Transit de Mercure : l’histoire méconnue de Remus Quietanus

Le 11 novembre 2019, Mercure va passer une nouvelle fois devant le disque solaire. On pourra observer en France le début du passage, puis le maximum (minimum de distance entre le centre de Mercure et le centre du Soleil), mais la suite du passage et sa fin ne seront pas observables car le Soleil sera couché. L’observation d’un tel passage, appelé plus précisément transit, n’est pas difficile mais est relativement rare, se répétant à des intervalles de 13 ou 33 ans en mai ou tous les 7, 13 ou 33 ans en novembre. Le transit de Mercure constitue donc une aubaine pour les milliers d’astronomes amateurs intéressés par les phénomènes célestes.

Lors du précédent transit qui s’est déroulé le 9 mai 2016, j’avais rédigé sur ce même blog deux billets assez détaillés sur le phénomène et l’historique de ses observations. Je vous invite à prendre le temps de relire ces billets ici et si vous voulez  mieux suivre celui de ce jour. Je ne vais en effet pas répéter les choses déjà dites et écrites, mais au contraire compléter la partie historique avec un étonnant personnage nommé Remus Quietanus.

Dans le premier billet de 2016, je décrivais en détail comment le transit de Mercure du 7 novembre 1631, prédit peu avant sa mort par le génial Johann Kepler dans son « Admonitio ad Astronomos » de 1629, avait été observé et soigneusement décrit pour la première fois par Gassendi, à Paris.  Je savais que le transit avait également été observé par le jésuite Jean-Baptiste Cysat  à Innsbruck et par un anonyme à  Ingolstadt. En revanche j’ignorais complètement, à l’instar des autres historiens de l’astronomie, l’existence d’une quatrième observation effectuée dans la ville alsacienne de Rouffach et assortie d’un compte-rendu précis. De fait c’est un lecteur de mon blog, Jacques Mertzeisen, qui a attiré mon attention sur ce fait en m’écrivant ce commentaire : « J’ai appris incidemment que le transit de Mercure de 1631 avait également été observé par Remus Quietanus à Rouffach. Habitant à quelques kilomètres de là, j’ai entrepris de rédiger un article consacré à notre gloire locale. Sa correspondance avec Kepler fournit beaucoup de données. Aux archives de Rouffach, on a quelques éléments concernant le médecin, mais de l’astronome, on a tout oublié. Accepteriez-vous de jeter un œil critique sur mon travail quand il sera avancé ?« 

J’ai répondu avec enthousiasme à cette proposition, et en 2017 j’ai pu collaborer avec cet ancien professeur de mathématiques passionné par l’astronomie et son histoire, pour rédiger en anglais un « Homage to Quietanus« , article publié dans la revue internationale Inference.

Jacques a poursuivi ses travaux sur la vie et l’œuvre de ce personnage oublié de l’histoire de l’astronomie – qui a tout de même entretenu une correspondance suivie avec Kepler, Galilée et autres astronomes réputés  de son temps -, et il a récemment rédigé la page de Wikipedia consacrée à notre « héros ». Surtout, Jacques Mertzeisen vient de publier dans le numéro d’octobre 2019 de la revue L’Astronomie, éditée par la Société Astronomique de France, un formidable article intitulé « Johannes Remus Quietanus, médecin et astronome ». Avec sa permission, je reprends dans ce billet nombre d’éléments d’histoire qu’il a retrouvés.

Voici la traduction française du  compte-rendu par Remus Quietanus de l’observation du transit de Mercure du 7 novembre 1631,  extrait du Liber Duodecimus de Historia Coelestis accessible en ligne à ETH-Zürich, pages 954 & 955. Il s’agit d’une lettre  en latin adressée à Léopold V de Habsbourg , archiduc d’Autriche-Tyrol.

Lettre de Quietanus adressée à l’Archiduc Léopold

« Le 7 novembre à 9h 42’ 30’’du matin, j’ai aperçu subitement une petite tache à peine le tiers d’un scrupule [pièce de monnaie romaine] au –delà du centre du Soleil, de couleur presque noire d’acier, très différente des autres taches. Son diamètre était d’environ 18’’ et déjà à 11 heures AM, elle avait dépassé le quart depuis l’observation précédente de Mercure. Par le calcul j’ai donc déduit que le début de son incursion a eu lieu à Rouffach la nuit à 5h35 ¾ après minuit à la latitude 0°0’0’’ [???], le milieu de la rencontre à 8h 10’AM et donc que Kepler se trompait de 4h48’, lui qui posait le milieu de la conjonction pour 12h 58’ à Rouffach.
J’ai donc corrigé les calculs de Mercure et aussi de Vénus comme mes tables des mouvements célestes l’attesteront car il faut ajouter quelque chose aux mouvements moyens de Mercure, et retrancher quelque chose à son excentricité dans les Rudolphines.
Dès lors, mon opinion au sujet des diamètres des corps célestes est confortée, à savoir celui de Saturne est presque 10 fois celui de la Terre, 100 fois en superficie (du disque) et 1000 fois en volume. Pour Jupiter, c’est 5 fois, 25 fois et 125 fois en volume, pour Mars 1,5 etc. quant à Vénus et Mercure, ils n’égalent pas le volume de la Terre, car Vénus est à peine le tiers et Mercure le douzième. Le Soleil, lui, occupe 60 diamètres terrestres, son disque 3600 et son volume 21600 (le volume de la Terre), de sorte que l’espace occupé par le Soleil égale précisément toute la sphère de la course de la Lune autour de la Terre, ce qui chez Ptolémée n’était que de 166 fois.
La proportion des sphères est donc exactement la même, pour moi (aussi), que celle des diamètres des globes planétaires si quelqu’un les voyait toutes alignées à partir du centre du Soleil, il les verrait toutes sous le même angle, à savoir 30 minutes. »

Remus ajoute ensuite : « Kepler considère le diamètre de l’orbite lunaire comme moyenne proportionnelle entre le Soleil et la Lune, c’est-à-dire le diamètre de la Terre est au diamètre de l’orbite lunaire ce que le diamètre de l’orbite lunaire est au diamètre de l’orbite de la Terre.  Moi, je dirais plutôt : le diamètre de la Lune est au diamètre de l’orbite lunaire ce que le diamètre de l’orbite lunaire est au diamètre de l’orbite terrestre. »

La page 955 du Liber Duodecimus de Historia Coelestis mentionne en détail l’observation anonyme du transit de 1631 effectuée à Ingolstadt, assortie d’un diagramme.
Monnaie à l’effigie de Léopold V, protecteur de Quietanus

Comme le rappelle Jacques Mertzeisen dans son article, on avait tout oublié à Rouffach du transit de Mercure de 1631, et si dans les chroniques de la ville on retrouve des allusions à Remus Quietanus, il n’y est pas question de l’astronome mais du médecin.  Pourtant, une énigme  demeure. Dans le cloître du couvent des Récollets de Rouffach, sur la façade de l’église, se trouve un témoin silencieux du passé astronomique de Rouffach : un cadran solaire insolite, décoré d’une fresque qui représente un système du monde géo-héliocentrique. La Terre est au centre, la Lune, le Soleil et les planètes supérieures sont dessinés sur des cercles concentriques, les planètes inférieures Mercure et Vénus tournent elles autour du Soleil. Tout autour du système planétaire, une couronne figure le firmament avec 42 étoiles fixes, dont certaines sont nommées par des inscriptions latines.

Le cadran solaire de Rouffach, maladroitement rénové en 1979

Cette cosmographie, attribuée à Héraclide du Pont dans l’Antiquité, a été reprise et améliorée par Tycho Brahe à la fin du XVIe siècle. Adoptée par les Jésuites, elle est restée en compétition avec le système du monde héliocentrique de Copernic jusqu’à la fin du XVIIe siècle. La représentation géo-héliocentrique et l’absence des planètes non visibles à l’œil nu (Uranus a été découverte au télescope en 1781)  suggèrent que le cadran solaire des Récollets date du XVIIe siècle, mais cette hypothèse n’est corroborée par aucun écrit. La date du 16 août 1617 lisible sur le fronton qui surplombe le cadran est erronée. Elle y a été inscrite lors de la dernière restauration effectuée en 1979, sur la foi d’une hypothèse faite par Mr Rohr qui s’est avérée fausse.

La question de la datation de la fresque reste donc ouverte, de même que celle de son auteur. Des réponses viendront peut-être des archives, des annales des Jésuites ou des Franciscains de Rouffach pour peu que ces chroniques n’aient pas été détruites. On est certain que la fresque a subi plusieurs restaurations successives. Dans la recherche de documents écrits, la plus ancienne évocation du cadran solaire trouvée par Jacques Mertzeisen est un texte de Thiébaut Walter, historien de Rouffach qui a écrit à l’occasion de la restauration de 1906 « un (…) cadran solaire a été installé en 1848 par-dessus  un dessin plus ancien ».
Sur la partie supérieure de la même façade de l’église on voit d’ailleurs les vestiges d’un autre cadran solaire jumeau de celui qui nous occupe, mais les inscriptions murales sont effacées, à l’exception du millésime 1789 inscrit en fronton.

On a quand même envie de croire à une datation du milieu du XVIIe siècle, et pourquoi pas un hommage à Quietanus. Il y a en effet de troublantes coïncidences. Dans la partie supérieure droite, Mercure est représentée en conjonction inférieure, condition minimale pour pouvoir observer un transit devant le disque du Soleil.

Détail du cadran montrant une conjonction inférieure de Mercure

A l’opposé, dans la partie inférieure gauche, est représentée une zone orangée que René Rohr, spécialiste en gnomonique (l’art des cadrans solaires) et responsable de la restauration de 1979, a faussement interprété comme l’ombre de la Terre lors d’une éclipse de Lune. Fort de cette croyance, il est allé jusqu’à corriger l’alignement Soleil-Terre-Lune, qui avant la restauration présentait l’intéressant défaut de 5 degrés correspondant à l’inclinaison du plan orbital de la Lune par rapport à l’écliptique. C’est cette fausse interprétation qui l’a conduit à dater la fresque du 16 août 1617.

Détail du cadran représentant interprété sans doute à tort comme une éclipse de Lune

Malheureusement, aucun écrit n’est (pour l’instant?) venu corroborer la séduisante hypothèse d’un lien entre la fresque originale et Remus Quietanus.

6 réflexions sur “ Transit de Mercure : l’histoire méconnue de Remus Quietanus ”

  1. Monsieur Luminet a un grand talent ou un don : celui de réveiller nos neurones ensuqués de lecteurs. A chaque billet, il faut descendre les dictionnaires et autres encyclopédies pour mieux nous retrouver au pays respirable de notre nautonier des étoiles. Et telle activité repose.
    Voyons la mystérieuse interrogation entre parenthèses à l’antépénultième ligne de son présent billet.
    Johannes Remus Quietanus ou Johann Ruderauf est inconnu de la « Biographie universelle ou Dictionnaire historique » de F.-X. de Feller (1848) et de bien d’autres ouvrages académiques réputés.
    J’ai parlé, ce matin, à Monsieur Jacques Mertzeisen et à Monsieur Denis Crouan, tous deux, érudits notoires et fins connaisseurs de l’histoire de leur village, qui m’ont répondu avec beaucoup de lucidité et grande gentillesse.
    Eh bien, aucune preuve sérieuse établie d’un lien entre la fresque originale et le médecin, astronome de Rouffach!
    A leur connaissance, la bibliothèque du cloître du couvent du lieu dit ne recèle dans ses fonds aucun manuscrit ou autre palimpseste en mesure de répondre à la question.
    Alors à quel saint se vouer, mon bon seigneur, à défaut du fils du roi des dieux, Mercure en personne?
    Il y a bien un astronome, mathématicien, professeur, médecin et astrologue aussi, qui obtint, en mil six cent vingt-neuf, la chaire de mathématiques du Collège Royal, contemporain de Johann Ruderauf.
    Il s’appelle Jean-Baptiste Morin de Villefranche.
    Il est nommé , page 16 de « L’engagement rationaliste » où l’auteur, Gaston Bachelard, nous apprend qu’il dressa un horoscope qui s’est révélé faux, de P. Gassendi.
    Peut-être existe-t-il dans ses ouvrages des allusions ou des références au cadran solaire de notre héros…pouvant nous renseigner sur l’origine des fausses interprétations visibles sur les quadrants du cadran de Rouffach…
    L’outil informatique que plus d’un maîtrise beaucoup mieux que votre serviteur, pourrait peut-être nous aider sur cette piste incertaine.
    Revenons à nos moutons et sur le sujet brillamment présenté, il ne messied pas, je pense, d’aller de ce pas, consulter ce lien:

    observation – CLEA
    clea-astro.eu › archives › cahiers-clairaut › CLEA_CahiersClairaut_153_07

    Observation de Mercure par le Lycée Gaston-Bachelard, de Chelles (77) avec les commentaires judicieux de Monsieur Gilles Dodray.

    Dans une fable dédiée à Monsieur le Comte de Brienne
    (Le bûcheron et Mercure) Jean de la Fontaine écrit :
    « Une ample comédie à cent actes divers et dont la scène est l’univers »
    Le jardinier du « Temps déployé » présente les principaux protagonistes avec la même expression ou presque (découverte au lieu de comédie et aux au lieu de à)
    De grâce, ne tuons pas le temps, cet instrument d’une valeur inestimable! Un autre physicien et un pianiste nous disent que

    « le facteur temps » « c’est l’âpre fumet » « et c’est le parfum »
    (Mêmes quatorze lettres dans ces expressions entre guillemets formant ces renversantes anagrammes)

    Quant à

    « la quadrature du cercle »

    Martin Heidegger (Essais et conférences », page 215) dirait-il de cette figure géométrique qui porte à sourire, avec ses mêmes vingt lettres, que c’est là :

    « calcul rare du détraqué »?

    Je ne suis pour ma part, à votre endroit, que le préposé distributeur de lettres.

    Un autre facteur qui n’a rien de celui d’un Tatie de cinéma, m’apporte un petit livre, offert par une amie brésilienne de la région parisienne. Un petit livre d’histoire naturelle et de physique amusante où je puise ces quelques vers des « Trois règnes de la nature » de Jacques Delille :
    « Aux flancs de l’animal, au sein des végétaux,
    Partout vit ton esprit et circule ta flamme
    Par toi les sens grossiers commercent avec l’âme »
    Qui dit mieux?
    Peut-être la voix du silence, la merveilleuse chanson de Marie Laforêt.

    Bonne et belle soirée…au delà des neurones.

    Roxane

  2. Bonjour!

    Après matines, je m’astreins, si je puis dire, à ce devoir de réponse, un plaisir de réflexion, suite au billet instructif de Monsieur Luminet et au long commentaire de Mme Roxane.
    Les érudits qui ont fait des recherches sur l’histoire des Récollets en Alsace, à ma connaissance, ne font pas mention du cadran de Rouffach et pour en finir le mystère reste entier sur le possible lien qui pourrait exister entre la chose et le savant astronome.
    J’ai lu et relu le premier commentaire de ce billet.
    1 / Une invitation à lire un astronome, contemporain de Ruderauf et de Gassendi.
    2 / Une observation de Mercure au lycée français.
    3 / Une histoire sémiotique et mystérieuse du temps
    4 / Une apologie de la parole du silence.
    Que notre estimé billettiste me permette de réagir à ce commentaire, ici même, à l’intérieur de cet abbaye où l’on fait, à notre manière, l’expérience du temps!
    Loin de moi de critiquer une tournure plaisante, un style particulier et si reconnaissable mais, en toute sérénité, je dis que ce langage nous laisse dans la Caverne, face au mur, sans nous permettre de faire la courte échelle pour en sortir et voir enfin la lumière, libérés, les pieds sur la terre ferme.
    C’est toujours facile de s’en référer au silence pour ne pas dire son impuissance à pouvoir atteindre les raisins mûrs de la treille, je veux dire les mots qui sauvent ou qui donnent le mode d’emploi pour s’en sortir. Et pour beaucoup de gens, cela veut dire, les moyens de se sortir de la mouise, de la misère quotidienne, loin des développements des savants sur l’allégorie platonicienne, fussent-ils chercheurs en laboratoire ou trouvères dans un prieuré de Lorraine ou d’ailleurs.
    Un ami de longue date, si attaché à l’entièreté de tout un chacun et de la communauté, écrivait il y a quelque temps dans un livre :
    « Est-il abusif de comparer le secret-caché de toute démarche authentique aux « trous noirs » auxquels a rendu attentif l’astrophysique contemporaine?
    Et les trous noirs sont irrésolus, comme dirait un habitué des commentaires de ce billet, qui aime tant les anagrammes du pianiste et du physicien.
    De ce rien, est-il possible d’en tirer quelque chose?
    De ce néant, un « je » peut-il naître? Une lettre qui fait sens sur la scène de l’univers peut-elle se dessiner dans une toute petite phrase ? Dans la famille humaine peut-on donner un prénom à cette goutte dans le vide qui le fait plein de quelque chose?
    A l’heure où la langue tire la science, la messe n’est pas encore dite et il nous faut bien appeler un chat un chat, icelui fût-il mort ou vivant ou les deux à la fois… Et le mendiant de lui donner sa langue, femme Narsès!
    Sans transition, on aimerait, un beau jour ou une belle nuit, voir s’illuminer ce point obscur mystérieux de nos connaissances, quelque part en voyage dans la contrée où regarde celle ou celui qui pense et vit avec la science.
    Mais à quel prix? Sans coup de masse en ce monde qui perd la boule et où rien ne va plus, il n’est pas dit que ce ça-voir étoilé ne soit pas accessible, ici-bas, au commun des mortels…
    Eux aussi, Monsieur Luminet, Madame Roxane, ont le droit de rêver…

    Jacques

  3. #Une apologie de la parole du silence

    Cher …
    « La parole nous trouve si nous cherchons le silence » est en effet une « apologie de la parole du silence » mais est autant une apologie de la parole qu’une apologie du silence.

    Donc je ne me réfère pas au silence par impuissance de parler, mais je compte sur lui pour mieux parler. D’ailleurs il ne s’agit pas seulement de parole et de silence.

    A la place de la première phrase entre guillemets, vous verrez qu’on écrira une phrase mathématique. Car en effet, la messe n’est pas encore dite. Si je suis un i-luminet, ma place est dans ce blog. Si je n’en suis pas un… alors silence.

  4. Mais « alors silence » ne signifie pas du tout que je vous demande de faire silence, cette parole s’adresse à moi-même, il est tard et elle s’accorde avec la paix de la nuit.

  5. Lettre ouverte à Mercure

    11 novembre 2019.

    Sous mon arbre , je lève les yeux au ciel…Un fond de toile grise.
    Enfin, un temps d’automne!
    Point de soleil en vue et pas la peine de sortir lunette astronomique , télescope et autre solarscope pour observer la rapide petite bête, ici, en ce coin de mappemonde.
    Souvenez-vous de cet oiseau appelé « Stellino », attiré par la planète Mercure et qui monte à la plus haute région de l’air pour l’adorer…Il en est question, je crois, dans un commentaire du billet consacré à la révolution copernicienne chez les humanistes provençaux (Volet 4, P.Gassendi) Nous trouvons cette référence poétique dans « L’air et les songes »
    G. Bachelard (1943) et dans  » Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfier » J.Duhem (1943)
    Nos modernes « Stellino » MPD et MMO, les deux sondes nippo-européennes qui vont à la rencontre de la belle pour lui tourner autour, sauront-elles apporter une réponse aux gens malheureux de notre vieille terre?
    Sous l’aile d’un nombre imaginaire (i) dont un professeur de mathématiques spéciales a vanté les exploits, on aimerait y lire un rêve dominé, une enluminure sans vains artifices, une manne pour celles et ceux qui crient dans le désert. Une poésie complète à même de rassasier la soif et la faim des corps, tellement maltraités dans les basses régions de la haine, malgré tant et tant de révolutions , où il court, il court…le Guépard.
    Que sait l’oiseau de cette matière en hibernation ontologique?
    Il connaît la réponse, charpentée des mêmes signes, à la question des brillants lettrés :
    « Qu’est-ce que la terre devant ces vallées supérieures de pétillement d’étoiles? »
    Plus loin, un peu plus loin…
    Une simple lettre, peut-être, pour essuyer bien des larmes, si tant est qu’elle s’inscrivît discrètement dans une toute petite et jolie phrase.

    Garo

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