Le Sinabung très actif

Retour du Sinabung à Sumatra en Indonésie avec 80 jours voyages (Guide : Sylvain Chermette, Conseiller scientifique : Jacques-Marie Bardintzeff).
Le volcan est toujours en pleine activité : il émet actuellement une à cinq nuées ardentes (écoulements pyroclastiques / pyroclastic flows) et des dizaines / centaines d’avalanches de dôme (rock falls) par jour. Les nuées ardentes sont orientées selon deux directions (sud et sud-est). Elles parcourent 2 à 3,5 km en 3 à 4 minutes, soit une vitesse de plusieurs dizaines de km/h ; elles se développent verticalement sur plusieurs centaines de mètres jusqu’à 1000 mètres selon l’Observatoire volcanologique.


Le VSI (Volcanological Survey of Indonesia) le place toujours en alerte de niveau 4 soit le maximum.

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Nuée ardente émise par le Sinabung le 19 juillet 2015 vers 7h20 heure locale, vue du versant sud (© J.M. Bardintzeff).

5 réflexions sur “ Le Sinabung très actif ”

  1. Bonjour Jacques-Marie,

    J’ai vu des images sur les coulées pyroclastiques du Sinabung. C’est un phénomène réellement impressionnant et glaçant (pour ma part)! Je ne me suis pas penchée précisément sur le sujet mais est-il exact que ces coulées peuvent changer radicalement d’orientation par rapport à leur orientation d’écoulement de départ (du sommet de l’édifice) ? J’aurais pensé qu’elles restaient dans leur couloir d’écoulement d’origine même si elles peuvent déborder de ceux-ci avec la détente des gaz. Mais de là à changer radicalement de direction ?
    Une autre interrogation : les coulées pyroclastiques peuvent continuer leur course folle en se déversant à la surface des eaux, des océans. Sait-on pourquoi elles ne sont alors pas stoppées malgré leur contact avec une surface beaucoup plus froide (eau de mer)… et la distance parcourue par ces coulées sur l’eau est-elle restreinte ou plutôt conséquente ? As-tu eu l’occasion d’observer ce phénomène sur l’eau durant ta carrière ? Si oui, à quel endroit ?

    Merci et bel été à toi 🙂
    Amitiés
    Nathalie

    1. Chère Nathalie,
      Les écoulements pyroclastiques (nuées ardentes) sont constitués de deux parties : une partie inférieure dense car riche en cendres et une partie supérieure plus légère car riche en gaz.
      Une nuée dirigée latéralement à tendance à suivre la topographie, en particulier les vallées. Une nuée peut remonter à contre pente.
      Je ne connais pas d’exemple de changement complet de direction lors de la propagation d’une nuée ardente. Mais on peut imaginer que, si elle se « réfléchit » sur un obstacle, elle puisse modifier sa direction ?
      La nuée ardente avance en progressant par volutes : elle englobe donc de l’air ambiant, ce qui favorise sa progression sur une sorte de « coussin d’air ». Ceci explique qu’elle avance assez bien sur l’eau (quelques kilomètres à la Soufrière de Saint-Vincent en 1979). Je n’ai jamais assisté à un tel phénomène mais des films spectaculaires ont été tournés, en particulier à la Soufrière de Montserrat.
      Bien amicalement. Jacques-Marie

      1. Bonjour Jacques-Marie,
        Merci pour cette réponse très éclairante. C’est toujours un plaisir d’échanger et d’apprendre avec toi !
        A bientôt…
        Nathalie

  2. Monsieur Bardintzeff,

    Je me permets de vous contacter car je pars à Sumatra. Volcanologue de formation, je souhaiterais aller observer le Sinabung. Pourriez-vous avoir l’amabilité de m’indiquer quels sont les meilleurs point d’observations.

    Cordialement.

    1. Bonjour Julien,
      Les nuées ardentes du Sinabung sont en ce moment orientées selon deux directions principales : sud et sud-est.
      En juillet 2015, nous avons trouvé un bon point d’observation vers Tiga Pancur Ojolali et un autre vers Tiga Bogor Beganding, dans la zone sud.
      Plusieurs zones géographiques sont délimitées par le VSI (Volcanological Survey of Indonesia), avec un risque décroissant : celle de 3 kilomètres de rayon correspond à un risque maximum, celle de 5 kilomètres à un risque très fort, celle de 7 kilomètres à un risque encore significatif. Au-delà, le risque est, pour l’instant, considéré comme faible à nul, à l’exception de quelques zones spécifiques pouvant être sujettes à des lahars au-delà des 7 kilomètres. Cette zonation sera, bien sûr, réévaluée en fonction de l’évolution de la situation. Le VSI place toujours le volcan en alerte de niveau 4 soit le maximum.

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