Pas très chaud la nuit sur l’Etna, en février, à 1800 m d’altitude !

Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue, lors de la fin du 6e paroxysme de l’Etna le 24/2/2021 (© Sylvain Chermette, 80 Jours Voyages).
Pas très chaud la nuit sur l’Etna, en février, à 1800 m d’altitude !

Jacques-Marie Bardintzeff, volcanologue, lors de la fin du 6e paroxysme de l’Etna le 24/2/2021 (© Sylvain Chermette, 80 Jours Voyages).
Le septième paroxysme de l’Etna s’est déroulé en plein jour, le dimanche 28 février en matinée : bien que similaire au 6e paroxysme nocturne (voir mon blog du 5/3/2021), il est donc apparu bien différent. Le panache était bien visible alors que les fontaines de lave l’étaient beaucoup moins. Deux observations parfaitement complémentaires en quelque sorte.

Imposant panache de cendres et lapilli (plusieurs km de haut) lors du 7e paroxysme de l’Etna, le 28/2/2021 (© J.M. Bardintzeff).
Les paroxysmes se succèdent sur l’Etna. Avec Sylvain Chermette, nous avons pu en suivre trois (voir mon blog du 4/3/2021).
Le sixième du mois de février s’est déroulé le 24, entre 18h et 23h.

Fontaines de lave lors du paroxysme du 24 février 2021 de l’Etna (© Sylvain Chermette, 80 Jours Voyages).
Il y a un an, une éruption fissurale majeure avait lieu en Islande, au nord-est du volcan sous-glacaire Bardarbunga : elle a commencé le 31 août 2014 et s’est terminé le 27 février 2015. Au total, 1,5 km3 de lave furent émis sur une surface de 86 km2. Il s’agit de la plus importante éruption lavique mondiale depuis l’éruption du Laki, également en Islande, qui dura 9 mois, en 1783-1784. Elle vient d’être officiellement baptisée du nom de « Holuhraun ».
Fissure éruptive et fontaines de lave à Holuhraun, Islande, septembre 2014 (© J.M. Bardintzeff).
J’ai eu la chance de l’approcher en septembre 2014, en compagnie de Michael Pitiot, réalisateur, et de Bruno Cusa, cadreur Cinéflex, grâce à notre pilote hélico Halldor Hreinsson. J’étais conseiller scientifique volcanologue pour le film « Terra » (réalisateurs : Michael Pitiot et Yann Arthus-Bertrand).
L’éruption fissurale se poursuit depuis plus d’un mois en Islande. 46 km2 sont maintenant recouverts de lave.
La sismicité baisse au niveau de la fissure éruptive mais demeure élevée sous le volcan sous-glaciaire Bardarbunga (un séisme de magniture 5.0, à une profondeur de 7.9 km, enregistré le 3/10 à 12h42, par le Nordic Volcanological Center. Au total 185 séismes au cours des dernières 48 h).
La pollution est significative selon le sens des vents (35 000 tonnes de dioxyde de soufre émis quotidiennement !).
L’état d’alerte pour l’aviation reste au orange.
Activité intense dans la fissure éruptive (© J.M. Bardintzeff)
Fontaines de lave atteignant 60 m de hauteur (© J.M. Bardintzeff)
Une importante activité sismique s’est manifestée sous le volcan Bardarbunga en Islande à partir du 16 août 2014, Ce gros volcan se situe sous le glacier Dyngjujökull, dans la partie nord du glacier Vatnajökull. En moyenne, près d’un millier de séismes étaient enregistrés chaque jour par le Nordic Volcanological Institute, la grande majorité de faible magnitude (2 à 3) mais certains atteignant la magnitude 5.5. Puis les séismes, répartis sur une longueur de 40 km, semblaient traduire des mouvements de magma en profondeur le long d’un dyke mais l’éruption tardait à venir…
Une petite éruption fissurale s’est déclenchée le 29 août,à 5 km au nord du glacier Dyngjujökull. Elle n’a duré que quelques heures. Des coulées de lave ont été émises le long d’une fissure de quelques centaines de mètres de longueur.
Une nouvelle éruption, de bien plus grande ampleur, démarre le 31 août dans la même région, à Holuhraun. Une fissure longue de 1500 m émet un véritable rideau de lave, de 50 à 100 m de hauteur. Des coulées de lave s’en échappent. La plus importante parcourt une quinzaine de km jusqu’au lit de la rivière Jökulsá á Fjöllum.
La fissure éruptive vue du sud (© J.M. Bardintzeff)