La découverte est d’autant plus importante que ces traces proviennent d’une région où les fossiles de très grands théropodes correspondant à cette période restent rares. Ces empreintes géantes découvertes en Mongolie apportent donc des informations que les ossements disponibles jusqu’à présent ne permettaient pas d’obtenir.
Des empreintes spectaculaires découvertes dans le désert de Gobi
Les traces ont été découvertes dans la formation géologique de Bayanshiree, dans le sud-est de la Mongolie. Cette région du désert de Gobi est déjà célèbre pour la richesse de ses fossiles du Crétacé.
Les chercheurs y ont identifié plusieurs sites contenant des empreintes de dinosaures. Parmi elles figurent des traces tridactyles, reconnaissables à leurs trois doigts, caractéristiques de grands dinosaures théropodes.
Leur taille a immédiatement retenu l’attention des scientifiques.
Certaines traces mesurent près d’un mètre
Plusieurs empreintes dépassent largement les dimensions habituellement observées sur le site. Les plus grandes atteignent environ 85 à 92 centimètres de longueur.
Une trace de cette taille ne signifie évidemment pas que le pied entier de l’animal mesurait exactement un mètre : la nature du sédiment, l’enfoncement du pied et la conservation de l’empreinte peuvent modifier ses dimensions apparentes.
Elles indiquent néanmoins sans ambiguïté le passage de théropodes de très grande taille.
Ces dinosaures étaient probablement d’immenses carnivores
Les théropodes regroupent une vaste famille de dinosaures bipèdes comprenant certains des plus célèbres prédateurs de la préhistoire.
Les traces mongoles présentent trois doigts orientés vers l’avant et une morphologie compatible avec celle de grands dinosaures carnivores.
À partir des dimensions des empreintes, les paléontologues estiment que leurs auteurs pouvaient atteindre environ 10 mètres de longueur. Il s’agissait donc de prédateurs imposants capables d’occuper une place majeure dans leur écosystème.
Les traces datent d’environ 90 millions d’années
Les empreintes sont associées à la formation de Bayanshiree, déposée au Crétacé supérieur, il y a approximativement 90 millions d’années.
À cette époque, le paysage était très différent du désert aride que l’on connaît aujourd’hui.
Les environnements de la région comportaient notamment des cours d’eau et des zones humides dont les sédiments pouvaient enregistrer puis préserver le passage des animaux.
Les fossiles osseux racontaient jusqu’ici une autre histoire
C’est ici que la découverte devient particulièrement intéressante. Les paléontologues connaissaient déjà plusieurs dinosaures carnivores dans la formation de Bayanshiree, mais les restes fossiles disponibles ne laissaient pas nécessairement imaginer une telle abondance de prédateurs géants.
Les ossements de grands théropodes y sont relativement rares et souvent fragmentaires.
Les empreintes révèlent pourtant que des animaux beaucoup plus imposants fréquentaient effectivement ces environnements.
Les empreintes fossiles complètent ce que les os ne montrent pas
Un squelette fossilisé constitue une source exceptionnelle d’informations, mais sa formation dépend d’une succession de circonstances très particulières.
Un animal doit mourir dans un environnement favorable, être rapidement recouvert, échapper à la destruction puis rester préservé pendant des millions d’années avant d’être découvert.
Une empreinte suit un autre processus. Elle enregistre directement le passage d’un animal vivant sur une surface meuble. Les deux types de fossiles fournissent donc des informations complémentaires.
Plusieurs géants semblent avoir fréquenté la région
Les chercheurs n’ont pas découvert une unique trace isolée. Plusieurs empreintes de grande taille ont été identifiées dans la formation.
Cette répétition est importante : elle suggère que la présence de très grands théropodes n’était pas nécessairement exceptionnelle dans cet environnement.
Le registre des traces révèle ainsi une diversité de tailles plus importante que celle suggérée par les seuls fossiles osseux actuellement connus.
Peut-on savoir quel dinosaure a laissé ces empreintes ?
Attribuer une empreinte à une espèce précise reste délicat. Plusieurs dinosaures apparentés peuvent posséder des pieds suffisamment semblables pour produire des traces difficiles à distinguer.
Les scientifiques peuvent analyser la forme générale, la longueur des doigts, leurs proportions et différents détails anatomiques, mais ces indices ne permettent pas toujours de remonter jusqu’au genre ou à l’espèce.
Il serait donc imprudent d’attribuer automatiquement ces empreintes à un dinosaure précis uniquement en raison de leur taille.
Un mystérieux grand théropode pourrait encore manquer au registre fossile
La présence de ces traces pose néanmoins une question fascinante : quel animal les a produites ?
Les fossiles de théropodes découverts dans la formation comprennent notamment des représentants de plusieurs groupes de dinosaures carnivores. Mais les traces les plus imposantes pourraient correspondre à des individus ou à des espèces dont les squelettes restent inconnus ou très mal documentés dans cette région.
Le désert de Gobi pourrait donc encore dissimuler les ossements du prédateur responsable de ces empreintes.
Une empreinte peut révéler un animal que personne n’a encore retrouvé
C’est l’un des grands intérêts de l’ichnologie, la discipline qui étudie les traces fossiles.
Une empreinte prouve qu’un animal possédant certaines caractéristiques était présent à un endroit donné, même lorsqu’aucun squelette correspondant n’a encore été découvert.
Les pistes peuvent également renseigner les chercheurs sur la locomotion, la vitesse approximative, le comportement et parfois les interactions entre plusieurs individus.
Le désert de Gobi reste un territoire exceptionnel pour les dinosaures
La Mongolie a livré certains des fossiles de dinosaures les plus célèbres au monde. Les expéditions menées dans le Gobi depuis plus d’un siècle ont notamment révélé des œufs fossilisés, des nids et des squelettes remarquablement conservés.
De nouvelles découvertes continuent pourtant de modifier notre compréhension des espèces qui occupaient cette partie de l’Asie au Crétacé.
Chaque strate géologique peut préserver un morceau différent de cette histoire, et les empreintes constituent parfois les seuls témoins du passage d’un animal.
Les traces fossiles peuvent bouleverser notre vision des dinosaures
Les empreintes sont parfois moins spectaculaires dans l’imaginaire collectif qu’un squelette complet, mais elles peuvent fournir des informations impossibles à obtenir autrement.
Les recherches paléontologiques révèlent ainsi régulièrement des comportements ou des animaux dont les ossements restent difficiles à retrouver. Pour découvrir un autre exemple de ce que les fossiles peuvent révéler sur ces animaux disparus, les découvertes consacrées aux animaux préhistoriques montrent combien notre vision du passé continue d’évoluer.
Une découverte qui oblige à compléter l’histoire de la région
Ces empreintes ne renversent pas à elles seules tout ce que les scientifiques savent des dinosaures mongols. Elles corrigent néanmoins une image nécessairement incomplète construite principalement à partir des ossements retrouvés jusqu’à présent.
De grands dinosaures carnivores d’environ dix mètres parcouraient bien cette région du Gobi au Crétacé, même si leurs squelettes restent encore difficiles à identifier dans le registre fossile local.
Ces traces vieilles d’environ 90 millions d’années rappellent ainsi une règle essentielle de la paléontologie : l’absence d’ossements ne signifie pas forcément l’absence d’un animal. Parfois, quelques pas imprimés dans la roche suffisent à révéler tout un chapitre manquant de son histoire.
