Promenade artistique au Musée de Singapour (2) : 1900-1950

Suite du billet précédent

F. De la Rosa, Portrait de José Rizal, 1902

Nous entrons de plain-pied dans le XXe siècle avec cette huile datée de 1902 du peintre philippin Fabián de la Rosa (1869-1937). C’est le portrait de José Rizal, artiste, poète et romancier philippin, véritable héros national fusillé en 1896 à Manille pour activités subversives. On lui voue encore aujourd’hui un véritable culte, comme j’ai pu le constater lors de mon récent passage à Manille : un musée dans la vieille ville d’Intramuros lui est entièrement consacré, sans compter les innombrables rues, parcs, places, statues et temples !

Exécution de José Rizal, fresque du Rizal Museum à Manille

Plusieurs peintres philippins sont  à l’honneur au Musée de Singapour, comme Fernando Amorsolo (1892-1972), reconnu comme peintre national, et Hernando Ocampo (1911-1978):

F. Amorsolo, Place du Marché sous l’Occupation, 1942
F. Amorsolo, Défends ton honneur, 1945
H. Ocampo -Danse Moro, 1946

Poursuivons avec un beau tableau de Victor Tardieu, né en France en 1870 et mort en 1937à Hanoï au Vietnam, qui n’est autre que le père du grand poète Jean Tardieu.

Victor Tardieu, La Tonkinoise au panier, 1923

D’autres peintres français ont fait des séjours en Asie du Sud-Est, comme le marseillais Joseph Inguimberty (1896-1971) et le parisien Louis Rollet (1895-1988):

Joseph Inguimberty: L’Atelier,1933
Louis Rollet -Marché à Marmot, 1940

Suivent des œuvres du peintre birman Ba Nyan (1897-1947), du russe Walter Spies (1895-1942), peintre et musicien dont les tableaux ont contribué à faire connaître Bali dans le monde au début du XXe siècle, du paysagiste Japonais Mori Kinsen (1888-1959), ou encore de deux exquis artistes vietnamiens, l’élève de Victor Tardieu Vu Cao Dam (1908-2000) et le laqueur Nguyen Gia Tri (1908-1993)!

Ba Nyan (Birmanie)-Port de Rangoon, 1930
Walter Spies (Russie)-Légende Balinaise,1929
Mori Kinsen (Japon) – Scène portuaire, vers 1950
Vu Cao Dam (Vietnam)-Jeune fille, 1940
Nguyen Gia Tri- Paysage du Vietnam, 1940

Nous terminerons la promenade  avec des œuvres essentiellement chinoises et singapouriennes de la seconde moitié du XXe siècle.

8 réflexions sur “ Promenade artistique au Musée de Singapour (2) : 1900-1950 ”

  1. Bonjour!

    Ce matin, sous mon arbre ou à ma table d’existence, laisser un commentaire…

    Est-ce bien raisonnable? Qui le lira? Pour quoi faire? Questions à n’en plus finir.

    Dans le territoire de l’art où le billettiste se promène, le passant, le lecteur peut, pour un moment, imaginer un
    lieu clos, une oasis où il fait bon stationner et rêver. Nous avons tous nos niches, nos Tipasa, écrivait Jean Duvignaud
    à la fin de son « Jeu du jeu » au début des années quatre-vingt. Alors on se croise, on se parle, on s’arrête et me voici, ce lundi matin là, devant l’écran… Un petit-déjeuner, balade aléatoire avec et sans théorème.
    Un homme, un ange peut-être, accompagne le voyageur dans son périple au Musée de Singapour. En chemin, un prénom, un nom m’interpellent: Jean Tardieu. J’ai vu la pièce de théâtre, j’ai lu son livre : « On vient chercher Monsieur Jean »

    Gaston Bachelard mentionne et cite ce poète, dans »L’air et les songes », « La terre et les rêveries du repos », « La poétique de l’espace » et dans »La terre et les rêveries de la volonté » pour trouver « le solide, l’objet, le front fermé sous les cheveux du vent. »

    Le livre susmentionné du poète parle de sa rue, la rue Ballu, là où le fiacre venait chercher Monsieur Jean.

    Des décennies plus tard, en mil neuf cent quatre-vingt, même rue, j’y étais, au siège d’un mensuel qui s’appelait « La voix des cultures ».

    Et je ne connaissais pas Jean Tardieu. Pour y trouver, moi aussi, le solide, l’objet, le front fermé sous les cheveux du vent, fût-ce au salon de l’agriculture, au delà de la parade et des factices vitrines. Il y aurait tant à dire, céans, en ouvrant la bouteille à la mer, en prélude à « Obscurité du jour » qui constitue le seconde partie du recueil de J.Tardieu; tant à dire sur cette voix qui résonnait en lui, à une grande distance, dans
    l’espace et le temps et qui ne s’exprimait pas en un langage connu. A dire? A lire ou à relire plus tôt…A écouter peut-être!

    Là, où le poète s’est entretenu avec l’intelligence parisienne et européenne d’alors, sous la charmille qui longeait le Serein, à
    Pontigny, à dix-sept lieues de la longère de Monsieur Luminet, une tonkinoise, peut-être, revenante, saurait parler au flâneur.

    Qui saura? Que sera sera.

    Garo

  2. « Est-ce bien raisonnable… qui le lira »

    D’abord moi. Ensuite peut être plus de personnes qu on ne pense . Ensuite être lu ou pas n a pas vraiment d importance . Mais que le regard soit !
    « Fiat lux ! « 

  3. Si loin, si loin, si loin de Singapour…
    Fiat Lux, dites-vous ! Vous ne sauriez mieux dire, cher lecteur et commentateur assidu des billets du maître.
    C’était l’autre soir, une veillée dans un village au cœur de ces provinces de France, tourmentées depuis des siècles par les guerres de religion. Dans la nuit noire, une petite lumière au front, tel un mineur, le fils de la ferme s’avançait…Un poteau électrique cassé par le dernier coup de vent, sans commune mesure avec la tempête d’il y a deux décennies où le ciel de sa voix de rogomme avait frappé fort, était la cause de la panne plongeant dans l’obscurité totale les aîtres de la maison sans lampe de cour allumée.
    L…a dû traire les chèvres, à la main, d’où la présence sur la nuque de cette auréole de secours.
    A la maison, des bougies éclairaient la pièce laissant dans la pénombre entrevoir, accrochés aux murs, des photographies de famille, un renard empaillé juché sur la comtoise, et parmi les tableaux, un canevas brodé sans lunettes par une aïeule patiente qui s’était plu à représenter La liseuse de Fragonard. Et le maître de céans d’annoncer la couleur quand, soudain, toute la pièce fut illuminée : « Et la lumière fut ! » A l’alentour, l’intervention programmée des agents de l’EDF avait permis le retour de la fée électricité. Alors, les chandelles mouchées, belote et re…sur la table. Des punaises tombaient du plafond, comme pour s’inviter à la partie…
    Ou pour éviter d’en dire trop !

    Bonne fête de la saint Valentin à tous

    Roxane

  4. Bonsoir!

    Une photographie en temps réel dans le clair-obsur de la France profonde.
    Et Roxane de conclure ou presque par cette chute entomologique, qui m’incite, ce soir, à rebondir.
    Comment ne point penser à Michel Serres piqué par un frelon lors d’une conférence et de la leçon qu’il en tira? Je subodore que vous la connaissez : « Nous parlons tous pour nous droguer, militants comme égotistes »
    D’ailleurs, est-ce par hasard, si dans sa galerie de portraits, on retrouve en fin de parcours l’horrible insecte, sorti lentement de sa chambre, un matin de mai, à Venise ? Enfin tranquille, serein, sans angoisse. La haute mer. Tels sont les derniers mots de l’auteur dans ce livre d’images, intitulé :« Le parasite »
    Nous sommes au début de l’année mil neuf cent quatre-vingt et, à la télévision, une émission « La rage de lire » présentée par Georges Suffert, invitait François de Closets pour parler de cet ouvrage difficile mais tellement instructif. C’était le temps où l’animateur recevait, parmi d’autres, Bernard d’Espagnat pour son livre « A la recherche du réel »
    Sans digression aucune, c’était aussi le temps où le rat des villes invitait le rat des champs.
    Je sais qu’icelui ne fut pas ébloui par les lumières de la ville, Rue Ballu, Porte de Versailles ou dans les hauts lieux des fastes de la capitale. Son esprit était ailleurs, sans doute sous son arbre…Il n’a pas détalé.
    Tout est là : résister au bruit pour sortir son épingle du jeu et ne pas se faire avoir.
    Un art de vivre dans le temps qui revient…Un certain regard.
    Bonne nuit

    Jacques

  5. Bonjour !

    A part ça ? Allez savoir…Peut-être vers un incertain «ça-voir » assouvir sa saine curiosité…
    C’est bon à savoir, titrait, un jour, un maître des mots devant des chamiopns du vocabulaire réunis à l’Alama mater. Et de reconnaître :
    « … la chair faible, la galette moelleuse et le far onctueux »…
    Pour finalement poser les questions :
    « Le cosmos est-il un puzzle ? L’évolution une charade ? La destinée un rébus ? Sommes- nous tous des joueurs? Allez savoir ! »
    Huit ans plus tard, même ville, même institution, un certain Garo quittant son chêne s’en est allé là-bas pour conter et compter la traversée de quelque mite errant dans le rayonnage d’une idéale bibliothèque et issue, paraît-il, d’un gabbro du phyllade florentin, pour activer les neurones entraînés d’un parterre d’athlètes des dictionnaires.
    Plus près de nous, hier, jour de la saint Alexis (Comment ne point pas penser à un écrivain français, parlant du traité d’un vain combat?), je suis allé au bois ou plutôt dans un petit village français de trois cents âmes, accompagant un ami en fauteuil. Fouillés de pied en cape avant de s’installer au premier rang pour voir se succéder les orateurs du jour : Un très jeune homme souriant du 93, un homonyme girondin, magistrat de son état et une autre personne qui nous a parlé de la beauté de la langue, de la douceur de vivre en quelque lieu chanté par les poètes de la Renaissance. Et la gente dame de mentionner Du Bellay, Rabelais, Aristote, Châteaubriand, Saint-Exupéry et de vanter les vertus de l’enracinement. La salle tout entiète sécurisée de tous côtés, sous la nuée des caméras a-t-elle été sensible, à cet appel des ombres du dedans ? Faire l’effort de quitter smartphones et selfies pour écouter palpiter son débat intérieur n’est pas chose donnée à tout le monde.
    Un hymne national entonné et voici les gens debout.
    J’en connais deux qui ne se sont point levés : l’un ne pouvait pas et l’autre n’a pas voulu…
    Peut-être pour écrire sur une page blanche, un mot encore inconnu.
    Un mot qui penserait aux solutions techniques à apporter à celles et ceux qui ont de la peine à faire le moindre geste au quotidien, ici sur notre vieille étoile et non dans le système des étoiles où les voyageurs n’ont pas à passer du fauteuil roulant à la voiture ordinaire.
    Mais qui peut encore faire se lever des vivants sur nos champs de cendres ?
    Au pays de la liberté et du théorème du libre arbitre, une étoile mystérieuse a donné de son éclat.
    Il a neigé sur yesterday.

    Garo

  6. Bonsoir !

    Avec l’accord de l’auteur du commentaire précédent, je me permets – puisque c’est d’actualité –
    de corriger certaines graphies un peu estropiées ; ce qui me semble tomber sous le sens dans un propos où nous trouvons des mots rares tels que gabbro ou phyllade, par exemple.
    Voici ces graphies relues et corrigées :
    « champions, comment ne point penser, Chateaubriand, accompagnant, l’Alma mater, entière… »
    Je pense avoir localisé le lieu de quelque 620 habitants où Garo s’est rendu, hier.
    Il y avait juste à côté de la salle de la réunion organisée, une autre salle où a été jouée une représentation théâtrale du « Schpountz » de Marcel Pagnol.
    C’est peut-être aussi un peu cela, la France…
    Je ne sais si l’on peut trouver la mystérieuse étoile dans une annexe d’un essai d’importance sur la métaphysique quantique…Et j’ignore tout autant si les « neiges d’hier » du commentateur ou les « neiges d’antan » du poète avec leur très étrange pouvoir d’évocation de « quelque chose » qui n’est pas la neige, peuvent nous faire accéder au travail de la rêverie dans l’observation du fait…
    Au savant artiste et promeneur qui connaît cet arrière-plan lumineux, d’être notre guide !

    Bonne nuit étoilée

    Roxane

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