Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’eau sur Mars, mais que nous n’avez jamais osé demander! Le Pavillon de l’eau, à Paris, a relevé le défi. Aménagé dans une ancienne et élégante station de pompage en briques sur les bords de la Seine, Le Pavillon de l’eau est un espace d’exposition, avec médiathèque et auditorium, consacré au thème de l’eau. J’y participe à une conférence sur le problème de l’eau dans les missions pilotées vers Mars, en compagnie de Violaine Sautter (Muséum National d’Histoire Naturelle) et de Marie-Odile Monchicourt (journaliste scientifique à Radio-France) le jeudi 10 avril à 19h.
Le cratère Mojave reconstitué en 3D par recoupement d’images du satellite Mars Reconnaissance Orbiter (NASA)
Voici un cratère martien qui fait parler de lui. Baptisé Mojave, parce qu’il contient des figures d’érosion qui font penser à celles de la pluie dans le désert de Californie, ce cratère est le plus gros impact récent sur Mars : large de 60 km, il résulterait de la collision d’un astéroïde avec la planète rouge, il y a moins de 5 millions d’années. Or on cherche l’endroit sur Mars d’où auraient été éjecté les météorites martiennes retombées sur Terre, et dont l’éjection dans l’espace aurait eu lieu dans un proche passé. Mojave se pose donc en excellent candidat de cette éjection et livraison d’échantillons.
L’un des problèmes critiques dans les projets de vols pilotés vers Mars concerne le fret et les vivres à emporter pour la survie des astronautes—une masse qui atteint de hautes valeurs, vu la longueur de la mission—et notamment les réserves d’eau liquide. On parle beaucoup, en science, du sujet de « l’eau sur Mars ». Dans ce dossier, nous allons au contraire nous pencher sur le problème de « l’eau pour Mars ».
Ravitaillement en eau dans la Station Spatiale Internationale (NASA)
Curiosity sur Mars. Crédits : NASA/JPL-Caltech/MSSS
Voilà un an et demi que la sonde Curiosity roule sur Mars. Après le plat pays du site d’atterrissage, il faut maintenant songer à bifurquer vers la montagne au centre du cratère pour étudier de nouvelles couches de sédiments. Premier obstacle : une petite crête rocheuse qu’il faut franchir par un défilé, en traversant une dune de sable.
Mission accomplie : le robot braque sa caméra « de recul » vers l’arrière pour photographier le terrain parcouru et les profondes ornières laissées dans la dune. On remarquera sur les côtés de jolis blocs rocheux aux teintes bleutées : sans doute du basalte. Quant aux couleurs du ciel, elles sont bien martiennes, avec un voile rosé à l’horizon.
Le cheminement de CURIOSITY au début de l’année 2013 avec le passage “Dingo Gap” fléché au centre.
La science ? Après tout, qu’est-elle, sinon une longue et systématique curiosité ? André Maurois