El Hierro : l’île devient un Géoparc de l’Unesco

Après un processus de vérification soigneux par des experts internationaux, vient d’être déclarée nouveau Géoparc de l’Unesco l’ensemble de l’île d’El Hierro et c’est le premier des Canaries. Cette proclamation est advenue lors de la 6ème conférence mondiale de Géoparcs tenue à Stonehammer dans l’Etat du Nouveau-Brunswick au Canada du 19 au 22 septembre 2014. A cette occasion l’île d’El Hierro s’est ajoutée notamment au Géoparc espagnol de Molina et du Haut-Tage (Castille et Léon) et à celui français des Monts d’Ardèche. Plus largement, Molina et Haut-Tage puis El Hierro deviennent ainsi respectivement le 9ème et le 10ème Géoparc espagnol et on en compte  111 dans 32 pays du monde à ce jour.
Qu’est-ce un Géoparc ? Selon l’Unesco, certes un Géoparc doit démontrer l’importance internationale de son patrimoine géologique, mais son principal objectif, lors de sa création, est d’explorer, de développer et de célébrer les liens entre cet héritage géologique et tous les autres aspects de son patrimoine naturel, culturel et immatériel.
Il s’agit de reconnecter, toujours selon les mots de l’Unesco, « l’humanité à tous les niveaux de la planète, soit notre maison commune, et de mettre en relief la façon dont cette dernière a, durant plus de 4,5 milliards d’années, façonné les aspects de nos vies et de nos sociétés ». Le terme de Géoparc ne fait pas référence à une géologie singulière bien que, ici sur El Hierro, elle soit marquée par une succession d’appareils volcaniques, omniprésents dans le paysage, qui a entraîné la classification de l’ensemble de l’île. Pour plus d’informations, ce serait par ici.

Ailleurs aux Canaries, les aires protégées sont souvent limitées aux zones vides ou quasi-vides de population.  Ce sont des « mauvais pays » qui sont classés en Parcs nationaux tels, sur Lanzarote, des dizaines de kilomètres carrés de la grande éruption basaltique du XVIIIème siècle, et, sur Tenerife, le haut de l’appareil du gigantesque volcan conique du Teide (3 718 mètres d’altitude). C’est un statut administratif qui gèle tout développement humain. Ainsi, sur l’île de Lanzarote au P. N. des Volcans de Timanfaya, il est interdit de descendre de l’autobus spécial de la visite sur la plus grande partie de son parcours.

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Coupe dans une coulée de lave basaltique sur le chemin du Tacoron, El Julian, El Hierro. Cliché : A. Gioda, IRD.

Le dossier de candidature avait été monté dans le cadre national espagnol  par les herreños, les gens de l’île, à la suite de la crise sismique et volcanique de 2011-2012. El Hierro affiche souvent, dans ses dépliants touristiques, ses 1 000 volcans éteints même si en réalité ces cônes sont plus proches d’un chiffre de 800. L’idée de demande de classification en était déjà partagée depuis longtemps par certains, dont le gérant de l’hôtel de Punta Grande. Toutefois le bouleversement économique, généré par la première reprise du volcanisme actif en 2011 depuis celui de la fin du XVIIIème siècle, stimula les énergies d’autant que l’effondrement du tourisme fut quasi total lors et à la suite de cette crise. La réponse collective fut le montage de ce dossier coordonné par l’administration insulaire. Le but est d’attirer des touristes férus de nature et de  sciences en particulier de volcanologie, un peu comme sur l’île de Stromboli, même si le volcanisme y est seulement sous-marin et qu’il a marqué une pause (voir la photographie mise en avant et la galerie de Villalba Moreno). Toutefois, El Hierro, à la fois aride et montagneuse, présente une géomorphologie spectaculaire.
Il y a donc une triple certification de l’Unesco : Réserve de la biosphère, Géoparc et la mise en avant d’El Hierro dans le programme Renforus pour les énergies renouvelables dans les sites classées ; le cercle vertueux du développement durable est solide après la réussite des transitions écologique et énergétique.

El Hierro, Las Playas
Vue panoramique en soirée de la baie de Las Playas, El Hierro. Cliché : A. Gioda, IRD.

 

 

 

 

 

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