Far-west : un rocker français lutte contre le changement climatique

C’est grâce à ce blog que, de l’Oregon (Ouest nord-américain), j’ai reçu une belle invitation d’Eric John Kaiser, en photo ci-dessus, qui se définit « un troubadour français » installé dans le Far West.
« Cher Alain, comme vous, le réchauffement climatique m’inquiète. Suite à d’importants feux de forêts l’été dernier, ici dans l’état de l’Oregon, proche de Portland et de la rivière Columbia, la ville a été, pendant plusieurs semaines, recouverte d’une fumée de cendres. Le ciel était tout gris et c’était irrespirable. J’ai alors voulu faire quelque chose à mon niveau pour parler de ce problème et essayer de faire prendre conscience davantage des dangers liés aux changements climatiques. Ici dans le Nord-Ouest des USA [comme dans l’Etat voisin de Californie], chaque été devient de plus en plus sec et les risques de feux de forêts de plus en plus fréquents.
Grâce à l’aide d’un ami réalisateur français David Basso et de nombreux de mes fans qui m’ont soutenu lors d’une campagne de financement participatif sur Kickstarter, nous avons pu réaliser un clip de ma chanson « Un éternel été » qui parle du réchauffement climatique et que vous pouvez écouter et voir ».

« J’ai imaginé un monde post-apocalyptique où il ne restait qu’une seule saison, un été brutal et sec. Les survivants de cette époque, à la recherche d’eau et de fréon [un gaz réfrigérant], ne peuvent sortir que la nuit, lorsque la température est redescendue. L’argent récolté lors de cette campagne de financement a également permis de lever des fonds pour l’organisation « The Friends of the Columbia Gorge » qui s’occupe entre autres, de préserver les gorges de la rivière Columbia, là où a eu lieu ces importants feux de forêts. Je voulais partager ce clip avec vous. Je me suis dit que cela pourrait peut-être vous intéresser ? ».

Eric John Kaiser devant un sweet home canadien en bois. Son album de 2016  » Made in Gaspésie  » (une région du Québec) a été un succès commercial aux Etats-Unis. © EJK.

Eric se présente, enfin, de manière plus complète : « Je suis un musicien indépendant français, un artisan fabriquant de chansons, originaire de Paris, parti m’installer à Portland dans l’Oregon, avec mon premier album et mes chansons en français sous le bras, il y a plus de 13 ans maintenant. Depuis, je fais environ 300 concerts par an, surtout aux Etats-Unis et au Canada. J’ai sorti à ce jour 5 albums studio. Le dernier album, enregistré au Québec en 2016 [et plus précisément à l’ouest de la province en Gaspésie], s’est d’ailleurs classé 14ème au classement World du magazine Billboard. Comme je m’occupe de ma carrière tout seul, j’avoue que j’en suis assez fier. La plupart de mes titres sont en français. Pour un complément d’informations, mon site officiel est www.ericjohnkaiser.com. »

Cher Eric, un très grand merci et j’ai couplé votre clip très rock avec deux morceaux sur les Canaries, un autre proche de l’esprit de ton travail et une œuvre classique, complétement givrée, autour de la lutte contre le changement climatique.
Le guitariste des Queen Brian May est aussi un grand connaisseur des Canaries et un défenseur de la nature, avec sa chanson très Bohemian Rhapsody period « Wilderness ».  Sur le même plan que l’artiste, vous retrouverez la sabina de El Hierro, le symbole pour  Brian May de « Another World », un morceau qui donne son titre à cet album très varié de 1998, déjà.

Recto de la pochette du disque Another World, sorti en 1998, de l’ancien guitariste des Queen. Photographie prise sur l’île d’El Hierro (Canaries) comme celle du recto de la pochette. © Design et photo : R. Gray pour Parlophone.
L’auteur-compositeur post-punk Féloche, dans l’excellent « Silbo », chante en 2013 les particularités et les charmes de l’île de La Gomera dont son étonnant langage sifflé. Savoureux avec les petits personnages de Guanches, ceux qui sifflent, les « Indiens des Canaries » qui ont connu le même triste sort que ceux de chez toi, aux Etats-Unis.
J’ajoute, en troisième position, un clip très célèbre de 1987. En effet il renvoie à un morceau fort efficace du groupe rock australien Midnigth Oil, car proche dans l’esprit de la dénonciation d’Eric quant au réchauffement climatique, le désastre écologique en cours et la marginalisation des aborigènes, avec la voix charismatique du chanteur géant Peter Garett : « Beds are burning ».
Sans oublier le violoncelliste sicilien Giovanni Sollima, complètement réfrigéré tout en conservant son très haut niveau, qui nous offre un grand morceau dans la glace les 9 ou 10 février 2018 au Théâtre Politeama de Palerme.

Tous, à leur manière et avec talent, plaident pour un autre monde qui est à notre portée. Sur le fond, je perçois que l’approche locale d’Eric John Kaiser en Oregon, nécessaire afin d’être efficace, se place dans le même sillon que celle prônée par l’écologiste George Marshall dans « Le syndrome de l’autruche ».

 

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