Indicateur de la ligne du ciel

Brefs extraits de mon prochain recueil de poèmes, à paraître au Cherche-Midi à l’automne 2019, avec un tirage spécial orné d’une gravure originale d’Ernest Pignon-Ernest.

Exergue

Une inqualifiable librairie de la rue de Sèvres vend ceci, par exemple : Indicateur de la ligne du ciel. La première page offre précisément la vue consolante d’un train de chemin de fer, sur le point de s’engouffrer dans un tunnel, au travers d’une petite montagne semée de tombes. C’est « le tunnel de la mort », au-delà duquel se trouve « le Ciel, l’Éternité bienheureuse, la Fête du Paradis ».
Léon Bloy, Le désespéré

 

Transparent glacier

L’homme n’est pas simple
les noms ne sont que des signes
la distinction ne nous appartient pas
certains haïssent la vie qui est incessante métamorphose
d’autres ont le goût de la durée
la multiplicité des choses
la rondeur offre peu de prise à l’agression
elle doit être rigide pour maintenir les astres attachés
par quoi le corps humain échappe au vertige
les prédilections de la sensibilité se trahissent
tout se meut dans la grande machine
représentation minutieusement réglée pour le délice
de spectateurs divins
un jour viendra où les astres se retrouveront
à la même place
aux objets éternels le rectiligne est étranger
il est le signe même du désordre
dans le monde rotatoire seule l’âme file en ligne droite
les figures de la ronde éternelle
doivent chercher refuge au-delà de la voûte concave
là le feu subtil retrouve sa patrie
le monde ordonné ne peut être mu que par l’intelligence
les astres vivants de feu ont quelque chose d’animal
il en est de même pour les anges
leur danse requiert contrepoids
notre globe est lie et rebut du monde
la terre abrite le corps monstrueux de lucifer
la masse terrestre a perdu en prépondérance
les hommes sont indifférents aux précisions numériques
il y a comme une dépravation de la sensibilité
rien n’est grand ni petit
le repos est plus noble que le mouvement
l’immobilité est le signe de l’impureté
confusion difficilement pardonnable
la sphère a pour fonction de contenir toutes choses
la clôture n’est plus nécessaire
dans l’âpreté à tenir les positions prises
les tendances profondes s’expriment plus spontanément
c’est le dôme infrangible qui fascine
retournement du mythe archaïque
grotte qui donne accès aux entrailles
lieu redoutable riche en eaux bleues
en rivages suspendus dans un nouvel espace
les âmes des petits enfants morts se préparent
transparent glacier où se trouve pris le cygne

**********

Clés

J’ai perdu mes clefs dans l’eau
alors je vais attendre
fixant l’eau
comme s’il allait jaillir
quelque chose de moi
on veut passer
à l’étape suivante
il n’y a pas d’étape suivante
les banalités n’ont plus d’effet
les pauvres économisent toute leur vie
en pensant je suis libre
se concentrer sur son travail
prendre la mer quand on veut
ne faire rien d’autre que parler
pendant des heures
espaces confinés W.C. publics
mon cauchemar

*********

L’autre et le même

J’ai longtemps vécu dans l’obscurité
et maintenant je suis aveugle
il y a trop de lumière
je sais qu’il y a autre chose
mais je n’arrive pas à croire
que tout cela touche à sa fin
plus que quelques heures
loin de toute humanité
c’est là que je trouverai
où nous en sommes
moi je pense
que quelque chose d’innommable est né ici
je travaille sur une théorie
mais surprise ils ignorent son nom
le signal s’est éteint cette nuit

*********

Ebrasure d’or IV

Je meurs comme Amfortas
lentement rongé par ton absence
aveugle des heures dans le noir
je dors si peu
ne songeant qu’à me fondre en toi
quand nous nous rejoindrons
princesse des lumières et des vents
les étoiles défileront dans des yeux infinis
et la mer
ta vaste mer
je la verrai poudroyer de vapeurs blondes
tourbillons d’astres clairs dans mes gouffres vermeils
écume ardente faite avec les mondes
houle insondable
où bout la mousse de tes soleils

*********

Ebrasure d’or XIV

Si le feu se consume et se renouvelle de toute éternité
c’est parce qu’une seule âme désirante et résonante
suffit à le fortifier et le garder
élan vital qui s’ouvre
à une aveuglante évidence
toutes choses sont brassées par le temps souverain
à l’exception de notre union
seule exempte de la lassitude et de l’oubli

*********

Ebrasure d’or XXX

Les deux premières majuscules sont tes initiales mon oiseau bariolé ton plumage éblouissant frisottant m’enivre chaque nuit l’oiseau c’est la grâce qui vole dans l’éther quand je te vois marcher dans tes envols de danseuse fragile car petit oiseau moineau ou mésange mes anges que l’on veut protéger dans un nid mais non le mettre en cage bariolé comme l’oiseau de paradis car paradis tu es ma béatrice et j’aime tes atours changeants de couleurs vives le plumage éblouissant et frisottant de ta chevelure baudelairienne dans sa symbolique érotique où mon nez s’enivre de parfums depuis le premier soir de notre premier jour et chaque nuit je me réveille quand tu dors et je te hume éternue car tes frisottis me chatouillent nez et cou délicieux masochisme et éther nue deux mots à ton image divine branche effeuillée à mon automne monotone tu divinises les lieux branche où tu te poses t’effeuiller est mon geste le plus sacré mais dans l’irrequietezza est revenue brutalement l’angoisse du vieillissement et trépas est merveille c’est l’automne celui de ma vie qui s’annonçait monotone jusqu’à botticelli venu en tes jeunes feuilles qui teint mon absolu bonheur d’une profonde mélancolie plus que jamais à jamais

 

36 réflexions sur “ Indicateur de la ligne du ciel ”

  1. Des ébrasures d’or jusqu’à trente, qui ressemblent à trente lettres d’amour.

    Sont-elles toutes pour votre jeune épouse ?

    je n’ai jamais écrit de lettre d’amour, et pourtant je suis marié aussi.

    et pourtant…

    ***

    Générosité indifférente qui remplit le vide par le sacrifie de la substance.

    ***

    Où êtes-vous passés, Garo, Roxane, Jacques ?

  2. Bonjour !

    En ce jour férié, autant essayer de s’élever un peu tout en craignant la chute d’Icare, bien entendu.
    Je reviens d’un pays…On le dira de Bohème. Existe-t-il? Hein? Devinez!
    Un petit coin perdu en ce bas monde, à l’école des gitans, peut-être…Sans doute. Qui sait si le concept de « nomadisme intellectuel » n’a pas pris naissance dans le poème de Matthew Arnold?
    En tout cas, un décor de genêts au fin fond d’une campagne…Des mots qui s’envolent, des mains qui écrivent.
    Enfin, un événement comme tant de milliers et de milliers d’autres sur cette vieille terre où la ballade passe dans le journal, pour se laisser oublier dans le tonneau des Danaïdes du temps.
    Brisons là.
    Notre existence a-t-elle un sens? Un auteur qui vient de m’envoyer un mot et que l’on a vu, hier soir, dans « La grande librairie » répond par un livre : « Notre vie a un sens! »
    A la table ronde du chevalier du ciel, une coupe en vers et une ligne d’horizon en lettres d’amour.
    Ainsi le mot est lancé…Un mot qui a fait tourner les têtes, s’égorger des tas de gens et laissé dans le désarroi le plus complet tant de pauvres cœurs.
    M’en voudrez-vous si je vais, de ce pas, quérir un brin d’explication ou un rai de lumière dans le « réel voilé » du physicien qui cite un dialogue de Spinoza où le personnage allégorique « Amour » qui, aspirant à un objet qui le contente pleinement, demande à la Raison et à l’Entendement de lui faire connaître cet objet?
    Est-ce pour autant qu’il faille lire mot à mot Le Spinozisme de V.Delbos et Le Royaume des cieux de P.Philippe?
    S’il n’ y avait que cela à faire pour que tout le monde s’aime, grand seigneur, on le saurait…Et tous les avocats du monde n’auraient plus qu’à fermer boutique, pardi!
    Sortir de cet univers commutatif pour y trouver quelque chose d’autre, tel un pied épousant à merveille la pointure d’une pantoufle de vair…Pourquoi pas? Et si ce n’était pas seulement un conte…Et si telle aventure était possible en quelque vicomté perdue sur la carte ou dans un laboratoire d’idées où le droit de rêver passerait par l’ébrasure d’une fenêtre ou le contrecœur d’une cheminée?
    Folie ducassienne dans l’agitation ordinaire…Peut-être!
    Plutôt dans les nervures de l’être, un peu de raison simple qui s’efforce de résister aux séductions en tous genres, qui sont légion en ce monde qui perd la boule..
    Un nénuphar blanc sur la mare des signes ou l’aube d’une nuit d’été.

    Portez-vous bien!

    Roxane

  3. Qui vivra verra,

    en attendant je suis bien content de vous lire à nouveau, cher(e)s ami(e)s, que vous soyez un jouant à paraître trois ou deux ou trois, il n’est pas nécessaire pour moi de vous compter pour vous apprécier.

  4. Il y a cinq cent quatre-vingt-huit ans, jour pour jour, sur la place d’un marché de France, une jeune fille…Vous connaissez cette histoire apprise sur les bancs des écoles.
    Maintenant, le pianiste et le physicien avec les lettres de leurs deux prénoms et celles de la conjonction qui les relie, peuvent poser la question :
    « Et qui est-ce Jeanne? »
    A l’intérieur du pays, quelqu’un a répondu, un lecteur, un villageois peut-être…Et son anagramme a été trouvée belle.
    Une lettre, un rien, un je …dans le feu sacré des mots.
    En exergue des poèmes de l’astrophysicien, un train, un tunnel et le paradis.Irons-nous tous en cet Eden sans la moindre résistance, sans mains tendues pour nous tirer de cette vallée de larmes?
    Sous son arbre de mai (Garo n’était pas du club!), une autre femme, au début des années quatre-vingt, s’est plu à rêver chacun pour l’autre… et de voir du paradis dans le sens agricole de la culture.
    L’érudition de votre paysan, cher Guillaume, saurait-elle nous indiquer le chemin qui mène au château du réveil dans la nature?
    Ne m’en voulez point, si je me permets d’en douter!
    J’aime la vénusté des poèmes de l’auteur ; un « ça-voir » qui danse avec les anges et les fleurs de Botticelli.
    Mais restent le sexe, le sang et la mort.
    Divin rédempteur ou rédempteur divin de l’intuition de l’instant, où es-tu?
    Dans sa préface visionnaire à la première édition de « L’Amant de Lady Chatterley », André Malraux annonce le point de rupture à partir duquel, devenant valeur, l’érotisme renversera tôt ou tard notre conception de l’humain. Cette mutation n’a pas encore eu lieu et dans l’ère du cybersexe, eh bien, mes aïeux, on n’est pas arrivé!
    L’oiseau bariolé des poèmes de Monsieur Luminet, le minime oiseau spirituel des Carnets de Paul Valéry sont aussi des indicateurs de la ligne du ciel…Quel volatile chanteur saura nous indiquer la ligne d’horizon de type non humain, à la page des enjeux du savoir?
    Roxane fait allusion au drame ducassien dont Léon Bloy, selon Gaston Bachelard, a senti, mieux qu’aucun autre la profondeur (« Lautréamont », page 95), mais dans la rage mathématique peut-on sortir des rêts et se libérer sans apport d’une aide extérieure? Une petite douceur printanière pourrait, peut-être, mieux faire…Foi d’animal!
    Dans l’attente de ses chants, je vais retrouver l’alcôve tout en rêvant aux jardins du ciel et me donner la forme pour planter quelques choux et poireaux, demain, dans la terre meuble.
    Bien à vous tous.

    Jacques

  5. Bonsoir!

    Sous mon arbre de juin, il me plaît de répondre à Monsieur Bardou.
    Pour ce faire, je suis allé chercher au grenier, une revue dirigée par un ami de longue date (« Médium » n° 11, second trimestre 2007, page 179) où, je lis en exergue d’un article consacré à la « Tradition », ce qui suit :
    « Ad libitum!!!
    L’amitié, c’est toujours un ménage à trois; ce sont les deux amis plus quelque chose qui passe. »(François Mitterrand)
    L’auteur de l’article était moine à l’abbaye d’En Calcat. Il a écrit un petit livre , intitulé « Au risque de la conscience »préfacé par Jean-Claude Guillebaud
    J’ai conservé ses lettres adressées à Madame Ondine, votre serviteur, et lui s’appelait René Descartes, ce qui le changeait, le temps d’une simple correspondance de « Frère Anselme ».
    Je suis allé à sa rencontre, un jour de juin deux mille dix, retardant de quelques jours, mes foins à faire…Et sur le chemin du retour, une petite balade sur les berges de cet infime ruisseau où le physicien Bernard d’Espagnat s’est plu à pérorer avec la fée des feux du savoir.
    Tradition et modernité…Un ancien Ministre de notre nationale éducation, en a fait, un jour, une dictée sans négliger les foins à faire…Enfin, dans le texte, son texte.
    Autre chose, maintenant, serait de coucher une dictée dans le foin, mes bons amis, avec le néant pour témoin!
    Quelque chose et moi, en cette chambre, loin de Figeac et ses alentours…
    Qui peut entendre ce chant? Dites-moi!

    Garo

  6. Si tu t’appelles « Mélancolie »?
    Allez sur Google et voyez la petite dizaine de pages consacrées à « Melencolia » d’Albrecht Dürer et à la mélancolie chez les grecs »
    Vous y verrez Platon pointant le ciel du doigt et l’auteur de l’article renouer avec l’Antiquité grecque pour faire apparoir de son étude très poussée, le sens positif de Melencolia.
    Ce midi revenant d’une foire de campagne sous la pluie, au restaurant, je parlais à mes voisins de table, un couple d’inconnus. Nous devisions sur les particularités de nos régions respectives et la discussion en vint naturellement au romantisme absolu de Gonzague Saint Bris.
    Il est des questions très simples qu’il faut poser…Mais que c’est difficile, voire impossible, peut-être, d’essayer d’y répondre. Prince de la mélanfolie, Jules Laforgue , selon Gonzague Saint Bris, n’arrête pas de réfléchir et laisse éclater sa colère : Méthode! Méthode! que me veux-tu?
    Dans le coffre de la voiture, les deux volatiles fraîchement achetés donnaient de la voix…Sur le siège, un livre d’un ami helléniste, parlant des routes de la voix et celui d’un voisin racontant ses souvenirs d’antan, d’agriculteur.
    Ne pas tout dire et voir ce que l’on peut faire de cette zone blanche…
    Bonne nuit

    Roxane

  7. Bonjour!

    Ce blogue est trop respectueux de la pensée de l’autre qu’il serait malséant d’y introduire la moindre contestation fâcheuse.
    J’aimerais quand même en toute aménité faire une petite observation qui me paraît utile, à l’endroit du dernier commentaire de Madame Roxane.
    Un retour de foire avec la mélencolia de Dürer et le romantisme de Gonzague Saint Bris au menu improvisé d’un restaurant, sans oublier les volatiles laissés dans le coffre de la voiture, permettez-moi de trouver la chose pour le moins pittoresque, complètement à côté des réalités quotidiennes des gens qui galèrent et qui sont à des parsecs de ce luxe littéraire, qui peut plaire, certes, à des intellectuels parisiens ou d’ailleurs mais qui laissent dans sa mouise la gent populaire qui s’appelle souffrance.
    Peut-être eussiez-vous été mieux inspirée de citer la Melancholia de Victor Hugo dont voici quelques vers :

    « Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit?
    Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit?
    (…)
    Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas!
    Ils semblent dire à Dieu : -Petits comme nous sommes,
    Notre père, voyez ce que nous font les hommes! »(Fin de citation)

    Certes, nous ne sommes plus au temps de Germinal mais qui peut dire que l’esclavage n’existe pas sous une autre manière?

    Ce jour, si vous avez le temps, allez donc faire un tour du côté du 24 de la rue de Écoles, à Paris. La fée du logis, femme sage et adorable hamadryade du site des Chênes de son université, voit la vie en rose sur un ciel gris. Elle vous accueillera avec le sourire.
    Ce sont là de braves honnêtes gens qui font des livres, des voyages et des colloques. Ils vous parleront du rire du divin marquis et de Rabelais. Et ce sont là choses humaines et gens en chaleur. L’ardeur que je revendique, Madame Roxane, est un temps, ce n’est pas une chaleur. S’exprimer en métaphore n’est pas réaliser des métamorphoses, que je sache!
    Le « Lautréamont » de Gaston Bachelard ne dit pas le contraire.
    Une langue instantanée, une expression est plus que la vie, autre chose que la vie. Qui dira aux tribuns de ce jour, là-bas, à Paris, que de pauvres gens qui ne savent pas s’exprimer, comme ils disent, peuvent s’inscrire en telle pensée sans langage?
    Et « le marquis de Sade »de « disséquer la dame »…
    Le pianiste et le physicien ne disent-ils pas encore de lui, « le marquis de Sade » qu’il « démasqua le désir » ? Voyez comme « le marquis de Sade » dans ses mêmes quinze lettres forment les expressions entre guillemets précédentes.
    Ce n’est pas d’hier qu’on parle d’accouchement du sens, palsambleu!
    Et l’enfant de la science belle de Michel Serres se fait attendre…

    Jacques

  8. Je dirai quand même que Roxane est volatile.
    Que celle ou celui qui peut me dire le contraire avance ses arguments!
    Il est un noble gentilhomme prénommé Guillaume qui confirmera cette observation.

    Garo

  9. Exact
    Voir ce lien :
    « Lettre ouverte de Edmond Lourdines à Guillaume De Tonquedec “Le panache de Cyrano”Lettre 7 (5 / 06 / 2019)
    Quel cinéma!

    Jacques

  10. Bonjour!

    Au secours, bonnes gens!
    Notre plongeur ne remonte plus à la surface…
    On aurait tant besoin de ses indications céruléennes, pourtant!
    Au bon heur de sa réapparition, j’espère!

    Roxane

  11. # Jacques : « Une langue instantanée, une expression est plus que la vie, autre chose que la vie »

    On essaye de ressentir profondément ce que vous exprimez là, et ensuite on peut en parler avec des mots.

    C’est différent, en soi, que de ne pas ressentir ou ressentir sans persévérance et de quand même parler avec des mots.

    Ce sera mon troisième chapitre. En attendant, pour être honnête, il faut que je replonge sous la surface.

    # Jean-Pierre : ça fait deux mois que j’ai le feu sacré pour étudier à fond le « minimum théorique » de physique classique, que vous m’avez conseillé (auparavant je l’avais survolé, mais maintenant j’ai de l’amour pour lui). Si je comprends tout au final de ce qu’il y a dedans, croyez-vous que je puisse passer en candidat libre un petit diplôme de physique ?

  12. Du « minimum théorique »à « l’atome de sagesse »

    Bonsoir Madame!
    Bonsoir Monsieur!

    Je viens de lire le dernier commentaire adressé à deux personnes différentes et ce propos étant lisible dans un espace public, je considère qu’un lecteur peut donner son point de vue, même s’il n’est pas directement concerné.
    L’intention de Monsieur Guillaume Bardou est tout à fait respectable, pour ne pas dire plus, et le but est évidemment très louable.
    Cependant – allez savoir pourquoi! – en lisant la question finale posée à Monsieur Luminet, je n’ai pu m’empêcher de me remémorer une correspondance avec le Professeur Henri Laborit où il était question de la parabole évangélique du jeune homme riche…Cela pour dire qu’il est difficile de résoudre intérieurement la question cruciale du sens de notre vie, tant on est absorbé par des milliers de choses.
    Un diplôme de physique…Pourquoi pas?
    Un croyant littéraire de mon espèce pourrait entendre la leçon du maître et suivre son enseignement sans pour autant assister à ses cours à l’université.
    Que nous dit ce maître en la matière – matière, autre nom de
    celui de l’Être? -:

     » Que contrairement aux superstitions, la croyance littéraire ne se va se froisser les ailes au roc des choses établies par le savoir. Elle doit être mouche plus fine!
    Et si de nos jours, elle garde droit à l’existence cela tient au fait que les résultats de la recherche scientifique se trouvent à lui laisser les profondeurs. »

    Et le plongeon si nécessaire en tels abysses, n’a pas de sens si c’est uniquement pour y pêcher un diplôme ou autre titre ou grade distribué par la société marchande pour laquelle travaille l’école.
    Autre chose est le plongeon dans la piscine, celle de Siloé pour
    recouvrer la vue ou se doter d’une vision nouvelle, qui ne peut plus être, précise le physicien qui s’y connaît, la Nature visible, manifeste, limpide des Grecs.
    Mais libre à tel ou tel lecteur de suivre la voix qu’il entend sans se soucier le moins du monde des commentaires de gens au bord du chemin…
    Lui aussi court dans le tunnel vers l’impossible délivrance.
    Quel animal bossu fabuleux, en effet, pourrait passer par ce trou noir? Impossible! On dit de ce mot qu’il n’est pas français…
    Mais qui est français par les temps qui courent, Madame, Monsieur?
    Je vous souhaite une excellente soirée et une nuit sereine.

    M L

  13. # Jean-Pierre : « notre globe est lie et rebut du monde
    la terre abrite le corps monstrueux de Lucifer »

    C’est vrai, dans la mesure où un glissement de sens positif à négatif a transformé la planète Vénus, Eωσφόρος (porteuse de lumière) en ange déchu, par une somme de mauvaises intentions (c’est toujours vilain de transformer la mémoire des mots).

    Comme quoi les enfants ont raison : « c’est celui qui le dit qui y est », bien que ça ne les empêche pas de chuter dans l’imaginaire.

  14. Bonjour à tous!

    Attirée sans doute par les mystères cathares et visiblement dégoûtée par l’agressive vulgarité des sonorisations rencontrée lors de son voyage audacieux, une personne dont je me dois de taire le nom, s’est retrouvée comme par enchantement dans le silence de ce monastère ariégeois, en ce début du mois de juin, me surprenant à la librairie, en train de lire un chapitre du Livre du prophète Isaïe.
    Je reviendrai pour reparler de cette rencontre étonnante, comme le sont ces moments imprévus qui dérangent nos habitudes et qui nous invitent sans nous forcer, à voir la vie autrement, une vie examinée.
    Cette personne lit régulièrement les billets et les commentaires de ce blog et a sollicité bien gentiment mon entremise pour faire passer son papier, ayant quitté sa Normandie sans ordinateur et sans smartphone.
    Dont acte.
    Voici son message :

     » Du minimum théorique »à « l’atome de sagesse »

    Bonsoir Madame!
    Bonsoir Monsieur!

    Je viens de lire le dernier commentaire adressé à deux personnes différentes et ce propos étant lisible dans un espace public, je considère qu’un lecteur peut donner son point de vue, même s’il n’est pas directement concerné.
    L’intention de Monsieur Guillaume Bardou est tout à fait respectable, pour ne pas dire plus, et le but est évidemment très louable.
    Cependant – allez savoir pourquoi! – en lisant la question finale posée à Monsieur Luminet, je n’ai pu m’empêcher de me remémorer une correspondance avec le Professeur Henri Laborit où il était question de la parabole évangélique du jeune homme riche…Cela pour dire qu’il est difficile de résoudre intérieurement la question cruciale du sens de
    notre vie, tant on est absorbé par des milliers de choses.
    Un diplôme de physique…Pourquoi pas?
    Un croyant littéraire de mon espèce pourrait entendre la leçon du maître et suivre son enseignement sans pour autant assister à ses cours à l’université.
    Que nous dit ce maître en la matière – matière, autre nom de
    celui de l’Être? -:

     » Que contrairement aux superstitions, la croyance littéraire ne se va
    se froisser les ailes au roc des choses établies par le savoir. Elle
    doit être mouche plus fine!
    Et si de nos jours, elle garde droit à l’existence cela tient au fait
    que les résultats de la recherche scientifique se trouvent à lui laisser les profondeurs. »

    Et le plongeon si nécessaire en tels abysses, n’a pas de sens si c’est uniquement pour y pêcher un diplôme ou autre titre ou grade distribué par la société marchande pour laquelle travaille l’école.
    Autre chose est le plongeon dans la piscine, celle de Siloé pour
    recouvrer la vue ou se doter d’une vision nouvelle, qui ne peut plus être, précise le physicien qui s’y connaît, la Nature visible,
    manifeste, limpide des Grecs.
    Mais libre à tel ou tel lecteur de suivre la voix qu’il entend sans se soucier le moins du monde des commentaires de gens au bord du chemin…
    Lui aussi court dans le tunnel vers l’impossible délivrance.
    Quel animal bossu fabuleux, en effet, pourrait passer par ce trou noir? Impossible! On dit de ce mot qu’il n’est pas français…
    Mais qui est français par les temps qui courent, Madame, Monsieur?
    Je vous souhaite une excellente soirée et une nuit sereine. »
    Fin de citation
    Je viens de recevoir à l’instant, un message d’une autre personne qui m’écrit :
    « Le temps et l’espace restent à l’échelle humaine. Le corps peut éprouver l’espace-temps.
    La course en montagne me permet de décélérer le temps contrairement à ce qu’on pourrait penser. Vivre l’espace-temps à travers le corps, l’éprouver, en garder le souvenir sensible est une formidable expérience spirituelle, un moment de méditation dynamique, quelques heures d’harmonie entre soi, son corps, la nature, l’espace-temps et l’univers.
    (…)
    Nous ignorons encore beaucoup.
    La physique quantique nous permettra de comprendre des phénomènes complexes en neurosciences dans les années à venir. » (Fin de citation)

    Je vais reprendre le livre d’Isaïe, au verset 12 du chapitre XIV.
    Face à moi, une gravure de Salomon Savery…
    A chacun ses Vespérales!

    Jacques

  15. Bonjour!

    Les matines sonnées, je reviens comme promis sur ma rencontre de l’autre jour.
    Il pleuvait fort sur la grand’route, elle cheminait sans parapluie…
    Je descendais de la montagne, je lui propose un abri..
    Séché, réconforté, voici l’hôte dans la salle de librairie du monastère.
    – Mais qui dit le vrai en cet enfer moderne?
    Frère Jacques, éclairez-moi, je vous prie!
    La personne en face de moi a fait des centaines de kilomètres pour arriver là, en train, en voiture, à pied. Sur la carte de sa géographie mentale, beaucoup d’attention et de la chance lui ont permis de trouver ce point de chute.
    Que puis-lui dire?
    Je pense à un article du « Point » où Monsieur Claude Allègre écrit ;

    « Ayant passé trois ans de ma vie comme ministre à m’occuper d’un système éducatif dans lequel j’ai baigné depuis mon enfance, écrit-il, je ne suis peut-être pas le moins mal placé pour faire quelques commentaires. »

    Un spécialiste de la langue française s’est plu à lui répondre indirectement en ces termes ;
    « Ce grand scientifique qu’est Claude Allègre a dû oublier ce qu’il n’est certes pas sans… savoir : trois négations successives (n’être pas / le moins / mal placé) reviennent à une seule (…) Dommage : s’en souvenir lui aurait évité d’exprimer exactement le contraire de ce qu’il voulait signifier (…) »
    Et de renchérir pas ces mots d’enfant ;
    « C’est celui qui le dit qui y est »
    Que dire à cette personne en visite au monastère?
    Un cénobite n’en sait pas plus qu’un autre et le silence monacal n’a pas les réponses à toutes les questions, las!
    Le blog de l’astrophysicien Jean-Pierre Luminet l’intéresse au plus haut point…Je l’encourage en cette voie.

    – Ce sont des gens qui savent beaucoup de choses, c’est vrai, mais bon, que changent-ils vraiment avec leur méthode scientifique ? La misère morale et matérielle est toujours là et aucune manne, aucune main tendue venue du ciel pour changer notre désespoir en chant de joie…
    Ils écrivent, ils parlent dans le poste, ils savent toujours tout mais que font-ils, ces courtisans du système, pour améliorer le sort des pauvres gens, des silencieux sans bure, qui voudraient bien vivre plus et mieux?
    Atteindre le sommet de la montagne pour se retrouver, faire l’expérience de son corps et donner des cours dans la vallée, moyennant finances, sur le bienfait des médecines douces et des spiritualités orientales, à la sauce quantique, pourquoi pas? Mais là encore, on touche un certain public, des gens aisés qui ont de l’argent pour faire les grands voyageurs, pas celles et ceux qui sont au bord du chemin, éternels exclus des sphères du pouvoir d’ici-bas. »
    Je n’ai pas les mots pour répondre…Je me lève et vais chercher un livre dans le rayonnage et l’ouvre à la page 107.
    – Tolle lege
    « La chute de l’imaginaire », chapitre III de « L’air et les songes -Essai sur l’imagination du mouvement- »

    – Ah, Gaston Bachelard!

    Quelques notes sur un petit carnet et puis …un sourire.
    Mon hôte s’en est allé sans mot dire, sans maudire, sous un ciel d’orage, reprenant les routes…vers son pays, son « espace » de liberté.
    Seul dans ma chambre, je repense à cette rencontre, au jardin des essences et aux sentiers qui bifurquent…
    Je relis cette dernière ligne d’un message personnel :
    « Je crois qu’il n’y pas de vertu plus joyeuse et plus grave… »
    L’auteur parle de l’esprit d’enfance et du goût de l’avenir.
    Indicateur, peut-être, de la ligne du ciel.,.
    Bonne journée

    Jacques

  16. Bonjour à tous!

    Et si des traces non totalement indéchiffrables de ce réel profond pouvait, quand même, permettre de rejoindre sur son chemin le penseur grec…
    Sur ma route, même si je ne quitte pour ainsi dire jamais mon prieuré de Lorraine où je regarde chaque jour, ne vous en déplaise, « Plus belle la vie: » avec un texte d’Edmond Rostand à la main…Philosophie du panache oblige! je dois reconnaître que je m’étonne encore des rencontres que j’ai pu faire :
    un villageois fabuleux sous son arbre d’Armorique, un plongeur célèbre sur son sautoir d’Île-de-France et un bon starets dans son monastère occitan.
    Monsieur Bardou utilise le mot « vilain »…S’intéressant à l’étymologie, il sait que le sens premier de ce mot est « paysan libre » opposé au serf (paysan servile, esclave) Ils m’ont appelé vilaine à cause de mes gros sabots, ces trois capitaines de la culture et du savoir…Écoutons, s’il vous plaît, de prime abord la comptine :

    En passant par la Lorraine – YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=CotZfnKGWHM

    Que diantre, dans sa longère provençale, notre porte-lumière national qui en connaît un rayon, saura-t-il de sa voix chantante nous mettre dans le droit chemin, fût-il celui de rêver!
    La vilaine n’est-elle pas l’image de ces gens, philosophe, théologien, voire savant qui exigent des preuves positives de la forme littéraire et dont nous savons maintenant qu’ils sont renvoyés dos à dos, comme ayant de trop gros sabots.
    Or, ces gros sabots, le physicien les chausse pour répondre à ces gens-là qui lui reprochent de repousser les thèses réalistes avec des arguments positivistes. Monsieur Bernard d’Espagnat, par exemple, s’en est expliqué dans un appendice d’une partie d’un beau livre consacré aux quanta et aux choses.
    Et pourtant, il faut bien à l’homme qui cherche un sens à sa vie, une mesure au sein des choses…Quelque part une preuve. Cela ne peut être sans école et sans épreuve…Tentons le schibboleth, palsambleu, comme dit Garo!
    Autrement dit trouver le mot juste, la bonne pointure, ce qui sied à merveille.
    Et c’est de nouveau le conte qui va nous instruire avec la pantoufle de vair…Cendrillon chez le toujours « vivant » Michel Serres au chapitre des « Voiles’ dans son bel essai sur la philosophie des corps mêlés. Il parle de variation, de variété et de…vair, de vair qui l’emporte sur le verre.
    Et de poser la question, soumise ici à mes capitaines de rencontre et à Lucifer en personne :
    « Entre les mains du prince, le soulier de bal donne accès à la princesse irremplaçable, nous irons demain aux noces de la reine :
    la clé unique n’ouvre qu’une seule porte. A nous, plongés dans la récit, le mot vair donne le sens, la clé de la langue : à quoi référer un sens variant? »
    Mais qui est prince ou princesse? Qui est bergère ou berger?
    C’est dans la science et l’âme du monde que l’on trouve les réponses aux questions ou les jeux de cache-cache de la recherche scientifique. Je n’invente rien, l’un ou l’une s’appelle science et l’autre l’inconscient.
    J’imagine de preux chevaliers du haut de leur tour nommée « logosphère », salariés d’une chaîne de radio dans une émission consacrée à « La méthode scientifique », recevant à leur ronde table, les lumières ou brillants esprits de notre ici-bas, parlant à leurs admirateurs, citer Jules Laforgue, en exergue d’une « Poétique de la rêverie » :
    « Méthode, Méthode, que me veux-tu?
    Tu sais bien que j’ai mangé du fruit de l’inconscient »

    C’est un jardin extraordinaire et Bell y est.
    Une reinette vous y attend.
    Quant à la croquer…

    Roxane

  17. # jacques « Et le plongeon si nécessaire en tels abysses, n’a pas de sens si c’est uniquement pour y pêcher un diplôme ou autre titre ou grade distribué par la société marchande pour laquelle travaille l’école. »

    Vous avez complètement raison. Si à mon âge je concrétise cet hypothétique projet, ce ne sera évidement pas pour moi, ce sera un don et une preuve de confiance.

    Je crois me souvenir que je devais avoir une quinzaine d’années, et j’étais au collège. Je ne me souviens plus des mots, ni des circonstances, quand notre professeur souleva notre étonnement en nous disant qu’on pouvait étudier pour notre culture personnelle.

    Je me souviens de mon étonnement, et de celui de plusieurs autres élèves.
    Nous ne comprenions pas. Nous riions, et je me disais que moi je n’avais pas envie d’étudier pour autre chose que ce que je devais apprendre, qui me prenait déjà trop de temps et d’efforts.

    Je ne voyais pas un prolongement de moi pour moi dans moi. Nous étions des jeunes gens obligés d’agir, et nous n’en avions pas conscience, comme notre étonnement le prouvait.

    Plus jamais par la suite, je ne me souviens avoir eu l’occasion de retrouver cet étonnement. Nous étions dans une culture qui ne nous donnait pas l’envie d’apprendre pour nous même, mais pour un résultat. Alors Il fallait faire vite et bien. Donc, quand on ne pouvait pas, pour toutes les raisons imaginables, fausses comme vraies, on était hors de la vie collective et culturelle et il ne nous restait qu’une apparence de vie intérieure en rupture avec le monde extérieur.

    On avait peur de ce qu’on devait faire, et on expérimentait avec dégoût la peur de la chose apprise, de la chose à faire, et cette peur nous poursuivrait toute notre vie.

    Personne ne pouvait s’attarder à comprendre profondément, car cela, c’était agir pour soi-même, que cela réclamait du temps, pas de superstition, pas de contrainte. Si maintenant cela pouvait être mieux, il ne faut rien regretter pourtant, car le mal donne aussi la conscience, et nous ne pouvons savoir ce que nous sommes avant de l’avoir connu.

    On peut avec facilité se laisser aller aux regrets :
    Il aurait fallu du désir, de l’espérance, pour constater des sensations.
    Il aurait fallu des sensations multiples et variées, pour sentir l’étreinte du monde autrement qu’en étouffement. Tout cela je l’ai donné à mes enfants, qui sont excellents en classe. Ils ont confiance en eux, ils n’ont pas peur, car ils sont aimés intelligemment.

    Les regrets que l’on peut avoir pour l’histoire de sa propre personne sont encore les distractions de quelqu’un qui se croit séparé des faits du monde.
    La vérité est que cela n’a pas été pour que cela soit maintenant, dans le même Être.

    # Roxane « Et pourtant, il faut bien à l’homme qui cherche un sens à sa vie, une mesure au sein des choses…Quelque part une preuve. Cela ne peut être sans école et sans épreuve… »

    Tout à fait vrai, vous avez fait le lien entre la mesure, l’école et l’épreuve. Ainsi l’épreuve n’est pas ténébreuse, elle tient dans la beauté d’une équation, dans la régularité d’un geste aérien, et l’école des anges remplie l’existence.

  18. Bonjour!

    Le dernier commentaire de Monsieur Bardou invite à une sacrée réflexion.

    Face au nœud gordien des problèmes humains que pouvons-nous faire, nous les lecteurs habituels de la prose érudite et de la poésie vivante de notre Lucifer ou porte-lumière provençal, nous qui avons l’intuition de ce quelque chose, cette amande au cœur de la nature et des choses, fruit que l’on sait délicieux et rendu tel  qu’à force de culture, nous qui savons la nécessité du détachement, du silence, de la distance et en même temps l’incapacité de l’être « à ne pas rechercher la possession et le pouvoir », comme il est écrit dans un projet pour le peuple, qui en appelle à l’excellence, n’est-ce pas?

    Tout est là paradoxal! Être sur les bancs de écoles et en même temps faire l’école buissonnière, connaître les nouvelles et ne pas écouter la radio, échanger avec l’intellectuel en vue et parler aux oiseaux, être là et hors là, quitter le monde de l’argent et en avoir suffisamment pour vivre et rester  libre, être fourmi et en même temps cigale, grillon et papillon, les yeux au ciel et les pieds sur terre, être dans l’internet et débranché le nez au vent, être un croyant et incroyant, être à temps et à contretemps. Enfin…

    « Être ou ne pas être, voilà la question  »

    Étienne, le physicien, Jacques, le pianiste, répondent en chœur à la question théâtrale par une renversante anagramme de leur composition :

    « Oui, et la poser n’est que vanité orale »

    L’athénien de la méthode scientifique qui a pignon sur rue et dont la parole chantante est sur toutes les ondes, va au bout du monde pour nous rapporter quelque beauté…Nous admirons.
    Mais il est bien loin, ce messager des étoiles, à des parasanges peut-être, du béotien qui ne saurait ignorer d’où sont venus Hésiode et Pindare, bien loin des ruines de la campagne désertée sous les lumières de la ville.

    Quelque chose nous rapproche pourtant quand nous ouvrons ensemble « La formation de l’esprit scientifique » avec les dernières lignes de l’ouvrage qu’il ne messied pas , ici, de citer :

    « Si nous allions au delà des programmes scolaires jusqu’aux réalités psychologiques, nous comprendrions que l’enseignement des sciences est entièrement à réformer ; nous nous rendrions compte que les sociétés modernes ne paraissent point avoir intégré la science dans la culture générale. On s’en excuse en disant que la science est difficile et que les sciences se spécialisent. Mais plus une oeuvre est difficile, plus elle est éducatrice. Plus une science est spéciale, plus elle demande de concentration spirituelle ; plus grand aussi doit être le désintéressement qui l’anime. Le principe de la culture continuée est d’ailleurs à la base d’une culture scientifique moderne. C’est au savant moderne que convient, plus qu’à tout autre, l’austère conseil de Kipling. « Si tu peux voir s’écrouler soudain l’ouvrage de ta vie, et te remettre au travail, si tu peux souffrir, lutter, mourir sans murmurer, tu seras un homme, mon fils. » Dans l’œuvre de la science seulement on peut aimer ce qu’on détruit, on peut continuer le passé en le niant, on peut vénérer son maître en le contredisant. Alors oui, l’École continue tout le long d’une vie. Une culture bloquée sur un temps scolaire est la négation même de la culture scientifique. Il n’y a de science que par une École permanente. C’est cette école que la science doit fonder. Alors les intérêts sociaux seront définitivement inversés : la Société sera faite pour l’École et non pas l’École pour la Société ». (Fin de citation)
    Et Guillaume de nous parler de beauté et de l’école des anges.
    Le sublime est relatif et la beauté n’est qu’humaine, a dit quelqu’un qui pense que le spectacle connu de l’étoile du matin sur les pâturages alpestres est plus évocateur de l’Être que les immenses flux de protons qui jaillissent de certains quasars.Le physicien, son ami, lui a répondu que la beauté sensible est chose complexe et dans son appréhension personnelle de cette beauté, il croit voir entrer, par les voies de l’intuition, une part importante de la recherche de l’Idée, en un sens quelque peu platonicien. Et icelui de reconnaître que l’échange d’arguments pourrait très longtemps se poursuivre…
    Brisons là.
    Deux mots qui ferment le débat au lieu de l’ouvrir sur l’idée civilisatrice sans majuscule, qui se cherche dans le laboratoire non localisable d’une vision prophétique du pouvoir démocratique français.
    Rêve creux où lyrisme psychique avec l’assomption de Séraphîta ? Où trouver la réponse, bonnes gens, Mesdames et Messieurs les scientifiques, si par miracle, vous lisez ces lignes ?
    Aux Tables de Michel Serres faut-il se contenter de ce qui reste du reste du reste du reste…de la semence volante, transparente, ténue, vive, infime du verbe ?
    Donner au simulacre, enfin une forme…touchable.
    A l’école de la vie, avons-nous d’autres choix ?

    Garo

  19. Sais pas. Pour l’heure, je suis heureux, je viens d’écrire ça :

    La suspension volontaire d’un acte personnel est plus facile que la suspension volontaire d’une pensée personnelle. De façon logique et pour rester intelligible, on dira que la suspension volontaire d’un acte personnel est elle-même un acte, mais que c’est un acte qui, en supprimant une manifestation de l’égo, est dédié à autre chose que soi. Un acte impersonnel de cette nature est ce qui est appelé « sacrifice ». L’utilité d’une telle pratique concerne ce qui se produit dans le temps pour l’être individuel, car les pensées qui apparaissent ensuite pour lui correspondent à quelque chose d’uni dans son être. La vérité d’un acte impersonnel est prouvée par le fait de ne pas avoir pas de regrets de n’avoir pas agi.
    Il s’agit tout aussi logiquement d’une pensée personnelle, mais pas de n’importe quelle pensée, car elle traduit une perception dans la réalité extérieure, une sensation, une émotion qui ne permet pas à l’imaginaire de suggérer des pensées contradictoires.

    Un peu comme le diapason d’une vibration.

    Ce que nous avons dit des choses qui se produisent par le contrôle de la volonté ne doit pas masquer l’éventualité que ce que le sacrifice engage pour l’être individuel soit tout un faisceau d’évènements psychiques, physiques, factuels, intérieur et extérieur. C’est à dire la réalité

    On appelle ordinairement « Dieu » le destinataire de l’acte impersonnel, du sacrifice, de façon à motiver le contrôle de la volonté personnel dans une analogie avec un don justifié fait à un être humain, un don que l’on aime faire. Mais si on y regarde de plus près, ce qui est posé ici c’est la question de savoir s’il est possible d’exister autrement que dans le mouvement d’un état à un autre, ce qui constitue l’essentiel de la façon humaine actuelle de percevoir le réel et de penser cette perception du réel.

    Alors peut-on exister comme une ou plusieurs notes de musique ?

    Je pense que c’est ce qui se produit, mais parce que nous n’en avons pas conscience, nous existons dans l’ambivalence. De même le spectacle des observations, lié dans une totalité intelligible, n’est pas le spectacle de l’intérieur d’une multiplicité d’observateurs, qui lui est beaucoup plus caché. Le premier spectacle nous met dans un état vibratoire dénué de pensées, quand il s’agit d’être charmé ou subjugué, et même s’il semble venir de l’extérieur sans que nous en soyons responsables, il s’agit du même état que celui produit par le sacrifice, dont nous sommes responsables. C’est une symphonie. Ce qui fait voir toute la réalité comme une œuvre consciente.

    Une œuvre cosmique très forte, capable d’offrir des trésors à ce qui est incapable de sacrifier.

    Le second spectacle nous force à dire qu’à ce point-là, tout semble se brouiller, l’unité et la multiplicité de l’être, le temps, l’espace et l’observateur qui observe. C’est une cacophonie, mais il est difficile de contester qu’elle fournit l’aliment du sacrifice, par la foule inintelligible des pensées ambivalentes.

    Notre destin le plus désirable est donc de nous faire chef d’orchestre, de façon à jouer consciemment avec plusieurs états vibratoires de notre être dans une symphonie utilisant une foule d’autres instruments.

    Un mot sur le désir. Si on a bien perçu le mécanisme du réel, dont les lois physiques sont impartiales, dans lequel nous nous heurtons ou nous nous appuyons physiquement, et qui est pour nous l’alternative du contrôle de la volonté, on voit que le désir qui empêche le sacrifice, donc le réel, est une fausse note, tandis que celui qui ne l’empêche pas est l’union avec le réel, c’est-à-dire Dieu, pour la résumer.

  20. Ci-dessous le même texte, corrigé de quelques fautes de frappe :

    La suspension volontaire d’un acte personnel est plus facile que la suspension volontaire d’une pensée personnelle. De façon logique et pour rester intelligible, on dira que la suspension volontaire d’un acte personnel est elle-même un acte, mais que c’est un acte qui, en supprimant une manifestation de l’égo, est dédié à autre chose que soi. Un acte impersonnel de cette nature est ce qui est appelé « sacrifice ». L’utilité d’une telle pratique concerne ce qui se produit dans le temps pour l’être individuel, car les pensées qui apparaissent ensuite pour lui correspondent à quelque chose d’uni dans son être. La vérité d’un acte impersonnel est prouvée par le fait de ne pas avoir de regrets de n’avoir pas agi.
    Il s’agit tout aussi logiquement d’une pensée personnelle, mais pas de n’importe quelle pensée, car elle traduit une perception dans la réalité extérieure, une sensation, une émotion qui ne permet pas à l’imaginaire de suggérer des pensées contradictoires.

    Un peu comme le diapason d’une vibration.

    Ce que nous avons dit des choses qui se produisent par le contrôle de la volonté ne doit pas masquer l’éventualité que ce que le sacrifice engage pour l’être individuel soit tout un faisceau d’évènements psychiques, physiques, factuels, intérieur et extérieur. C’est à dire la réalité.

    On appelle ordinairement « Dieu » le destinataire de l’acte impersonnel, du sacrifice, de façon à motiver le contrôle de la volonté personnelle dans une analogie avec un don justifié fait à un être humain, un don que l’on aime faire. Mais si on y regarde de plus près, ce qui est posé ici c’est la question de savoir s’il est possible d’exister autrement que dans le mouvement d’un état à un autre, ce qui constitue l’essentiel de la façon humaine actuelle de percevoir le réel et de penser cette perception du réel.

    Alors peut-on exister comme une ou plusieurs notes de musique ?

    Je pense que c’est ce qui se produit, mais parce que nous n’en avons pas conscience, nous ne nous sentons exister que dans l’ambivalence, incapable d’entrer dans le décor. Ainsi le spectacle des observations, liées dans une totalité intelligible, n’est pas le spectacle de l’intérieur d’une multiplicité d’observateurs, qui lui est beaucoup plus caché. Le premier spectacle nous met dans un état vibratoire dénué de pensées, quand il s’agit d’être charmé ou subjugué, et même s’il semble venir de l’extérieur sans que nous en soyons responsables, il s’agit du même état que celui produit par le sacrifice, dont nous sommes responsables. C’est une symphonie. Ce qui fait voir toute la réalité comme une œuvre consciente.

    Une œuvre cosmique très forte, capable d’offrir des trésors à ce qui est incapable de sacrifier.

    Le second spectacle nous force à dire qu’à ce point-là, tout semble se brouiller, l’unité et la multiplicité de l’être, le temps, l’espace et l’observateur qui observe. C’est une cacophonie, mais il est difficile de contester qu’elle fournit l’aliment du sacrifice, par la foule inintelligible des pensées ambivalentes.

    Notre destin le plus désirable est donc de nous faire chef d’orchestre, de façon à jouer consciemment avec plusieurs états vibratoires de notre être dans une symphonie utilisant une foule d’autres instruments.

    Un mot sur le désir. Si on a bien perçu le mécanisme du réel, dont les lois physiques sont impartiales, dans lequel nous nous heurtons ou nous nous appuyons physiquement, et qui est pour nous l’alternative du contrôle de la volonté, on voit que le désir qui empêche le sacrifice, donc le réel, est une fausse note, tandis que celui qui ne l’empêche pas est l’union avec le réel, c’est-à-dire Dieu, pour la résumer.

  21. Bonjour!

    Le commentaire rectifié de Monsieur Bardou recherchant de nouveau l’excellence, m’incite à publier un errata lié à mon dernier propos.
    Il fallait lire « bancs des écoles au lieu de « bancs de écoles »
    « Rêve creux ou lyrisme psychique » au lieu de « Rêve creux où lyrisme psychique »
    Que le maître des lieux et les lectrices et lecteurs me pardonnent cette étourderie!
    J’ose imaginer que le commentaire susmentionné de Monsieur Bardou recevra la réponse qu’il mérite.
    En attendant, je vous souhaite un bel été.
    Ce matin, sous mon arbre, je supporte une petite laine.
    Cordialement.

    Garo

  22. Bonjour à tous dans la chaleur de l’été!

    Un peu d’ombre au monastère pour écrire cette réponse au commentaire numineux de Guillaume.

    Sans doute faudrait-il par-dessus mon épaule, une présence obombrante pour guider ma main vers le juste mot.

    Quelque chose m’invite à répondre à « ça »…au risque de la conscience, comme disait un frère moine.

    D’abord dire de ce propos qu’il donne du corps et qu’il sonne du cor. Bachelardien du premier au dernier mot.

    Garo serait bien inspiré de ressortir les « Études »de Gaston Bachelard, pour y lire de nouveau cette phrase si belle :

    « Il y a dans toute conquête un sacrifice ».

    Et la philosophie du non de Monsieur Bardou, dirait notre cher Gaston Bachelard, n’est pas psychologiquement un négativisme et elle ne conduit pas, en face de la nature, à un nihilisme.

    On se dirait dans « Casse-noisette » où la baguette d’une fée fait ressurgir du monde de l’enfance un adorable ballet…

    Et le maestro de parler de désir maîtrisé et de vibration…On entend Gaston Bachelard musicien dans le texte de Monsieur Bardou œuvrant dans l’athanor « à la progression harmonique » pour reprendre l’expression de la musicologue, intéressée par la philosophie des silences et des timbres.

    Il y a du Shelley chez Guillaume : « Tout l’espace vibre…Pas d’espace sans musique parce qu’il n’y a pas d’expansion sans espace ». Écouter les êtres de l’espace infini et la musique se transformer en substance…pour trouver enfin le chercheur en tant que « corps-cœur-esprit ».
     » Nous sommes une lente rêverie végétale où s’étirent les rameaux du désir » (Jean-Pierre Luminet, La Nature des choses, page 25)

    Laissons là l’érudition, le savoir, pour aller plus loin, s’unir au réel.
    Quèsaco?

    Dans quelques jours, à Paris, rue Cabanis, un colloque organisé entre autres par L’Observatoire du réel, va plancher sur la conscience augmentée…Un plongeur, artiste de la force, saura peut-être apporter son témoignage, telle une perle rare adamantine…Qui saura ou que sera…?
    Loin, si loin de la capitale française, dans ce monastère oublié, endormi, perdu dans les ronces, à la demande d’un intervenant, j’ai contacté un savant qui s’y connaît en expérience de laboratoire et dont le nom fait autorité.
    Ce qu’il vient de m’écrire rejoint la cinquantième clé pour comprendre la physique quantique, de Madame Baker. Autrement dit, la mécanique quantique ne semble décidément pas expliquer l’émergence de la conscience.
    Et son post-scriptum, très original, fait référence à une chanson de Claude Nougaro, qui en dit long sur le temps.
    Belle fin de journée.

    Jacques

  23. Merci Jacques, vos compliments me font rougir, et je ne suis pas habitué.

    Du reste, ce n’est pas seulement Guillaume qui est l’auteur de ce qu’il a écrit. J’ai bien été inspiré par la lecture de « la Bhagavad-Gita », et quant au reste, j’essaye de parler de choses que j’expérimente vraiment.

  24. Bonjour!

    Que la réponse laudatrice de Frère Jacques se traduise par une émotion du côté de chez Monsieur Bardou, pourquoi pas?
    Concernant cette notion d’émotion, le physicien a bien raison de dire que ce terme « émotion » est un mot franchement péjoratif et que pour évoquer positivement l’idée qu’il désigne il faudrait donc un autre vocable. Mais notre langue n’en offre pas.
    J’ai fait quelques recherches sur Internet pour y trouver des informations sur le colloque dont parle Jacques. En effet l’Observatoire du réel et l’Institut métapsychique international organisent cette manifestation payante début juillet et L’Université interdisciplinaire de Paris participe à sa promotion.
    Bon, rien de nouveau sous le soleil de nos tropiques!
    Les colloques sont de plus en plus dits « exceptionnels » avec la participation de gens bardés de diplômes et de grades, chacun y allant de sa chansonnette « ésotérique » pour toucher son fidèle public qui paie sa place.
    Il y a ceux qui n’ont pas de soucis à se faire en matière d’étude de la « parapsychologie », comme ils disent! Leur statut administratif les mettent le plus souvent à l’abri des préoccupations financières et puis il y a les autres qui doivent vendre pour s’en sortir et remuer les tables pour que ça tourne! L’aide de fondations fussent-elles étrangères ne suffit pas toujours à remplir les caisses, palsambleu!
    On imagine sans peine le contenu de la réponse de l’expérimentateur physicien en telle matière. Cependant Jacques ne nous dit pas tout et c’est sa liberté…Une chanson ou une équation + une émotion est un joli saut « quantique »…
    N’est pas « para » qui veut, Madame, Monsieur!
    Il faut aussi préparer le terrain.
    Dans ce monde devenu stone, les marchands du temple sont légion et la résistance bien rare. Nous avons sans doute besoin des uns et des autres et, sur son chemin, chacun peut s’arrêter à l’auberge, fût-elle espagnole, et repartir de bon matin sans mot dire, sans maudire, avec dans sa besace quelque chose qui n’a pas de prix.
    Une chemise et le bonheur en plus…
    Quant au petit bon « heur » rencontré sur la route, le conserver est tout un art, n’est-ce pas?
    A Cavaillon on peut refuser le système et à Montfort l’Amaury s’en accommoder….A chacun sa voix! Faut pas jouer aux riches quand on n’a pas le sou et ni aux pauvres quand on est plein aux as…
    Puisse le marcheur aventurier glisser son billet, au bout du tunnel, dans l’espace murrhin de l’imaginaire…sur la ligne contrôlée et réelle du ciel.

    Roxane

  25. Bonjour!

    Si Garo devait répondre, il se contredirait…
    Cependant, Jacques a bien raison de poser la question sur le sens de ce chiffre romain.
    En ce 2 juillet, jour de visitation pour les chrétiens, on aimerait rouvrir un livre de Michel Serres où la visite a voix au chapitre…
    Peut-être pour y trouver, en ces corps mêlés, un tressaillement de joie, qui sait?
    C’est peut-être dans « l’atomisme poétique » de MonsieurJean-Pierre Luminet (qui n’exclut pas les « intuitions atomistiques » de Gaston Bachelard) que l’on pourrait trouver la réponse, à la page blanche du fragment XLIII (quarante-trois) qui ne figure dans « La Nature des choses ».
    Un chiffre romain à retrouver finalement dans « La Vita Nuova » de Dante Alighieri, puisque du paradis, il en est question dans une citation en exergue de ce présent billet…et dans les mathématiques de la décision.
    Reste au plongeur de nous rapporter des profondeurs, le sésame pour ouvrir sur la terre la porte du ciel.
    A bon entendeur!

    Roxane

  26. Pourquoi pas ? Mais pour y voir clair dans les profondeurs, il faut davantage qu’écrire pour écrire.N’est-ce pas, Garo? Merci pour la carte postale. Peut-être que suite à un Michel que vous auriez voulu autrement ce jour-là, vous avez laissé un chiffre dans un commentaire blanc. On est là dans la matrice de l’écrivain…

    Encore quelques jours et je donnerai un nouveau lien.

  27. En espérant que ce lien fasse lieu, cher Monsieur Bardou.
    Nous l’attendons. Vous mentionnez un prénom qui me rappelle une longue phrase de dix-huit lignes dans les « Tables » de Michel Serres, chapitre de son livre « Les cinq sens » (page 224)
    Elle commence ainsi :
    « Les cieux se remplissent de chants, l’espace, comblé de paroles annonce la bonne nouvelle (…) »
    Et elle se termine par ces mots :
    « (…) nulle brise, nul soupir par lequel un ange mauvais, Hermès ou Michel, puisse toucher la chair. »
    Que reste-t-il du verbe? Voici de nouveau le temps des glaneuses.
    Avez-vous vu le film, hier soir, sur la deuxième chaîne nationale de télévision « Saint Amour »? Je me souviens d’avoir déjeuné par hasard près du lieu de tournage d’une séquence, à Paris, au salon de l’agriculture, avec des amies française et américaines. Je me souviens que j’étais ailleurs…
    Une fiction qui n’a aucun sens…Des paysans qui prennent un taxi pour faire la route des vins et qui ne sortent jamais le carnet de chèques, on n’a jamais vu ça, évidemment!
    Et pourtant, cette comédie , finalement (Michel Houellebecq qui est dans le coup, ne dira pas le contraire) dit quelque chose et ce n’est pas rien…
    Bonne journée

    Garo

  28. Bonjour!

    Profondeur/ Ascension…On se dirait dans « L’air et les songes », ce livre que Gaston Bachelard a dédié à sa fille.
    M. J-P Luminet trace sa ligne du ciel avec des ébrasures d’or.
    Sans quitter le mur d’en face, je vous propose l’embrasure du poète :

    « L’EMBRASURE
    MORAINES

    Tu ne m’échapperas pas, dit le livre. Tu m’ouvres
    et me refermes, et tu te crois dehors, mais tu es incapable
    de sortir car il n’y a pas de dedans. Tu es d’autant
    moins libre de t’échapper que le piège est ouvert. Est
    l’ouverture même. Ce piège, ou cet autre, ou le suivant.
    Ou cette absence de piège, qui fonctionne plus
    insidieusement encore, à ton chevet, pour t’empêcher
    de fuir.

    Absorbé par ta lecture, traversé par la foudre
    blanche qui descend d’un nuage de signes comme pour
    en sanctionner le manque de réalité, tu es condamné
    à errer entre les lignes, à ne respirer que ta propre
    odeur, labyrinthique. La tempête à son paroxysme,
    seule, met à nu le rocher, que ta peur ou ton avidité
    convoitent, sa brisante simplicité, comme un écueil
    aperçu trop tard. N’est vivant ici, capable de sang,
    que ce qui nous égare et nous lie, cette distance froide,
    neutre, écartelante, jamais mortelle, même si tu
    m’accordes parfois d’y voir crouler la lumière, et
    s’efforcer le vent.

    (Jacques Dupin)

    Ce poète, nous le trouvons cité par un inconnu à la fin du livre de Monsieur Daniel Parrochia « Le cas du K2″ – mathématiques & alpinisme », en ces termes :

    « Nous n’appartenons qu’au sentier de montagne
    Qui serpente au soleil entre la sauge et le lichen
    Et s’élance à la nuit, chemin de crête,
    A la rencontre des constellations. »

    Je me souviens d’un livre de Marcel Brion « Vaines montagnes », un roman initiatique dont les miroirs s’entrouvrent sur « l’autre côté des choses » Et je relis avec bon heur cette citation exacte de Gaston Bachelard, en exergue d’un chapitre sur la relativité du masculin, du chercheur du réel, M.Parrochia , où je trouve cette interrogation :

    « Et qui fondera le nietzschéisme du féminin? »

    Mais bon, quand on est à quelque deux cents mètres au-dessus du niveau de la mer, à des années-lumière des expéditions en haute montagne du Cachemire, de gens honorés dans la société et que l’on a le vertige sur un escabeau, eh bien, on ne joue pas les cadors!
    A-t-on besoin de lire tout Bachelard pour atteindre le pic de l’esprit, mes bons seigneurs du bleu corridor?
    En tout cas, ici, on ne vainc qu’une fois…sans tomber de haut.

    Bien cordialement

    Roxane

  29. Bonjour!

    Ces deux commentaires « en même temps » dans le duo « Guillaume / Roxane » invitent à reconnaître quelque part l’existence pour le moins très problématique de l’idée de
    simultanéité liée à celle d’ubiquité.
    Dans sa « Matière à contredire », le physicien pose la question :
    « Esprit d’ouverture es-tu là? »
    M. Bardou répond par un opéra encensé par Charles Baudelaire et critiqué par Marcel Proust.
    En tout cas dans la ligne du ciel tracée par M.Luminet dans son billet wagnérien, Bachelard – encore lui – revient pour nous dire qu’il ne peut exister de poésie sans espace.
    Lui aussi fait ses commentaires sur l’ouverture de Tannhaüser…
    Comment transformer le hasard en infini et le néant en pureté? Un opéra pour parler du »moment du sujet » commenté par Alain Badiou, serait-il la très vraie réponse?
    Les raisins de la treille sont vermeils et il y a loin de la coupe aux lèvres.
    Pour l’heure, je m’en retourne à mes matines…
    Bien à vous

    Jacques

  30. Après la comptine de votre servante, voici venir la grande musique classique et cet opéra d’un mage de Venise…
    Parlant d’un livre d’un ami à lui, Monsieur Luminet, en février deux mille quinze a écrit un très beau billet, laissé sans commentaires, sur ce grand musicien.
    Toujours le même problème et rien de nouveau sous nos tropiques! Voici l’Homme sans cesse confronté à sa terrible nature cherchant désespérément une voie de sortie.
    Spirituel/profane – Esprit/matière – Cœur/raison – Conscience/pulsions – Nature/culture…
    La musique est un cri qui vient de l’intérieur, certes, et à sa manière adoucissante, elle nous indique sur terre la voie du ciel.
    Permettez-moi, sans aucune digression, de vous raconter une histoire vraie toute fraîche.
    Lundi dernier, le hasard m’a conduit vers quelque fier et fort joli castel qui fut la demeure de Nicolas Rapin, ce militaire poète qui écrivit en partie « La satyre Ménippée » et auteur des « Plaisirs d’un gentilhomme champêtre ».
    Il y avait là, bordant la grande allée de la cour du château, huit Muses et une autre, en retrait, près du porche…
    Dans la foulée, j’ai pu saisir une conversation dont j’ai conservé tous les éléments, entre notamment Terpsichore et un Professeur émérite d’une grande université française, directeur d’une revue scientifique.
    La belle semblait se plaindre de son état de statue de pierre, condamnée à faire tapisserie et à jouer les potiches.
    Grand seigneur, notre éducateur du Musée des sciences, s’est plu à consoler ses amies, les Muses , en ces termes :
    « Mais je ne désespère pas de l’avenir et veux croire que votre éternelle jeunesse vous réservera une place de choix dans les jardins, galeries et laboratoires des sciences »
    Quelle mouche, chers lecteurs de ce petit commentaire, a piqué la danseuse sur son socle de pierre? Quel remède apporte à son amie, l’amateur de la science jardinière?
    Des mots, toujours des mots!
    Dans une fable de notre bon Jean de La Fontaine, on voit un gros animal empoigner un pavé pour écraser le parasite ailé sur le nez de son ami dormant.
    Une petite bête, un jour, s’est posée sur le sein de Madame des Roches et Nicolas Rapin, le poète susmentionné, de rédiger « La contre-puce » en cent cinquante-six vers.
    Comment soulager les corps? Telle est la question posée désormais aux gens d’esprit dans la société des hommes.
    Je vous souhaite, en ce jour de quatorze juillet, des sons, des couleurs, des lumières et la baguette de la fée imagination pour illuminer vos ciels.

    Roxane

  31. Bonsoir!

    Monsieur le Docteur Luminet ne nous le fera pas dire…
    Trente-trois commentaires pour un billet indicateur, ce n’est pas rien, palsambleu!
    Plaise au ciel que rien ne nous arrête dans ce monde aventureux et que j’ouvre de nouveau ma fenêtre pour écrire le numéro, trente-quatre.
    Une page du « Chemin du serpent » de F. Pessoa, sous les yeux, je lis cette question :

    « Qu’est-ce que le trente-quatre dans la Réalité? »

    Et l’auteur de poursuivre :
    « Il est des phrases subites, profondes parce qu’elles viennent de profondeurs, qui définissent un homme ou, plutôt, par lesquelles un homme se trouve défini sans définition aucune. »
    Je ne pensais pas à ces choses-là, ce midi, quand j’ai invité à venir au jardin pour prendre un verre, les maçons qui réparaient la toiture de la maison voisine : un réunionnais, un espagnol et deux guinéens, avant que l’un d’eux (le patron) les emmena déjeuner chez Mac Donald, à la ville.
    Mon hôte, travailleur manuel à la peau d’ébène, tout sourire, lança cette autre phrase, sous la tonnelle du jardin potager :

    « Si tout le monde était riche, personne ne voudrait travailler! »

    Je laisse à notre Hippocrate des étoiles, le soin de méditer ces phrases et peut-être qu’au bureau du bonheur, nous délivrera-t-il, la plus belle des ordonnances, qui sait?
    Juste un petit pas… au delà.

    Garo

  32. A telle enseigne….

    A telle enseigne qu’il ne messied pas de s’aligner pour danser les mots du jardin du ciel, si tant est qu’il existât une piste au paradis des étoiles.
    Sous l’arbre de Garo, j’imagine Roxane à défaut d’ouvrir le bal, esquisser un premier pas…en ligne.
    Que cela soit très clair, le travail-reportage de Monsieur Bardou, toujours en première ligne, est magistral! « L’enseigneur enseigné » est un chef. L’expression entre guillemets est le titre d’un chapitre du livre d’un ami consacré à Gaston Bachelard.
    (J’ai laissé, un jour, Jean Lescure à la maison avec le journaliste et suis parti avec son épouse voir les vaches).
    J’ai dit « Chef » et ce n’est pas un hypocoristique flatteur.
    Pour saisir tout le sens de cette auréole à l’endroit de Monsieur Guillaume Bardou, il faudrait sans doute s’imprégner des réponses à la question posée « Qu’est-ce qu’un chef? » dans la revue dirigée par un ami : »Médium », n° 12 -Juillet-août-septembre 2007.
    Nous sommes là en bonne compagnie retrouvée, hein Sergueï?
    Puisse l’étranger s’inviter à la table des amis et sans déranger, apporter sa petite pierre, quelque part dans un jardin de banlieue parisienne. Est-ce à dire, qu’il faille oublier la dame du Chef marchant dans les Alpilles aux côtés des marmottes et de ses compagnons de marche nordique? Oh, que nenni!
    Imaginons un étranger quelque part dans une auberge de montagne, qui aurait conservé dans sa besace, des mots simples et forts du poète Pierre Emmanuel, des mots de résistance qui flairent bon la petite fleur bleue que l’on sait rouge par une fine analyse des poèmes de Novalis dans « La psychanalyse du feu ». Ne me dites-pas que la dame du Chef et ses compagnons de randonnée ne seraient pas contents d’ouïr quelque chose de ce poète cité par Gaston Bachelard. Ce quelque chose sous mes yeux est la dernière page de « France Catholique Ecclesia » n° 1954 du 25 mai 1984.
    Le « Feuilles volantes » de Pierre Emmanuel parlent du sable et du rocher. Le poète parle de son épouse et du forage qu’il a dû faire dans son champ au nord des Alpilles.

    « – Ma femme a dit « Forons jusqu’à soixante mètres! » Car ces prudentes, savent quand il faut risquer. A soixante mètres, elle surgissait, large comme un torse d’homme. Cent mètres cubes à l’heure, telle est l’évaluation du sourcier.
    Je nous revoie tous, sous la pluie, trinquant, nous congratulant, et les voisins venus admirer le phénomène. Et je me dis ; la pensée, c’est cela. Non pas les mots qui suintent des livres, mais une force irrépressible qui se fait jour quand le sable des truismes et l’argile des habitudes mentales ont cédé. Rien à voir avec les mots qui « arrivent aisément » de Boileau, ni avec les conceptualisations chantournées qui vous entortillent dans leur non-dire.
    C’est simple, limpide, jaillissant, rarement captable sans effort, mais une fois capté, cela remplit du goût des profondeurs. Seulement, il faut savoir vaincre le rocher, et, en l’espèce, sans instruments ni livres : seul. » (Fin de citation)

    Et, si loin des ateliers de « quincaillerie » (le mot est de Réné Thom), on imagine la dame du Chef, séduite par ce cas de figure du dehors, en train de mentionner H.Lefebvre qui fait l’apologie d’un au-delà du savoir avec une idée nouvelle, la Voie qui affine la notion de « praxis » et rend concrète les idées de trajet et de parcours. Eh bien nous serions tous marris de ne point prêter l’oreille…Hein, Sergueï?
    La vérité est sourcière, nous dit ce cher Edgar Morin dans le « Le vif du sujet ». Mais dites-moi, mon Commandant, s’il faut croire à cette légende qu’au milieu du bois, une fille on y trouva… Fût-elle enchanteresse, elle n’est pas sans discussion!
    Bon, revenons à nous, sous les tonnelles du jardin parisien où faute de Madelon, un jeune échanson, amusé, fait bien l’affaire.
    Quelle merveilleuse histoire, ce tour d’amandes! Et c’est tout à votre honneur de faire amende honorable en confessant que vous avez quand même un peu cru au paranormal.
    Ah, grand seigneur, comment ne point penser à Paul Celan comptant les amandes? Pourquoi, ce poète, était-il si contrarié quand il a quitté M.Heidegger, ce jeudi saint de mil neuf cent soixante-dix? Aujourd’hui neuf amandes ou neuf muses attendent, je ne sais quelle métamorphose ou la muse de la science… qui s’appellerait par bon heur « Amande ». Faut-il mourir pour elle, aller jusqu’au suprême sacrifice?
    Guillaume, on peut ne point envier sans être renégat, le destin de l’abbé Jean Chappe d’Auteroche, que je sache!
    Par sainte Uranie, grand dieu des étoiles, quelle histoire!
    Ah, le beau rêve de la mer allée avec le soleil! Encore une exclamation pour « s’inter-dire » la compréhension du troisième genre en termes spinoziens, chère au physicien qui retient la vision rimbaldienne dans ses « Intuitions raisonnées ».
    Ce « quelque chose et moi » du chanteur a dû vous inspirer, en ce temps-là, dans votre ligne du ciel, au mois de juillet, quand vous avez pris plein les mirettes. En ce même temps – pur hasard, bien sûr – d’autres personnes, l’une auteur d’un livre où un autre soleil, pour demain, est au chapitre et l’autre, auteur du livre  » Avant de rejoindre le grand soleil », m’écrivaient…avec cet envoi précieux d’un article publié en juin :

    « on some (so-called) paradoxes of quantum physics ».

    Chat de laboratoire, chat de la ferme et chat du conte ont donné du corps à cette vivante correspondance.
    Je ne sais si cet article a été retenu pour le congrès sur la parapsychologie qui s’est tenu à Paris, en ce début juillet (http://www.metapsychique.org/appel-a-communication-congres-de-la-parapsychological-association)…
    A cette occasion, lors d’une pause, M. Jean Staune , avec sa gentillesse et sa bonhomie coutumières, m’envoyait un selfie où il posait avec le petit-fils d’une voisine…Pourquoi pas?
    Comme quoi le monde est petit, fût-il devenu stone à en mourir, mes bons amis!
    Pages 16 et 17 de votre formidable travail, vous parlez d’objets mentaux non identifiés (OMNI). Bien.
    En ce temps-là, dans un château médiéval, je me suis laissé prendre en photo avec une gente dame voilée, haute en couleur…La belle était un objet en matière dure et en touchant sa main gauche, elle s’est détachée en restant dans la mienne, palsambleu! Une occasion de se ressouvenir de l’amour courtois dont il est fait allusion au chapitre « D’étranges objets » dans « Le hasard et la nécessité » et aussi des « Objets fragiles » de Pierre-Gilles de Gennes, un livre qu’icelui m’avait, un jour, offert en double. Quel rapport? Devinez!
    Pragmatiques jusqu’au bout des ongles, rouvrons, s’il vous plaît, « L’homme neuronal » de Jean-Pierre Changeux, pour y lire à la fin du chapitre « Les objets mentaux », cette phrase finale :
    « L’homme n’a dès lors plus rien à faire de l' »Esprit », il lui suffit d’être un Homme Neuronal » (page 227)
    Un ouvrage publié en mil neuf cent quatre-vingt-trois, qui se termine par ces mots inspirés par l’Éthique de Spinoza :

    « Encore faut-il construire dans notre encéphale une image de « l’homme, une idée qui soit comme un modèle que nous puissions contempler » et qui convienne à son avenir! » (page 375)

    Jean Staune écrit, page 198 de son essai « Explorateurs de l’invisible », en citant Jean-Pierre Changeux (« L’homme neuronal, Fayard, 1983, p.211) :

    « L’homme n’a plus rien à faire de l’esprit, il lui suffit d’être un homme neuronal »

    La citation exacte se trouve à la page 227 et non 211 :

    « Doit-on dire que la conscience « émerge » de tout cela ?Oui, si l’on prend le mot « émerger » au pied de la lettre, comme lorsque l’on dit que l’iceberg émerge de l’eau. Mais il nous suffit de dire que la conscience est ce système de régulations en fonctionnement. L’homme n’a dès lors plus rien à faire de l’ « Esprit », il lui suffit d’être un Homme Neuronal. »
    Pages 198 et 199 de son ouvrage « Explorateurs de l’invisible – Une plongée au cœur des plus grands mystères de l’Univers et de nous-mêmes – » Jean Staune écrit :

    « Jamais dans l’histoire humaine une question aussi essentielle n’a connu des réponses aussi différentes : sommes-nous une goutte d’une conscience universelle et éternelle (voire, pour les religions monothéistes, une âme créée par Dieu) ou simplement un paquet de neurones? C’est la question la plus importante qui existe et, malgré des siècles de progrès scientifiques, nous n’avons toujours pas de réponse à l’injonction de l’oracle de Delphes; nous ne nous connaissons pas encore réellement. »

    L’enthousiaste et bouillonnant Jean Staune écrivait ces lignes pour son livre publié l’année dernière.
    Avec un esprit de sel pour les titiller, depuis quelque temps, ça bouge chez les Muses!
    Quelle est donc cette chose venue de je ne sais où qui peut par l’entremise de nos sens, susciter intimement un changement de cap dans notre manière de voir et de faire?
    Monsieur Bardou répond en essayant d’arraisonner cette tranquille apocalypse…Une nouvelle analyse sur le réel structural va-t-elle nous donner la possibilité de soulever un pan du voile?
    Au début des années mil neuf cent quatre-vingt, M. Olivier Costa de Beauregard m’a fait connaître une personne hors du commun, qui venait de publier un livre intitulé « Synthèse et temps nouveaux » . L’auteur M.Jean Coulonval dans ce recueil de lettres qui constituent l’ouvrage raconte son accouchement à l’Esprit réalisé qu’avec la vision dont il fait le récit.
    Cet ouvrier d’usine qui n’a connu que l’école primaire et manifestement imprégné de la tradition religieuse chrétienne a bien été témoin de quelque chose pour en arriver là…
    Il dénonce quelque illusion grotesque des gens qui ont fait des études et s’en remet à la science pour bâtir une mystique catholique à partir d’une illumination jaillie en une fois en lui, il y a longtemps, une certaine après-midi algérienne.
    J’ai conservé quelques lettres reçues de Monsieur Coulonval.
    Mais quid de cet autre ordre qui est toujours pour demain? Point de jardin des essences, des sens et du sens en vue en telle synthèse si intéressante et généreuse.
    Aucune référence à l’épistémologie bachelardienne, ni à la quête hermésienne d’un Michel Serres…Une étincelle, certes, mais pour allumer quel feu? Si feu sacré, il y a, l’ étude des fonctions du religieux l’accompagne. Et, comme de bien entendu, tout finit par un livre.
    Plus me chaut le faire que son objet, écrivait Paul Valéry.
    Dans la ligne d’horizon non humaine du réel voilé, chère à Monsieur Bernard d’Espagnat, un livre – encore un autre – peut-il nous faire accéder à la lointaine contrée vers laquelle regarde le savant ?
    Dans la mer de Dirac, la contrainte de lumière de P.Celan, éclaire peut-être de mille feux cette étrange idée, qui sait!
    Il nous faudrait un champion du plongeon pour s’en rendre compte et nous rapporter, peut-être, de ses fonds abyssaux, le bétyle mystérieux.
    Histoire de nous en faire voir trente-six chandelles!
    Sans commentaires superflus et sans vous sonner les cloches.

    Bon dimanche à vous tous.

    Jacques

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