La Ligue pour la Protection des Oiseaux (la LPO) reste l’une des références en ce qui concerne le bien-être des oiseaux, leur nourrissage ou leur défense. Que pense-t-elle justement d’une moitié d’orange dans un jardin ?
Cette idée qui circule sur les réseaux sociaux…
… et qui vient de l’autre côté de l’Atlantique. Chaque automne, un conseil revient, en particulier sur les réseaux sociaux : découper une orange en quartier et la proposer aux oiseaux du jardin. La raison avancée ? Septembre marquerait une période durant laquelle la nourriture se raréfie et les oiseaux auraient besoin d’une aide extérieure. Cette pratique est même conseillée par la National Audubon Society, association américaine qui œuvre pour la préservation des oiseaux, pour attirer les orioles de Baltimore, des passereaux orange vif particulièrement friands de fruits et de nectar. Et sur les réseaux sociaux outre-Atlantique, qu’il s’agisse du Canada ou des États-Unis, quelques vidéos circulent et montrent d’ailleurs ces orioles venant picorer la pulpe des moitiés oranges laissées à leur disposition.
Problème : cette pratique, qui vise à leur offrir une ressource supplémentaire, n’est pas particulièrement adaptée aux oiseaux de nos jardins. Vous l’aurez compris, il s’agit d’un geste quelque peu « copié-collé » qui ne se calque pas sur nos saisons et encore moins sur nos petits volatiles indigènes. Mais alors, lorsque septembre est là, devons-nous tout de même disposer des quartiers d’oranges pour nos oiseaux des jardins ?
Que conseillent les spécialistes pour aider les oiseaux en septembre ?
On évoque souvent les nourrissages hivernaux pour aider les oiseaux ne trouvant plus suffisamment de nourriture. Devrions-nous donc adopter la méthode de l’orange venue tout droit du continent américain ? C’est là que le mythe s’effondre… La LPO rappelle qu’en automne, les oiseaux disposent de ressources suffisantes : derniers fruits tombés des arbres, baies, graines et insectes encore bien présents dans la nature, une disponibilité qui dépend évidemment de chaque milieu. Cette information est d’autant plus vraie lorsque l’arrière-saison enregistre des températures douces, de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique, il faut bien l’avouer…
L’association préconise plutôt de débuter le nourrissage des oiseaux lorsque leurs ressources naturelles deviennent réellement difficiles d’accès. Un épisode qui survient au moment des premières gelées, s’étendant en général de début novembre à la fin mars.
En d’autres termes, proposer une orange aux oiseaux qui gravitent autour de votre jardin en septembre arrive un peu tôt par rapport à leur « période de disette ». Si vous souhaitez leur offrir quelques fruits lorsque les températures baissent, mieux vaut privilégier ceux recommandés par la LPO : pommes, poires, raisins ou encore noix et noisettes, l’orange n’étant pas présentée comme un fruit de référence à proposer aux oiseaux.
Comme l’explique la LPO, pour continuer à nourrir les oiseaux au-delà de la période hivernale, faites de votre jardin un repaire pour la biodiversité. Vous les apercevrez toujours, mais ils seront autonomes pour s’alimenter !
En France, pas d’orioles de Baltimore, mais…
En septembre, les températures se rafraîchissent, la nature s’apaise et certains oiseaux commencent leurs déplacements migratoires. Dans nos jardins, vous avez dû observer plusieurs espèces, toujours bien présentes.
Les rouges-gorges ne migrent pas tous, il reste donc courant d’en apercevoir. En ce moment, ils investissent particulièrement les jardins, recherchant de petits invertébrés qui constituent une part importante de leur alimentation. Mais ils peuvent aussi consommer des fruits et des graines.
Les mésanges, elles, sont des habituées des mangeoires hivernales. En septembre, vous les apercevrez peut-être dans un ballet original à la recherche de leur futur habitat. Leur alimentation évolue au fil des saisons : insectes et autres invertébrés, graines, fruits et baies selon les disponibilités.
Les oiseaux au bec jaune-orangé que vous voyez sautiller au pied d’un arbre sont certainement des merles, communs sur notre territoire. Omnivores, ils raffolent des lombrics mais n’ont rien contre picorer du raisin, des mûres, des pommes ou des poires.
Vous pouvez aussi croiser des grives musiciennes, elles suivent le mouvement, se nourrissant d’invertébrés, mais aussi de fruits tombés, de baies et de fruits mûrs.
Et si ces oiseaux ne ressemblent en rien aux orioles de Baltimore picorant les moitiés d’oranges que vous pouvez visionner sur les réseaux sociaux, le divertissement qu’ils offrent reste tout aussi attendrissant et théâtral !
