D’abord une bonne nouvelle : les punaises ne piquent pas et même les infestations massives ne présentent aucun danger, rappelle la DRAAF Occitanie.
Les trois suspectes
La première est la punaise diabolique (Halyomorpha halys), une espèce venue d’Asie, détectée pour la première fois en Europe en 2004 et en France en 2012. Si elle est inoffensive pour l’homme, elle est, comme son nom l’indique, diabolique pour nos cultures et ses ennemis naturels ne sont pas encore connus. Mon astuce pour la différencier de l’espèce européenne ? Je compte les marques blanches sur ses antennes : deux, c’est une diabolique, trois, elle est européenne. Elle se différencie également à l’absence d’épine au niveau de son abdomen ou encore aux taches brunes allongées sur les membranes de ses ailes antérieures.

Deuxième suspecte, j’ai nommé la punaise américaine ou punaise du pin (ou encore Leptoglossus occidentalis). Arrivée en Europe et venue d’Amérique du Nord dans les années 2000, elle est facilement reconnaissable à sa couleur brun-rougeâtre, à son abdomen allongé et à ses pattes postérieures aux tibias aplatis.
Quant à la troisième suspecte, on lui donnerait le « bon Dieu sans confession », pourtant, elle est loin d’être immaculée. C’est la coccinelle asiatique, Harmonia axyridis, introduite en Europe dans une lutte biologique contre le puceron. Particulièrement vorace et prolifique, elle est devenue invasive, s’attaquant aux larves d’espèces indigènes, selon l’INRAE.
Attention cependant à son sosie ! La coccinelle à deux points peut, elle aussi, s’infiltrer dans les maisons, même si elle préfère les écorces d’arbres ou les murets de pierre.
Ce qui les attire chez nous
L’Office pour les insectes et leur environnement (Opie), association nationale de protection de la nature spécialisée sur les insectes, apporte un éclairage surprenant et explique que les insectes pénétrant dans les habitations (chrysopes, coccinelles…) le font pour y trouver un abri en vue d’hiberner. Or, la chaleur de nos intérieurs empêche le ralentissement de leur organisme. Résultat : ils gaspillent leur énergie en vain et ne peuvent pas survivre jusqu’au printemps. Notre salon n’est pas un refuge, il se transforme en piège ! Ce qui n’est pas le cas pour les espèces invasives.
La punaise diabolique recherche des endroits secs et chauds, rien de tel donc que d’entrer chez nous pour hiberner. Comme sa cousine, la punaise américaine est en quête d’un abri chaud pour passer l’hiver et investit les maisons. Le comportement de la coccinelle asiatique présente de grandes similitudes : elle traque les habitations aux intérieurs secs et chauds et se glisse dans les recoins, interstices et autres fissures pour passer l’hiver.

Si les trois espèces invasives finissent par former un essaim parfois massif, c’est qu’elles s’envoient des signaux par phéromones, explique Christophe Brua, de la société alsacienne d’entomologie à France 3. Et de quelques dizaines, vous pouvez vous retrouver à accueillir, contre votre volonté certes, plusieurs milliers d’individus sous votre toit.
Leurs « portes d’entrée »
Inutile d’imaginer un nuage de ces volatiles devant votre porte d’entrée ou vos fenêtres, les punaises comme la coccinelle asiatique profitent surtout de ce que nous ne remarquons presque plus chez nous : les fentes dans les murs, encadrements de fenêtres, coffres de volets roulants, dessous de toiture, aérations, fissures autour des canalisations ou encore interstices sous les portes. Le gouvernement de l’Ontario cite aussi les cheminées et les ventilateurs extracteurs. Garages, greniers et plis de rideaux ne leur font pas peur non plus… Et si, comme moi, vous avez aperçu un amas de coccinelles asiatiques sur l’une des façades de votre maison, c’est qu’elles s’y installent au soleil avant de s’inviter (plus ou moins discrètement) chez vous !
Comment leur « dire non »
Et pour faire sortir ces espèces invasives ? Si vous avez tenté les recettes de grand-mère à base d’ail, de menthe, de clou de girofle ou de vinaigre blanc, je n’ai, de mon côté, trouvé aucune validation scientifique solide (à bon entendeur…).
À ma connaissance, aucun organisme officiel français ne propose de méthode, mais le gouvernement de l’Ontario le dit sans détour : l’exclusion mécanique reste la méthode la plus efficace. Concrètement, il vous faut sceller les fissures (silicone, mousse expansible, etc.) ou encore réparer les moustiquaires aux fenêtres.
Quant à celles déjà entrées chez vous, deux écoles.
L’aspirateur : le gouvernement de l’Ontario recommande de les aspirer puis de jeter rapidement le sac pour éviter que l’odeur persiste.
La cohabitation : les naturalistes de Bourgogne-Franche-Comté la défendent, rappelant que ces punaises ne causent aucun dégât. Un « coup de balayette » pour les récupérer et les aider à trouver un nouvel abri pour l’hiver, la cabane du jardin par exemple ? Dans tous les cas, évitez de les écraser, l’odeur est pestilentielle.
Et si vous voulez aider la science, l’Irae propose de signaler les punaises diaboliques sur la plateforme AGIIR pour mieux gérer leur présence dans votre quotidien. Quant à l’utilisation d’un insecticide, il tue uniquement les « petites bêtes » présentes, sans empêcher les suivantes de revenir, pouvant, en outre, s’avérer plus néfaste pour votre santé que les insectes eux-mêmes !
