Les nuits étoilées de Vincent Van Gogh (1) : Terrasse de café à Arles

« Dans quel espace vivent nos rêves ? Quel est le dynamisme de notre vie nocturne ? L’espace de notre sommeil est-il vraiment un espace de repos ? N’a-t-il pas plutôt un mouvement incessant et confus ? Sur tous ces problèmes nous avons peu de lumière parce que nous ne retrouvons, le jour venu, que des fragments de vie nocturne. »

Dans ces textes écrits de 1942 à 1962  (réunis dans Le Droit de rêver, PUF, collection « Quadrige », 2010), Gaston Bachelard célèbre la difficile synthèse de l’imagination et de la réflexion qui lui paraît garantir, chez les écrivains comme chez les artistes, chez Baudelaire comme chez Van Gogh, la fidélité aux valeurs oniriques.

« Un jaune de Van Gogh est comme un or alchimique, un or butiné comme un miel solaire. Ce n’est jamais simplement l’or du blé, de la flamme ou de la chaise de paille : c’est un or à jamais individualisé par les interminables songes du génie. Il n’appartient plus au monde, mais il est le bien d’un homme, le cœur d’un homme, la vérité élémentaire trouvée dans la contemplation de toute une vie »

Coucher de soleil sur champ de blé près d’Arles, 1888

 

Dans la série de billets que je commence ici, je vais analyser en détail les rapports extraordinaires que Vincent Van Gogh (1853-1889) a entretenus avec la vision du ciel provençal.

Le 20 février 1888, âgé de 35 ans, Vincent, l’homme du Nord aux cieux chargés, s’installe à Arles, dans la vieille ville. Bien qu’il arrive dans la cité par temps de neige, il découvre la lumière provençale, éclatante de jour comme de nuit. Stupéfait par la limpidité du firmament, il écrit à son frère Théo : « Le ciel d’un bleu profond était tacheté de nuages d’un bleu plus profond que le bleu fondamental d’un cobalt intense, et d’autres d’un bleu plus clair, comme la blancheur bleue des voies lactées. Dans le fond, les étoiles scintillaient, claires, verdies, jaunes, blanches, rose plus clair, diamantées davantage comme des pierres précieuses ». Dès lors germe en lui le projet fou de peindre le ciel.

Autoportrait de Van Gogh en 1888

Le 12 avril, il écrit à son ami le peintre Émile Bernard : « Un ciel étoilé par exemple, tiens, c’est une chose que je voudrais essayer à faire de même que le jour j’essaierai à peindre une verte prairie étoilée de pissenlits ». Il hésite cependant et procrastine, intimidé par le sujet. Le 19 juin, il fait part de son hésitation à Émile Bernard : « Mais quand donc ferai-je le ciel étoilé, ce tableau qui toujours me préoccupe ? […] Hélas hélas, les plus beaux tableaux sont ceux que l’on rêve en fumant des pipes dans son lit mais qu’on ne fait pas. S’agit pourtant de les attaquer quelqu’incompétent qu’on se sente vis-à-vis des ineffables perfections de splendeurs glorieuses de la nature ».

Le 9 (ou 10 juillet) 1888 il avoue à Théo : « Mais toujours la vue des étoiles me fait rêver aussi simplement que me donnent à rêver les points noirs représentant sur la carte géographique villes & villages ».

Le passage à l’acte a lieu entre le 9 et le 14 septembre. Il commence en effet le 9 une longue lettre adressée à sa sœur Willemien : « Je veux maintenant absolument peindre un ciel étoilé. Souvent il me semble que la nuit est encore plus richement colorée que le jour, colorée des violets, des bleus et des verts les plus intenses.

Lorsque tu y feras attention tu verras que de certaines étoiles sont citronnées, d’autres ont des feux roses, verts, bleus myosotis. Et sans insister davantage il est évident que pour peindre un ciel étoilé il ne suffise point du tout de mettre des points blancs sur du noir bleu. »

De gauche à droite, autoportrait d’Emile Bernard, ami de Vincent, portraits photographiques de son frère Théo et de sa sœur Willemien.

Il ne la poste pas et reprend sa lettre le 14. Entretemps il a peint sa première nuit étoilée, le tableau s’intitule Terrasse du café le soir (actuellement au musée Kröller-Muller à Otterlo, Pays Bas) :

« Il y a déjà plusieurs jours que j’ai commencé cette lettre jusqu’ici et je reprends maintenant. J’ai été interrompu justement par le travail que m’a donné de ces jours-ci un nouveau tableau représentant l’extérieur d’un café le soir. Sur la terrasse il y a de petites figurines de buveurs. Une immense lanterne jaune éclaire la terrasse, la devanture, le trottoir, et projette même une lumière sur les pavés de la rue, qui prend une teinte de violet rose. Les pignons des maisons d’une rue qui file sous le ciel bleu constellé d’étoiles sont bleus foncés ou violets avec un arbre vert. Voilà un tableau de nuit sans noir, rien qu’avec du beau bleu et du violet et du vert, et dans cet entourage la place illuminée se colore de soufre pâle, de citron vert. Cela m’amuse énormément de peindre la nuit sur place ».

Terrasse de café le soir

Et le 16 septembre, c’est à Théo qu’il décrit plus brièvement son tableau : « Le deuxième tableau [de cette semaine] représente l’extérieur d’un café illuminé sur la terrasse par une grande lanterne de gaz dans la nuit bleue avec un coin de ciel bleu étoilé.

[…] La question de peindre les scènes ou effets de nuit sur place et la nuit même, m’intéresse énormément »

On sait exactement où le tableau a été peint : Place des hommes, rebaptisée aujourd’hui place du Forum. La carte d’Arles au temps de Van Gogh, montrée ci-dessous, montre son emplacement, de même que d’autres sites intra-muros où Vincent s’est installé pour peindre La Maison Jaune (en septembre 1888), le Pont métallique de Trinquetaille (en octobre 1888) et la Nuit étoilée sur le Rhône (sur laquelle je reviendrai longuement dans le billet suivant).

Le café qui, à cette époque, s’appelait la Terrasse, a depuis été renommé Café Van Gogh. Heureusement le lieu historique n’a pas été saccagé par des constructions modernes comme c’est si souvent le cas ailleurs, et aujourd’hui encore le promeneur reconnaît immédiatement la disposition des rues et bâtiments peints par Vincent, de jour comme de nuit.

Le café Van Gogh de nos jours. La photographie nocturne montre la pollution lumineuse caractéristique de l’éclairage urbain, de violents et inutiles projecteurs effaçant toute trace du firmament. Immense perte du sentiment cosmique…

Une question qui se pose est alors : les étoiles qu’il a représentées sur la toile sont-elles disposées au hasard, ou bien correspondent-elles à une configuration réelle du ciel nocturne ? Au vu des déclarations épistolaires de van Gogh, tout laisse à croire qu’il a fait voulu faire preuve d’un certain réalisme dans la transposition picturale du firmament. Comme, d’après la lettre que Vincent a adressée à sa sœur Willemien  nous connaissons à quelques jours près la date d’exécution (entre le 9 et 14 septembre), il est possible de vérifier à l’aide d’un logiciel de reconstitution astronomique quelle portion de ciel a été représentée par Vincent, vue depuis la place du Forum dans une direction très proche du Sud (telle est l’orientation de la rue).

Utilisons l’excellent logiciel Stellarium. Positions-nous aux coordonnées GPS de la place du Forum, à savoir  43° 40′ 39.7″ N 4° 37′ 37.6″ E, fixons la date à partir du 9 septembre 1888 à environ 10h du soir, orientons la vue vers le Sud et laissons défiler la carte pour chercher une configuration stellaire éventuellement proche de celle du tableau, comprise entre 20 et 30° de déclinaison (telle est la hauteur des étoiles représentées dans le tableau) .

J’ai lu jadis un article (dont j’ai perdu les références) prétendant qu’il s’agit des pattes de la constellation du Scorpion, avec les étoiles α (la brillante Antarès), σ, β, δ et π  Scorpion. Le problème est qu’entre le 9 et le 14 septembre, la constellation du Scorpion ne se trouve au-dessus de l’horizon que jusqu’à 17h TU, après elle passe dessous et ne peut donc être vue, même en début de nuit, qui en septembre tombe bien plus tard. En outre à cette époque la Lune était à son premier croissant dans les pattes du Scorpion. Ce n’est donc pas la bonne identification.

Examinons maintenant la carte du ciel vue entre le 9 et le 14 septembre 1888 vers 22h dans le prolongement sud de la place du Forum : on y voit les étoiles de la constellation du Verseau jusqu’à la magnitude 5, avec sa configuration caractéristique en forme de Y.

Etoiles de la constellation de Verseau visibles à l’œil nu entre le 9 et le 14 septembre 1888 à 22h dans la direction du café de la Terrasse.

J’ai ajouté le profil des bâtiments cachant une partie du champ de vue, tracé des lignes caractéristiques reliant les plus étoiles les plus brillantes, et comparé avec la peinture de Vincent :

L’identification me semble assez convaincante… Elle renforce en outre les déclarations épistolaires dans lesquelles Vincent exprimait son souci de représenter un ciel réel et non pas imaginaire.

Cette volonté se retrouvera de façon encore plus spectaculaire dans les deux célèbres nuits étoilées peintes à Arles en 1888 et à Saint-Rémy en 1889. Je les analyserai de la même manière dans les billets suivants, avec à la clé de très étonnantes surprises…

12 réflexions sur “ Les nuits étoilées de Vincent Van Gogh (1) : Terrasse de café à Arles ”

  1. Je diffuse dans mon entourage le lien avec votre publication du 9 septembre 2019 (Les nuits étoilées de VVG), parce que je l’ai trouvée fort intéressante.
    Je vous en remercie.

  2. M. Luminet, comme vous, j’avais jeune fille fait un travail sur cet artiste.Quel cadeau vous nous faites de pouvoir joindre la science à l’art de cet artiste! Les couleurs me donnent le vertige bien plus que les étoiles… Imaginez combien cela demande d’abandon et de temps consacrer à sa passion, toute une vie comme le travail ardu du scientifique à se former au langage stellaire. Idée lumineuse de nous partager votre vision époustouflante. Merci.

    1. Merci à vous pour votre appréciation. Vous verrez que les analyses des deux nuits étoilées suivantes révèlent d’encore plus étonnantes facettes du génie de van Gogh.

  3. Bonjour!
    Je m’étais endormi sous mon arbre…
    Il a fallu le rappel à l’ordre d’une aimable et savante hamadryade de l’Alma mater pour me réveiller de ma torpeur.
    Sœur sourire ou plutôt Jeanne de La Fontaine me murmura à l’oreille ces quelques mots :

    « (…) continuez, prenez de la peine, un trésor est caché dedans »

    Et le hasard, bon prince, m’orienta vers cette terrasse de café arlésienne.
    Un livre sous la main, je l’ouvre à la page 238 et je lis :

    « J’irai donc ce soir méditer sur la terrasse. J’irai voir travailler la nuit, je me donnerai tout entier à ses formes enveloppantes, à ses voiles, à l’insidieuse matière qui comble tous les angles »

    Ce passage est au chapitre du « Fragment d’un journal de l’homme » du « DROIT DE RÊVER » que je retrouve avec bonheur dans le présent merveilleux billet de M.Luminet.
    Au chapitre du « peintre sollicité par les éléments », on lit, page 39, la belle citation faite dans ledit billet, avec ces quatre mots en plus, ici entre guillemets :
    « (…) un or butiné « sur mille fleurs, élaboré » comme un miel solaire. »
    L’autre citation est au chapitre des « Rêveries » au début de
    « L’ espace onirique », page 195.
    Dans « La poétique de l’espace », Gaston Bachelard parle du peintre qui disait à son frère qu’il  » fallait conserver quelque chose du caractère original d’un Robinson Crusoé »
    Et dans ses « Causeries I », il cite Van Gogh peignant la terre avec un morceau de terre ou craie de montagne.
    Vincent Van Gogh dans sa lettre à Théo :

    « Dans la plus simple maisonnette, dans le plus sordide petit recoin, je vois des tableaux et des dessins. »(La terre et les rêveries du repos, note 46 de la page 101)

    Avec le randonneur de « La Croix », je parlais, hier, de son livre, à la page du « Monde des livres », de cette semaine. Lisez son blogue et vous y découvrirez des signatures qui ne vous seront pas tout à fait inconnues.

    Il se fait tard et dans ma solitude, je me pose bien des questions. Le pinceau du peintre et la lunette de l’astronome, ensemble pour la bonne cause, pourront-ils faire quelque chose pour ces gens enchaînés, cette foule silencieuse faite de millions d’âmes qui souffrent aux champs et à la ville de cette profonde misère morale et matérielle, sans nom, au pays de France?
    Ils attendent une manne de l’univers, autre chose que de bonnes surprises – entre gens qui savent lire et écrire – pour un régal intellectuel dans les salons de l’étherciel.
    Eux aussi ont le droit de rêver d’un jardin du ciel où ils pourraient, enfin, vivre libres.
    Ils ne sont pas arrivés…

    Bon dimanche à vous tous

    Garo

    1. Merci Garo. Le jaune des gilets du samedi qui se révoltent depuis un an pour une juste cause, avec le meilleur et hélas parfois le pire, ne sera jamais peint et immortalisé par un Van Gogh du XXIe siècle. Normal, il n’y a quasiment plus de peintre digne de ce nom. Et la société financière écrase toute cause juste. C’est l’une des raisons pour lesquelles la culture, l’art, la science, la poésie sont les ultimes façons de résister.

  4. Il ne s’agit pas de penser mieux, ni de vivre mieux. Il s’agit, quand on a tout perdu, ou qu’on est en train de tout perdre, ou qu’on n’arrive à rien, mais aussi quand tout va bien, trop bien, de ne pas laisser le dégoût ou le désir détruire ou cacher une « fermeté de caractère», qui n’est faite ni par la pensée, ni par la vie.

    Vous pensez aux autres de différentes manières ? C’est parce qu’on s’est fait mentir par un confort bavard. « Exister », c’est cette fermeté distante qui fait tout vivre. Pour cela je la renommerai aussi « Amour ». C’est une belle preuve d’amour en effet que de briller comme le fait le soleil, ou de vivre inlassablement comme le végétal.

    Entrer avec précaution dans les détails du désir n’est pas interdit, mais l’Amour est un cran au-dessus. Et si on n’a pas le cran de tenir ferme dans le vécu de l’agression qui nous donne une chance de nous sentir exister, si on ne voit rien… alors à nous de jouer quand même !

  5. Le jeu effectivement en vaut la chandelle quand la flamme éclaire…
    Garo est aux anges puisqu’on en revient toujours à
    Gaston Bachelard, auteur aussi de « La flamme d’une chandelle ».
    Petite question, quand même, Monsieur Bardou :
    « La fermeté de caractère », maîtresse poutre d’un discours prononcé à la distribution des prix, à l’Institution des Chartreux, le trente et un juillet mil huit cent quatre-vingt-quatre, par l’abbé Accary, a-t-elle aujourd’hui la même résonance auprès d’un public rare qui cherche son destin dans le ciel étoilé au-dessus de lui et la loi morale en lui?
    Au plaisir de lire votre réponse… surprenante.

    Roxane

    1. Probablement pas la même résonance, il est facile d’en faire une construction imaginaire, et d’associer « la fermeté de caractère » à un grave visage de stoïcien, à une âme de fer, plutôt qu’à une fluidité « mozartienne ». Et ce serait là bien sûr se tromper, car l’objet en question n’est pas un « impalpable ». Mais que voulez-vous, les hommes fétichisent et idolâtres, ils abîment pour y voir clair.

      Ceci dit, si vous avez un lien vers le texte du discours de l’abbé Accary, et pour ne pas avoir l’air de lui avoir fait un procès d’intention, j’aimerai le lire.

  6. Ci-dessous le beau texte de Garo qu’il m’a envoyé en aparté sur mon courriel, en m’autorisant à en faire ce que bon me semble. Alors je le montre.

    Bonjour Guillaume!

    J’ai lu votre dernier commentaire et je crois bien que personne ne viendra ajouter un mot, ni même Garo, pourtant si disert.
    En vous écrivant ces mots, je pense à la dernière phrase rilkéenne du « Droit de rêver » : »Pour moi aussi, c’est la nuit »
    Et ce n’est pas une raison pour broyer du noir! Je vous suis dans votre raisonnement ou plutôt votre raisonance et j’essaye de vous comprendre.

    Comprendre, c’est mieux aimer.

    Bien sûr, il y a quelque chose au delà du balbutiement intellectuel! Bien sûr, quelque chose qui tient de l’entendement nous fait, malgré tant et tant d’obstacles, tenir debout. Entre pulsions biologiques et conscience dominante, on existe, certes, comme on peut! Avec les moyens que l’on se donne dans l’intimité de notre être et qui ne seront oncques décrit dans un blogue, fût-il d’un grand scientifique.

    Vous utilisez derechef le mot « Amour »…Pourquoi pas? A-t-on besoin de connaître tous les détails du désir mimétique pour se donner des ailes?
    Ou de se référer à un livre de Spinoza pour vivre avec les autres des relations saines d’équilibre joyeux? Pourquoi pas?
    Cependant, il y a la vie, la nature et notre pensée aussi.

    J’ai toujours en mémoire cette image d’Agar dans le désert. Elle me paraît si juste.
    Sans une part d’ange, comment s’en sortir? Mais l’ange porteur de ce quelque chose qui fait du bien au corps et guérit l’âme, ne vient pas en un tournemain…Il demande une supplique intérieure au tréfonds de nous-mêmes et un combat de tous les jours et de toutes les nuits pour résister aux agressions de toutes parts.

    Est-ce par hasard, correspondant ami que je ne connais pas, si « La tentation de saint Antoine » figure dans un ouvrage traitant des figures du temps de Kepler à Thom?
    Je ne sais vous expliquer – et d’ailleurs je n’en ressens pas la nécessité – ce qui motive cette « dépêche nocturne »…Sans doute, est-ce tout simplement un signe de vie.
    Vous en ferez ce que bon vous semble…Cela s’appelle la confiance…J’aurais pu écrire l’aurore.

    Jeudi, nous organisons une petite garden-party dans la grange avec un petit groupe de sonneurs de trompe de chasse et de cor. En même temps, un artiste de variétés de votre région sera dans l’église de la ville, à deux lieues de là, pour chanter « Jeanne ».

    Qui est-elle? J’ai répondu à cette question au pianiste et au physicien. Quid du son du cor et du son du silence? Un « je » de Montfort-L’Amaury a peut-être une réponse sur son clavier tempéré…

    Bonne journée à vous.
    Et au plaisir de nous rencontrer de nouveau, sur la toile, comme ils disent, palsambleu!

    Cordialement
    ML

  7. Oui, je veux bien.
    Il s’agit de l’article intitulé : « L’ éducation et la fermeté du caractère » du Bulletin de l’Institut des Frères Maristes, n° 38, pages 183 – 192 (mai 1915)
    Voici le lien où vous pourrez lire cet article bien écrit :

    L’éducation et la fermeté du caractère – Champagnat.org
    http://www.champagnat.org › Biblioteca › Bulletin de l’Institut › Número 38

    La fluidité « mozartienne » (Très belle et juste expression) s’inscrit sans doute dans la notion de réel voilé, que même les – frères… – du physicien, se doivent d’en reconnaître la nécessité, nécessité en tant qu’horizon.
    Je viens de regarder la comédie dramatique « Dialogue avec mon jardinier » de Jean Becker avec le duo remarquable Daniel Auteuil (Dupinceau) / Jean-Pierre Darroussin(Dujardin).
    Le dialogue est une galère vide, disait Michel Serres.
    Avez-vous déjà vu quelqu’un, jardinier ou paysan, poser des questions aux acteurs, le rideau tombé, au delà de l’écran, loin des champs des caméras? Leur poser des questions sur leur rapport à la terre dans la société marchande…
    Le vent de la culture souffle toujours dans la même direction (dixit encore Michel Serres).
    Peut-on peindre ce chas d’aiguille où l’on pourrait passer pour renverser le tableau?
    En tout cas, sûr et certain, ça ne passera oncques à la télé!

    Bonne nuit

    Garo

    1. Merci Garo,

      il s’agit d’un résumé de 1915 du discours de 1884, incluant des extraits originaux transcrits entre guillemets. Je le lirai ce soir.

      L’original complet du discours de 1884 est consultable à la BnF.
      mais je ne pense pas avoir le temps d’aller à la BnF.

  8. Merci Garo de m’avoir devancée, je voulais répondre sur-le-champ mais n’ai pas eu le temps…Il y a tant de choses à mettre en place dans ce prieuré, vous savez!
    J’espère que la garden-party évoquée sera réussie, jeudi, et puisse la musique inviter la pluie si ardemment désirée en bon nombre de nos régions, à tomber sur les sols desséchés.
    A propos du « Je » de ML, je voudrais mentionner une citation mise en exergue au chapitre du livre d’un sociologue, sur la Loi des frères :
    « Nous passons de l’époque du Je à l’époque du Nous. »
    (Martin Heidegger)
    Quant à votre question finale de votre commentaire d’hier soir, j’ai quelque doute, je ne suis pas sûre que ça va se bousculer au portillon…Ce n’est facile ni pour un chameau ni pour un jeune homme riche!
    Bonne fin d’été à tous et belle saison prochaine, haute en couleur, à peindre sous l’arbre à songes.

    Roxane

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *