L’essentiel :
- Les idées reçues concernant les chiens mordeurs sont souvent erronées.
- Les races les plus souvent impliquées dans les morsures en France figurent également parmi les plus répandues.
- Les attaques peuvent notamment être liées à une socialisation insuffisante, à des conditions de vie inadaptées ou à une mauvaise interprétation des signes de stress exprimés par l’animal.
- La puissance de la morsure ne suffit pas à déterminer la dangerosité d’un chien.
- Après une morsure, l’incident doit être déclaré, le chien placé sous surveillance et, lorsque cela est nécessaire, un vétérinaire comportementaliste doit être consulté.
Quelle race de chien mord le plus en France ?
Des statistiques attribuées à l’Anses indiquent que le Berger Allemand représente environ 10 % des morsures recensées en France. Il serait suivi par le Labrador, avec 9 %, puis par le Jack Russell, avec 6 %. Ces chiffres peuvent surprendre, mais ils s’expliquent notamment par la popularité de ces races et leur forte présence dans les foyers français. Plus une race est répandue, plus elle peut apparaître fréquemment dans les statistiques de morsures, sans pour autant être intrinsèquement plus agressive.
D’autres races, comme le Beauceron, le Border Collie et le Boxer, représenteraient chacune environ 3 % des cas. Une race considérée comme douce ou sélectionnée pour le travail peut donc elle aussi mordre dans certaines circonstances, notamment lorsque ses besoins sociaux et comportementaux ne sont pas suffisamment pris en compte.
Il faut donc retenir que les chiens les plus fréquemment impliqués dans les morsures ne correspondent pas nécessairement à ceux que l’imaginaire collectif considère comme les plus dangereux.
Tous les chiens peuvent mordre lorsqu’ils sont confrontés à une situation défavorable, stressante ou mal comprise. Certaines races de travail, comme le Malinois, présentent des instincts et des tempéraments particulièrement marqués, mais cela ne signifie pas qu’elles soient agressives par nature.
Chaque chien, indépendamment de sa race, possède son propre vécu, son seuil de tolérance et sa manière de communiquer. Le choix de la race compte donc, mais il est tout aussi important d’accompagner l’animal avec une éducation adaptée et bienveillante afin de limiter les risques de comportements agressifs.
Pourquoi les chiens attaquent ?
Contrairement à une idée répandue, une attaque ne peut pas être expliquée uniquement par une supposée agressivité naturelle propre à certaines races. Une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) met notamment en avant plusieurs facteurs : une socialisation précoce insuffisante, des conditions de vie inadaptées ou encore une mauvaise interprétation des signaux d’inconfort envoyés par l’animal.
L’état de santé peut également modifier le comportement d’un chien. Un animal malade ou douloureux peut réagir plus vivement lorsqu’il se sent menacé, manipulé ou dérangé. En cas de maladie, certains frais vétérinaires peuvent par ailleurs être couverts, partiellement ou totalement, par une assurance santé pour chien. L’éducation, l’environnement, la santé et la relation entretenue avec l’humain jouent donc tous un rôle important.
Les enfants, et notamment les garçons de moins de 15 ans, figurent parmi les victimes les plus fréquemment concernées par les attaques. Ils peuvent avoir davantage de difficultés à identifier les signes d’apaisement ou de stress exprimés par le chien. Des comportements comme bâiller, détourner le regard ou se lécher la truffe peuvent signaler un inconfort. Savoir reconnaître ces manifestations peut contribuer à prévenir de nombreux incidents.
En cas de doute sur le comportement d’un chien, une évaluation comportementale réalisée par un vétérinaire habilité, à la demande du maire ou du propriétaire selon les circonstances, permet d’apprécier le niveau de risque présenté par l’animal et de mettre en œuvre des mesures de prévention appropriées.
Le conseil de Santévet : pour limiter le risque de morsure, il est important d’apprendre aux enfants à respecter les signaux et les limites des chiens et de ne jamais les laisser seuls avec un animal, même s’ils le connaissent bien.
Quel est le chien avec la plus forte morsure ?
Le Kangal, chien de berger originaire de Turquie, est souvent cité comme la race possédant l’une des morsures les plus puissantes. Certaines estimations lui attribuent une pression pouvant atteindre 743 PSI, soit 743 livres par pouce carré.
Voici un classement fréquemment rapporté des races de chiens selon la force estimée de leur morsure :
- Kangal – 743 PSI
- Bandog – 730 PSI
- Cane Corso – 700 PSI
- Dogue de Bordeaux – 556 PSI
- Mastiff anglais – 552 PSI
- Rottweiler – 328 PSI
- Berger Allemand – 238 PSI
- Pitbull – 235 PSI
- Dobermann – 228 PSI
- Chow-Chow – 220 PSI
Ces valeurs doivent toutefois être interprétées avec prudence : la force de morsure ne suffit pas à déterminer la dangerosité réelle d’un chien. Des races comme le Pitbull ou le Rottweiler, régulièrement perçues comme agressives, se voient ainsi attribuer des valeurs inférieures à celles du Kangal ou du Cane Corso.
Mon chien a mordu : que dois-je faire ?
Lorsqu’un chien mord une personne, il est indispensable d’agir rapidement et de respecter les obligations légales applicables. La morsure doit être déclarée à la mairie de la commune de résidence du propriétaire ou du détenteur de l’animal. Cette obligation s’applique quelle que soit la gravité apparente de la blessure.
Le chien mordeur doit également être soumis à une surveillance sanitaire vétérinaire pendant quinze jours. Trois examens sont prévus au cours de cette période : le premier dans les 24 heures suivant la morsure, le deuxième au plus tard le septième jour et le troisième au quinzième jour. Cette surveillance vise notamment à détecter d’éventuels signes compatibles avec la rage.
Une évaluation comportementale par un vétérinaire habilité doit également être réalisée dans le cadre prévu par la réglementation afin d’apprécier le niveau de dangerosité de l’animal. Le propriétaire ou le détenteur reste par ailleurs civilement responsable des dommages causés par son chien, ce qui rend importante la vérification de sa couverture en responsabilité civile.
Enfin, consulter un vétérinaire comportementaliste peut aider à comprendre les circonstances ayant conduit à la morsure et à mettre en place un programme d’éducation ou de prise en charge adapté, afin de réduire le risque de récidive.
Quel est le nombre de morts par chien en France ?
En France, les décès consécutifs à des morsures ou à des attaques de chiens restent rares au regard du nombre total d’incidents. Des données historiques de l’Institut de veille sanitaire, désormais intégré à Santé publique France, ont fait état d’environ 33 décès sur une période de vingt ans.
Le nombre total de morsures est, lui, beaucoup plus élevé. Certaines estimations évoquent environ 250 000 morsures chaque année sur le territoire français, même si toutes ne font pas nécessairement l’objet d’un enregistrement exhaustif.
En résumé, il est essentiel de dépasser les idées reçues entourant les chiens dits « mordeurs ». Le risque d’attaque ne dépend pas uniquement de la race : l’éducation, la socialisation, l’état de santé, les expériences vécues et l’environnement dans lequel évolue l’animal jouent également un rôle déterminant.
