– Enfin au premier semestre de 2018, lors de 1 349 heures et 20 minutes, la production EnR fournit 100 % de l’énergie insulaire.
Est-ce que tout est parfait comme dans un monde réel qui ne l’est point ? Ici, parfait devrait être entendu au sens d’une île à 100 % EnR durant 100 % du temps. Non car, sur El Hierro comme ailleurs au-delà des effets d’annonces, c’est la recherche d’un meilleur mix ou bouquet énergétique qui domine, même si l’éloignement du monde des énergies fossiles est recherché tenacement. En espagnol, vous liriez l’analyse de Juan Pedro Sánchez, le vice-président de l’administration insulaire et membre du conseil d’administration de Gorona del Viento, qui a accompagné, depuis 2006, toute la gestation et les premières années de la centrale hydro-éolienne d’El Hierro.
En voici le suc, toujours en espagnol, mais il est aisé de le comprendre.
“Cualquier parque eólico que tenga más de 2 000 horas de viento al año es bueno. Hay parques de 4 000 y hasta de 7 000 al año (en Argentina), pero el nuestro [le parc éolien d’El Hierro] está entre los 2 000 et 3 000 horas de viento al año”.“Con la actual infraestructura el 100% [con las energías renovables todo el año o sin interrupción] es un objetivo inalcanzable, se están haciendo estudios para ver por dónde se puede crecer más, se piensa en hacer mayor el depósito de abajo, porque se quedó pequeño, o hacer otro en paralelo al mismo nivel para aumentar su capacidad“.Juan Pedro Sánchez deja claro que el objetivo sigue siendo el autoabastecimiento con energías renovables: “La forma en que vamos a llegar está por decidir. Pero el primer año la producción [de las energías renovables] fue del 30% [2015], el segundo un 40% [2016], el tercero [2017] el 47% [dato non oficial] y este año [2018] las previsiones son que pasamos del 70%”.
Dans tout monde insulaire, le mot d’autonomie (y compris énergétique) a une forte résonance, cela d’autant plus que cette indépendance économique est quasi impossible à atteindre. Sur El Hierro, le modèle économique choisi fait toutefois que 66 % des bénéfices (plus de 14 millions d’euros pour l’exercice 2016) de la société mixte d’électricité Gorona del Viento retombent sur l’administration insulaire, le Cabildo. Localement, cet argent représente plus de 9 millions d’euros (toujours pour l’exercice 2016). Sa circulation, à l’échelle d’El Hierro, formera à court terme un cercle vertueux, une fois les crédits, pris afin de bâtir la centrale hydro-éolienne, remboursés.
Bon vent à toutes et à tous !
La photographie mise en avant a été prise lors du tournage, pour la chaîne Arte, du magazine Future Mag en décembre 2014. Belvédère du bassin supérieur de la centrale hydro-éolienne de Gorona del Viento, avec les éoliennes en contrebas. El Hierro, Canaries. © A. Gioda, IRD.