Sources thermominérales à Dallol, Éthiopie

Extrait de mon livre « Volcanologue. De la passion à la vocation » par Jacques-Marie Bardintzeff, Éditions Vuibert, 2009 :

… Puis je pars en Éthiopie, avec Nicolas Hulot et l’équipe d’« Ushuaïa Nature » : il s’agit de notre troisième collaboration. Le triangle des Afars apparaît comme une région clé pour la compréhension de la tectonique des plaques car trois structures géologiques majeures s’y rejoignent : la mer Rouge, la dorsale de Carlsberg de l’océan Indien et le fossé du rift est-africain. Notre camp de base est dressé dans un désert de sel, à moins 160 mètres sous le niveau de la mer.

Le thème « volcanologie » se déroule en deux temps. Il s’agit d’abord d’échantillonner les sources thermales de Dallol, qui battent tous les records physico-chimiques : je mesure même des pH « négatifs » de -0,20, à cause des effets conjugués de l’acidité extrême, de la température de 72 degrés et des énormes concentrations en sels dissous. Ceux-ci sont responsables des couleurs du site, extraordinaires à couper le souffle : des verts aux jaunes, des ocres aux rouges. Nicolas se demande d’ailleurs si la nature « n’en fait parfois pas un peu trop ». Puis nous partons pour la caldeira elliptique – de 1 600 m de grand axe et 700 m de petit axe – de l’Erta Ale.

8 réflexions sur “ Sources thermominérales à Dallol, Éthiopie ”

  1. bonjour, ph de -0.2? Je ne savais pas que cela pouvait exister ! Existe-t-il, à votre connaissance des ph de même nature, ou du moins, négatifs ailleurs sur cette terre ? D’autre part, j’ai appris que le 3° membre du triangle du Danakil, le membre du rift africain, était avorté. Je ne mets pas en doute ce renseignement obtenu récemment, mais je ne me souviens pas avoir lu cela. Pouvez-vous le confirmer et dire depuis quand, à peu près ???
    merci bcp
    YFG

    1. Chère Yolande,
      Merci pour votre intérêt.
      Un pH est un logarithme : il peut donc être théoriquement négatif (comme d’ailleurs une magnitude sismique). Dans la réalité cela ne se produit pas ou seulement très légèrement dans des « conditions extrêmes » d’acidité, de température et de concentration. D’autres lacs ou sources acides pourraient donc avoir également un pH légèrement négatif.
      Concernant le « triangle des Afars », zone géologique bien particulière. Deux branches (la dorsale de Carlsberg dans l’océan Indien et le rift de la mer Rouge) « marchent » très bien. La troisième branche, le rift est-africain, évolue moins vite mais présente des caractéristiques étonnantes. Par exemple, le fond du lac Tanganyika se situe bien en dessous (presque 700 m) du niveau de la mer ! Il est bordé de volcans actifs (Rwanda, Congo, Tanzanie). Donc je ne pense pas qu’on puisse le qualifier « d’avorté ». Par contre, difficile de prévoir son évolution future dans les 50 prochains millions d’années ! Bien amicalement. Jacques-Marie

  2. Bonjour,

    Bien que répertorié sur beaucoup de sites internet à intérêt volcanique, est-ce que le site de Dallol est un volcan? Il est le siège de sources d’eaux chaudes, liées aux circulations hydrothermales mais il n’a pas productions de coulée de lave, ni de coulées pyroclastiques, ni de cendres, ni de lahar… ESt-ce qu’il en a été le siège avant la dernière éruption connue de 1926?
    Merci de l’intérêt à mes questions,
    Volcanologiquement,
    Claude.

    1. Cher Claude, Oui on peut considérer Dallol comme un volcan. Il est, certes, atypique car il ne constitue pas un sommet mais au contraire se situe sous le niveau de la mer (- 48 m). Il est né d’une éruption en 1926. On ne parle pas d’éruptions antérieures. Il aurait fait aussi une éruption modeste, phréatique, en janvier 2011. Amicalement. JMB

  3. Monsieur Bardinzeff , Le Dallol est en faite , un volcan a ciel ouvert ? Et tout les cas , les images sont magnifiques . j’ adore . J’ aurai bien aimer profiter de votre experience . Superbe !

    1. Cher Fabien, oui Dallol est bien un volcan… dont le sommet se trouve à une altitude négative (- 48 m) ! Sa dernière éruption remonte à 2011 : une éruption « seulement » phréatique, c’est-à-dire résultant de l’explosion d’une poche de vapeur d’eau surchauffée par la chaleur profonde. Les couleurs étonnantes du site sont dues aux dépôts des sources hydrothermales. Bien amicalement. Jacques-Marie

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