Archives pour la catégorie Actualités

Premier vol du vaisseau Orion : et après ?

Lancement le 5 décembre 2014 depuis Canaveral du vaisseau Orion (crédit:Mike-Deep-SpaceFlightInsider)
Lancement le 5 décembre 2014 depuis Canaveral du vaisseau Orion (crédit: Mike-Deep-SpaceFlightInsider)

Le vendredi 5 décembre 2014 a eu lieu le premier lancement dans l’espace d’une capsule Orion, pour l’instant sans équipage : un « super Apollo » conçu pour les futurs vols pilotés de la NASA « vers des destinations de l’espace profond (deep space), tels des astéroïdes et éventuellement la planète Mars », selon les propres dires de l’agence. Construit par Lockheed Martin, le vaisseau pèse 8,6 tonnes—deux fois la masse d’Apollo—et mesure 5 m de diamètre contre 3 m pour son illustre prédécesseur, ce qui donne 50 % de plus de volume habitable. Le lancement a eu lieu avec un jour de retard, en raison de fortes rafales de vent et de basses températures ayant causé quelques soucis avec des valves fonctionnant au ralenti. Mais tout est entré dans l’ordre.

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Deux nouvelles sondes autour de Mars

 

La sonde américaine MAVEN étudiera l'atmosphère martienne
La sonde américaine MAVEN étudiera l’atmosphère martienne

Dimanche dernier 21 septembre, la sonde MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile Evolution) de la NASA est parvenue en orbite martienne après un vol de dix mois. Et trois jours plus tard, c’est dans la nuit de mardi à mercredi (24 septembre) qu’arrive à son tour la sonde indienne Mars Orbiter Mission. Elles ont coûté respectivement 671 et 74 millions de dollars, ce qui en font des sondes « raisonnable » pour la première et carrément low cost pour la seconde.

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Nouvelle carte de Mars

La US Geological Survey (USGS), bureau géologique des États-Unis, vient de publier sa nouvelle carte de la planère Mars, sous la direction de son cartographe “martien” Kenneth Tanaka.

La face volcanique de Mars, caractérisée par des plateaux volcaniques (rose saumonné)
La face volcanique de Mars, caractérisée par des plateaux volcaniques (rose saumonné)

L’ancienne version datait de 1987, élaborée à partir des images Viking des années 1970s. La nouvelle version profite de toutes les données récoltées par les sondes orbitales les plus récentes, à savoir Mars Global Surveyor (MGS), Mars Odyssey, Mars Reconnaissance Orbiter (MRO), et la sonde européenne Mars Express. Elle utilise surtout les données altimétriques radar de MGS et les données infrarouges de Mars Odyssey.

Les terrains de la nouvelle carte sont divisés en une cinquantaine de types, sur la foi de leur âge (c’est le critère de base d’une carte géologique) et là où c’est possible, de leur texture ou de leur nature : éjectats météoritiques, laves volcaniques, couches sédimentaires…

Les nouvelles données, en particulier, ont mis à jour l’étendue jusqu’alors sous-estimée des plus vieux terrains martiens encore identifiables : ceux d’âge Noachien inférieur, c’est-à-dire d’un âge grossièrement compris entre 4,1 et 4,0 milliards d’années. Leur surface reconnue a plus que triplé, dépassant 20 millions de kilomètres carrés (40 fois la France), soit désormais plus de 15 % de la surface martienne.

Les coulées de lave, quant à elles, sont surtout identifiées à partir de la période géologique suivante, l’Hespérien, qui débute il y a 3,7 milliards d’années (après le Noachien moyen et le Noachien supérieur). L’activité géologique décline alors rapidement, mais perdure jusqu’à aujourd’hui (Amazonien supérieur) avec des inondations catastrophiques et des éruptions volcaniques rares, mais notables, sans compter le remaniement perpétuel de la surface au gré des changements climatiques.

Il ne reste plus aux astronautes qu’à débarquer sur Mars, marteau de géologue et nouvelle carte en main…

Astéroïde non, Lune oui, Mars peut-être…

Le 25 juin dernier a eu lieu aux Etats-Unis une audition à la Chambre des Représentants pour entendre et questionner les auteurs d’un rapport très attendu sur les orientations de la stratégie d’exploration spatiale américaine.

Ce rapport du National Research Council (NRC) recommande de laisser tomber, comme futur objectif des vols pilotés, un rendez-vous avec un petit astéroïde qui serait « remorqué » pour étude jusque dans la proche banlieue terrestre. Ce projet de la NASA et de l’administration Obama a été critiqué, depuis sa création, par la majorité des acteurs du programme spatial, les auteurs du rapport NRC soulignant qu’il s’agissait d’un « gaspillage des ressources disponibles ». Le rapport recommande au contraire un retour de l’homme sur la Lune, en préparation au vol piloté vers Mars, qui est confirmé comme étant la destination finale du programme habité.

Envelopper un astéroïde dans du papier cadeau ? Pas trop intéressant...
Envelopper un astéroïde dans du papier cadeau ? Pas trop intéressant…

C’est un réconfort pour tous ceux qui soutiennent l’exploration martienne, mais hélas un rappel que depuis l’élection d’Obama en 2008, le programme spatial piloté américain a perdu 6 ans (et bientôt 8) à divaguer vers des objectifs sans soutien. Affaire à suivre après les prochaines élections de 2016…

Où est Curiosity ?

En ce début d’année 2014, l’automobile Curiosity a passé la barrière des 500 « sols » (jours martiens) passés sur la planète rouge. Le propre des missions robotiques martiennes, c’est qu’elles se déroulent à une allure de tortue, le but n’étant pas de battre des records de vitesse, mais de progresser sans risques à travers un terrain piégeux, alternant roches acérées et dunes de sable où il est facile de s’enliser. Malgré toutes les précautions, le rover a déjà détérioré ses roues avant (voir photo), poussées rudement contre les obstacles par la motricité des roues arrière. Les ingénieurs vont donc composer avec ce problème inattendu, en passant par exemple en régime 4-roues motrices plutôt que 6-roues motrices, pour diminuer la force exercée par la propulsion, voire retourner le rover et conduire en marche arrière pour répartir l’usure sur toutes les roues.

Curiosity use ses roues avant à un rythme inquiétant (notez la déchirure en haut à droite), en raison de roches particulièrement tranchantes. (NASA/JPL-Caltech/MSSS)
Curiosity use ses roues avant à un rythme inquiétant (notez la déchirure en haut à droite), en raison de roches particulièrement tranchantes. (NASA/JPL-Caltech/MSSS)

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