr Bardou, faite par le célèbre astronome :

    « On m’écrivit que de ce pays sortiraient au premier moment des peuples entiers qui, comme les Huns, viendraient s’emparer de notre petite Europe; j’ai trouvé au lieu de ces peuples, des marais et des déserts. »

    Au milieu du XIX ème siècle en France, les gens instruits, tel cet auteur d’une biographie universelle, F-X de Feller, à propos de ce savant ecclésiastique estiment que ses observations n’ont pas répandu sur l’astronomie des lumières dignes d’un tel sacrifice à la cause de la science.

    Pour eux, les soins avec lesquels on a comparé les observations de l’abbé avec celles de Cajanebourg et de Wardhus, n’ont pu déterminer la parallaxe de cet astre avec assez de précision et de certitude, pour en déduire un calcul qu’on puisse regarder comme fixe et immuable.

    Cependant, cette biographie universelle commet quelques erreurs avec la date de naissance de Chappe d’Auteroche (1722 au lieu de 1728) et la date d’édition originale de l’ouvrage de C-F Cassini de Thury (1722 au lieu de 1772).

    Un Dictionnaire encyclopédique universel (1996) ignore le célèbre astronome auvergnat.

    Gaston Bachelard mentionne son neveu Claude Chappe dans son livre « L’engagement rationaliste », page 93. Une très belle page.

    L’abbé Chappe d’Auteroche avait dit en quittant Paris : » Si j’étais sûr de mourir le lendemain de mon observation, ce ne serait point un motif pour me détourner de ce voyage »

    On dit que ce savant a beaucoup aidé les pauvres au Mexique où il a voulu rester. Au fait, que font-ils pour les plus démunis, nos savants dans le vent, ici au pays de la dolce France? Il en est qui préfèrent par quelque déclaration médiatique cautionner la politique d’un chef ou tribun particulièrement argenté, défenseur devant les microphones et les caméras de la veuve et l’orphelin…Enfin bon, pourquoi pas, ça ne mange pas de pain!

    « Mort pour la science! » Amen. Ô mort, où est ta victoire?

    Il en est un, un homme de science de notre temps,qui s’en est allé le premier août deux mille quinze (deux cent quarante-six ans, jour pour jour, après la disparition de l’abbé Chappe d’Auteroche.)Je m’en souviens encore…J’étais au jardin avec un brillant helléniste et nous devisions à l’ombre sur mille et une choses…Dans son dernier livre, il parle du hasard lié à notre rencontre.

    Bernard d’Espagnat avait une devise différente : Penser la science et vivre avec la science.

    Lui aussi, tel Monsieur Luminet, imaginait des dialogues sensés qui en disaient long :

    _ « Monsieur l’abbé faites-nous connaître sans équivoque la nature de la science ultime de Dieu et faites-le en moins d’une minute, nous n’avons pas de temps à perdre. »

    Ainsi ne vulgarisé-je point. » (Fin de citation)

    Et cette autre réplique sur l’objectivité scientifique :

    « _ Mais enfin, mon Révérend Père…Pardon, Monsieur le Professeur – si les principes premiers de la physique ne se peuvent énoncer sans une référence explicite aux possibilités des observateurs humains, alors qu’allons-nous parler de singe nu et d’autres tartes à la crème d’une culture matérialiste qui se croit être d’avant-garde?

    _ Excusez-moi, répartit l’autre, mais spécialisation oblige. Je ne saurais ouïr des propos non scientifiques. » (Fin de citation)

    « Vénus a gagné sur Mars, cela s’appelle la panique », écrivait un ami, quand il était haut placé. Un peuple mains en l’air sur les route de l’exode…Où est passée la bonne compagnie?

    L’homme imaginant…Pourquoi pas?

    La rêverie bachelardienne s’enracine dans l’être, dans l’univers, elle n’est pas un rêve psychologique. Car en effet, « quand un rêveur parle, qui parle, lui ou le monde ? (La poétique de la rêverie)

    Les trente-six chandelles du billet précédent m’incitent à aller quérir dans « La flamme d’une chandelle » cette petite citation :

    « Afin d’enhardir ma lampe timide « La vaste nuit allume toutes ses étoiles. » (TAGORE, Lucioles) »

    Bien cordialement

    Garo

    P-S : Le chantier sur la toiture de la maison voisine touche à sa fin.
    Guillaume, je demanderai à Peau d’ébène, s’il a extrait sa citation de la comédie « Ploutos » du poète.

  2. Bonsoir!

    J’aime beaucoup la gouache d’Alexandre Jean Noël, une touche finale qui donne quelque chose à ce billet.
    Il me rappelle une citation de Gaston Bachelard faite par Jean-Claude Margolin, page 133 de son beau livre « Bachelard » :

     » Dors dans ton courage, heureux d’être un homme assailli par les flots. (La poétique de la rêverie, p.43) »

    Monsieur Margolin a cité la bonne page mais se trompe de livre. La citation se trouve à la page indiquée dans « La poétique de l’espace » du même auteur.
    Que dire après lecture et relecture du premier commentaire?
    Un détail comme un cheveu dans la soupe qui voudrait exiger du scripteur un lieu qui dit des choses où les choses se disent.
    Et là, point de longs discours sur l’épistémologie de l’espace concret…Une histoire vraie, tout simplement.
    Autre chose :
    Nous sommes quelques-uns depuis plusieurs semaines à suivre les billets du Général Luminet, et à faire des commentaires.
    Il fut un temps où au sortir de l’école primaire, il était de coutume d’offrir au maître ou à la maîtresse un cadeau de fin d’études et l’on se groupait pour l’acheter et lui offrir.
    J’ai pensé qu’il serait de bon aloi, quand l’école sera finie, de faire un cadeau à notre instituteur étoilé.
    Garo, Guillaume, Jacques et les autres, qu’en pensez-vous?
    Un outil de jardin, ce serait bien…Hein, Chef?

    Bonne nuit

    Roxane

  3. Bonjour!

    Pour le cadeau, d’accord!
    Un outil de jardin, c’est une bonne idée…
    Qu’en pensent Jacques, le chef et sa dame?
    La question est de savoir quand car à l’école de G.Bachelard on ne voit pas la fin des études, palsambleu!
    La page 43 de « La poétique de la rêverie » dit aussi de très belles choses sur les mots « coquilles de la parole »…
    Brisons là.
    Dévoiler sans dévoiler une histoire plutôt que d’expliquer encore et encore…Enfin, une histoire qui se développe, comme les feuilles printanières, n’est-ce pas?
    Eh bien, je vais vous conter une histoire vraie, celle de lundi dernier, du côté d’un endroit qu’on appelle « Venise »…Balade en petit train, visite d’une église et quelques mets locaux au restaurant du coin que ma petite nature difficile apprécie avec modération. Je me souviens en ces lieux de certains écrivains rencontrés en chemin, il y a des décennies. L’un s’en est allé et l’autre habite, peut-être, encore ce château privé, à deux pas du bourg…

    Sur la voie du retour, un passage improvisé chez Monsieur X… pour des raisons plutôt professionnelles. Les chiens aboient dans la cour de ferme au milieu des machines agricoles…Une femme sort de sa maison et vient à ma rencontre, un bâton à la main pour maîtriser la petite meute qui n’a pas l’air méchante. (Une personne d’apparence citadine qui me dit être la locataire de Monsieur X…)
    Je lui explique les raisons de ma venue puisqu’elle me dit qu’elle connaît bien Monsieur X…

    – Ils ne vont pas tarder à arriver, ils sont partis planter des betteraves, dit la dame.

    – Tiens, ils arrivent!

    En effet, le père de Monsieur X descend de la voiture, le bras en écharpe. Il revient de l’hôpital.

    Je me présente et donne les raisons de ma présence…L’homme est affable, il me parle de son accident et m’invite à venir boire un coup à la maison. Quelqu’un qui respire une authenticité, une simplicité, une gentillesse non feinte…Quelqu’un de vrai.

    Son fils n’est pas là, il ne peut donc répondre à mes questions sur la possibilité ou non d’acheter des bovins dans sa région.

    La locataire qui me suit prend mes coordonnées téléphoniques pour que Monsieur X…me rappelle. Le brave homme et sa femme semblent chiffonnés par cette entremise mais n’insistent pas.

    Pour trouver le lieudit il m’a fallu me renseigner, ne connaissant que le prénom de Monsieur X…

    Deux jeunes femmes, sur le bord de la route m’ont répondu…L’une s’est mise à rire à l’énonciation du prénom et l’autre, tout naturellement m’a indiqué le chemin à prendre sans montrer la moindre appréciation.

    Il faut dire que Monsieur X…est connu de la France entière. Je parle de ce pays avachi dans ses fauteuils devant un appareil électro-ménager qu’ils appellent la télé. Cette boîte à images créée de toutes pièces par les scientifiques et les techniciens, comme d’ailleurs cet ordinateur où devant l’écran, au petit jour, j’écris ces mots…Moi aussi, je fais partie de ce pays et j’essaye dans la mesure du possible de m’écarter de certains troupeaux, préférant et de loin, ceux de l’aurore.

    Quelle idée, quelle culture, quelle science peut-être, pourrait d’un coup d’un seul bouter hors de nos frontières, fussent-elles celles d’un petit village perdu au fond d’une vallée, la bêtise humaine dans toute sa laideur?

    On m’objectera que des belles maquillées au sourire d’ange, très bien payées à faire leur cirque devant les caméras, travaillent elles aussi.

    Oui-da! Mais on se demande pourquoi la fourmi qui crie famine nonobstant les apparences si trompeuses, ouvre sa porte à ces gens-là…

    Un bon coup de balai – circulez y’a rien à voir!- ferait sans doute tellement mieux son affaire.

    Mais pour paraître et pour montrer que ça marche, on va chercher le concessionnaire du coin qui va prêter un gros tracteur, comme l’autre une superbe baraque et voici le croquant endimanché ou en salopette « vedette de télé » signant des autographes dans les comices et les fêtes du dimanche. Et on laisse faire…
    Cela s’appelle le mal de l’âme.
    Et gouaches et aquarelles ne changent pas grand-chose à cet état, mon Général!
    Dans la voiture en quittant ce village de la campagne française, je pensais au père de Monsieur X…A ce qu’on aurait pu se dire sans pour autant transformer les choses…Sur une même longueur d’onde, on aurait sans nulle conteste, parlé de ce qui reste dans le pré en ce temps de canicule.

    Autant dans la prairie, écouter la petite musique d’un autre pays…Y courir bien vite pour y attraper cette chance qu’on appelle le bon…heur!

    Au fait, Guillaume, hier, le chantier terminé sur le faîte de la maison voisine, les ouvriers guinéens, malien et espagnol ainsi que leur patron réunionnais sont venus au jardin autour de la table des réjouissances. Peau d’ébène m’a dit dans un français impeccable que sa tirade est venue comme ça, sans référence au poète comique grec. Ce fut un bon moment…inoubliable.

    Bonne fin de juillet

    Garo

  4. Bien sûr, d’accord pour le cadeau de jardin potager!
    Quant à la fin des « études »….
    Si nous sommes les limites de nos illusions perdues, à l’instar de Gaston Bachelard « ÉTUDES », page 98, peut-on fixer une date?
    Merci pour cet espace concret qui nous fait penser à François Dagognet, là où le sujet surgit de ses objets.

    Bien à vous

    Jacques

  5. # tout le monde :
    Je lis bien tous les commentaires que je trouve tous passionnants. Mes enfants très étonnés cherchait à savoir qui vous étiez en réalité, quand je leur montrai leur papa sous un autre angle, l’autre jour, dans la voiture. J’avais demandé à Victor de me lire le dernier commentaire de Jacques du billet précédent, pour faire un écran sympathique entre des éloges redoutés et ma pudeur (Jacques, prénom de mon défunt père avec qui je n’ai jamais parlé comme j’aurai aimé).

    + les billets de jean-Pierre qui se consacrent souvent à l’art du portraitiste (désintéressé! austère! chercheur! et aimant…) ont le pouvoir de nous plonger, l’heure venue, dans une « mélancolique-intelligence-attentive ».

    ***
    Ok pour le cadeau. par exemple lui faire livrer quelque chose par amazon ? Pour que ça ait l’air d’une surprise (on n’est pas pressé!), nous pouvons si vous le souhaitez utiliser ma messagerie
    contact@enseigne-installation.com
    en prenant soin de nous mettre tous en copie quand nous échangerons dessus.

    NB : Donnez-moi des idées, je me charge du reste !

  6. Il serait bien aussi parfois un billet tout simple qui respire la légèreté, ce qu’on espère les jours de vacances, semblable à une pièce dans la maison où il y a juste place pour l’entrée du soleil, un canapé et peu de plantes comme le jardin zen. Ce billet demande des heures de lecture tant il y a d’informations et laisse peu de place à l’imaginaire. Vous, m. Luminet, que ressentez-vous au fond de votre âme comme un poème face à ce savant si près de vous et si loin de nous? Une synthèse où on y perçoit le trésor.

  7. Être lu dans une voiture par un enfant, quel bon heur!
    J’espère que l’auditeur au volant a relu ma péroraison avant de la donner à lire à Victor.
    Un adjectif au singulier alors qu’il s’accorde avec un nom pluriel, des choses qui flairent bon au lieu de fleurent bon et tout ça pour prendre plein les mirettes sans l’adverbe de circonstance.
    Si le jeune passager a montré ce texte au maître de son école, mes fautes ont dû lui sauter aux yeux…Et je n’ose imaginer ce qu’il a pu penser de l’interlocuteur inconnu du papa de son élève, palsambleu!
    Relire – Relier :Six lettres pour une belle alchimie…du verbe.
    Ah, la mélancolie avec et sans l’ange de Dürer! Autant mettre la petite fleur sur la piste…
    Quant au portrait…Ce que l’on est vraiment, je préfère et de loin, le rectangle blanc.
    Merci Guillaume.

    Jacques

    1. Sa sœur et lui étaient à mille années-lumière de remarquer les toutes petites fautes d’orthographe qui à ce niveau ne signifient rien.

      Par contre ils disaient :

      « Papa, c’est un académicien ?! »

  8. Bonjour!

    Avant de m’endormir, je relis les nouveaux commentaires.
    Et si la vie était cadeau?
    Je pense à l’Eurovision de l’an mil neuf cent quatre-vingt-trois.
    Et à la gagnante .
    Pour vous, cette chanson :

    Corinne Hermes: Si la vie est cadeau – YouTube

    Cette année-là, j’ai posé une question sur France Inter, à l’invité d’une émission, auteur d’un essai d’ontologie axiomatique « L’Être et le Verbe » :
    « Pourquoi avez-vous dédié votre livre à un enfant? »

    Bonne nuit

    Roxane

  9. Je viens de relire ce matin, le commentaire de Gabbro.
    On se réjouit de cet espace de liberté si bien dessiné et on aimerait entrer en telle pièce où « le devoir de vacance » ferait s’envoler un cahier écrit à l’encre de « l’information-organisation », pour employer l’expression du physicien Olivier Costa de Beauregard.
    Entre peau « logies » et substantifique moelle, il y a des couches …A travers le trou de la serrure, apercevoir, peut-être dans la soue, la perle adamantine chamarrée de ses plus beaux atours.
    Qui peut contredire avec des arguments irréfutables, la possibilité de cette « île »?
    En fin de saison, si cette entrée en « vacance » produit quelque fruit délicieux, sous l’arbre à songes, une main bienveillante saura, peut-être, en faire bon usage….Qui sait!
    D’ici là, la mue de l’aventure ne se fera pas sans luxations neuronales, palsambleu!
    Un savant, dites-vous! Mais pour quoi faire?
    Avec Michel Serres revenant sous le pommier, faites entrer plutôt l’enfant…Et vienne la science belle!
    Quant à « nous » cher Gabbro, nous faudra-t-il « un séminaire » à la thébaïde des Treilles pour relire les quatre cent cinquante pages qu’un ami a publiées sur ces quatre lettres de la première personne du pluriel, afin d’évaluer la distance qui nous sépare de notre billettiste préféré?
    Là-bas, le maître queux est astronome et il cueille allègrement le romarin, le basilic, la verveine et la citronnelle.
    NOUS…Une illusion qui passe, peut-être…
    Un éclat de rire en plein cœur, sans doute!
    Sur cet air léger, je vous souhaite une bonne fin de semaine.

    Garo

  10. Académicien, a dit l’enfant!
    Drôle d’académicien qui, à défaut de montagne, parle dans la prairie aux arbres et au ruisseau!
    Sans tunique verte et sans moderne sayon, une simple peau, foi d’animal!
    Point de savante Hélène en ce jardin pour discourir à l’envi sur le duel littéraire inédit entre Catherine II et l’abbé Chappe d’Auteroche! Ni de bel Hellène pour deviser sur la nature de l’âme sous le gattilier.
    Mais enfin, bon, en tel ignare jardin, des voix ardentes et irrécusables pour dénoncer l’envers du paradis, à ma connaissance, ne semblent pas s’élever.
    Haranguer à n’en plus finir…Un signe des temps, peut-être! Quant à tendre la perche…

    Jacques

  11. Bonsoir!

    Mais où est donc passé Monsieur Bardou ?
    Peut-être nous aurait-il instruit sur la pièce de Monsieur Gabbro…
    Enfin, en bonne compagnie retrouvée, essayons de suivre une piste…Celle de la vie ordinaire, bien réelle avec son compte de faits sans oublier le conte de fée.
    Samedi dernier, je vous parlais de la possibilité d’une île…
    Lundi, je recevais une revue italienne en ligne, consacrée à « la mythanalyse de l’insularité » et toute la féerie qui danse autour.
    Mardi, j’ai quitté mon arbre pour aller à la ville consulter les Cahiers II de Paul Valéry. La ville est celle dont le narrateur de « Sérotonine » dit qu’elle est une des villes les plus laides qu’il m’ait été donné de voir.
    Sur le canapé, j’ouvre une revue intitulée « Society » et je tombe sur un encadré où j’apprends que Cédric, un ouvrier en zinguerie de la ville où je suis, s’est déplacé en juin dernier au « Grand Rex » à Paris, pour sentir ce que dégageait le messager. Le messager est un écrivain, conférencier américain, auteur de « Conversations avec Dieu ».
    Page 58, la possibilité d’une île est dans le Reggaeton.
    Et en avant la musique!
    Je range la revue et j’en prends une autre… »Pour la science » de ce mois, n° 502. Au bout du tunnel : la lumière.
    Des trous, toujours des petits trous, blancs et noirs…
    Dehors, peut-être, une autre chasse…au trésor.

    Garo

  12. L’art du portraitiste, dites-vous?
    Un billet où l’on pourrait y lire en filigrane quelque chose d’immarcescible…
    « Les Portraits » de l’Encyclopaedia Universalis d’un savant peuvent-ils « révéler » ce quelque chose sans tomber dans l’illusion épistémologique?
    A voir.
    Par les temps qui courent où tant de « Dorian » font la Une, un billet tout simple, plein de fraîcheur et de vie, serait bien mieux notre affaire.

    Jacques

  13. # jacques « un billet tout simple, plein de fraîcheur et de vie (…) où l’on pourrait y lire en filigrane quelque chose d’immarcescible (impérissable) »

    « Le corps vivant est tout autour de moi
    Mais je ne lui demande plus comment penser »

  14. Guillaume, si l’aura qui porte dans la lumière des corps la présence obombrante de l’âme, pouvait justement, dans notre manière de penser, nous empêcher de tourner en rond…

    Roxane

  15. « J’étudie ! je ne suis que le sujet du verbe étudier.
    Penser je n’ose.
    Avant de penser, il faut étudier »
    (Gaston Bachelard)

    Bonnes vacances…de l’esprit.

    Garo

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