L’étoile de la Nativité : légende mystique, conjonction planétaire ou comète ? (2/2)

Suite du billet précédent

Dans cette célèbre fresque de l’Adoration des Mages, réalisée par Giotto di Bondone en 1303, l’étoile de la Nativité est représentée sous forme d’un astre chevelu, autrement dit une comète. Nombre d’historiens estiment qu’il s’agit probablement d’une fidèle reproduction de la brillante comète vue en 1301 dans les cieux d’Europe, comète qui sera plus tard identifiée comme étant la comète périodique de Halley.

En 1979, un article de l’historienne de l’art américaine Roberta Olson [1] affirmait que l’étoile de la Nativité, peinte par Giotto dans l’Adoration des Mages du cycle de fresques de la chapelle Scrovegni à Padoue, représente la comète de Halley. Le cycle, commandé par le marchand Enrico degli Scrovegni, a été commencé en 1303 et l’Adoration des Mages date probablement de la même année ou de l’année suivante.

Ce livre richement illustré sur les météores et les comètes, que je possède dans ma bibliothèque, reprend les thèses de l’article de Roberta Olson.
Edmund Halley

Or, la comète qui portera bien plus tard le nom d’Edmund Halley après que celui-ci ait montré qu’elle revenait périodiquement tous les 76 ans dans les parages du Soleil et correctement prédit son prochain retour pour 1748, était précisément passée en 1301 et avait illuminé le ciel nocturne de tout l’hémisphère nord, comme l’attestent les annales d’astronomie chinoise.

Olson pense que le peintre en a été tellement impressionné qu’il en a dessiné une représentation résolument naturaliste, un astre bien concret et chevelu, c’est-dire une comète. C’est une première dans l’histoire de l’art. Bien qu’une partie importante de la tradition religieuse de l’époque associait effectivement l’étoile de Bethléem à une comète, la tradition iconographique se limitait à la représenter comme une petite étoile stylisée, souvent avec des rayons de lumière éclairant le nouveau-né divin.

Deux représentations artistiques médiévales de l’Adoration des Mages avec l’étoile symbolique de la Nativité. A gauche, Codex de Bruchsal, 1220. A droite, Les Riches Heures du Duc de Berry, 1411-1416.
Cette représentation plus tardive de l’étoile de la Nativité suggérant un noyau de comète prolongé par une queue se trouve dans le très bel ouvrage du Polonais Stanislaw Lubienetski, “Theatrum Cometicum”, publié en 1668.

Dans le chef-d’œuvre de Giotto, la comète, grande et étincelante, domine le ciel de la fresque. Sa voûte vibre d’énergie ; en son centre se trouve l’astre chevelu, exhibant un centre lumineux de condensation et une queue rayée donnant un sens dynamique à l’arc tracé par la comète dans sa trajectoire céleste. C’est ainsi que les comètes les plus spectaculaires apparaissent à l’œil nu, et c’est ainsi que la comète « de Halley » a pu se montrer au peintre.

Selon certains auteurs, Giotto aurait reproduit fidèlement le centre brillant de la tête de la comète sous la forme conventionnelle d’une étoile à huit branches, pour donner l’illusion de translucence, comme dans la nature.

La comète de Halley est la plus célèbre des comètes périodiques, revenant dans les parages du Soleil et de la Terre tous les 76 ans, le temps d’une vie humaine. La plus ancienne mention de son observation remonte à l’an 611 avant notre ère, en Chine, dans les Annales des Printemps et Automnes. Son passage en l’an – 164 a également été consigné dans une tablette d’argile babylonienne – voir l’article de Wikipedia pour plus de précisions.

Compte-rendu Chinois de l’apparition de la comète de Halley en 240 av. J.-C., extrait des Annales Shiji_(史記)

Son plus récent passage, en 1986, offrait un spectacle visuel peu spectaculaire car la comète se trouvait alors à l’opposé du Soleil par rapport à la Terre, et n’était à peine visible à l’œil nu que depuis l’hémisphère sud. Mais, quittant notre planète, une flotte de cinq sondes spatiales s’est lancée à sa rencontre – deux Soviétiques, deux Japonaises, et une Européenne. Cette dernière fut judicieusement baptisée Giotto en hommage au peintre italien – preuve, s’il en fallait une, que tous les astronomes ne sont pas dépourvus de culture historique et artistique.

Vue d’artiste de la sonde européenne Giotto lancée en 1986.

Après un trajet de 150 millions de km parcourus en 8 mois, la sonde s’approche à 600 km du noyau cométaire pour en déterminer la taille et la forme – une sorte de cacahuète sombre – et sa nature physique. Et elle prend ce film extraordinaire où l’on voit lentement avancer un rocher irrégulier de 16 km de long sur 8 km de large. Mais derrière les images apparemment sereines, les astronomes devinent une surface criblée de geysers, des poches de glace congelée qui se vaporisent et jaillissent de tous côtés à mesure que le noyau se rapproche du soleil…

Toujours est-il que la comparaison entre l’astre chevelu peint par Giotto en 1303 et la photographie prise « de près » par la sonde éponyme est spectaculaire : même structure, même rapport entre la taille de la tête et le développement de la queue…

Toutes les missions astronomiques consacrées au passage de Halley/1986 n’ont pas été aussi heureuses. Ainsi, la navette spatiale Challenger s’était envolée le 28 janvier 1986 avec dans l’équipage une jeune institutrice censée donner des cours en direct depuis l’espace sur la comète. On se souvient que l’explosion de la navette pendant le décollage avait tué les sept membres de l’équipage.

***

Outre que très séduisante, l’hypothèse d’Olson paraît convaincante. Mais, aussi bien en science fondamentale qu’en histoire des sciences, cela vaut toujours la peine de creuser davantage, et il est légitime de se poser les deux questions suivantes :

1/ L’astre représenté par Giotto a-t-il vraiment été la comète de Halley passée en 1301 ?

2/ Et, pour en revenir au sujet de fond de ces billets de blog, l’étoile de la Nativité qui a guidé les rois Mages a-t-elle vraiment été une comète ?

L’étude d’Olson a été approfondie par l’astronome et vulgarisateur italien Paolo Maffei dans une magistrale fresque historique sur la comète de Halley [2]. Selon lui, l’attribution pose des problèmes car, alors que la comète peinte par Giotto est rouge, celle de Halley en 1301 était blanche, du moins selon les chroniques chinoises. De plus, une autre comète est apparue en 1301, qui a été vue en décembre et janvier, c’est-à-dire juste autour des festivités liées à la fresque en question (alors que celle de Halley était visible entre mi-septembre et fin octobre). Maffei estime probable que Giotto ait confondu les deux comètes dans son souvenir, les prenant pour une seule, et il cite le chroniqueur Giovanni Villani, qui parle en fait d’une seule apparition cométaire qui a duré de septembre à janvier. Maffei examine également les descriptions d’apparitions d’autres comètes entre 1293 et 1313 et en conclut qu’elles étaient soit imaginaires, soit trop discrètes pour avoir servi de “modèle” à la représentation de Giotto.

Dans une étude de 1999, Gabriele Vanin, astronome amateur italien et président de l’Unione Astrofili Italiani (qui, entre parenthèses, m’a attribué en 2008 son prix international « Lacchini »), ajoute quelques critiques d’ordre strictement astronomique à l’hypothèse d’Olson ainsi qu’à certaines conclusions de Maffei. Tout d’abord, la comète de Halley était-elle vraiment “grande et brillante” lors de son  passage de 1301 ? Selon le catalogue de Ho Peng Yoke, qui compile d’anciennes observations chinoises, japonaises et coréennes [3], la queue de la comète atteignait une longueur maximale de dix pieds chinois, soit environ 15°. Quant à la brillance de la couronne de la comète, il n’existe pratiquement aucune estimation dans les sources orientales. L’hypothèse de Maffei selon laquelle la phrase, rapportée par Ho, “atteignant la grande étoile de Nan-Ho [Raccoon]” signifie que Halley a égalé Raccoon (magnitude 0,34) en brillance, n’est pas convaincante, car l’attribution concerne le déplacement dans le ciel de la comète, apparue initialement dans la partie sud des Gémeaux (Tung-Ching). Très approximativement, en tenant compte de la distance minimale de la Terre atteinte lors de ce passage (0,18 unité astronomique, soit 27 millions de kilomètres), et du fait qu’elle ait été observée en septembre 1301 environ un mois avant son périhélie, supposant en outre que les paramètres photométriques étaient similaires aux paramètres actuels, on peut estimer que la comète a atteint une magnitude comprise entre 1 et 2, ce qui ne l’a pas rendu plus éclatante que les dizaines d’étoiles d’éclat comparable.

Dans ces conditions il est très difficile d’observer le noyau de la comète à l’œil nu aussi clairement que Giotto le représente, même dans le cas de grandes comètes passant près de la Terre, comme ce fut le cas des spectaculaires apparitions des comètes Hyakutake en 1996 et Hale-Bopp en 1997, auxquelles j’avais à l’époque consacrées des documentaires de télévision.

On peut se demander combien de grandes comètes la critique d’art Roberta Olson avait personnellement vues pour croire avec une si grande certitude qu’elles ressemblent à la représentation de Giotto. Il est certain que Hyakutake et Hale-Bopp ne correspondaient guère au paradigme de Giotto, avec leur énorme tête et leurs queues qui commençaient larges et s’effilaient progressivement. Même les autres grandes comètes qu’Olson aurait pu observer personnellement entre les années 1950 et 1970, comme Arend-Roland, Seki-Lines, Ikeya-Seki, Bennett et West, ne s’apparentaient pas à la comète de Giotto.

Les spectaculaires comètes Yakutake (à gauche) et Hale-Bopp (à droite) observées respectivement en 1996 et 1997.

Quant à la seconde comète de 1301, même si elle a réellement existé , elle a dû être beaucoup moins voyante que celle de Halley, si l’on considère que les très complètes chroniques orientales ne la recensent  même pas (seul l’astronome français Alexandre-Guy Pingré  (1791-1796) la mentionne, et en citant des observations exclusivement européennes, sachant à quel point les descriptions médiévales des phénomènes célestes étaient peu fiables).

Ces doutes astronomiques sont renforcés par des considérations purement artistiques. Dès 1985, un court mais incisif essai de Claudio Bellinati [4] démontait littéralement l’interprétation iconographique d’Olson. Son auteur soutient que la représentation “naturaliste” de la comète est un fait typiquement padouan, car elle n’est pas répétée dans trois autres représentations plus tardives (de Giotto ou de son école) de l’histoire de l’enfance du Christ (basilique inférieure d’Assise, 1315-16) et de l’Adoration des Mages (1320,  Metropolitan Museum de New York), où l’étoile de la Nativité a des formes stylisées.

Scène de la Nativité du Christ de Giotto dans la Basilique inférieure d’Assise
Giotto di Bondone, Adoration des Mages, 1320 (Metropolitan Museum, New York)

La représentation padouane n’aurait donc pas été influencée par une vision directe de la comète de Halley ou de toute autre comète apparue dans ces années-là, mais par la lecture de l’Evangile du Pseudo-Matthieu et l’inspiration provenant de Pietro D’Abano et des maîtres physiciens de la cathédrale de Padoue.

Selon l’Evangile du pseudo-Matthieu, la comète était si grande qu’il semblait “que les cieux ne pouvaient la comprendre“. De fait, la comète de Giotto a des proportions qui dépassent l’espace alloué à la scène. Ensuite, elle était “plus resplendissante que le Soleil“: or Giotto a peint la comète d’un rouge doré peu crédible pour une “vraie” comète. Enfin, toujours selon le pseudo-évangile, elle était “le Verbe de Dieu“, et Giotto lui donne une représentation symbolique en peignant sa couronne avec 24 rayons et 12 lignes d’or !

Pietro d’Abano

Quant à Pietro D’Abano, le grand philosophe et médecin padouan (1257-1315), dont les travaux ont également influencé Giotto dans le cycle astrologique du Palazzo della Ragione à Padoue, il a suivi la pensée aristotélicienne traditionnelle dans son interprétation des comètes. Selon lui, il s’agit d’ “exhalaisons sèches et chaudes, qui s’enflamment … Après un grand incendie, la matière perd sa couleur rouge et devient noire“. Selon Bellinati, cette description correspond parfaitement à la comète de Giotto : sa couleur rouge s’estompe en effet lentement en une teinte noirâtre vers la fin de sa queue.

***

Concernant la deuxième question, à savoir si l’étoile de la Nativité qui a guidé les Rois Mages (dont je rappelle que les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar n’ont été attribués qu’au IXe siècle !) a pu être la comète de Halley, la réponse est vite trouvée, et elle est négative : de retour près du Soleil en 12 av. J.-C., elle est passée quelques années trop tôt pour faire l’affaire !

***

Pour finir je ne peux faire l’impasse sur une autre hypothèse astronomique plus simple, selon laquelle l’étoile des Mages ne serait autre que la planète Vénus, « l’étoile du Berger ». Celle-ci brille tantôt le soir, à l’ouest, tantôt le matin, à l’est, ou bien elle est invisible, noyée dans la lumière du Soleil. En la voyant resplendir vers l’ouest, le soir, les Mages se seraient mis en route. Environ trois mois plus tard, ils seraient arrivés à Jérusalem tandis qu’elle disparaissait. Après une halte d’environ un mois, ils seraient repartis vers Bethléem, en contemplant à nouveau Vénus, mais cette fois le matin, à l’est. Or, une quinzaine de jours après sa réapparition, Vénus semble toujours stationnaire dans le ciel avant de rebrousser chemin. Ce phénomène expliquerait que les Mages aient vu l’étoile “s’arrêter” devant la crèche, comme le rapporte l’évangéliste Matthieu. Si cette explication est la bonne, le calcul des dates où Vénus a été stationnaire incite à penser que la Nativité aurait eu lieu plutôt en l’an 5 av. J.-C.

L’Etoile de la Nativité représentée dans cette superbe Adoration des Mages d’Albrecht Altdorfer (vers 1530, musée Städel) est celle qui ressemble le mieux à la brillante étoile du berger : Vénus.

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Que conclure ? Toutes ces recherches ont le mérite de montrer qu’il est possible, en respectant la chronologie historique, d’associer l’étoile des Mages à un phénomène astronomique authentique. Mais il faut se méfier de ces tentatives de « concordisme ». L’étoile des Mages pourrait bien ne représenter qu’un symbole, dont il serait vain de chercher à établir la réalité astronomique.

Pour ma part, j’estime qu’aucune des différentes hypothèses astronomiques, aussi séduisantes soient-elles, n’est réellement convaincante. Au point que – et ce sera peut-être là une surprise finale pour mes lecteurs -, je penche pour la fable pieuse. Rappelons en effet que l’évangile de Mathieu est le plus tardif des quatre, écrit vers 80-100, probablement à Antioche et par au moins deux auteurs voulant convaincre les juifs de l’époque que Jésus était bien le Messie annoncé par les Prophéties. Et la comète de Halley pourrait bien, finalement,  y avoir joué un rôle… Elle est en effet repassée en l’an 66 et a été visible en Europe, puisqu’elle est mentionnée à Rome pendant le règne de Néron (« Une comète, phénomène qui, suivant l’opinion vulgaire, annonce malheur aux souveraines puissances, avait paru pendant plusieurs nuits consécutives ». Suétone, Néron, 36). Les auteurs de l’Evangile de Matthieu ont donc pu s’en inspirer pour alimenter la fable chrétienne qu’ils voulaient répandre. A cette époque circulaient justement à Antioche des pièces de monnaie frappées avec un bélier et une étoile, témoins astrologiques de la naissance de Jésus…

Pièce de monnaie frappée à Antioche sous le règne de Néron (54-68) et la gouvernance de Quadratus (50-60).
Obvers : Tête de la ville-déesse d’Antioche (Tyche), voilée et couronnée d’une tourelle.
Revers : Bélier sautant vers la droite regardant en arrière, avec une étoile dans un croissant au-dessus.

Divers auteurs estiment que les Rois Mages ont pu chercher l’étoile de Bethléem (comète, planète Jupiter, etc.) dans la constellation du Bélier. Et si le Bélier était le signe des juifs, il était logique que les astronomes qu’étaient supposés être aussi les Rois mages dussent chercher l’indice qu’un Grand Roi était né dans cette constellation…

Fin (provisoire?) de l’histoire.

Bibliographie

[1]. Olson, R.J.M. Le Scienze, 131, 104-112 (1979).

[2]. Maffei, P. La cometa di Halley (Mondadori, Milano, 1984).

[3]. Ho Peng Yoke, Vistas Astron., 5,  127-225 (1962).

[4]. Bellinati, C. “Giotto e la cometa nell’Adorazione dei Magi” in Magico appuntamento Halley e Giotto nel cosmo (MP, Castelfranco Veneto, 1985).

P.S. : Pour les curieux, l’image “mise en avant” est une Adoration des Mages sculptée sur un sarcophage chrétien du IVe siècle.

4 réflexions sur “ L’étoile de la Nativité : légende mystique, conjonction planétaire ou comète ? (2/2) ”

  1. Bonjour!

    Quel travail! Réponse obtenue pour plus d’un qui s’est posé la question sur cette étoile accrochée à notre imaginaire, qui fait aussi notre histoire.

    Pas facile de faire des recherches sur les origines du christianisme mais on peut quand même essayer de soulever un petit coin du voile et de s’interroger, sans pour autant espérer trouver des réponses claires et nettes.

    Revenons sur la visite des Mages (Chapitre II, versets 1 -12 de l’évangile selon saint Matthieu). Pour Celse, ces Mages étaient des chaldéens.

    Au même chapitre, on relate le Massacre des enfants de Bethléem et de tout son territoire par le roi Hérode. Flavius-Josèphe ne parle pas de cet ignoble forfait…On peut s’en étonner. Jean-Baptiste, présenté comme le cousin de Jésus, et du même âge à six mois de distance, visiblement, a échappé à cette abominable tuerie. L’histoire des rois Mages a-t-elle été mentionnée dans les écrits de Papias de Hiérapolis? Il nous reste aujourd’hui peu de choses dans des citations d’Irénée et d’Eusèbe. En 1218, l’Église de Nîmes, conservait encore l’Apocalypse de Papias tout entier, selon Andrea Gallandi.

    Un Commissaire au Plan sous le Général de Gaulle m’a envoyé à la fin des années septante, un livre de son père, un érudit qui a traité ces questions délicates et qui rapporte avec moult détails ce qui précède.

    Tout compte fait, il ne messied pas de penser que nous avons affaire à un joli conte qui mérite toute notre attention et notre introspection.

    Fable pieuse, nous dit finalement, notre maître en matière intersidérale.

    J’ai tenté de la comprendre en relisant ce passage du chapitre II sur la commande affective, de la seconde section d’une “Critique de la raison politique” :

    ” Les mythologies de Barthes – ce qui n’enlève rien à leurs merveilles descriptives – procèdent encore du présupposé (d’origine marxiste à l’époque) de l’idéologie comme antonyme prédestiné de “réel”. L’instance du réel, comme promesse d’apocalypse – dévoilement de dernière minute d’une “aséité” toujours fuyante – gouverne en sous-main sa jubilante dévaluation théorique du mythe (…) En quoi nous restons pieux…” (Fin de citation)

    Sur son mont de piété, cet auteur d’une très fine intelligence, aux dernières nouvelles, préfère en rire.(Le verbe est dans le titre de son dernier livre)

    Alors rions d’un rire nouveau pour que notre étoile, ici-bas, s’élève et brille un peu.

    Gérard

  2. Bonjour!

    Oh là, vous nous sonnez les cloches un peu fort, Monsieur Gérard!

    En matière de religion, il y a toujours un certain degré de fraude, disait Ernest Renan dans sa “Vie de Jésus”

    Votre référence s’appelle Daniel Massé qui s’est posé la question sur le droit de rechercher ce degré certain de fraude.

    Dans “Jésus, ce juif sans nom”, page 16, il écrit : “Le Christianisme n’a pas commencé au premier siècle. Les Églises ne l’avoueront jamais; elles ne fournissent, comme preuve, ce qu’elles ont inventé, le Nouveau Testament et ses documents frelatés, dont elles ne peuvent donner et ne donneront jamais l’origine.”

    Les écrits de Papias (Daniel Massé écrit parfois Pappias) dont les “Commentaires de la parole du Seigneur”ont sans doute été détruits et c’est un bien grand dam.

    Même au temps de Macron le jeune ou Macron II, prénommé Emmanuel (le premier était un haut fonctionnaire de la Rome antique), l’université française n’a pas conservé ses écrits de jeunesse sur Machiavel. Lui-même ou son chambellan élyséen n’en savait apparemment rien, ni son papa, autant que je sache! (Preuves écrites à l’appui)

    Vous citez Régis Debray en fin de votre commentaire. Le titre de son dernier livre : “Éclats de rire”. Rire est ici un substantif et non un verbe. La critique a reconnu en ce recueil d’aphorismes “la légère gravité de l’esprit français”.

    Mais quel rapport avec l’étoile de la nativité, mon bon Monsieur?

    Vous n’en parlez pas, aussi permettez que je vous en touche un mot. Régis Debray a “sa comète” avec d’ailleurs de beaux cheveux.

    Et puisqu’elle a fait l’objet d’un livre, il ne messied pas de reproduire ces quelques extraits :

    ” Notre planète reçoit la visite chaque soixante-treize ans de la comète de Halley mais de beaucoup d’autres aussi, qui gravitent autour du soleil (…)…Chacun de ses retours a fait date. En 1301, par exemple, Giotto l’a prise pour modèle de l’étoile de Bethléem dans l’Adoration des mages. Son passage en 1456 a coïncidé avec la fin du Moyen Age, qu’elle avait inauguré en 451. Treize révolutions en un millénaire pour retrouver en Europe une situation étonnamment semblable, vous diront les historiens…”

    Cette comète à qui l’auteur a expliqué la République écrit aussi des livres. Il en est un qui commence par une citation du Misanthrope de Molière et se termine par un “hasard objectif” entre guillemets. Au milieu, cela va sans dire : la révolution.

    Normal pour une comète qui en connaît un rayon sur le mot. Quant à tirer de sa planète, l’homme du double plan, c’est une affaire d’ascension et “d’appareil à faire monter”, pour reprendre l’expression de Régis Debray , dans sa conférence donnée à la Maison franco-japonaise de Tokyo, le vingt-trois mars deux mille dix.

    Alors, élevons la culture. Histoire de faire un vœu… pieux.

    Jacques

  3. Qui croire? Et qu’en dire?

    Un contributeur de ce blogue, lecteur averti ou non, ira de ce pas, sans crier gare, faire un tour du côté de Wikimonde pour y trouver l’étoile de Bethléem et dans le berceau de cet espace, la proposition de la fable pieuse, retenue finalement dans son double billet par M.Luminet

    En son dernier commentaire, icelui rectifie ou allégit l’adjectif – fable mystique au lieu de pieuse.

    Pas la peine d’aller chercher la petite bête, il s’agit d’un synonyme et comme dirait mon voisin, capucin dans l’âme, c’est du pareil au même!

    Difficile quand même de s’arrêter là en opinant du chef sans la moindre réaction. On peut se mettre en route, fût-ce par une sente qui bifurque, si au tréfonds de nous-même, quelque chose nous dit d’aller plus loin…

    Quelqu’un qui s’y connaît en “fable mystique”, Michel de Certeau pour ne point le nommer, précise que le lieu instauré par des procédures de contrôle est lui-même historisé par le temps (…) et en “métaphorisant” ainsi le discours d’une science, en fait également une fiction.

    Et s’il est vrai qu’une chanson est une émotion + une équation, à l’instar de ses compagnons, autant demander à Vénus, leur amie, de nous donner la main pour mieux comprendre ou mieux aimer.

    Kalmia

  4. « Les hommes sont faits les uns pour les autres. Donc instruis-les ou supporte-les. »
    Marc Aurèle
    (qui avait l’honneur d’en avoir gros sur la patate)

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