Respiration, chaleur corporelle et odeurs de la peau forment autant d’indices capables d’orienter certains moustiques vers leur prochain repas. Et si nous les remarquons particulièrement près de nos oreilles, c’est évidemment aussi parce que leurs battements d’ailes deviennent alors impossibles à ignorer.
Le moustique ne cherche pas spécialement votre oreille
Contrairement à ce que pourrait laisser croire son vol insistant, le moustique n’a pas pour objectif de tourner autour de votre conduit auditif. Il cherche avant tout à localiser une personne susceptible de lui fournir un repas sanguin.
Chez les espèces qui piquent l’être humain, ce sont les moustiques femelles qui prélèvent du sang. Celui-ci leur apporte notamment les nutriments nécessaires au développement de leurs œufs.
Les mâles, eux, ne piquent pas : ils se nourrissent principalement de substances sucrées d’origine végétale, comme le nectar.
Votre respiration constitue un puissant signal
Parmi les indices utilisés par les moustiques figure le dioxyde de carbone que nous rejetons à chaque expiration. Autour d’une personne endormie se forme ainsi un panache de CO2 que certaines espèces peuvent détecter et suivre.
Comme ce gaz est expulsé par le nez et la bouche, les moustiques guidés par ce signal finissent naturellement à proximité du visage.
Ce mécanisme explique en partie pourquoi l’impression qu’ils recherchent spécifiquement nos oreilles est trompeuse : c’est surtout notre respiration qui les conduit vers cette partie du corps.
La chaleur et les odeurs corporelles complètent le repérage
Une fois suffisamment proche, le moustique dispose d’autres informations pour choisir l’endroit où il va se poser.
La chaleur corporelle, l’humidité et les molécules odorantes présentes à la surface de la peau participent notamment à son orientation.
La composition des odeurs corporelles varie fortement entre les individus. Les microorganismes vivant naturellement sur notre peau participent eux aussi à la production de composés volatils susceptibles d’influencer l’attractivité d’une personne.
Pourquoi certaines personnes attirent-elles davantage les moustiques ?
Il suffit parfois de partager une terrasse pour constater que les piqûres ne sont pas réparties équitablement. Certaines personnes semblent servir de cible privilégiée tandis que leur voisin est presque épargné.
Cette différence ne dépend pas d’un unique facteur. Les émissions de CO2, la température corporelle et surtout le mélange de substances chimiques libérées par la peau peuvent modifier l’attractivité d’un individu.
Le comportement varie également selon l’espèce de moustique. Il n’existe donc pas un profil universel de personne qui serait systématiquement préférée par tous les moustiques.
D’où vient ce bourdonnement si caractéristique ?
Le son entendu dans l’obscurité est produit par les battements extrêmement rapides des ailes.
Ce bruit possède également une fonction dans la communication entre moustiques. Les caractéristiques acoustiques du vol permettent notamment aux individus de détecter et reconnaître des partenaires potentiels.
Les mâles disposent d’antennes particulièrement adaptées à la perception des sons produits par les femelles.
Pour nous, le phénomène est beaucoup moins romantique : lorsque l’insecte passe à quelques centimètres du tympan, son vol devient suffisamment audible pour provoquer un réveil immédiat.
Entendre un moustique signifie-t-il qu’il va vous piquer ?
Pas nécessairement. Le simple passage d’un moustique près de votre visage ne garantit pas qu’une piqûre va suivre.
L’insecte peut continuer à explorer son environnement, s’éloigner ou rechercher une autre zone de peau accessible. Mais lorsqu’une femelle attirée par un hôte tourne dans une chambre, le risque de piqûre existe évidemment.
Les pieds, les jambes et les bras peuvent tout autant servir de cible. La grande différence est que personne n’entend un moustique voler à quelques centimètres de sa cheville.
Comment empêcher les moustiques d’entrer dans la chambre ?
La solution la plus directe consiste à installer une moustiquaire correctement ajustée aux fenêtres ou autour du lit. Cette barrière physique permet de continuer à aérer sans offrir une entrée libre aux insectes.
Un ventilateur peut également apporter une aide ponctuelle. Les moustiques sont de petits insectes volants et un courant d’air suffisamment marqué complique leur approche. Le déplacement de l’air perturbe également les signaux qu’ils utilisent pour localiser leur cible.
À l’extérieur, la meilleure stratégie commence toutefois bien avant l’heure du coucher. Éliminer les petits volumes d’eau stagnante où les moustiques peuvent se reproduire permet de réduire les sites de développement disponibles autour de l’habitation.
Quelques centimètres d’eau peuvent suffire
Les moustiques passent une partie de leur cycle de développement dans l’eau. Autour d’une maison, une soucoupe de pot de fleurs, un seau oublié, une gouttière bouchée ou un récipient laissé sous la pluie peuvent devenir des gîtes larvaires.
Le moustique tigre (Aedes albopictus) exploite particulièrement bien ces petits réservoirs artificiels.
Faire régulièrement le tour du balcon, de la terrasse ou du jardin afin de vider les contenants inutiles constitue donc une mesure de prévention simple et recommandée par les autorités sanitaires.
Le moustique tigre ne suit pas exactement les mêmes horaires
Le moustique qui perturbe une nuit n’est pas nécessairement un moustique tigre. Les périodes d’activité varient selon les espèces.
Aedes albopictus, désormais largement implanté en France métropolitaine, pique principalement pendant la journée, avec une activité importante le matin et en fin d’après-midi.
D’autres moustiques sont davantage actifs à la tombée de la nuit ou pendant les heures nocturnes. Identifier l’espèce uniquement à partir du bourdonnement entendu dans son lit reste donc impossible.
Un bourdonnement qui révèle surtout l’efficacité de leurs sens
Si un moustique semble vous retrouver dans une chambre sombre, ce n’est donc ni le hasard ni une fascination particulière pour vos oreilles. L’insecte exploite une combinaison sophistiquée de signaux chimiques et physiques pour se diriger.
Notre respiration lui fournit du CO2, notre corps dégage de la chaleur et notre peau libère une multitude de molécules odorantes. Autrement dit, même parfaitement immobile sous les draps, nous continuons à diffuser des informations permettant à certains moustiques de nous localiser.
Quant à ce fameux bourdonnement près de l’oreille, il révèle surtout que l’insecte est désormais très proche. Une proximité suffisante pour transformer les battements minuscules de ses ailes en l’un des sons les plus agaçants des nuits d’été.
