#1 — Les grands procès des corbeaux

Les corbeaux ne se contenteraient pas de mémoriser les visages : ils organiseraient également de véritables « tribunaux » destinés à sanctionner les individus qui enfreignent les règles sociales du groupe. Des travaux récents indiquent que certains corvidés sont capables de transmettre des informations sociales concernant d’autres individus à leur entourage et à leur descendance, ce qui contribue à maintenir des relations complexes au sein du groupe. Les chercheurs ont longtemps interprété certains rassemblements agressifs comme de simples comportements collectifs de harcèlement, mais l’organisation sociale des corbeaux révèle des capacités cognitives remarquables. Leurs croassements pourraient donc véhiculer bien plus d’informations sociales qu’on ne l’imaginait. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 2…
#2 — La « Bourse » des abeilles

La danse frétillante des abeilles est connue depuis longtemps, mais de nouvelles données suggèrent que la compétition entre éclaireuses peut influencer la manière dont une colonie choisit ses ressources. Les exploratrices communiquent l’emplacement et la qualité d’une source de nectar afin de recruter d’autres ouvrières. Plusieurs signaux permettent ensuite à la colonie de réévaluer l’intérêt de cette ressource lorsque sa qualité évolue.
La ruche fonctionne ainsi comme un système collectif dans lequel l’information, la compétition et la réputation d’une source alimentaire jouent un rôle essentiel. Il ne s’agit donc pas simplement d’un groupe d’insectes suivant aveuglément des instructions : leurs décisions émergent de nombreuses interactions individuelles. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 3…
#3 — Les pieuvres qui « chassent en rêve »

Les pieuvres chassent-elles pendant leur sommeil ? Des observations à haute résolution ont mis en évidence chez ces céphalopodes des phases de sommeil actif au cours desquelles leur peau change rapidement de couleur et leurs muscles effectuent différents mouvements. Ces séquences rappellent parfois les comportements utilisés lorsqu’elles chassent, se camouflent ou interagissent avec leur environnement.
Les contractions musculaires observées durant ces épisodes ont conduit certains chercheurs à s’interroger sur l’éventualité d’une répétition de comportements pendant le sommeil. Ces découvertes renforcent l’idée que la pieuvre possède une organisation neuronale et une plasticité comportementale particulièrement complexes. Elle ne ferait peut-être donc pas que dormir : son cerveau pourrait continuer à traiter des expériences vécues lorsqu’elle était éveillée. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 4…
#4 — Les « cadeaux funéraires » des éléphants

Les éléphants sont depuis longtemps connus pour manifester des comportements inhabituels face à la mort de leurs congénères. Certaines observations rapportent également qu’ils manipulent, transportent ou revisitent des objets associés à des individus décédés.
Dans un cas décrit par des observateurs, une matriarche aurait transporté un morceau de bois clair sur une très longue distance avant de le déposer à proximité d’un lieu associé à la mort d’un membre de son groupe. De tels comportements alimentent les recherches sur la mémoire spatiale remarquable des éléphants et sur la manière dont ils entretiennent des liens sociaux au fil des années. Certains scientifiques s’interrogent ainsi sur l’existence de formes de mémoire collective susceptibles d’influencer leurs déplacements. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 5…
#5 — Les « insultes personnalisées » des dauphins

Les dauphins utilisent des sifflements-signatures qui permettent aux individus de s’identifier. Les chercheurs analysent désormais les variations de ces vocalisations afin de comprendre comment elles sont utilisées dans différentes situations sociales.
Certaines modifications de hauteur ou de structure peuvent apparaître lorsqu’un dauphin reproduit le sifflement-signature d’un congénère. Ces variations pourraient remplir plusieurs fonctions sociales et illustrent la richesse de leur communication. Elles témoignent surtout d’un système vocal suffisamment flexible pour transmettre des informations sur des individus précis au sein du groupe. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 6…
#6 — Les fausses cachettes des écureuils

Lorsqu’un écureuil enterre une noix, ce qu’un observateur voit n’est pas toujours ce qui se passe réellement. Des expériences ont montré que certains écureuils multiplient les fausses manipulations lorsqu’ils savent qu’ils sont observés par des concurrents susceptibles de voler leurs réserves.
Ils peuvent creuser un trou, effectuer les mouvements habituels permettant de déposer une nourriture, reboucher soigneusement la cachette… tout en conservant finalement l’aliment. Ce type de stratégie est généralement interprété comme une forme élaborée de protection contre le vol et montre que ces animaux adaptent leur comportement à la présence de rivaux. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 7…
#7 — Les tendances « mode » chez les orques

Les orques sont réputées pour posséder des traditions culturelles transmises au sein de leurs groupes. Certaines de ces habitudes ne semblent pourtant présenter aucun avantage évident pour l’alimentation ou la survie.
Un exemple devenu célèbre concerne des orques ayant été observées transportant des saumons morts sur leur tête. Le comportement s’est diffusé entre plusieurs individus avant de disparaître progressivement. Ce type de mode passagère suggère que certaines pratiques peuvent être copiées simplement parce qu’elles sont adoptées par d’autres membres du groupe, sans bénéfice biologique clairement identifiable. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 8…
#8 — Le triage médical des fourmis

Les fourmis Matabele sont capables de prodiguer des soins élaborés à leurs congénères blessées lors de combats contre les termites. Elles nettoient certaines blessures et utilisent des sécrétions possédant des propriétés antimicrobiennes capables de limiter les infections.
Dans certaines situations, les fourmis grièvement blessées reçoivent moins d’assistance que celles ayant de bonnes chances de survivre. Les chercheurs y voient une forme de triage reposant sur des signaux chimiques et comportementaux. Loin d’être de simples automates, ces insectes présentent donc une organisation collective extrêmement sophistiquée. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 9…
#9 — Le « classement musical » des baleines

Les baleines à bosse produisent des chants complexes qui évoluent avec le temps. L’un des phénomènes les plus fascinants est la propagation progressive de nouvelles chansons entre différentes populations.
Une mélodie apparue dans une région peut être reprise par d’autres groupes situés à des milliers de kilomètres, puis modifiée à mesure qu’elle se diffuse. Des travaux menés dans le Pacifique ont notamment montré que certaines chansons se transmettent d’une population à l’autre au fil des saisons. Les océans abritent ainsi une forme spectaculaire de transmission culturelle musicale à grande échelle. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 10…
#10 — Les alliances politiques des chimpanzés

Chez les chimpanzés, accéder à une position dominante ne dépend pas uniquement de la force physique. Les mâles peuvent former des alliances, entretenir des relations privilégiées avec certains partenaires et affaiblir progressivement le soutien dont bénéficie un rival.
Le toilettage joue notamment un rôle important dans la création et l’entretien de ces alliances. Certaines prises de pouvoir se construisent donc sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, grâce à une succession d’interactions sociales. Après un changement de hiérarchie, les nouveaux dominants peuvent également favoriser certains alliés. La politique sociale des chimpanzés apparaît ainsi remarquablement élaborée. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 11…
#11 — L’« infidélité » des manchots

Chez les manchots Adélie, les pierres constituent une ressource précieuse puisqu’elles servent à construire et consolider les nids. Des observations ont montré que certaines femelles peuvent s’accoupler avec des mâles autres que leur partenaire avant de repartir avec une pierre provenant de leur nid.
Le comportement ne se réduit donc pas nécessairement à la reproduction : il peut également permettre d’obtenir une ressource utile pour améliorer le nid du couple principal. Ce système illustre les stratégies parfois étonnantes mises en œuvre lorsqu’une ressource limitée devient essentielle au succès reproducteur. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 12…
#12 — La fréquence de manipulation du ronronnement des chats

Avez-vous déjà remarqué que certains ronronnements de votre chat ressemblent étrangement aux pleurs d’un bébé ? Des études acoustiques ont identifié chez le chat domestique un « ronronnement de sollicitation » contenant une composante sonore plus aiguë que le ronronnement habituel.
Cette fréquence se rapproche de certaines caractéristiques acoustiques des cris de nourrissons humains et attire particulièrement notre attention. Les chats pourraient ainsi avoir développé, au cours de leur domestication, une vocalisation particulièrement efficace pour obtenir nourriture et attention de leurs propriétaires. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 13…
#13 — Le racket des drongos sentinelles

Le drongo brillant utilise fréquemment des cris d’alarme pour prévenir d’autres animaux de l’arrivée d’un prédateur. Mais il peut également exploiter la confiance qu’il a créée.
Après avoir émis plusieurs alertes fiables, l’oiseau peut produire une fausse alarme qui pousse ses voisins à abandonner leur nourriture et à s’enfuir. Le drongo profite alors de l’occasion pour récupérer le repas laissé derrière eux.
Plus remarquable encore, ces oiseaux sont capables d’imiter les cris d’alarme de plusieurs espèces, ce qui rend leur tromperie particulièrement convaincante. Le protecteur peut donc devenir le voleur. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 14…
#14 — Les rats qui rendent la pareille

Les rats sont souvent perçus comme de simples nuisibles, mais les expériences de laboratoire mettent régulièrement en évidence des comportements de coopération et de réciprocité.
Un rat ayant précédemment bénéficié de l’aide d’un autre individu peut se montrer plus disposé à aider un congénère par la suite, même lorsque celui-ci n’est pas celui qui l’avait initialement aidé. Les chercheurs parlent alors de réciprocité généralisée : une expérience positive influence la manière dont l’animal interagit ultérieurement avec d’autres membres de son espèce. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 15…
#15 — Les « autoportraits » des araignées Cyclosa

Certaines araignées du genre Cyclosa construisent dans leur toile des structures composées de soie, de débris végétaux et de restes d’insectes. Ces formes peuvent ressembler à une araignée et détourner l’attention des prédateurs.
Des photographies macro montrent que certaines structures possèdent même des appendices rappelant grossièrement des pattes. Lorsqu’un prédateur attaque le leurre plutôt que l’animal véritable, l’araignée gagne une précieuse occasion de s’échapper.
Ces constructions figurent parmi les exemples les plus étonnants de leurres fabriqués par des invertébrés. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 16…
#16 — Les « meilleures amies » des vaches

Les bovins établissent des relations sociales préférentielles avec certains congénères. Lorsqu’une vache est séparée d’un partenaire familier auquel elle est particulièrement attachée, plusieurs indicateurs physiologiques du stress peuvent augmenter.
Des travaux ont notamment relevé des modifications du rythme cardiaque et du comportement lorsque des animaux familiers sont séparés. Les éleveurs utilisant des capteurs d’activité constatent également que les changements dans les groupes sociaux peuvent influencer le comportement, l’alimentation et parfois la production de lait. Les vaches ne recherchent donc pas uniquement la présence d’un troupeau : certaines relations individuelles comptent particulièrement pour elles. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 17…
#17 — Les « crop circles » des poissons-globes

Les mâles du poisson-globe à taches blanches construisent de spectaculaires structures circulaires dans le sable afin d’attirer les femelles. Pendant plusieurs jours, ils nagent au ras du fond et utilisent leurs nageoires pour façonner des motifs géométriques pouvant atteindre environ deux mètres de diamètre.
Ces constructions doivent résister aux mouvements de l’eau et répartir les différents types de grains de sable autour du centre. Les femelles inspectent ensuite l’ensemble avant de choisir éventuellement un partenaire. Ces poissons sont ainsi de véritables architectes du fond marin, utilisant leur environnement pour démontrer leurs qualités reproductives. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 18…
#18 — La cérémonie de « baptême » des perroquets

Les touis à croupion vert développent des signatures vocales individuelles très tôt dans leur vie. Des expériences montrent que les parents influencent ces vocalisations lorsqu’ils communiquent avec leurs petits encore au nid.
Chaque jeune finit par posséder un appel de contact distinctif permettant aux autres membres du groupe de l’identifier. Ces signatures peuvent ensuite être utilisées lors des interactions sociales, un système qui rappelle par certains aspects l’utilisation de noms individuels chez l’être humain. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 19…
#19 — Les « votes » stratégiques des lionnes

La prise de décision collective est essentielle chez de nombreuses espèces vivant en groupe, y compris les lions. Les déplacements d’une troupe peuvent être influencés par plusieurs individus plutôt que par un seul chef.
Les femelles jouent notamment un rôle central dans les décisions concernant la chasse, la protection des petits et les déplacements du groupe. L’orientation du corps, le fait de se lever et les mouvements successifs d’individus peuvent contribuer à déclencher le départ de l’ensemble de la troupe.
Le fonctionnement d’une famille de lions est donc bien plus collectif que ne le suggère l’image traditionnelle d’un mâle dirigeant seul le groupe. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 20…
#20 — Les accents des chèvres

Les chèvres ne produisent pas toutes exactement les mêmes bêlements. Leur environnement social peut modifier progressivement certaines caractéristiques de leurs vocalisations.
Lorsqu’un jeune animal rejoint un nouveau groupe, ses appels peuvent progressivement se rapprocher de ceux de ses nouveaux compagnons. Ce phénomène constitue une forme de plasticité vocale sociale : la manière de « parler » évolue en fonction des individus fréquentés. Même chez les chèvres, l’intégration sociale peut donc passer par une adaptation de la voix. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 21…
#21 — Les rapaces qui propagent le feu

Dans le nord de l’Australie, plusieurs espèces de rapaces sont associées à un comportement spectaculaire : elles profitent des incendies pour capturer les petits animaux chassés par les flammes.
Des témoignages autochtones et certaines observations rapportent également que des oiseaux peuvent transporter des brindilles enflammées ou fumantes vers des zones encore intactes, ce qui pourrait contribuer à propager le feu et à débusquer davantage de proies.
Cette pratique reste difficile à étudier directement, mais elle alimente les recherches sur l’utilisation opportuniste du feu par des espèces non humaines. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 22…
#22 — Les guêpes qui reconnaissent les visages

Certaines guêpes sociales, notamment celles du genre Polistes, sont capables de reconnaître individuellement leurs congénères à partir de leurs motifs faciaux.
Cette faculté leur permet de mémoriser des interactions sociales et de distinguer les membres de leur colonie. Des expériences montrent que les individus peuvent modifier leur comportement envers une guêpe précédemment rencontrée, même après un certain délai.
Malgré leur cerveau minuscule, ces insectes disposent donc de capacités de reconnaissance visuelle étonnamment développées. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 23…
#23 — Le système de « nounous » des girafes

Les girafes utilisent parfois un système de garde collective des jeunes. Lorsque plusieurs mères partent se nourrir, certains girafons restent réunis sous la surveillance d’une femelle adulte.
Ces sortes de « crèches » permettent aux mères de parcourir davantage de terrain à la recherche de nourriture tout en réduisant les risques encourus par leurs petits. Les liens entre femelles et la coopération au sein du groupe jouent ainsi un rôle important dans la survie des jeunes.
Il s’agit d’une stratégie sociale particulièrement utile dans des environnements où les ressources sont dispersées. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 24…
#24 — L’économie du cadeau chez les corvidés

Certains corvidés peuvent déposer des objets près de personnes qui les nourrissent régulièrement. Des témoignages décrivent des boutons, morceaux de métal, pierres ou autres petits objets laissés à proximité des humains concernés.
La signification exacte de ces comportements reste difficile à déterminer. Il pourrait s’agir d’une conséquence de l’exploration, de l’apprentissage associatif ou d’interactions sociales répétées plutôt que d’un véritable paiement au sens humain du terme.
Ces observations montrent néanmoins à quel point les corvidés sont capables d’associer certaines personnes à des expériences positives et d’adapter leur comportement en conséquence. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 25…
#25 — Les alligators qui grimpent aux arbres

Les alligators et certains crocodiliens ne sont pas toujours confinés au sol ou à l’eau. Des observations ont montré qu’ils peuvent grimper sur des branches, des troncs inclinés ou d’autres structures suffisamment accessibles.
Ces positions surélevées pourraient notamment faciliter la thermorégulation ou permettre aux animaux de surveiller leur environnement. Les individus les plus petits et les plus légers sont naturellement les plus agiles, mais des crocodiliens de grande taille peuvent également se retrouver plusieurs mètres au-dessus de l’eau.
Dans certaines régions marécageuses, mieux vaut donc ne pas supposer qu’un reptile se trouve nécessairement au niveau du sol. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 26…
#26 — La complexité du langage des chauves-souris

Les chauves-souris frugivores vivent dans des colonies extrêmement bruyantes où les interactions vocales sont permanentes.
En analysant des milliers de cris, des chercheurs ont découvert qu’une grande partie de ces vocalisations correspond à des situations sociales précises : disputes autour de la nourriture, de l’espace de repos ou de partenaires sexuels.
Les animaux peuvent également adresser certains cris à des individus particuliers. Le vacarme d’une colonie n’est donc pas un simple bruit indistinct : il contient une quantité considérable d’informations sociales. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 27…
#27 — Le système d’extorsion du coucou

Le coucou geai est un parasite de couvée qui pond ses œufs dans le nid d’autres espèces afin que celles-ci élèvent ses petits.
Une hypothèse particulièrement fascinante concerne les représailles exercées contre les oiseaux qui rejettent l’œuf parasite. Certaines études ont observé que les nids ayant expulsé un œuf de coucou pouvaient ensuite subir davantage de destructions.
Ce phénomène a été comparé à une forme de « mafia » évolutive : accepter l’œuf parasite pourrait parfois être moins coûteux que risquer la destruction de toute la couvée. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 28…
#28 — Le travail partagé des hippocampes

Chez les hippocampes, c’est le mâle qui porte les embryons et donne naissance aux jeunes. La femelle transfère ses œufs dans la poche incubatrice du mâle, où ils sont fécondés et se développent.
Les partenaires peuvent maintenir leur lien grâce à des interactions régulières pendant la gestation. Leur physiologie reproductive est étroitement coordonnée afin qu’un nouveau cycle puisse commencer rapidement après la naissance des petits.
Cette synchronisation permet aux couples reproducteurs d’enchaîner efficacement plusieurs gestations. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 29…
#29 — Les autoroutes des musaraignes-éléphants

Les sengis, parfois appelés musaraignes-éléphants, entretiennent de véritables réseaux de pistes dans la végétation.
Ils éliminent régulièrement feuilles, brindilles et autres obstacles susceptibles de gêner leur course. Ces passages dégagés leur permettent de rejoindre très rapidement un abri lorsqu’un prédateur apparaît.
Maintenir ces « autoroutes » constitue donc une stratégie de survie essentielle : dans un environnement dense, quelques fractions de seconde peuvent faire la différence entre la fuite et la capture. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 30…
#30 — Le répertoire des expressions faciales des chevaux

Les chevaux possèdent un large répertoire de mouvements du visage. Les chercheurs ont identifié de nombreuses unités d’action faciale associées à différentes situations sociales et émotionnelles.
Ils sont également très attentifs aux expressions des humains. Des expériences montrent qu’un cheval peut réagir différemment après avoir vu une personne afficher une expression positive ou menaçante.
Les chevaux utilisent donc à la fois leurs propres mimiques et celles de leurs partenaires sociaux pour interpréter leur environnement. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 31…
#31 — La « démocratie » des lycaons

Avant de partir chasser, les lycaons africains participent parfois à des rassemblements particulièrement animés durant lesquels certains individus éternuent.
Des chercheurs ont observé une relation entre le nombre d’éternuements et la probabilité que le groupe parte effectivement en chasse. Lorsque des individus dominants sont à l’origine du rassemblement, moins d’éternuements peuvent suffire. Lorsqu’ils ne participent pas, un nombre plus important semble nécessaire.
Ces éternuements peuvent donc fonctionner comme une forme de signal collectif permettant au groupe d’atteindre un seuil avant de se mettre en mouvement. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 32…
#32 — Les guerres olfactives des koalas

Les koalas paraissent paisibles, mais les mâles peuvent être fortement territoriaux pendant la saison de reproduction.
Ils possèdent sur la poitrine une glande odorante qu’ils frottent contre les troncs et les branches afin de déposer leur odeur. Ces marques chimiques transmettent des informations sur l’identité et probablement le statut de l’animal.
Les vocalisations graves et les signaux olfactifs contribuent ainsi à éviter ou à organiser les affrontements entre mâles sans qu’un combat physique soit toujours nécessaire. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 33…
#33 — Le camouflage « vert » des paresseux

La fourrure des paresseux abrite un écosystème miniature comprenant des algues, des champignons, des insectes et notamment certaines espèces de papillons nocturnes.
Les algues donnent parfois au pelage une teinte verdâtre susceptible d’améliorer le camouflage de l’animal dans la végétation. Des chercheurs ont également étudié les échanges de nutriments pouvant exister entre les différents organismes vivant dans cette fourrure.
Le paresseux transporte ainsi sur son propre corps un microécosystème complexe dont les différents participants peuvent tirer avantage. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 34…
#34 — Les serpents « domestiques » des hiboux

Certains petits hiboux rapportent parfois dans leur nid de minuscules serpents aveugles, sans les tuer ni les manger immédiatement.
Une fois dans le nid, ces reptiles peuvent se nourrir de larves d’insectes et d’autres petits organismes présents parmi les débris. Des études ont observé que les nids contenant ces serpents pouvaient présenter moins de parasites et de meilleures conditions pour les oisillons.
Sans qu’il s’agisse d’une véritable domestication au sens humain, cette association peut donc profiter indirectement aux jeunes hiboux. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 35…
#35 — Le mimétisme des tigres

Des témoignages rapportent depuis longtemps que certains tigres seraient capables de produire des sons ressemblant aux appels de leurs proies.
En Inde, des chasseurs et naturalistes ont notamment décrit des vocalisations rappelant le « pook », un cri émis par le cerf sambar. L’idée qu’un prédateur puisse utiliser un son ressemblant à celui d’une proie pour attirer ou désorienter celle-ci est fascinante, même si les observations contrôlées restent difficiles à obtenir.
Si elle est utilisée volontairement pendant la chasse, cette stratégie constituerait une forme particulièrement élaborée de tromperie acoustique. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 36…
#36 — Les combats d’odeurs des lémuriens

Les makis catta mâles disposent de glandes odorantes au niveau des poignets et des épaules. Lors des confrontations, ils peuvent imprégner leur queue de ces sécrétions avant de la brandir vers leur adversaire.
Ces « combats puants » permettent à deux mâles de rivaliser sans recourir immédiatement à la violence physique. Chacun agite sa queue chargée d’odeur en direction de l’autre jusqu’à ce que l’un des participants abandonne.
C’est une manière pour le moins originale de régler un conflit tout en limitant le risque de blessures. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 37…
#37 — Le marché immobilier des bernard-l’hermite

Les bernard-l’hermite doivent régulièrement changer de coquille à mesure qu’ils grandissent. Lorsqu’une nouvelle coquille suffisamment grande apparaît, plusieurs individus peuvent se rassembler autour d’elle.
Il arrive alors qu’une véritable « chaîne de vacances » se forme : les crustacés s’organisent approximativement du plus grand au plus petit. Dès que le plus gros s’installe dans la nouvelle coquille, le suivant récupère celle qu’il vient d’abandonner, puis le processus se poursuit.
En quelques minutes, plusieurs animaux peuvent ainsi obtenir simultanément un logement mieux adapté à leur taille. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 38…
#38 — La protection « héroïque » des baleines à bosse

Des baleines à bosse ont été observées intervenant pendant des attaques d’orques dirigées contre des phoques, des otaries ou d’autres cétacés.
Elles utilisent parfois leur corps imposant, leurs nageoires et leur queue pour perturber les prédateurs. Dans certains cas, l’animal sauvé appartient à une autre espèce et la baleine ne retire aucun bénéfice alimentaire apparent de son intervention.
Les chercheurs débattent encore de l’explication de ce comportement : altruisme interspécifique, réaction défensive généralisée face aux orques ou conséquence d’expériences passées. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 39…
#39 — La résolution des conflits chez les bonobos

Les bonobos sont célèbres pour utiliser fréquemment les contacts physiques et sexuels dans leurs interactions sociales.
Ces comportements peuvent intervenir après une tension, pendant une réconciliation ou lors de situations susceptibles de provoquer une compétition. Ils contribuent à réduire l’agressivité et à renforcer les liens entre les membres du groupe.
Contrairement aux chimpanzés, les bonobos présentent généralement des niveaux d’agression létale intergroupes beaucoup plus faibles, même si leurs sociétés ne sont pas totalement dépourvues de conflits. Leur stratégie sociale repose largement sur la tolérance et l’entretien des relations. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 40…
#40 — Les pieuvres qui frappent les poissons

Lorsqu’elles chassent en coopération avec des poissons, certaines pieuvres n’hésitent pas à leur administrer de véritables coups avec leurs bras.
Les chercheurs ont filmé plusieurs de ces frappes et montré qu’elles pouvaient servir à repousser un partenaire, à réorganiser la position des chasseurs ou à contrôler l’accès à une proie.
Dans certains cas, la raison exacte du coup reste difficile à déterminer. Ce comportement montre toutefois que les interactions au sein de ces groupes de chasse sont loin d’être pacifiques ou simples. Si un poisson ne respecte pas les règles implicites de la coopération, il risque littéralement de recevoir un coup de tentacule. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 41…
#41 — Les corbeaux et les distributeurs automatiques

Plusieurs expériences ont montré que des corvidés pouvaient apprendre à déposer des objets dans des dispositifs mécaniques afin d’obtenir une récompense alimentaire.
Des projets urbains ont notamment tenté d’exploiter cette capacité pour encourager les oiseaux à ramasser certains déchets, dont les mégots de cigarettes, en échange de nourriture.
Ces expériences illustrent surtout la rapidité avec laquelle les corvidés comprennent le fonctionnement d’un système de récompense et adaptent leur comportement lorsqu’une stratégie devient avantageuse. Ils ne se contentent donc pas d’apprendre une action : ils peuvent explorer activement les règles du dispositif. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 42…
#42 — L’obsession des pics pour leurs réserves

Les pics glandivores constituent d’immenses réserves alimentaires en creusant des milliers de petites cavités dans des troncs, poteaux ou bâtiments afin d’y stocker des glands.
Certains « greniers » peuvent contenir plusieurs dizaines de milliers de glands. À mesure que ceux-ci sèchent et rétrécissent, les oiseaux peuvent les déplacer vers des trous plus petits afin qu’ils restent fermement coincés et soient plus difficiles à voler.
Cette gestion permanente exige un travail considérable de surveillance, d’entretien et de déplacement des réserves. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 43…
#43 — Les ours polaires et l’utilisation calculée d’objets

Des récits historiques et des observations de terrain ont suggéré que des ours polaires pouvaient utiliser des blocs de glace ou d’autres objets lors d’attaques contre de grandes proies telles que les morses.
L’idée qu’un ours puisse manipuler un objet afin d’augmenter la force d’un coup intéresse particulièrement les spécialistes de la cognition animale. L’utilisation d’outils chez les ours reste rare et difficile à documenter dans la nature, mais plusieurs individus captifs ont démontré leur capacité à manipuler volontairement des objets afin d’atteindre un objectif.
Ces observations renforcent l’idée que leurs stratégies de chasse peuvent être beaucoup plus flexibles qu’on ne le pensait autrefois. Mais ce n’est rien comparé à ce que réserve le numéro 44…
#44 — Les papillons qui recherchent leurs propres « médicaments »

Les papillons monarques peuvent adapter leur choix de plantes lorsqu’ils sont infectés par certains parasites.
Lorsqu’une femelle est porteuse du protozoaire Ophryocystis elektroscirrha, elle peut préférer pondre sur certaines espèces d’asclépiades riches en cardénolides. Ces substances sont toxiques pour de nombreux organismes, mais elles peuvent réduire la croissance du parasite chez les chenilles.
Ce phénomène est souvent présenté comme un exemple d’automédication animale : sans comprendre consciemment la chimie de la plante, l’insecte adopte un comportement susceptible d’améliorer les chances de survie de sa descendance.
En conclusion
Le règne animal est beaucoup plus complexe, social et stratège qu’on ne l’imaginait autrefois. Des relations sociales élaborées des corvidés aux traditions culturelles des orques, les recherches récentes montrent que le mot « instinct » ne suffit pas toujours à expliquer la richesse des comportements observés dans la nature.
Ces 44 exemples illustrent à quel point de nombreuses espèces sont capables d’apprendre, de coopérer, de tromper, de communiquer, de transmettre des traditions ou d’adapter leur comportement à leurs partenaires sociaux. La frontière que nous avons longtemps tracée entre les facultés humaines et celles des autres animaux apparaît ainsi beaucoup moins nette qu’autrefois. Lequel de ces comportements vous a le plus surpris ? Avez-vous déjà observé une attitude animale étrange dans votre jardin ou ailleurs ? Partagez-la dans les commentaires pour poursuivre la discussion.
