Le chauffage électrique reste largement en tête
Si votre logement est entièrement chauffé à l’électricité, inutile de commencer l’enquête par la cafetière. L’ADEME estime la consommation annuelle moyenne du chauffage tout électrique d’une maison à environ 5 000 kWh. À titre de comparaison, un chauffage électrique en appartement représente autour de 1 000 kWh dans son scénario moyen.
Ces chiffres varient évidemment selon la surface, le climat, la qualité du bâtiment, le nombre d’occupants et la température choisie. Une grande maison ancienne ne peut pas être comparée à un studio récent entouré de logements chauffés.
Le ballon d’eau chaude électrique arrive ensuite avec une moyenne estimée à 1 300 kWh par an. À eux deux, le chauffage d’une maison et la production d’eau chaude peuvent donc représenter plusieurs milliers de kilowattheures, bien davantage que les appareils électroménagers traditionnels. Les estimations de l’ADEME, mises à jour le 7 mai 2026, reposent sur les mesures de son programme Panel Elecdom et sur un coût indicatif de 0,20 euro par kWh.
Avant de remplacer un grille-pain, regardez donc le thermostat, la programmation du chauffage et l’état de l’isolation de la maison. Selon l’ADEME, diminuer la température de consigne de 1 °C réduit en moyenne d’environ 7 % la consommation liée au chauffage.
C’est parfois là que se trouvent les économies les plus simples. J’ai déjà vu un radiateur fonctionner toute une matinée dans une chambre vide parce que sa programmation avait été oubliée après un week-end froid. Aucun voyant spectaculaire ne signalait le gaspillage : l’appareil chauffait simplement une pièce fermée, en toute discrétion.
Le réfrigérateur et le congélateur travaillent sans interruption
Dans la cuisine, les appareils de froid occupent une place particulière. Contrairement au four ou aux plaques, ils restent branchés 24 heures sur 24.
D’après les moyennes publiées par l’ADEME, un réfrigérateur consomme environ 180 kWh par an. Un modèle combinant réfrigérateur et congélateur monte à 315 kWh, tandis qu’un congélateur indépendant atteint environ 300 kWh.
Ces moyennes cachent de fortes différences. Dans la comparaison Topten reprise par l’ADEME, un réfrigérateur performant de classe A et d’un volume de 350 litres consomme environ 110 kWh par an, contre 300 kWh pour un appareil peu efficace de classe F.
La taille compte autant que la lettre affichée. Un immense réfrigérateur américain classé correctement peut consommer davantage qu’un petit modèle adapté aux besoins d’un couple. Les distributeurs de glaçons, les écrans intégrés et les compartiments multiples augmentent également les besoins.
Pour limiter la consommation :
- laissez circuler l’air derrière l’appareil ;
- éloignez-le du four, d’un radiateur et du soleil direct ;
- réglez le réfrigérateur autour de 4 °C et le congélateur à −18 °C ;
- ne placez pas de plat encore chaud à l’intérieur ;
- vérifiez régulièrement l’état des joints ;
- dégivrez lorsque la glace atteint environ 3 millimètres.
Une couche de givre oblige le système à travailler davantage. L’ADEME recommande ainsi un dégivrage dès que la couche dépasse 3 millimètres et estime que cet entretien peut économiser une dizaine d’euros par an.
Le petit test de la feuille peut également révéler un joint fatigué : coincez une feuille dans la porte du frigo, fermez-la, puis tirez doucement. Si le papier glisse sans résistance à plusieurs endroits, le joint mérite d’être nettoyé, repositionné ou remplacé.

Le sèche-linge consomme plus que le lave-linge
Dans la buanderie, le sèche-linge reste l’appareil à surveiller en priorité. L’ADEME estime sa consommation moyenne à environ 180 kWh par an, contre 85 kWh pour un lave-linge de 8 kg utilisé durant 198 cycles.
Un modèle récent et performant peut descendre autour de 75 kWh par an, tandis qu’un sèche-linge peu efficace peut dépasser 200 kWh. De manière générale, un sèche-linge consomme en moyenne trois fois plus d’énergie qu’un lave-linge, car retirer l’eau par chauffage demande beaucoup plus d’électricité que l’extraire mécaniquement pendant l’essorage.
Pour réduire cette dépense :
- essorez le linge à une vitesse adaptée avant le séchage ;
- utilisez le séchage naturel dès que les conditions le permettent ;
- ne lancez pas un tambour presque vide ;
- choisissez un programme avec détection d’humidité ;
- nettoyez le filtre après chaque cycle ;
- vérifiez que l’air circule correctement autour de l’appareil.
Les peluches du sèche-linge ne sont pas seulement désagréables à retirer. Lorsqu’elles s’accumulent dans le filtre, elles ralentissent le passage de l’air, allongent le séchage et peuvent présenter un risque d’échauffement.
Le lave-linge reste beaucoup moins énergivore, mais la température du programme change fortement le résultat. Une grande partie de l’électricité sert à chauffer l’eau. Pour le linge courant, un lavage à 30 °C, avec un tambour correctement rempli, suffit généralement.
N’oubliez pas non plus la trappe oubliée du lave-linge, derrière laquelle se trouve souvent le filtre de vidange. Un filtre encombré ne transforme pas automatiquement la machine en gouffre énergétique, mais il peut gêner l’évacuation de l’eau, provoquer des odeurs et perturber son fonctionnement.
Le lave-vaisselle consomme moins qu’on ne l’imagine
L’ADEME estime qu’un lave-vaisselle de 14 couverts consomme en moyenne environ 150 kWh par an pour 166 cycles. Un appareil récent de classe A peut se rapprocher de 90 kWh.
Le programme éco semble parfois interminable, mais sa durée ne signifie pas qu’il consomme davantage. Il chauffe généralement l’eau à une température plus basse et laisse davantage de temps aux produits et à l’action mécanique pour détacher les salissures.
À l’inverse, le cycle court du lave-vaisselle peut demander une montée en température rapide. Il n’est donc pas nécessairement le programme le plus économique, malgré son nom rassurant.
Les gestes utiles sont simples :
- attendez que la machine soit suffisamment remplie ;
- ne superposez pas les assiettes ;
- retirez les restes sans rincer longuement sous le robinet ;
- nettoyez régulièrement le filtre et les bras d’aspersion ;
- privilégiez le programme éco pour une charge normale.
Il n’est pas toujours judicieux de couper totalement l’alimentation du lave-vaisselle ou du lave-linge entre deux cycles. L’ADEME rappelle que certaines veilles servent à détecter les fuites d’eau. Mieux vaut suivre la notice du fabricant plutôt que brancher automatiquement chaque appareil sur une multiprise coupée la nuit.
Plaques, four et micro-ondes : la fréquence change tout
Dans les moyennes de l’ADEME, les plaques vitrocéramiques représentent environ 200 kWh par an, contre 115 kWh pour une plaque à induction performante. Le four électrique consomme environ 130 kWh et le micro-ondes autour de 40 kWh.
Ces chiffres dépendent beaucoup des habitudes. Une personne qui cuisine chaque repas au four n’aura évidemment pas le même bilan qu’un foyer qui l’utilise deux fois par semaine.
Quelques réflexes réduisent la dépense sans modifier les recettes :
- adaptez la taille de la casserole au foyer ;
- placez un couvercle sur les préparations qui mijotent ;
- utilisez la chaleur tournante pour cuire plusieurs plats ;
- évitez les préchauffages inutiles ;
- éteignez les plaques un peu avant la fin lorsqu’elles conservent de la chaleur ;
- réchauffez une petite portion au micro-ondes plutôt que dans un grand four.
Évitez toutefois de comparer uniquement la puissance affichée. Un appareil de 2 000 watts utilisé pendant dix minutes peut consommer moins qu’un équipement de 200 watts fonctionnant toute la journée.
La box Internet et les écrans consomment toute l’année
Un téléviseur ne paraît pas très gourmand lorsqu’il est éteint. Pourtant, sa durée d’utilisation, sa taille et sa luminosité influencent fortement sa consommation. L’ADEME retient une moyenne d’environ 155 kWh par an pour un téléviseur utilisé six heures par jour.
La box Internet atteint environ 95 kWh par an lorsqu’elle reste active vingt-deux heures par jour. Une console de jeux représente autour de 100 kWh et un ordinateur fixe environ 140 kWh, contre seulement 25 kWh pour un ordinateur portable dans les scénarios moyens.
La box peut être coupée pendant une absence prolongée ou durant la nuit lorsqu’aucun appareil n’en dépend. Vérifiez toutefois qu’elle ne commande pas une alarme, un téléphone fixe, une caméra ou un équipement connecté indispensable.
Dans le salon, une multiprise avec interrupteur peut regrouper le téléviseur, le décodeur et la console. Elle évite plusieurs veilles en un seul geste. Ne l’utilisez jamais pour les appareils de forte puissance ou pour des équipements qui doivent fonctionner en permanence.
Cette extinction nocturne ne réglera pas un problème de Wi-Fi dans une pièce éloignée, mais elle peut réduire une petite consommation répétée 365 jours par an.
Comment identifier le véritable responsable chez vous ?
Les moyennes nationales servent de repères, pas de diagnostic. Votre congélateur peut consommer deux fois moins que la moyenne, tandis qu’un chauffe-eau mal réglé ou un vieux radiateur pèse beaucoup plus lourd.
Le compteur Linky permet de consulter la consommation quotidienne et, avec l’autorisation de l’usager, des données plus détaillées. Pour tester un appareil, comparez deux journées aux conditions proches, ou relevez la puissance instantanée avant et après sa mise en marche.
Une prise mesurant l’énergie peut être utilisée avec certains petits et moyens appareils, à condition de respecter sa puissance maximale. Elle ne doit pas servir à mesurer un chauffe-eau, des plaques électriques ou un appareil directement raccordé au tableau.
Le calcul du coût reste simple :
consommation en kWh × prix du kWh indiqué sur le contrat
Un appareil consommant 300 kWh par an représente par exemple 60 euros avec un prix de référence de 0,20 euro par kWh. L’abonnement n’entre pas dans ce calcul, puisqu’il est payé indépendamment de cet usage.
Au 30 juillet 2026, le tarif réglementé en option Base pour une puissance de 6 kVA affiche une part variable de 19,40 centimes par kWh. Une augmentation moyenne de 2,5 % des tarifs réglementés entre en vigueur le 1er août 2026, mais son effet exact dépendra de l’option tarifaire et de la puissance souscrite.
L’étiquette énergie a changé de classement
La recommandation consistant à choisir systématiquement un appareil « A+++ » est désormais dépassée pour plusieurs catégories. Depuis 2021, les réfrigérateurs, congélateurs, lave-linge, lave-vaisselle, téléviseurs et éclairages utilisent une échelle simplifiée allant de A à G, sans signe « + ».
Un ancien appareil A+++ peut désormais correspondre à une classe C, D ou E selon sa catégorie et les nouvelles méthodes de calcul. Cela ne signifie pas que l’appareil est devenu moins performant du jour au lendemain : l’échelle a été rendue plus exigeante pour laisser de la place aux progrès futurs.
Lors d’un achat, ne regardez pas uniquement la lettre. Comparez aussi :
- la consommation annuelle en kWh ;
- la consommation pour 100 cycles ;
- la capacité réellement nécessaire ;
- le niveau sonore ;
- la durée du programme éco ;
- la disponibilité des pièces détachées ;
- l’indice de réparabilité lorsqu’il existe.
Un petit appareil de classe C peut parfois consommer moins d’électricité qu’un immense modèle de classe A, simplement parce que son volume est beaucoup plus faible.
Faut-il remplacer tous les vieux appareils ?
Changer un équipement fonctionnel uniquement pour gagner quelques kilowattheures n’est pas toujours le meilleur calcul. La fabrication, le transport et la fin de vie du nouvel appareil possèdent également un coût environnemental.
Le remplacement devient plus pertinent lorsqu’un appareil consomme anormalement, tombe régulièrement en panne, ne correspond plus aux besoins ou présente un problème de sécurité. Avant l’achat, vérifiez si un entretien ou une réparation raisonnable peut prolonger sa durée de vie.
Pour un réfrigérateur ou un congélateur qui fonctionne en continu, la différence entre un modèle très ancien et un appareil performant peut néanmoins devenir importante sur dix ou quinze ans. L’ADEME estime qu’un foyer équipé d’appareils efficaces peut économiser près de 2 800 euros sur quinze ans par rapport à un logement utilisant des équipements peu performants, selon les hypothèses de la comparaison Topten 2026.
Des panneaux solaires peuvent couvrir une partie de la consommation permanente en journée, notamment celle du réfrigérateur, du congélateur, de la ventilation ou de la box. Ils ne dispensent toutefois pas de supprimer les gaspillages : produire de l’électricité pour alimenter un appareil inutilement énergivore reste rarement la solution la plus rationnelle.
Le véritable classement des appareils énergivores dépend donc de votre logement. Dans une maison tout électrique, le chauffage et l’eau chaude dominent. Parmi les appareils du quotidien, le froid, le sèche-linge, les plaques de cuisson et les équipements laissés en fonctionnement permanent méritent le plus d’attention. Avant de vous priver d’une tasse de café, commencez par mesurer ce qui consomme réellement : la facture réserve parfois des suspects beaucoup moins évidents.
