Archives pour la catégorie Audiovisuel

Samedi 11 août sur ARTE

Le samedi 11 août, ARTE consacre sa journée de télédiffusion au cosmos, à l’occasion de la « nuit des étoiles ». Plusieurs reportages sont consacrés à Mars, et notamment le documentaire en seconde partie de soirée, Thomas Pesquet : objectif Mars, à 22h45.

Ce 90-minutes retrace la mission de Thomas Pesquet dans l’ISS, en mettant l’accent sur les expériences médicales qui préparent le terrain pour les vols martiens. Le reste du reportage est tourné à Lanzarote dans les Canaries, où je participe au débat pour expliquer les obstacles à surmonter afin de poser des équipages sur la planète rouge.

Thomas Pesquet sur Mars

Le réalisateur Alain Tixier, l’astronaute Thomas Pesquet et moi-même à Lanzarote, entre deux prises de vue.

Un décor martien en chasse un autre : après mes pérégrinations dans l’Arctique (cratère d’impact de Haughton), dans le désert de l’Utah, en Islande et dans la plaine des sables de l’île de la Réunion, dans le cadre de simulations de séjour sur Mars ou de tournages de documentaires martiens, voici les Canaries ! Cette fois-ci, il s’agit d’un film documentaire d’Alain Tixier (ex-Ushuaïa), produit par Grand Angle Productions pour la chaîne Arte, avec pour vedette l’astronaute Thomas Pesquet. Dans ce programme traitant de son vol dans la Station Spatiale Internationale et son retour sur Terre, il a été question de Mars—un objectif auquel Thomas Pesquet n’est pas insensible…

Une randonnée sur Mars ? Thomas Pesquet en haut d’un volcan (en rouge) avec deux membres de l’équipe.

Le champ de lave de Timanfaya dans l’ile de Lanzarote, où nous avons tourné, possède des endroits très martiens, avec des cônes aux versants rubiconds, mais leur accès est interdit au public, car faisant partie d’un Parc National très protégé. Mon endroit favori est un spectaculaire tunnel de lave dont le toit est à moitié effondré et qui rappelle les sinuous rilles de la Lune, comme le sillon Hadley d’Apollo 15, sauf qu’au lieu d’avoir trois milliards d’années, il n’a que trois siècles. Le champ de lave de Timanfaya fut en effet mis en place par une éruption fissurale de grande ampleur en 1730, qui nécessita l’évacuation de l’île (entre 1 et 5 kilomètres cube de lave, les estimations divergent).

Mon chenal préféré—un tunnel à moitié effondré—dans le champ de lave de Timanfaya.

Un film à découvrir sur Arte, donc, au mois de décembre. Je vous préciserai la date dès qu’elle sera communiquée.

Interview sur France-Inter

Ce dimanche 23 avril à 15 heures, à l’heure où vous serez en route pour voter à votre mairie, je serai l’invité de Fabienne Chauvière dans son émission LES SAVANTURIERS. Nous parlerons de Mars et de la Lune, et aussi de la Terre et de ses trésors géologiques, des terroirs viticoles qui sont l’un de mes péchés mignons, et des sites remarquables—canyons, volcans, strates multicolores—que Patrick Baud et moi-même avons présentés dans notre dernier livre TERRE SECRETE…

Nouveau livre : Extinctions

extinctions-couvExtinctions : du dinosaure à l’homme
C’est le titre de mon nouveau livre aux éditions du Seuil, qui traite de la fin des dinosaures et des extinctions actuelles dont l’Homme est responsable, avec des spéculations sur le déclin futur de la biosphère si nous n’enrayons pas le massacre. Heureusement, il existe des solutions, passées en revue dans le dernier chapitre. Et dans l’épilogue, sur nos propres chances de survie en tant qu’espèce, je mentionne qu’une colonie de chercheurs et d’heureux colons sur la planète Mars nous évitera de disparaître en tant qu’espèce, si les choses s’aggravent vraiment sur Terre…
J’en parle ce jeudi 20 octobre à 14 heures sur France Inter : émission La Tête au Carré
présentée par Mathieu Vidard

Seul sur Mars : la critique

Seul sur MarsLe film Seul sur Mars (The Martian), d’après le roman d’Andy Weir, fait une jolie carrière sur les écrans du monde entier. Réalisé par Ridley Scott avec Matt Damon dans le rôle principal, il traite du périple d’un astronaute laissé pour mort sur la planète rouge lors de l’une des premières missions habitées dans les années 2030, à la suite d’une tempête de poussière, le reste de l’équipage ayant précipitamment redécollé et repris la route de la Terre. En voici ma critique.

Tout d’abord, il s’agit à mes yeux du film le plus intéressant et le plus réussi traitant d’une mission pilotée à destination de la planète rouge. Les deux précédents films hollywoodiens, Mission to Mars (Brian de Palma, 2000) et Red Planet (Antony Hoffman, 2000) manquaient singulièrement de réalisme, avec des scénarios tirés par les cheveux. Seul sur Mars décrit l’aventure d’un vol martien avec un bon degré d’exactitude, et malgré le côté MacGyver et les larmoyants leitmotivs des grandes productions américaines (famille, patrie, il faut sauver le soldat Damon), le scénario rend intéressantes et divertissantes la technologie et la science, ce qui est assez rare pour être souligné. On en ressort ayant compris le scénario d’une mission martienne pilotée (les modules arrivés en avance, les trajectoires de rendez-vous, les habitats et le rover, et ainsi de suite).

L'habitat martien du film m'a furieusement rappelé les infrastructures de mes propres simulations de séjour sur Mars dans l'Arctique...
L’habitat martien du film m’a furieusement rappelé les infrastructures de mes propres simulations de séjour sur Mars dans l’Arctique…

Quelques petits détails m’ont gêné, toutefois, dictés par l’obligation de créer du suspens et de l’action pour les uns, et pour faciliter le tournage et en réduire les frais pour les autres. Premier compromis : ne pas représenter la faible pesanteur martienne qui ne vaut que 38 % de la gravité terrestre. Que ce soit en scaphandre et plus encore en bras de chemise dans son habitat, Matt Damon aurait dû se mouvoir avec grâce et légèreté (avec l’aide d’un léger ralenti et quelques effets spéciaux), renforçant l’impression d’être sur une autre planète.

Les tempêtes martiennes n'ont pas la force suffisante pour renverser astronautes et fusées
Les tempêtes martiennes n’ont pas la force suffisante pour renverser astronautes et fusées

Second détail : la faible pression atmosphérique (7 millibars) se traduit par des vents rapides mais non-violents, incapables de culbuter un vaisseau spatial et de projeter l’astronaute et les débris comme des fétus de paille. Mais si on respecte cette réalité, pas de catastrophe possible au début du film. De même, le flottement des bâches qui contiennent l’air de l’habitat, rendus étanches par quelques sparadraps, est loin de la vérité : dans le quasi vide de Mars, un tel tissu serait constamment tendu par la pression interne de l’air de l’habitat jusqu’au bord de la rupture.
Que le sol martien soit un substrat adapté pour la culture des plantes est un autre raccourci : le sol de la planète rouge est superoxydant, chimiquement agressif, et aurait besoin d’un traitement complexe pour devenir neutre et se prêter à l’agriculture.

Le sol martien est chimiquement agressif et impropre à l'agriculture en l'état
Le sol martien est chimiquement agressif et impropre à l’agriculture en l’état

Techniquement, le scaphandre de sortie sur Mars paraît simpliste au niveau de son tissu qui semble bien mince, et le déplacement de l’astronaute bien facile. Si seulement un scaphandre pouvait être aussi confortable : les prototypes à l’étude pour Mars ont une rigidité, une masse et un encombrement importants que l’on n’est pas prêts de contourner d’ici les années 2030.
Quant au vaisseau spatial Terre-Mars Hermès, il est surdimensionné et exagérément spacieux : plus un hôtel de luxe qu’un vaisseau spatial devant faire la chasse aux kilogrammes superflus. Mais pour la fiction et le plaisir des spectateurs, c’est compréhensible.

Le vaisseau martien Hermes est surdimensionné pour un équipage de cinq personnes
Le vaisseau martien Hermes est surdimensionné pour un équipage de cinq personnes

Un coup de chapeau au décor : le choix de Wadi Rum en Jordanie n’est pas une surprise, car le site fut déjà utilisé pour les films martiens précédents (Mission to Mars et Red Planet), bien que je soupçonne qu’un volcan-table islandais (un tuya) ait été ajouté par effets spéciaux dans plusieurs panoramas. Petit clin d’œil : l’équipe de tournage n’a pas pris la peine de dissimuler quelques buissons et plantes émergeant du sol, et il est vrai que cela m’a complètement échappé lors de la projection, tellement la beauté du panorama et l’action accaparent notre œil. Seul sur les photos fixes du film s’amuse-t-on à repérer les plantes. Bravo donc à Ridley Scott et à son équipe pour nous avoir envoûtés au point de rendre ces détails invisibles. On est heureux d’être sur Mars et d’admirer ses paysages. Il ne nous reste désormais que le plus dur : y débarquer pour de bon…

Cherchez le buisson...
Cherchez le buisson…

Elon Musk prône le bombardement de Mars

Interrogé par Stephen Colbert (à droite), l'entrepreneur Elon Musk (à gauche) prône comme boutade le bombardement thermonucléaire des pôles de Mars.
Interrogé par Stephen Colbert (à droite), l’entrepreneur Elon Musk (à gauche) prône comme boutade le bombardement thermonucléaire des pôles de Mars.

L’entrepreneur Canadien/Sud-Africain Elon Musk a créé le buzz sur le très regardé Late Show de la chaîne américaine CBS, en suggérant que Mars pourrait devenir habitable à coups de bombes atomiques. Ardent supporteur des missions pilotées vers la planète rouge et président de la société Space-X, qui fabrique des fusées et des vaisseaux spatiaux, Elon Musk a évoqué cette solution comme une boutade, mais elle a fait jaser.
Je commenterai cette actualité ce mercredi 16 septembre, dans l’émission de Sylvain Kahn “Planète Terre” sur France Culture, de 14h à 15h. Continuer la lecture

Eau sur Mars : l’expo

Une exposition gratuite pour tous publics
Une exposition gratuite pour tous publics

Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’eau sur Mars, mais que nous n’avez jamais osé demander!
Le Pavillon de l’eau, à Paris, a relevé le défi.
Aménagé dans une ancienne et élégante station de pompage en briques sur les bords de la Seine, Le Pavillon de l’eau est un espace d’exposition, avec médiathèque et auditorium, consacré au thème de l’eau. J’y participe à une conférence sur le problème de l’eau dans les missions pilotées vers Mars, en compagnie de Violaine Sautter (Muséum National d’Histoire Naturelle) et de Marie-Odile Monchicourt (journaliste scientifique à Radio-France) le jeudi 10 avril à 19h.

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