Sibérie : l’amitié entre « Dersou Ouzala » et l’auteur Arseniev

Je pensais écrire au sujet du film de Kurosawa de 1975 et du livre source « Dersou Ouzala » de Vladimir Arseniev, publié en 1921 ou 1923 à Vladivostok. Toutefois une personne l’a fait bien mieux que j’aurais pu. Aussi je vous renvoie à son article sur la blogosphère et vous communique son nom avec plaisir Elizabeth Legros-Chapuis.

http://2009sediments.wordpress.com/2011/11/09/je-me-souviens-de-dersou-ouzala/

Dans la vraie vie, les deux amis, le guide et chasseur sibérien illettré Dersou Ouzala et le cartographe et officier russe de l’Extrême-Orient Vladimir Arseniev, disparurent de triste façon. Dans cet immense territoire asiatique, couvert par la  taïga, qu’ils aimaient le plus au monde, le premier fut assassiné en 1908 par un voleur et le second mourut en 1930, juste avant son arrestation. Cette dernière aurait vraisemblablement précédé son exécution par ceux-là mêmes qu’il avait servis, en tant que Commissaire des minorités ethniques, durant l’éphémère République de l’Extrême -Orient.

Toutefois, par le miracle de l’écriture, leurs personnages sont toujours bien vivants car « Dersou Ouzala donne le feu, l’amitié, la magie du chaman« , selon les mots de J.M.G. Le Clézio. Quant à Vladimir Arseniev, il fut réhabilité à titre posthume à la fin de l’ère stalinienne. Un timbre-poste de 40 kopeks, une petite chose légère tels le vent et l’intelligence, lui fut dédié pour son œuvre en profonde empathie avec les peuples originaires sibériens. On disait les indigènes, il y a peu, et son ami Dersou est bien là, assis à son côté sous un arbre.

Vladimir Arseniev honoré en 1956 par les postes soviétiques.

Afin d’aller au-delà et de vous rendre compte de la situation en 2010 dans cette lointaine région, tout en ayant des nouvelles douces amères de nos deux héros éternels, vous pourriez lire cette page suggestive (en espagnol) de Cristian Segura, un journaliste catalan.

3 réflexions sur “ Sibérie : l’amitié entre « Dersou Ouzala » et l’auteur Arseniev ”

  1. Bonjour, je n’avais pas vu votre note en son temps, mais merci quand même de votre appréciation ! J’ai clôturé le blog Sédiments mais les articles sont toujours en ligne.

    1. Bonjour à mon tour, Chère Madame.
      Oui, dans nos avancées pour un monde plus facile à vivre, nous (je pense pouvoir parler au nom d’un groupe d’Amis) avons besoin de modèles.
      Ces modèles ne sont pas forcément des « purs esprits », tels Rousseau et Thoreau. Ce sont aussi des hommes d’action prestigieux inspirés par ce dernier, tels Tolstoï et Gandhi, et enfin des gens bien plus négligés, tels Dersou Ouzala et des paysans ayant effectué un cheminement parallèle et plus ancien quant à leur relation avec la nature. « Dersou Ouzala donne le feu, l’amitié, la magie du chaman. » J.M.G. Le Clézio.
      Attention ! Ce ne sont aucunement des Bisounours car Thoreau est l’inspirateur de ceux qui ont un rêve ou une vision (au sens politique) mais aussi de la désobéissance civile poursuivie par Gandhi et Martin Luther King avec son fameux discours « I have a dream ».
      Néanmoins, quant à Dersou Ouzala et aux paysans et éleveurs pauvres, « ces gens-là », pour parler comme Brel, appartiennent aux peuples des vaincus, ceux qui connaissent le poids des mots et de la parole mais qui ne maîtrisent pas l’écrit et donc le pouvoir.

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