Vendredi 24 juillet 2026, la firme SpaceX d’Elon Musk a conduit avec succès le treizième test de sa méga-fusée Starship, destinée aux vols lunaires et martiens. Le lanceur à deux étages a parfaitement fonctionné, conduisant une simulation de mise en orbite de son vaisseau spatial, et s’achevant par un amerrissage en douceur dans l’océan Indien (à l’avenir, il reviendra plutôt se poser sur sa base de lancement).
En parallèle à ces tests, Elon Musk a souligné en février dernier qu’utiliser le futur Starship pour établir une colonie sur Mars – l’objectif de sa vie – était repoussé, en faveur d’un revirement des priorités vers le programme lunaire Artemis et la construction d’une base sur la Lune. Nombre d’analystes furent étonnés par ce qui ressemblait à un déni, ou du moins à un violent coup de frein de ses ambitions martiennes. Mais il faut plutôt y voir un réajustement pragmatique et temporaire, Elon Musk ne reniant absolument pas son ambition première : une colonie sur Mars dans les meilleurs délais possibles.
Le lancement réussi de Starship-13, le 24 juillet 2026 (photo SpaceX).
LA LUNE AVANT MARS
Elon Musk est coutumier des ajustements ce cap, dans sa navigation stratégique. Son focus sur les opérations lunaires, en avouant que les missions martiennes vont prendre six à sept ans de retard, est dicté par la realpolitik des programmes spatiaux nationaux, et de l’engagement fortement subventionné par la NASA de son Starship en cours de développement pour poser des astronautes américains (et pays alliés) sur la Lune, en principe avant la fin de la décennie, dans le cadre du programme Artemis. La NASA étant l’un de ses principaux clients et Elon Musk sait très bien où sont ses intérêts.
Et comme Musk est malin, il se rend compte qu’il peut largement en profiter : de nombreux tests et vols du Starship seront nécessaires pour ce programme lunaire, qui serviront d’autant d’opportunités pour la mise au point – financée indirectement par la NASA – des futurs vols martiens. La planète rouge n’est que temporairement éclipsée, et une fois Artemis dans le sac, on peut compter sur Elon Musk pour relancer avec encore plus d’expérience, d’envie et de sentiment d’urgence, son projet martien, d’ici à six sept ans.

