La constellation d’Orion, ou la Main montée au ciel

« Mais je reviens à ma journée du Dimanche. C’était avec plaisir que je voyais Papa venir nous chercher. En revenant je regardais les étoiles qui scintillaient doucement et cette vue me ravissait… Il y avait surtout un groupe de perles d’or que je remarquais avec joie trouvant qu’il avait la forme d’un T (voici à peu près sa forme), je le faisais voir à Papa en lui disant que mon nom était écrit dans le Ciel et puis ne voulant rien voir de la vilaine terre, je lui demandais de me conduire ; alors sans regarder où je posais les pieds, je mettais ma petite tête bien en l’air, ne me lassant pas de contempler l’azur étoilé ! »

Thérèse de Lisieux, Manuscrit A, folio 17/18

Extrait d’une lettre manuscrite de Thérèse dessinant le « T » formé par les étoiles du Baudrier (barre horizontale) et celle de l’Epée (barre verticale)
La constellation d’Orion pris par le Télescope spatial Hubble (les lignes caractéristiques joignant les étoiles sont rajoutées au cliché)

 

Orion est pour beaucoup la plus belle constellation du ciel. Visible l’hiver sous les latitudes européennes, la figure du géant Orion se dessine par neuf étoiles principales : quatre (dont Bételgeuse et Rigel sont de première grandeur) forment un rectangle et trois sont alignées dans le Baudrier, appelées aussi les Trois Rois. Chez les Égyptiens, Orion était identifié au dieu Osiris, dieu de la Mort et de l’outre-monde : son sarcophage du dieu, figuré par les trois étoiles alignées au centre, formant le Baudrier, était veillé par les quatre fils d’Horus,  symbolisés par Saïph, Bételgeuse, Bellatrix et Rigel.

Dans la mythologie grecque, le chasseur géant Orion poursuit les Pléiades, tenant de la main gauche une peau de bête ou un bouclier, brandissant de l’autre une massue ou une épée pour combattre le Taureau qui se précipite sur lui. Orion est donc un thème de choix pour les cartographes du ciel.

On pourrait écrire pour le moins un livre entier sur les mythes et légendes du monde entier liés à cette configuration stellaire exceptionnelle, et plus encore sur la richesse d’informations astronomiques que l’on tire de son observation et de son étude. On se contentera ici de quelques aperçus.

Le chasseur Orion combattant le Taureau (Atlas de Fortin, 1776)

Le premier recensement scientifique connu des étoiles d’Orion figure dans L’Almageste de l’astronome grec d’Alexandrie Claude Ptolémée (vers 150 ap. J.-C.). La première ligne désigne non pas une étoile mais une nébuleuse. La deuxième décrit Bételgeuse, donne sa longitude et sa latitude, et lui assigne une magnitude de 1. Dans la dernière colonne, Ptolémée assigne en effet une grandeur aux étoiles, le nombre 1 étant attribué à la plus brillante et 6 à la plus faible. L’autre étoile de première grandeur, qui sera ultérieurement connue sous le nom de Rigel, est décrite quelques lignes plus bas comme « l’étoile brillante qui est dans le pied gauche en contact avec l’eau ».

Suite à l’acquisition d’un manuscrit d’Aratus datant du ixe siècle dans la version de Germanicus, aujourd’hui conservé à la Reijksuniversitet de Leyde, Hugo de Groote, dit Grotius (1583-1645) entreprit une belle édition des Phénomènes d’Aratus qui vit le jour en 1600. Les illustrations représentent le chasseur Orion de dos, le bras gauche couvert d’une peau de lion. Les étoiles qui courent le long de sa colonne vertébrale sont une pure invention du graveur. Dans Hyginus, Poeticon astronomicon (Venise, 1482), la gravure représente Orion vu de face, armé d’un bouclier et d’une massue. Bien que les positions des étoiles soient indiquées, elles ont peu de rapport avec les positions décrites par Hyginus, et encore moins avec la réalité.

A gauche, Orion vu de dos, dans Grotius (1600). A droite, Orion vu de face, dans Hyginus (1482)

Les représentations figuratives de la constellation d’Orion ont beaucoup changé tout au long de l’histoire de l’Uranométrie (discipline qui traite des cartes du ciel), jusqu’à la disparition des figures mêmes des constellations et l’apparition de la photographie, au XIXe siècle.

A gauche, représentation médiévale (XIIIe siècle). A droite, Orion dans l’Atlas de Bayer (1602), marquant un renouveau de l’Uranométrie.
Disparition du personnage d’Orion, mais maintien des lignes principales de la constellation (Atlas de Dien, 1851)

À partir des années 1950, les cartes du ciel ont été réalisées photographiquement à l’aide d’instruments à large champ, utilisant des émulsions soigneusement calibrées en fonction des différentes longueurs d’onde. Les atlas de l’ESO (European Southern Observatory), tout comme celui réalisé au mont Palomar (Palomar Sky Survey), existent en version « souple » sous forme de films servant principalement à la préparation des observations, ou en version « dure » sous forme de plaques de verre destinées à des mesures de grande précision.

Deux images photographiques modernes de la constellation d’Orion. A gauche: cliché de S. Kohle, Université de Bonn. A droite, cliché d’Akira Fuji.
A gauche, le Baudrier et l’Epée d’Orion. Le baudrier est formée de trois étoiles quasi parfaitement alignées et équidistantes, et de magnitudes voisines (2e grandeur). Sous cet alignement, un autre alignement Nord-Sud, plus faible, marque l’épée d’Orion, dans laquelle la lunette astronomique ou le petit télescope révèlent la fameuse nébuleuse d’Orion (de fait visible faiblement à l’œil nu dans de très bonnes conditions).
A droite, montage montrant la taille des trois étoiles du Baudrier nommées Alnitam, Alnitak et Mintaka, par rapport à notre Soleil : il s’agit clairement de géantes bleues!
La nébuleuse d’Orion

La première mention de cet objet en tant que nébuleuse est due à Fabbri de Peiresc, en 1611, cf. le billet de blog que je lui ai consacré en 2017. Je rappelle juste ici que dès novembre 1610, l’humaniste provençal commence ses observations à la lunette astronomique depuis la terrasse de son hôtel, et le 26 novembre il découvre ensemble la nébuleuse d’Orion, décrite par ces mots : « In Orione media… Ex duabus stellis composita nubecula quamdam illuminata prima fronte referabat coelo non oio sereno » (« Au centre d’Orion, une nébulosité comprise entre deux étoiles en quelque sorte vue de face et éclairée par devant, le ciel n’étant pas parfaitement clair »).

Page du cahier d’observations de Peiresc décrivant ses observations des satellites de Jupiter et sa découverte de la nébuleuse d’Orion (Bibliothèque Inguimbertine, Carpentras)

Christian Huygens en donna une description dans son Systema Saturnium, publié en 1659. La nébuleuse fut soigneusement dessinée par Messier en 1771 et incluse dans son catalogue sous le numéro M 42.

La nébuleuse d’Orion dessinée par Messier en 1771 (à gauche) et par Etienne Léopold Trouvelot en 1882 (à droite).

Située à 1 500 années-lumière de distance, le long du bras spiral de la Galaxie auquel appartient aussi le Soleil, la nébuleuse d’Orion se distingue au milieu de « l’épée » d’Orion. Le centre de la nébuleuse est occupé par le Trapèze, un groupe d’étoiles chaudes formées au cours du dernier million d’années. Le puissant rayonnement ultraviolet émis par ces étoiles excite le gaz de la nébuleuse, le chauffe et le fait briller. Outre le Trapèze, cette caverne stellaire renferme 700 étoiles jeunes dont s’échappent des jets gazeux supersoniques, qui pénètrent le gaz de la nébuleuse à la vitesse de 150 000 km/h. Ces ondes de choc sont visibles sous forme de boucles minces terminées par des nœuds brillants. Au-dessus du Trapèze, la région sombre – le Golfe – est constituée d’hydrogène plus froid. Un vaste nuage moléculaire se trouve derrière la nébuleuse, siège de la formation d’étoiles. La nébuleuse, actuellement visible, sera remplacée dans quelques dizaines de milliers d’années par une nouvelle région d’hydrogène ionisé par les étoiles actuellement en formation.

Deux clichés exceptionnels de la Nébuleuse d’Orion et de son fameux “Golfe”

Une autre nébuleuse célèbre, mais de taille beaucoup plus petite, se trouve au Nord de l’Epée : la Tête de Cheval, l’un des sujets favoris  des astrophotographes amateurs. Je laisse aux yeux exercés le soin de la débusquer dans le splendide cliché ci-dessous, grand champ de la région couvrant l’Epée d’Orion (mise à l’horizontale plutôt que verticale, le Nord est donc à gauche)

Pour plus de détails je renvoie le lecteur au tout récent billet de blog que Jean-Baptiste Feldmann lui a consacré sur le même site Futurasciences.

Deux vues d’Orion, en lumière visible et en rayons X

En 1990-1991, le satellite allemand ROSAT a effectué la première cartographie complète du ciel dans le domaine des rayons X. Pour visualiser des données qui sont en dehors du domaine visible, les astronomes ont reconstitué une image en couleurs montrant la région d’Orion (5 228 objets dans un champ d’environ 50° x 75°) en rayons X, de telle façon que cette image puisse être directement comparée à une autre perçue dans le domaine optique. Notons que la Lune est présente dans les images.

Par rapport à la vision en optique (cliché de gauche), celle en rayons X (cliché de droite) met en évidence les sources les plus énergétiques : pulsars (Crabe), sources binaires à accrétion (4U 0614 + 09), etc. Par exemple, l’étoile Sirius (n’appartenant pas à Orion mais à la constellation du Grand Chien) est la plus brillante du ciel dans le domaine optique. Or, sur le cliché de droite, elle est invisible car elle n’émet pas de rayons X. En revanche, sa compagne, une naine blanche appelée Sirius B, est invisible dans le domaine optique mais très brillante dans le domaine X car sa surface est extrêmement chaude.
© Konrad Dennerl, ROSAT ; Max Planck Institut Garching
Détails explicites de la carte en rayons X obtenue par le satellite ROSAT.
Gros plan sur Bételgeuse

Seconde étoile la plus brillante de la constellation après Rigel, Bételgeuse est  la première étoile dont le diamètre a été déterminé. Située à seulement 600 années-lumière de distance, il s’agit d’une supergéante rouge dont le rayon est près de mille fois plus grand que celui de notre Soleil et cent mille fois plus lumineuse. Selon les modèles de l’évolution stellaire, avec une masse de 15 à 20 fois celle du Soleil, elle est inéluctablement condamnée à exploser en supernova. Comme toute étoile sortie de sa phase d’équilibre dite de Séquence Principale, sa luminosité varie. Des observations fin 2019 et début 2020 ont montré que Bételgeuse devenait moins lumineuse, certains astrophysiciens y voyant l’aubaine d’une explosion imminente, qui permettrait d’observer une supernova de près (avec 600 ans de décalage).  Les choses sont depuis rentrées (momentanément) “dans l’ordre”, pour plus de détails voir ici le billet de Laurent Sacco sur FuturaSciences.

Les étoiles sont si lointaines que, malgré leur taille, elles apparaissent généralement comme des points.A gauche : le 3 mars 1995, toutefois, le télescope spatial Hubble a capté l’image étendue d’une étoile autre que le Soleil : Alpha Orionis, soit Bételgeuse, supergéante rouge à l’atmosphère si étendue que, si elle était placée au centre du système solaire, elle engloberait l’orbite de Jupiter.
A droite, la meilleure image en haute résolution de la surface de Bételgeuse obtenue en 2017 par ALMA (Atacama Large Millimeter/submillimeter Array).
Orion chez les poètes

Pour finir, délaissons le domaine de l’astronomie pour revenir sur celui de la rêverie, mystique comme chez Thérèse de Lisieux, ou poétique. Orion a toujours été un thème de choix pour les poètes. Dès la haute Antiquité, Homère et Hésiode ont mentionné la constellation dans leurs épopées.

À l’aube de la Révolution française, l’heure n’est plus à la religion ou au mythe, mais à la science. André Chénier (1762-1794) est le meilleur exemple de cette influence revue par l’esprit cartésien. La rêverie nocturne devient plus didactique. Son grand poème L’Amérique, à peine ébauché, devait chanter l’épopée de la science et du progrès. Son hymne à la nuit s’achève dans un émerveillement qui relève d’une nouvelle religiosité cosmique :

« Accours, grande nature, ô mère du génie.
Accours, reine du monde, éternelle Uranie,
Soit que tes pas divins sur l’astre du Lion
Où sur les triples feux du superbe Orion
Marchent, ou soit qu’au loin, fugitive emportée,
Tu suives les détours de la voie argentée,
Soleils amoncelés dans le céleste azur
Où le peuple a cru voir les traces d’un lait pur ;
Descends, non, porte-moi sur ta route brûlante ;
Que je m’élève au ciel comme une flamme ardente. »

On le comprend, les « triples feux » du poète font allusion aux fameuses étoiles du Baudrier, qui portent les beaux noms arabes de Alnitam, Alnitak et Mintaka – et qui, nous l’avons dit, forment la barre horizontale du « T » dessiné par Thérèse de Lisieux.

Au XXe siècle, c’est Blaise Cendrars (1887-1967) qui a écrit les pages les plus frappantes sur Orion. Une pure aventure poétique, tel fut le choix de vie de cet écrivain bourlingueur et passionné d’astronomie, comme en témoignent ses œuvres et le contenu de sa bibliothèque privée. Mais sa vision du cosmos est pour le moins originale. Ainsi, dans Orion que les Anciens figuraient par un chasseur légendaire, Cendrars voit une main. Sa main, coupée. Gravement blessé en septembre 1915 sur le front de Champagne, Cendrars fut en effet amputé de l’avant-bras droit. Cette main absente le fera toujours souffrir. Dans ses Feuilles de route (1924-28), il écrit (de l’autre main) :

NUITS ÉTOILÉES

Je passe la plus grande partie de la nuit sur le pont
Les étoiles familières de nos latitudes penchent sur le ciel
L’étoile polaire descend de plus en plus sur l’horizon nord
Orion – ma constellation – est au zénith

ORION

C’est mon étoile
Elle a la forme d’une main
C’est ma main montée au ciel
Durant toute la guerre je voyais Orion par un créneau
Quand les Zeppelins venaient bombarder Paris ils venaient toujours d’Orion
Aujourd’hui je l’ai au-dessus de ma tête
Le grand mât perce la paume de cette main qui doit souffrir
Comme ma main coupée me fait souffrir
Percée qu’elle est par un dard continuel. »

3 réflexions sur “ La constellation d’Orion, ou la Main montée au ciel ”

  1. Quel billet! Et qui l’eût cru? Un passage du manuscrit d’une sainte qui nous ramène, un dimanche, aux Buissonnets, mis en exergue en ce propos d’érudition scientifique où la rêverie devient anagogique, pour reprendre l’adjectif de Gaston Bachelard.

    Et, à la fin, une main qui monte au ciel, celle du blessé de guerre écrivant des livres.

    Quelle impudeur que de se lancer en citations à n’en plus finir, ici même, par ce commentaire qui essaie de comprendre, sans pouvoir se mettre à la place de celui qui a réfléchi ce billet si touchant!

    Laissons pour une fois les constellations à l’air et les songes et la main caressante à l’eau et les rêves.

    Rêvons, mes amis, à une autre main, celle qui se tend là-haut pour sortir du tunnel où court la foule affolée, quelques rares aventuriers.

    A temps et à contretemps…

    Bonne nuit

    Kalmia

  2. Bonjour à tous, en ce matin de Noël!

    Sur une site français de poésie, je trouve ce beau poème de Chritian Cally :

    Monsieur l’astrophysicien,
    Voudrais–tu bien me dire,
    Si l’homme, ce lilliputien,
    Ce faible et triste sire,
    Peut s’élever sur ses talons,
    Pour se joindre à Diane,
    Et voyager avec Orion,
    Dans son monde diaphane ?

    Mais dis-moi, donc, toi le savant,
    Pourquoi la chasseresse,
    A cet effet si captivant,
    Qui nous remplit d’ivresse ? (Fin de citation)

    Dans Orion il y a “noir” et dans “énergie noire” il y a “reine ignorée”.

    Une étoile pour nous donner la main, c’est bon pour une chanson mais au ras des pâquerettes, c’est une autre musique et une autre histoire.

    L’anagramme d’un “visage inaltéré” ne change rien à l’affaire ni le très beau cantique de Placide Cappeau,

    A Noël, c’est l’espérance mais la présence de ce principe est-il inscrit dans le destin de l’univers?

    Encore une question pour vous, Monsieur Luminet!

    Bon Noël

    Kalmia

  3. Bonsoir!

    Décidément, Monsieur Luminet, en ce jour de Noël, on vous assaille de questions et l’on vous somme d’y répondre, non sans aménité, certes, mais avec cette conviction, peut-être un peu naïve, que vous “devez” le faire.

    Je vais donc allonger la liste de ce questionnaire, si vous me le permettez, en pensant à la conclusion d’un petit livre d’un professeur de mathématiques spéciales, qui écrivait :

    “Le nombre UN, par ses descendances successives, nous a amenés au cœur de ce pays extraordinaire qu’est l’analyse. Plusieurs nombres (…) nous y ont servi de guides. L’ensemble (…) est l’une des choses que l’esprit humain peut s’enorgueillir à juste titre d’avoir découverte; c’est l’une des plus belles constructions bâties par un cerveau; la cohérence, l’équilibre qui y règnent, plus parfaits encore que ceux du mouvement des planètes qui éblouissait les bergers de Mésopotamie, sont les signes peut-être les plus purs de l’essence divine de notre pensée.” (Fin de citation)

    Monsieur Luminet vous commencez votre très beau billet par une citation d’une étoile, celle du pontificat d’un chef d’État, béatifiée et canonisée en mil neuf cent vingt-trois et mil neuf cent vingt-cinq. Vous vous inscrivez dans une tradition.

    Alors, il ne messied pas de vous demander de bien vouloir nous donner votre point de vue sur ce bel aujourd’hui férié où l’on se réjouit de la naissance d’un enfant dans notre histoire. Or, dans cette histoire, il est dit que pour accéder au lieu de cet événement devenu avènement, des gens instruits, venus d’Orient, ont suivi une étoile dans le ciel.

    Pouvez-vous, s’il vous plaît, nous parler de sa trajectoire dans la cohérence et l’équilibre du mouvement des planètes?

    Plus d’un berger sur le sol de France et de Navarre serait tellement content de vous lire.

    Bonne soirée de Noël et bien à vous, en toute simplicité, cher Monsieur.

    A l’instant même où je termine ce message, je reçois de l’un de vos commentateurs, un courriel, telle une petite luciole dans la nuit, qui mentionne “l’unité pluridimensionnelle de l’être humain”.

    Gérard

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