Ma femme, en tant que professeur d’italien dans le cadre de la formation au diplôme binational Esabac (Esame di Stato et Baccalauréat) qu’elle anime dans l’académie de Montpellier, avait été invitée à Marseille, lors de la Fête Nationale italienne le samedi 2 juin. Je me suis joint à elle et en voici la raison : le concert, à cette occasion, du grand violoncelliste Giovanni Sollima, fort impliqué dans la lutte contre le changement climatique et la protection de la ressource hydrique.
Mais, baste avec les mots ! Grâce à ce lien, est sonnante la vidéo du violoncelliste de Giovanni Sollima, avec son instrument de glace, tournée le 9 ou le 10 février 2018. L’événement a eu lieu au théâtre Politeama de Palerme en Sicile, sa terre natale.
Les deux concerts de Palerme s’insèrent dans un plus vaste projet culturel, appelé N-ICE CELLO. Ce dernier vise à montrer la destinée ou l’odyssée d’un violoncelle de glace, façonné in situ sur le glacier Presana dans les Dolomites du Trentin (nord de l’italie), jusqu’à sa fonte en Mer Méditerranée, face à la Sicile (extrême sud du pays), mais auparavant Sollima en avait joué amplement à Trente, au musée des sciences, puis à Palerme, au théâtre Politeama. A Trente le 29 janvier 2018, il vous sera aisé de revoir Giovanni Sollima présenter le projet N-ICE CELLO et surtout l’illustrer, par le son de son violoncelle (à partir de la 23ème minute), grâce à ce lien actif. Les premières minutes de la vidéo sont certes intéressantes, pour connaître les tenants et aboutissants du projet N-ICE CELLO, mais il faut comprendre l’italien puis l’anglais. MUSE est le nom du musée des sciences de la ville de Trente, au nord de l’Italie, guère éloigné des glaciers alpins.
Dans les Alpes orientales italiennes, Trente n’est pas bien loin de Bolzano où repose le cadavre momifié d’Ötzi, le chasseur-cueilleur décédé il y a donc environ 2600 ans avant Jésus-Christ soit vivant au Chalcolithique (la période de transition entre l’Age de pierre et l’Age de bronze), mais seulement retrouvé en 1991. Cette découverte fut seulement rendue possible par la fonte de la langue d’un glacier dans les Alpes de l’Ötztal qui lui donnèrent son nom.
Comme il résulte facilement de la lecture de sa fiche Wikipedia, l’éclectisme est la caractéristique de l’approche musicale de Giovanni Sollima. Notamment sont nombreuses ses collaborations poussées (que vous pourriez écouter grâce aux liens actifs vers des vidéos), outre dans le monde classique, avec des étoiles du rock, telle Patti Smith, des réalisateurs de cinéma, tel Carlos Saura accompagné de danseurs, et donc encore avec des scientifiques et un luthier bien particulier, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique.
En réalité, N-ICE CELLO est la mise à jour d’un projet plus ancien, remontant à 2007, du polyfacétique – à la fois manager, professeur, homme politique et musicien – Corrado Bungaro. Ce touche-à-tout de talent avait alors invité Giovanni Sollima sur le glacier de Val Senales, encore dans le Trentin, pour jouer dans une bulle ou théâtre-igloo avec un violoncelle de glace, façonné déjà par le luthier-sculpteur Tim Linhart. Depuis de longues années et sous le nom générique d’« Ice Music », Linhart crée et développe, tous azimuts, des instruments dans lesquels l’eau est à l’état solide.
L’idée générale fut reprise avec Corrado Bungaro, en janvier 2018, en collaboration avec le musée des sciences de Trente appelé MUSE (cliquez ici pour voir l’édifice). Le musée a été conçu par l’architecte mondialement connu Renzo Piano, celui entre autres du Centre Pompidou ou Beaubourg à Paris.
Le travail artistique de Sollima, Bungaro et Linhart se rattache à des œuvres éphémères, mises en avant lors de la COP21 de 2015 à Paris (comme celle d’Olafur Eliasson, présentée ci-dessous) et notamment soutenues par l’association Art of Change. « Ice Watch » est la lutte contre le changement climatique, là où vous ne l’attendiez peut-être pas, avec « douze morceaux d’iceberg du Groenland en train de fondre doucement sur le parvis du Panthéon ».
En conclusion, les pratiques artistiques sont indispensables, afin d’assembler le puzzle qui devrait nous permettre de faire bouger la société, pour une effective lutte contre le changement climatique. Il est plus que nécessaire d’avoir toujours plus d’artistes, au sens de créateurs, à nos côtés et, mieux encore, nous devançant.
La photographie mise en avant montre le violoncelliste Giovanni Sollima, avec son instrument de glace, lors d’un de ses concerts des 9 et 10 février 2018 au théâtre Politeama de Palerme. © Alessio Cosser. Site : http://siciliainformazioni.com/redazione/761764/sollima-e-il-violoncello-di-ghiaccio-al-teatro-politeama