Un point chaud sous l’Islande ?

Le magmatisme en Islande résulte en partie du rift médio-Atlantique en extension, qui recoupe l’île.

Mais l’activité d’un « point chaud » s’ajoute à celui-ci, ce qui explique la dualité géochimique des roches volcaniques.

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Le rift médio-Atlantique à Thingvellir : un pied en Eurasie et l’autre en Amérique en quelque sorte ! (© J.M. Bardintzeff).

 

Un point chaud, résulte d’un panache, anomalie thermique qui monte de la profondeur depuis la limite manteau-noyau (située à 2 900 km de profondeur).

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Une petite éruption fissurale en Islande

Une petite éruption fissurale s’est déclenchée hier en Islande, à 5 kilomètres au nord du glacier Dyngjujökull. Elle n’a duré que quelques heures. Des coulées de lave ont été émises le long d’une fissure de quelques centaines de mètres de longueur. Cette éruption n’a donc pas été explosive (émission d’un panache de cendres et de gaz, d’une dizaine de km de hauteur) contrairement à celle de 2010 qui bloqua le trafic aérien européen.

Plusieurs scénarios futurs peuvent être envisagés.

Voir l’article de ce jour dans le Dauphiné Libéré

www.ledauphine.com/environnement/2014/08/30/on-ne-peut-exclure-aucun-scenario

Éruption en Islande ?

Depuis le 16 août, une importante activité sismique est enregistrée sous le volcan Bardarbunga en Islande. Ce gros volcan se situe sous le glacier Dyngjujökull situé dans la partie nord du glacier Vatnajökull. En moyenne, près d’un millier de séismes se produisent chaque jour, la grande majorité de faible magnitude (2 à 3) mais deux séismes ont dépassé 5 (5.1 et 5.3). Les séismes, répartis sur une longueur de 30 km, semblent traduire des mouvements de magma en profondeur. Mais l’éruption tarde à venir…

– France 3, journal national de 12h30, 20/8/2014

http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-3/12-13/jt-12-13-mercredi-20-aout-2014_669043.html

(vers 8 mn)

– France 3, journal national de 19h30, 20/8/2014

http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-3/19-20/jt-19-20-mercredi-20-aout-2014_669367.html

(vers 14 mn)

– France 2, pour le journal national de 20h, 23/8/2014

http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-samedi-23-aout-2014_671335.html

(vers 1mn45s)

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Éruption sous le glacier Vatnajökull en 1996 (© J.M. Bardintzeff).

News de l’été

Quelques news sur mes projets de l’été.

D’abords de la géologie dans les Alpes, une chaîne de montagne jeune (une cinquantaine de millions d’années tout de même !) mais qui continue toujours à grandir par endroits, de 1,5 mm par an au maximum !

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La chaîne de Belledonne dans les Alpes (© J.M. Bardintzeff).

Puis en route mi-juillet pour le parc de Yellowstone dans le Wyoming aux USA, paradis des geysers et des sources thermales.

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Geyser à Yellowstone (© J.M. Bardintzeff).

Un détour par Devils Tower, un étrange piton volcanique prismé, haut de 386 mètres.

Et pour finir le mont Saint Helens dans l’état du Washington, siège d’une éruption majeure en 1980, et aussi actif entre 2004 et 2008.

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Le mont Saint Helens (© J.M. Bardintzeff).

Nous aurons l’occasion d’en reparler !

Je vous souhaite un bon été géologique et volcanologique à tous.

Éruption explosive majeure au Sangeang Api, Indonésie

Le Sangeang Api est entré brusquement en éruption le 30 mai 2014. Il a libéré une imposante colonne éruptive. Il n’y a pas de victimes.

Le volcan Sangeang Api

Le Sangeang Api, volcan qui culmine à 1949 m, appartient à l’arc des Petites îles de la Sonde en Indonésie. Il constitue une petite île ronde, de 13 km de diamètre, située au nord-est de l’île plus importante de Sumbawa, célèbre par son terrible Tambora. Il entre en éruption assez fréquemment, tous les 10-20 ans en moyenne au XXe siècle. Sa dernière éruption remontait à 1997-1999.

J’ai visité cette île-volcan, alors endormie, en 2007.

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Le volcan Sangeang Api le 13/7/2007 (© J.M. Bardintzeff).

 

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Quelques maisons, habitées par des pêcheurs, des fermiers (© J.M. Bardintzeff).

En remontant des ravines, on découvre des successions de niveaux pyroclastiques, constitués de blocs et de cendres, témoins d’épisodes explosifs anciens.

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On observe aussi des dépôts de coulées boueuses d’origine volcanique, appelées lahars, un terme indonésien (© J.M. Bardintzeff).

L’étape suivante m’a conduit sur l’île de Rinca, sœur de Komodo, célèbre comme elle par ses varans monstrueux !

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Un varan à Rinca (© J.M. Bardintzeff).

L’éruption du 30 mai 2014

La hauteur du panache ?

Les informations font état d’une colonne éruptive haute de 15 à 20 km. La différence est importante car la tropopause, limite entre la troposphère et la stratosphère, se situe justement aux alentours de 17 km au niveau de l’équateur. Si les cendres sont injectées dans la stratosphère, elles séjourneront plus longtemps en haute altitude.

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Journées Tazieff dans l’Hérault

Haroun Tazieff (1914-1998), célèbre volcanologue médiatique, aurait eu 100 ans le 11 mai 2014.

Un hommage lui sera rendu du 11 au 15 juin 2014 dans le département de l’Hérault (34).

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J’ai rencontré Haroun Tazieff à plusieurs reprises : de grands souvenirs !

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Ma première rencontre avec Haroun Tazieff le 9 décembre 1972 : le célèbre volcanologue me dédicace son livre L’Etna et les volcanologues à la librairie Arthaud à Grenoble (© photo Arthaud).

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Lors du traditionnel match de rugby avec les étudiants à l’université d’Orsay le 31 janvier 1985, l’équipe des volcanologues avait plutôt fière allure avec, de gauche à droite : le professeur Robert Brousse, Haroun Tazieff, alors ministre, et Jacques-Marie Bardintzeff (© source photo inconnue).

Image de volcan : le mont Cameroun (suite)

Mon livre « Volcanologue. De la passion à la vocation », Éditions Vuibert, 2009

Un extrait (suite):

La lave issue de la fissure inférieure a parcouru plus de dix kilomètres, sur une largeur moyenne de 500 mètres à un kilomètre. Relativement visqueuse, elle avance lentement mais inexorablement, à quelques mètres à l’heure. Le front mesure plusieurs centaines de mètres de large et, selon les endroits, d’une dizaine à une trentaine de mètres d’épaisseur. Des blocs de plusieurs mètres s’effondrent, roulent et se brisent en révélant la lave incandescente. Une fois refroidie, Il s’agit d’une roche sombre, basique, à gros cristaux d’olivine et de pyroxène. En contrebas, j’entends le coassement pathétique des grenouilles d’une petite mare, condamnée à brève échéance.

Le 10 avril, le front se situe dans Green Valley Estate, à 120 m d’altitude et à 600 m de la route longeant la côte atlantique entre Limbe et Idenau, et plus précisément entre Batoke et Bakingili. Le 13 avril, il s’en approche à 260 m et le 15 avril au matin, à 5 m seulement. Dans la population, je perçois des sentiments contradictoires : de l’inquiétude, certes, mais aussi une indéniable fascination.

Durant toute la journée du 15 avril, le front se situe tout prêt de la route mais ne progresse pas significativement. La coulée a développé des lobes latéraux. Si la route est coupée, toute une région sera isolée. On assiste à un ballet incessant de voitures surchargées. L’armée essaye de gérer tout cela. À 19 heures, le premier bloc incandescent tombe sur la route, qui est coupée dans la nuit du 15 au 16.

Le 16 au matin, je survole la zone en hélicoptère avec Pierre Wandji. Sur cent mètres, la route est recouverte par une épaisseur de 10 m de lave.

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Vue d’hélicoptère, le 16 avril 1999 : la coulée de lave a traversé la route (© J.M. Bardintzeff).

Images de volcan : le mont Cameroun

Mon livre « Volcanologue. De la passion à la vocation », Éditions Vuibert, 2009

Un extrait :

… j’apprends que le mont Cameroun est sorti, le 28 mars (1999), d’un sommeil de dix-sept ans. Une fissure s’est ouverte sur son flanc sud et d’importantes coulées de lave se dirigent vers des zones habitées.

Le Cameroun est traversé en écharpe, du lac Tchad, au nord, au mont Cameroun, au sud, par un alignement volcano-plutonique majeur, long d’environ un millier de kilomètres, appelé « Ligne du Cameroun », prolongée en mer par les îles du golfe de Guinée. Le mont Cameroun se situe près de l’océan Atlantique. Il s’agit d’un volcan géant, culminant à 4 095 m, parsemé d’une centaine de petits cônes, souvent alignés sur des fissures.

Nous arrivons sur place début avril. Dès le premier soir, nous nous rendons au front de la coulée active. Celui-ci, incandescent, mesure plus de 10 m de haut. Des blocs énormes, plurimétriques s’en détachent et s’écroulent dans un bruit d’explosion et de « vaisselle cassée ». La silhouette des palmiers se détache sur le fond orangé de la scène : ils n’ont plus que quelques heures à vivre avant de brûler, irrémédiablement.

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Coulée de lave au mont Cameroun (© J.M. Bardintzeff).

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Le mont Cameroun en éruption en avril 1999 (© J.M. Bardintzeff).

Les volcans ? Passionnément ! Les volcans ne sont pas toujours méchants, ils sont aussi les témoins de la Terre active !