Son principal défaut ? Son odeur. Avec une bonne méthode de fermentation, un brassage régulier et une filtration soignée, il est pourtant possible de limiter fortement les mauvaises odeurs tout en obtenant un extrait fermenté utile au potager comme au jardin d’ornement.
Pourquoi utiliser l’ortie pour faire un purin ?
L’ortie est souvent vue comme une mauvaise herbe envahissante. Pourtant, dans un jardin vivant, elle peut devenir une vraie ressource. Transformée en purin, elle sert surtout à accompagner la croissance des plantes, à soutenir leur vigueur et à enrichir les apports organiques du jardin.
Le purin d’ortie est généralement utilisé comme biostimulant naturel. Il ne faut pas le présenter comme une solution miracle, mais plutôt comme un coup de pouce intéressant, notamment au printemps, quand les cultures redémarrent et que les jeunes plants ont besoin d’un environnement favorable. Le cadre officiel français reconnaît d’ailleurs le purin d’ortie comme une préparation naturelle peu préoccupante, avec une recette de fabrication encadrée.¹
Au potager, certains jardiniers l’emploient au pied des tomates, des courgettes ou des salades, toujours dilué. Sur un tas de compost, il peut aussi aider à relancer une matière organique un peu sèche ou lente à se décomposer. En revanche, l’excès est l’erreur classique : trop dosé, trop fréquent ou appliqué au mauvais moment, il peut déséquilibrer les cultures.
Il faut donc rester prudent. Des travaux de synthèse menés par la Société nationale d’horticulture de France rappellent que les effets des macérations d’ortie sont difficiles à démontrer de manière uniforme selon les usages et les conditions d’essai.² Autrement dit, on peut l’utiliser comme un appui naturel, mais sans lui attribuer des pouvoirs absolus.
Quels sont les ingrédients pour fabriquer un purin d’ortie ?
La recette demande peu de choses, mais la qualité des ingrédients compte beaucoup. Le premier élément, bien sûr, ce sont les orties. L’idéal est de cueillir des tiges jeunes, bien vertes, avant la montée en graines. C’est le moment où elles sont faciles à travailler et où l’on évite de semer involontairement des orties partout au jardin.
Mieux vaut les récolter loin des routes, des champs traités ou des zones polluées. Une paire de gants épais suffit généralement à transformer cette petite corvée en récolte rapide. Si vous n’avez pas d’orties fraîches sous la main, l’ortie sèche peut dépanner, à condition de l’acheter auprès d’un fournisseur fiable.
Le deuxième ingrédient essentiel est l’eau. L’eau de pluie reste la meilleure option, car elle n’est ni chlorée ni trop calcaire. À défaut, on peut utiliser de l’eau du robinet reposée pendant 24 heures, mais le résultat est souvent plus régulier avec une eau douce.
Le contenant a aussi son importance. Évitez le métal classique, qui peut réagir avec la préparation. Un seau en plastique alimentaire, un bac en inox ou un récipient non métallique suffisamment large fait très bien l’affaire. Il faut surtout prévoir de la place : les orties doivent être bien immergées et faciles à remuer chaque jour.
Pourquoi mon purin dégage-t-il des odeurs nauséabondes ?

Un purin d’ortie sent toujours fort. C’est normal : la fermentation transforme la matière végétale et libère des gaz. Mais il y a une différence entre une odeur de fermentation, déjà assez puissante, et une vraie odeur de pourriture qui prend au nez dès qu’on approche du seau.
L’astuce simple consiste à brasser la préparation tous les jours. Ce geste, qui prend moins d’une minute, aide la fermentation à rester plus régulière. Les bulles remontent à la surface, les feuilles ne stagnent pas en paquet compact et la préparation évolue mieux.
Installez le seau dans un coin ombragé, plutôt isolé, mais pas oublié. Le couvercle doit protéger la préparation sans la fermer hermétiquement, car les gaz doivent pouvoir s’échapper. Un couvercle posé sans verrouillage, une planche ou un tissu respirant peuvent suffire.
Le bon repère visuel reste l’absence de bulles. Tant que de petites bulles apparaissent quand vous remuez, la fermentation continue. Lorsqu’elles disparaissent, le purin est prêt à être filtré. Attendre trop longtemps est souvent ce qui transforme une préparation utile en liquide franchement malodorant.
La filtration est l’autre point décisif. Il faut retirer soigneusement les morceaux d’ortie, car les résidus végétaux peuvent relancer la fermentation dans les bouteilles. Pour ma part, c’est souvent à ce moment que tout se joue : un filtrage trop rapide, et l’odeur revient quelques semaines plus tard dans le bidon.
Une fois filtré, le purin se conserve dans des contenants opaques, bien fermés, à l’abri de la lumière et de la chaleur. L’arrêté encadrant la recette du purin d’ortie recommande notamment une conservation au frais, dans un récipient identifié, en plastique ou en verre, en évitant le métal.³
Si la préparation sent vraiment mauvais, avec une odeur de putréfaction, mieux vaut ne pas l’utiliser sur les plantes. Versez-la plutôt sur le compost. C’est moins frustrant que de risquer d’abîmer des cultures déjà bien installées.
Quelle est la recette pour fabriquer un purin d’ortie ?
La recette la plus simple repose sur une proportion facile à retenir : environ 1 kg d’orties fraîches pour 10 litres d’eau. Si vous préparez une plus petite quantité, comptez 500 g d’orties pour 5 litres d’eau.
Commencez par enfiler des gants, puis coupez les orties en morceaux grossiers. Cette étape accélère la macération et facilite la libération des composés végétaux. Déposez-les ensuite dans le seau, ajoutez l’eau de pluie, puis poussez les feuilles sous l’eau avec un bâton.
Placez le récipient à l’ombre et couvrez-le sans le fermer complètement. Chaque jour, remuez la préparation. Ce geste limite les odeurs, homogénéise la fermentation et permet de suivre l’évolution du mélange.
Selon la température extérieure, la fermentation peut durer plusieurs jours. Par temps doux, elle avance plus lentement ; par temps chaud, elle peut aller vite. Le purin est prêt lorsque les bulles ne remontent plus à la surface après brassage.
Filtrez ensuite soigneusement. Les restes d’ortie peuvent rejoindre le compost, où ils finiront leur cycle naturellement. Le liquide, lui, doit être versé dans des bouteilles ou bidons propres, hermétiques et opaques.
Avant utilisation, pensez toujours à diluer la préparation. En jardinage amateur, le purin d’ortie s’utilise rarement pur sur les cultures. Une dilution prudente permet de profiter de son intérêt sans brusquer les plantes. Évitez aussi les pulvérisations en plein soleil : les feuilles humides exposées à une forte chaleur peuvent marquer ou brûler.
Bien préparé, bien filtré et bien stocké, le purin d’ortie devient un allié simple, économique et naturel. Il ne remplace pas un sol vivant, un bon paillage ou un arrosage régulier, mais il peut parfaitement trouver sa place dans une routine de jardinage plus douce et plus attentive.
