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Ambiance assortie à la carte du ciel vu par Planck pour l'Espace Planck, nuit des chercheurs 2013 à Dijon

La médiation scientifique : tout un art

Le point de départ de cette page est de féliciter Jean-François Desmarchelier pour son prix Diderot-Curien 2014.

Jean-François Desmarchelier reçoit son prix Diderot-Curien , juin 2014

Jean-François est déjà présent sur ce blog puisqu’il est le réalisateur des vidéos sur Andrea, un collègue, et moi.

La médiation scientifique est le chaînon, indispensable, entre le « grand public » et les « acteurs de la recherche ».

De multiples activités

Revenons à l’exemple de Jean-François. Son métier, ou plutôt ses métiers : concepteur d’exposition, scénographe, réalisateur de documentaires et de web documentaires. Son site ataouk.com donne un aperçu de ses activités.  Son travail artistique et ses compétences techniques sont essentiels pour une médiation efficace de la science. Donner envie, faire rêver, guider la découverte, aider à la compréhension. Ensuite libre à chacun d’aller plus loin avec des livres, des conférences plus spécialisées …

Je n’oublie bien-sur pas l’agence Canopée (Lionel, Amandine, Samuel Alexis …) sans qui notre exposition et notre site Planck (entre autres) n’auraient pas pu voir le jour. J’y reviendrai dans d’autres pages sans faute !

Rendre la science humaine et compréhensible

Au niveau d’une manifestion scientifique (Nuit des chercheurs à Dijon, Ouf d’astro à Vaulx-en-Velin), l’ambiance est travaillée : atmosphère sereine, juste ce qu’il faut de mystérieuse (car tout de même « on cherche » !) et propice à l’échange – les scientifiques sont des personnes comme les autres et prêtent à partager le pourquoi et le comment de leur travail.

 

Andrea Catalao, espace Planck à la Nuit des chercheurs 2013, Dijon

Les secrets du bolomètre et du rayonnement fossile, Nuit des chercheurs 2013, Dijon. Crédits : Jean-François Desmarchelier.

L’autre défi est rendre les choses intelligibles … Ce n’est naturellement pas un cours, mais un partage impose un langage commun. Les acteurs de la médiation scientifique travaillent en étroite collaboration avec les chercheurs. Leur rôle est un peu d’accompagner le public vers les étoiles tout en ramenant les chercheurs sur Terre !

Éviter au maximum le jargon, identifier les mots et notions clés, se baser sur des savoirs ou des questions largement établis pour présenter les recherches en cours ou en projet, leurs objectifs et leurs moyens, tel est une partie de leur rôle.

Rendre la science belle

Évidemment avec l’astrophysique la base est déjà – en toute objectivité … – « belle » : les images sont très souvent somptueuses. Mais il faut reconnaitre que ce que les chercheurs trouvent « beau » c’est souvent plus ce qu’elles incarnent que leur aspect visuel. Le rayonnement fossile est archétypal. Ses petits grumeaux objectivement monotones sont plus émouvants que beaux. Il faut donc du talent et une mise en scène pour présenter l’image scientifique originelle, la rendre intelligible ET belle.

L’une de mes préférées est celle faite par l’un des infographistes de l’ESA :

Rayonnement fossile et carte composite de tout le ciel par Planck

Visuel emblématique des résultats cosmologiques de mars 2013. Crédits : ESA – collaboration Planck

L’uniformité est brisée par la superposition de la carte du rayonnement fossile et de l’image composite la carte « rose », devenue un peu un symbole de Planck. Cette dernière  représente essentiellement notre Galaxie, ainsi la mise en place des cartes explique que le rayonnement fossile est plus loin que notre environnement proche – et implicitement qu’il faut réussir à l’isoler et le soustraire pour accéder à l’image primordiale.

Une telle image est une base sur laquelle on peut expliquer presque tous les résultats de la mission Planck lors d’une exposition, quelques phrases ou bien plus selon l’intérêt, le temps disponible, les connaissances. Elle est agréable à regarder mais aussi intrigante : on a envie de savoir ce qu’elle veut dire …