Volcans monogéniques

Un livre récent, particulièrement intéressant : Monogenetic Volcanism, K. Németh, G. Carrasco-Núñez, J.J. Aranda-Gómez, I.E.M. Smith (Eds.), Special Publication n°446, The Geological Society, Londres, 2017, 1 vol. rel. 17,5 x 25,2 cm, 388 p., ill., ISBN : 9781786202765. Prix : 110 £.

J’en fais l’analyse dans le dernier numéro (n° 146, Juin 2018, p. 76) de la revue Géochronique (une co-édition BRGM – Bureau de Recherches Géologiques et Minières et SGF – Société Géologique de France, voir aussi mon blog du 29/3/2018) :

Un volcan « monogénique » se construit en un seul épisode (quelques mois à quelques années). En principe, il ne fera pas une autre éruption et restera donc de taille modeste (quelques dizaines à quelques centaines de mètres de hauteur). Le plus célèbre est le Paricutin, né en 1943 dans un champ de maïs mexicain !

Mais tout n’est pas si simple comme on l’apprend dans cet ouvrage très bien documenté, bilan de deux réunions scientifiques « Maar Conferences », la cinquième, tenue à Querétaro au Mexique en 2014 et la sixième, à Changchun en Chine en 2016 (la septième aura lieu à Olot, en Espagne, en mai 2018). Le livre comporte 14 contributions. Certaines sont synthétiques alors que d’autres présentent des régions volcaniques de différentes parties du monde : Arabie saoudite, Argentine, Australie, Canada, Colombie, plusieurs exemples au Mexique.

La limite entre un volcan « monogénique » et un volcan « polygénique » reste floue car rares sont les éruptions continues, sans aucune phase d’arrêt. Et comment qualifier précisément un volcan préhistorique, dont l’activité, par définition, n’a pas pu être observée ? Souvent, une grande quantité d’édifices monogéniques sont groupés en un « champ volcanique », selon des alignements contrôlés par un système de failles. Ils sont bien représentés dans le monde, dans différents contextes géodynamiques (intraplaque ou interplaque), ont un chimisme essentiellement basaltique, plus rarement différencié, et un dynamisme éruptif effusif à explosif.

Les cônes de scories présentent des formes variées, régulier ou échancré, en fer-à-cheval ; les paramètre morphologiques (largeur et hauteur du cône, diamètre du cratère, vitesse de croissance) sont comparés et discutés. En présence d‘eau, l’explosivité augmente dramatiquement et se forment alors des « maars » entourés d’un anneau plus ou moins complet de tufs. Enfin, certaines racines des systèmes « maar » (en surface) – « diatrème » (en profondeur) sont de nature bréchique (kimberlite, parfois diamantifère !). Ces différents cas sont illustrés et discutés en détail.

Ce livre, très riche en informations chiffrées, constitue une mise au point parfaitement actualisée. J.-M. Bardintzeff

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