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Planck au Palais de la découverte

Coté recherche, je ne suis plus que dans le projet LSST mais ma casquette “diffusion des connaissances” est toujours pour Planck. Et ce mois-ci, en résumé, je cause de Planck !

Après une conférence début octobre dans les Alpes du Sud, organisée par l’association Quasar , avant ma participation à la nuit des deux infinis à Grenoble ce soir, j’ai inauguré hier l’espace “Un chercheur, une manip” consacré au projet Planck au Palais de la découverte.

C’est parti d’un collègue de Planck qui nous a informé de cette possibilité : un ou deux mois dans un espace dédié dans le plus emblématique des lieux de culture scientifique français. J’avais toute confiance en mes collègues (parisiens surtout, c’est plus simple pour eux !) pour partager les séances d’animation. Mais il fallait quand même trouver comment s’insérer dans ce cadre particulier …

Au Palais de la découverte, on manipule, on expérimente et a priori notre expérience à nous est un peu loin de cet aspect. J’ai donc réfléchi à ce qu’on pouvait faire et repris, en plus ambitieux, un dispositif construit dans mon laboratoire pour illustrer la polarisation. C’était pour la grande exposition Planck lors de la fête de la science de 2009. Ce dispositif a d’ailleurs été utilisé pour illustrer la polarisation sur notre site planck.fr.

Grâce à la collaboration d’Asja, chargée de projet Planck sans qui je n’aurais sans doute pas entrepris cette aventure, nous avons mis au point un projet de base, trouvé un créneau libre et “intéressant” (je souhaitais fortement que ce soit pendant les vacances de la Toussaint). Une séance de travail avec l’équipe du Palais de la découverte a mis d’affiner et améliorer le projet qui se complète de deux conférences et bientôt d’un article dans leur revue (en janvier je crois). J’ai encore des améliorations à y apporter …

Ensuite, des ingénieurs et techniciens talentueux et inventifs du LPSC ont créé un dispositif à la fois “spectaculaire”, facile d’utilisation, complet, solide et esthétique :

Dispositif conçu et fabriqué au LPSC pour mettre en évidence la polarisation en transmission et en réflexion
Dispositif conçu et fabriqué au LPSC pour mettre en évidence la polarisation en transmission et en réflexion

 

J’ai trouvé un prestataire (trivision3d []) qui a su transformer nos faux reliefs en vrais volumes afin de mieux faire ressortir la troisième dimension apportée par la polarisation – des collègues ayaient auparavant fait des miracles pour créer ces faux reliefs ! Je les mettrai sur ce site ultérieurement, après l’exposition.

Nous avons 82 séances entre le 14 octobre et le 29 novembre, dont deux en langue des signes car un collègue est capable d’offrir cette possibilité. Satellite, bolomètre et manipulations basées sur la polarisation sont au rendez-vous, ainsi qu’une vraie visualisation 3D du rayonnement fossile (et bientôt de la Galaxie).

C'est d'ici que le chercheur de Planck fait sa séance, à droite le bolomètre (derrière les reflets ...) et à gauche le dispositif pour la polarisation. La décoration a été créée par l'équipe du Palais de la découverte.
C’est d’ici que le chercheur de Planck fait sa séance, à droite le bolomètre (derrière les reflets …) et à gauche le dispositif pour la polarisation. La décoration a été créée par l’équipe du Palais de la découverte.
La maquette du satellite ainsi qu'un ensemble de panneaux et des vidéos sont visibles en permanence jusqu'à fin novembre.
La maquette du satellite ainsi qu’un ensemble de panneaux et des vidéos sont visibles en permanence jusqu’à fin novembre.

Planck a ajouté la polarisation à l’arsenal des outils pour la cosmologie de précision. Cette exposition je l’espère aidera petits et grands à en percevoir le potentiel et les premières leçons.

Ambiance assortie à la carte du ciel vu par Planck pour l'Espace Planck, nuit des chercheurs 2013 à Dijon

La médiation scientifique : tout un art

Le point de départ de cette page est de féliciter Jean-François Desmarchelier pour son prix Diderot-Curien 2014.

Jean-François Desmarchelier reçoit son prix Diderot-Curien , juin 2014

Jean-François est déjà présent sur ce blog puisqu’il est le réalisateur des vidéos sur Andrea, un collègue, et moi.

La médiation scientifique est le chaînon, indispensable, entre le « grand public » et les « acteurs de la recherche ».

De multiples activités

Revenons à l’exemple de Jean-François. Son métier, ou plutôt ses métiers : concepteur d’exposition, scénographe, réalisateur de documentaires et de web documentaires. Son site ataouk.com donne un aperçu de ses activités.  Son travail artistique et ses compétences techniques sont essentiels pour une médiation efficace de la science. Donner envie, faire rêver, guider la découverte, aider à la compréhension. Ensuite libre à chacun d’aller plus loin avec des livres, des conférences plus spécialisées …

Je n’oublie bien-sur pas l’agence Canopée (Lionel, Amandine, Samuel Alexis …) sans qui notre exposition et notre site Planck (entre autres) n’auraient pas pu voir le jour. J’y reviendrai dans d’autres pages sans faute !

Rendre la science humaine et compréhensible

Au niveau d’une manifestion scientifique (Nuit des chercheurs à Dijon, Ouf d’astro à Vaulx-en-Velin), l’ambiance est travaillée : atmosphère sereine, juste ce qu’il faut de mystérieuse (car tout de même « on cherche » !) et propice à l’échange – les scientifiques sont des personnes comme les autres et prêtent à partager le pourquoi et le comment de leur travail.

 

Andrea Catalao, espace Planck à la Nuit des chercheurs 2013, Dijon

Les secrets du bolomètre et du rayonnement fossile, Nuit des chercheurs 2013, Dijon. Crédits : Jean-François Desmarchelier.

L’autre défi est rendre les choses intelligibles … Ce n’est naturellement pas un cours, mais un partage impose un langage commun. Les acteurs de la médiation scientifique travaillent en étroite collaboration avec les chercheurs. Leur rôle est un peu d’accompagner le public vers les étoiles tout en ramenant les chercheurs sur Terre !

Éviter au maximum le jargon, identifier les mots et notions clés, se baser sur des savoirs ou des questions largement établis pour présenter les recherches en cours ou en projet, leurs objectifs et leurs moyens, tel est une partie de leur rôle.

Rendre la science belle

Évidemment avec l’astrophysique la base est déjà – en toute objectivité … – « belle » : les images sont très souvent somptueuses. Mais il faut reconnaitre que ce que les chercheurs trouvent « beau » c’est souvent plus ce qu’elles incarnent que leur aspect visuel. Le rayonnement fossile est archétypal. Ses petits grumeaux objectivement monotones sont plus émouvants que beaux. Il faut donc du talent et une mise en scène pour présenter l’image scientifique originelle, la rendre intelligible ET belle.

L’une de mes préférées est celle faite par l’un des infographistes de l’ESA :

Rayonnement fossile et carte composite de tout le ciel par Planck

Visuel emblématique des résultats cosmologiques de mars 2013. Crédits : ESA – collaboration Planck

L’uniformité est brisée par la superposition de la carte du rayonnement fossile et de l’image composite la carte « rose », devenue un peu un symbole de Planck. Cette dernière  représente essentiellement notre Galaxie, ainsi la mise en place des cartes explique que le rayonnement fossile est plus loin que notre environnement proche – et implicitement qu’il faut réussir à l’isoler et le soustraire pour accéder à l’image primordiale.

Une telle image est une base sur laquelle on peut expliquer presque tous les résultats de la mission Planck lors d’une exposition, quelques phrases ou bien plus selon l’intérêt, le temps disponible, les connaissances. Elle est agréable à regarder mais aussi intrigante : on a envie de savoir ce qu’elle veut dire …

Du Big-Bang au grain de sable

C’est le titre de l’exposition permanente du planétarium de Vaulx-en-Velin qui a ouvert ses portes samedi dernier, et l’occasion de raconter notre collaboration avec ce lieu de culture scientifique exemplaire.

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© Cécile Renault, Planétarium de Vaulx-en-Velin

Mes premiers contacts avec Simon, actuel directeur, ont été en 2009 pour la première édition d’Ouf d’astro. Il monte un évènement autour de l’astro (c’est l’année mondiale de l’astronomie) en coopération avec les labos de la région. Vaulx-en-Velin, de prime abord, ça rappelle à ma génération une actualité de banlieue en feu. Mais c’était il y a longtemps et depuis ils travaillent pour changer cette image par une véritable politique sociale et culturelle, une équipe dynamique, sympathique, pleine d’idées et de talents.

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