Anticiper son avenir financier est devenu une préoccupation majeure pour une grande partie des salariés. Au quatrième trimestre 2025, le ministère de l’Économie et des Finances indiquait que le plan d’épargne retraite dépassait les 150 milliards d’euros d’encours et comptait plus de 12,9 millions de titulaires.
Face aux réformes successives, compter uniquement sur le système de retraite par répartition ne suffit pas toujours à préserver son niveau de vie une fois sa carrière terminée. C’est dans ce contexte que les dispositifs collectifs prennent tout leur intérêt. Parmi eux, le plan d’épargne retraite obligatoire constitue un levier particulièrement intéressant pour se créer un complément de revenus à long terme, sans avoir à fournir un effort financier trop important au quotidien.
Un dispositif collectif pour construire sa retraite avec son entreprise
Le PER obligatoire est une solution d’épargne à long terme mise en place au sein de l’entreprise. Contrairement aux plans individuels, l’adhésion est obligatoire pour l’ensemble des salariés ou pour une catégorie objective de collaborateurs, comme les cadres, par exemple.
Son principal avantage repose sur un financement partagé. L’employeur est tenu d’effectuer des cotisations régulières sur le compte du salarié. Ce dernier peut également participer à son financement, mais une partie de l’épargne est directement alimentée par l’entreprise. Ces versements réguliers permettent ainsi au capital de progresser au fil du temps sans peser excessivement sur le budget mensuel du salarié.
Le dispositif offre donc une réelle occasion de commencer à épargner tôt, y compris avec des montants modestes. Il permet également de profiter, par défaut, d’une gestion pilotée qui réduit progressivement le niveau de risque des investissements à mesure que l’âge de la retraite approche.

Une fiscalité avantageuse pour mieux préparer l’avenir
Au-delà de la constitution d’une épargne pour la retraite, le dispositif présente également des avantages fiscaux immédiats. Les cotisations obligatoires versées par l’employeur et le salarié sont exonérées d’impôt sur le revenu dans les limites fixées par la législation.
L’intérêt du dispositif ne s’arrête toutefois pas aux cotisations obligatoires. Si le salarié choisit d’effectuer des versements volontaires individuels sur le même plan afin de renforcer son épargne, les sommes versées peuvent être déduites de son revenu imposable.
Pour les ménages soumis à une imposition importante, cette possibilité représente un moyen concret de réduire leur facture fiscale annuelle tout en constituant un patrimoine destiné à financer leur retraite. Ce double avantage peut ainsi rendre l’effort d’épargne beaucoup plus facile à supporter au quotidien.
Les modalités de sortie : rente ou capital ?
Au moment de la liquidation des droits à la retraite ou lorsque l’âge légal est atteint, l’épargnant peut récupérer les sommes accumulées. Les modalités de sortie varient toutefois selon l’origine des versements effectués sur le plan.
Les sommes provenant des cotisations obligatoires doivent être liquidées sous la forme d’une rente viagère, qui assure au bénéficiaire le versement régulier d’un revenu jusqu’à la fin de sa vie.
Pour les versements volontaires ou les sommes provenant de l’épargne salariale, notamment l’intéressement ou la participation, le salarié conserve davantage de liberté. Il peut opter pour une sortie en capital, versée en une seule fois ou de manière fractionnée, ou choisir une rente.
La loi prévoit également plusieurs situations permettant un déblocage anticipé des sommes placées, notamment en cas d’achat de la résidence principale ou pour faire face à certains accidents de la vie. Ces possibilités apportent une souplesse supplémentaire et permettent, dans certaines circonstances, d’accéder à son épargne avant l’échéance initialement prévue.
