À la gloire de la civilisation égyptienne
À l’ouest du Caire, un immense projet culturel vient d’entrer dans sa dernière ligne droite. Situé près des pyramides de Gizeh, le Grand Egyptian Museum a été imaginé pour devenir l’un des lieux majeurs consacrés à l’archéologie mondiale. Rien que son emplacement donne le ton : difficile de rêver décor plus symbolique pour raconter l’histoire de l’Égypte antique.
Le bâtiment s’étend sur un vaste site d’environ 50 hectares. À l’intérieur, tout a été pensé pour mettre en scène les grandes périodes de cette civilisation millénaire, depuis les objets du quotidien jusqu’aux pièces liées aux souverains les plus célèbres. On imagine facilement le visiteur ralentir le pas, comme dans ces musées où l’on pensait passer une heure et où l’on ressort finalement bien plus tard, absorbé par chaque vitrine.
Dès l’entrée, le ton est donné avec l’imposante statue de Ramsès II. Haute de onze mètres et pesant plus de 80 tonnes, elle accueille les visiteurs dans le grand atrium. Cette présence monumentale résume à elle seule l’ambition du lieu : montrer la puissance, le raffinement et la longévité d’un patrimoine qui traverse les siècles.
Le musée doit réunir près de 100 000 objets issus de fouilles menées dans différentes régions du pays. Parmi ces trésors archéologiques, la collection liée à Toutankhamon occupe une place centrale. Les objets découverts dans son tombeau en 1922 seront enfin présentés dans un ensemble cohérent, permettant de mieux comprendre l’univers funéraire, politique et symbolique du jeune pharaon.
Une ouverture en novembre 2025
L’ouverture officielle du musée a été annoncée pour le 1er novembre 2025. Cette première journée doit être réservée aux représentants officiels, à la presse et à des invités venus de plusieurs pays. Le grand public pourra ensuite découvrir les galeries à partir du 4 novembre 2025, une date hautement symbolique puisqu’elle coïncide avec le 103e anniversaire de la découverte du tombeau de Toutankhamon.
Ce calendrier marque l’aboutissement d’un chantier colossal. Entre la conception du bâtiment, le transfert des œuvres, l’aménagement des espaces et les retards successifs, le projet aura demandé environ vingt ans de travail. La pandémie de Covid-19 a également ralenti certaines étapes, comme beaucoup de grands chantiers culturels dans le monde.
Le coût annoncé de l’ensemble est lui aussi à la hauteur de l’ambition : près de 2 milliards d’euros. Cette somme couvre notamment la construction du musée, l’organisation des salles et la mise en valeur des collections. L’objectif dépasse la simple exposition d’objets anciens : il s’agit aussi de renforcer l’attractivité culturelle et touristique de l’Égypte.
Pour les visiteurs, l’expérience devrait être très différente d’une promenade classique dans un musée. Le GEM veut proposer une immersion dans l’histoire, avec des espaces vastes, des pièces majeures et une proximité rare avec certains objets emblématiques. Face aux sarcophages, bijoux, statues et artefacts royaux, chacun pourra mesurer à quel point l’Égypte antique reste une source inépuisable de fascination.
