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L’astronomie dans l’imaginaire collectif

Comment l’homme se forge-t-il des images mentales du cosmos, et quelle place ces représentations occupent-elles dans son imaginaire, qu’il soit scientifique, artistique, philosophique ou tout simplement populaire ?

Dans cet ouvrage d’épistémologie publié en 1938, Bachelard met l’accent sur le rôle des archétypes de la pensée dans la transition entre l’esprit « préscientifique » et l’esprit « scientifique ».

Il est intéressant d’analyser les différentes façons dont le cosmos est représenté dans la culture savante ou populaire, individuelle ou collective, et de les mettre en rapport avec le développement des connaissances astronomiques, afin d’y déceler ce que Bachelard appelait des « archétypes de la pensée ».

L’astronomie a souvent fécondé l’imaginaire collectif, au point d’imprégner notre quotidien, par le biais de mots de vocabulaire, des usages et représentations qui leur sont liés.

Prenons l’exemple de l’étoile – l’objet astronomique à la fois le plus familier et le plus transcendant. Le mot provient du latin stella, qui désignait tout ce qui scintille.

Nous devons aux Arabes d’avoir baptisé la plupart des étoiles les plus brillantes. Qui n’a pas entendu parler d’Aldébaran, de Véga ou de Bételgeuse, ne serait-ce qu’au travers de noms de marques ou de slogans publicitaires ? Et on ne compte plus les lieux, places, rues, chemins, enseignes, baptisés Sirius, Antarès, Procyon, Rigel, Deneb, Capella ou Algol. Quant aux motifs étoilés à cinq, six, huit, dix branches ou davantage, ils se retrouvent dans un immense éventail de réalisations humaines : sculptures, architecture des espaces publics, guides touristiques, drapeaux. Pensons aussi aux voûtes de tant de monuments – chapelles médiévales, cathédrales, tombeaux de rois et d’empereurs – qui rappellent la présence permanence de la voûte étoilée au-dessus de nos têtes. Notons l’utilisation très répandue du mot « zénith » pour baptiser salles de spectacles et centres de congrès. Le zénith astronomique est le point de la sphère céleste situé à la verticale au-dessus de la tête d’un observateur, tandis qu’au figuré, il désigne le degré le plus élevé. Peu de rapport a priori avec les vastes édifices de rassemblement populaire, sinon que les spectacles qui s’y déroulent mettent en scène des « stars » brillant de façon éphémère au firmament de leur carrière…

 

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Hommage à Yves Bonnefoy, poète inquiet du cosmos

yves-bonnefoyAvant de se consacrer à la poésie, Yves Bonnefoy avait fait des études de mathématiques, d’histoire des sciences et de philosophie. J’aime souligner les relations privilégiées du mathématicien avec le poète. La question du langage y est déterminante, notamment la recherche d’une économie maximale au service de l’expression la plus forte. Il s’agit toujours de condenser une formulation, de trouver « l’équation », l’algorithme en quelque sorte. Gilbert Lély a défini la poésie de la façon suivante : « A chaque interrogation du monde extérieur, la réponse la plus rapide, la plus nettement articulée, la plus libre, la plus dévorante. » On ne saurait mieux définir la quête du mathématicien. En mathématiques comme en poésie, la forme et le fond sont indissociables. C’est par là sans doute que le poème se différencie de la prose. La vérité du poème se joue là, même si elle renferme, comme en mathématiques, sa part d’inconnu. Dans Entretiens sur la poésie 1972-1990 (Mercure de France), Yves Bonnefoy parlait de cet effort de limpidité qui l’animait lorsqu’il écrivait, et qu’il comparait à une équation qu’on réduirait à sa « forme canonique », laquelle contient toujours l’inconnu(e).

Une excellente introduction à la lecture de l’œuvre poétique d’Yves Bonnefoy est due à Jean-Michel Maulpois et se lit ici.

Pour ma part je me contenterai d’une brève remarque prises dans l’anthologie « Les poètes et l’univers » que j’ai publiée en 1996 et dans laquelle Yves Bonnefoy figurait en bonne place. Continuer la lecture