{"id":1999,"date":"2015-12-19T19:07:18","date_gmt":"2015-12-19T19:07:18","guid":{"rendered":"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/?p=1999"},"modified":"2016-02-06T14:21:50","modified_gmt":"2016-02-06T14:21:50","slug":"un-conte-de-noel-martien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/2015\/12\/19\/un-conte-de-noel-martien\/","title":{"rendered":"Un conte de No\u00ebl martien"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Lu r\u00e9cemment cet extraordinaire mais peu connu conte de Guy de Maupassant, paru en 1887.<br \/>\nMaupassant s&#8217;est sans doute inspir\u00e9 d&#8217;un passage de &#8220;<em>Terres du ciel<\/em>&#8221; de Flammarion, dont on retrouve toutes les donn\u00e9es scientifiques pr\u00e9cises, \u00e0 peine reformul\u00e9es. L&#8217;astronome y disait, entre autres : &#8220;II est bien probable qu&#8217;en raison de la disposition toute particuli\u00e8re des choses, la s\u00e9rie zoologique martiale s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9e de pr\u00e9f\u00e9rence par la succession des esp\u00e8ces ail\u00e9es. La conclusion naturelle est que les esp\u00e8ces animales sup\u00e9rieures y sont munies d&#8217;ailes.&#8221;<\/p>\n<figure id=\"attachment_2001\" aria-describedby=\"caption-attachment-2001\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/terresduciel.jpg\" rel=\"lightbox[1999]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2001\" src=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/terresduciel-450x256.jpg\" alt=\"Une gravure du livre &quot;Les Terres du Ciel&quot; de Camille Flammarion, paru en 1884, qui illustre &quot;le lever du soleil sur les canaux de Mars&quot;. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les astronomes n\u2019\u00e9taient pas oppos\u00e9s au fait que pratiquement chaque plan\u00e8te du syst\u00e8me solaire puisse abriter la vie.\" width=\"450\" height=\"256\" srcset=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/terresduciel-450x256.jpg 450w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/terresduciel.jpg 1000w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2001\" class=\"wp-caption-text\">Une gravure du livre &#8220;Les Terres du Ciel&#8221; de Camille Flammarion, paru en 1884, qui illustre &#8220;le lever du soleil sur les canaux de Mars&#8221;. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, les astronomes n\u2019\u00e9taient pas oppos\u00e9s au fait que pratiquement chaque plan\u00e8te du syst\u00e8me solaire puisse abriter la vie.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">Peut-\u00eatre Maupassant avait-il eu aussi connaissance d&#8217;un texte \u00e9trange, paru en 1865, sign\u00e9 Fran\u00e7ois-Henri Peudefer de Parville et intitul\u00e9 &#8220;<em>Un habitant de la plan\u00e8te Mars<\/em> &#8220;: on y d\u00e9couvrait le cadavre calcifi\u00e9 d&#8217;un extra-terrestre dont le tombeau, arrach\u00e9 au sol de notre voisine par le choc d&#8217;un ast\u00e9ro\u00efde, \u00e9tait tomb\u00e9 sur Terre \u00e0 l&#8217;\u00e9poque pal\u00e9olithique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2007\" aria-describedby=\"caption-attachment-2007\" style=\"width: 253px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1881_Martian_Mummy.jpg\" rel=\"lightbox[1999]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2007\" src=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1881_Martian_Mummy-253x450.jpg\" alt=\"La momie martienne d\u00e9crite dans le r\u00e9cit de De Parville et reproduite dans &quot;Les Terres du Ciel&quot; de Flammarion \" width=\"253\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1881_Martian_Mummy-253x450.jpg 253w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1881_Martian_Mummy.jpg 400w\" sizes=\"auto, (max-width: 253px) 100vw, 253px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2007\" class=\"wp-caption-text\">La momie martienne d\u00e9crite dans le r\u00e9cit de De Parville et reproduite dans &#8220;Les Terres du Ciel&#8221; de Flammarion<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\" align=\"justify\">C&#8217;est le seul conte d&#8217;inspiration purement scientifique de l&#8217;auteur du &#8220;Horla&#8221;. <span style=\"color: #339966\">[1]<br \/>\n<\/span>Je le reproduis enti\u00e8rement ci-dessous, mais je me suis permis d&#8217;y intercaler des illustrations reli\u00e9es au contenu.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: center\" align=\"justify\">*****************<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong>L&#8217;HOMME DE MARS<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify\">J&#8217;\u00e9tais en train de travailler quand mon domestique annon\u00e7a : \u00ab Monsieur, c&#8217;est un monsieur qui demande \u00e0 parler \u00e0 Monsieur.<br \/>\n\u2014\u00a0 Faites entrer. \u00bb<br \/>\nJ&#8217;aper\u00e7us un petit homme qui saluait. Il avait l&#8217;air d&#8217;un ch\u00e9tif ma\u00eetre d&#8217;\u00e9tudes \u00e0 lunettes, dont le corps fluet n&#8217;adh\u00e9rait de nulle part \u00e0 ses v\u00eatements trop larges.<br \/>\nIl balbutia :<br \/>\n\u00ab Je vous demande pardon, Monsieur, bien pardon de vous d\u00e9ranger. \u00bb<br \/>\nJe dis :<br \/>\n\u00ab Asseyez-vous, Monsieur. \u00bb<br \/>\nIl s&#8217;assit et reprit :<br \/>\n\u00ab Mon Dieu, Monsieur, je suis tr\u00e8s troubl\u00e9 par la d\u00e9mar\u00adche que j&#8217;entreprends. Mais il fallait absolument que je visse quelqu&#8217;un, il n&#8217;y avait que vous&#8230; que vous&#8230; Enfin, j&#8217;ai pris du courage&#8230; mais vraiment&#8230; je n&#8217;ose plus.<br \/>\n\u2014\u00a0 Osez donc, Monsieur<br \/>\n\u2014\u00a0 Voil\u00e0, Monsieur, c&#8217;est que, d\u00e8s que j&#8217;aurai commenc\u00e9 \u00e0 parler, vous allez me prendre pour un fou.<br \/>\n\u2014\u00a0 Mon Dieu, Monsieur, cela d\u00e9pend de ce que vous allez me dire.<br \/>\n\u2014\u00a0 Justement, Monsieur, ce que je vais vous dire est bizarre. Mais je vous prie de consid\u00e9rer que je ne suis pas fou, pr\u00e9cis\u00e9ment par cela m\u00eame que je constate l&#8217;\u00e9tranget\u00e9 de ma confidence.<br \/>\n\u2014\u00a0 Eh bien, Monsieur, allez.<br \/>\n\u2014\u00a0 Non, Monsieur, je ne suis pas fou, mais j&#8217;ai l&#8217;air fou des hommes qui ont r\u00e9fl\u00e9chi plus que les autres et qui ont franchi un peu, si peu, les barri\u00e8res de la pens\u00e9e moyenne. Songez donc, Monsieur, que personne ne pense \u00e0 rien dans ce monde. Chacun s&#8217;occupe de <em>ses <\/em>affaires, de <em>sa <\/em>fortune, de <em>ses <\/em>plaisirs, de <em>sa <\/em>vie enfin, ou de petites b\u00eatises amusantes comme le th\u00e9\u00e2tre, la peinture, la musique ou de la politique, la plus vaste des niaiseries, ou de questions industrielles. Mais qui donc pense ? Qui donc ? Personne ! Oh ! je m&#8217;emballe ! Je retourne \u00e0 mes moutons.<br \/>\n\u00bb Voil\u00e0 cinq ans que je viens ici, Monsieur. Vous ne me connaissez pas, mais moi je vous connais tr\u00e8s bien&#8230; Je ne me m\u00eale jamais au public de votre plage ou de votre casino. Je vis sur les falaises, j&#8217;adore positivement ces falaises d&#8217;Etretat. Je n&#8217;en connais pas de plus belles, de plus saines. Je veux dire saines pour l&#8217;esprit. C&#8217;est une admirable route entre le ciel et la mer, une route de gazon, qui court sur cette grande muraille, au bord de la terre, au-dessus de l&#8217;Oc\u00e9an. Mes meilleurs jours sont ceux que j&#8217;ai pass\u00e9s, \u00e9tendu sur une pente d&#8217;herbes, en plein soleil, \u00e0 cent m\u00e8tres au-dessus des vagues, \u00e0 r\u00eaver. Me comprenez-vous ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Oui, Monsieur, parfaitement.<br \/>\n\u2014\u00a0 Maintenant, voulez-vous me permettre de vous poser une question ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Posez, Monsieur.<br \/>\n\u2014\u00a0 Croyez-vous que les autres plan\u00e8tes soient habit\u00e9es ? \u00bb<br \/>\nJe r\u00e9pondis sans h\u00e9siter et sans para\u00eetre surpris :<br \/>\n\u00ab Mais, certainement, je le crois. \u00bb<br \/>\nIl fut \u00e9mu d&#8217;une joie v\u00e9h\u00e9mente, se leva, se rassit, saisi par l&#8217;envie \u00e9vidente de me serrer dans ses bras, et il s&#8217;\u00e9cria :<br \/>\n\u00ab Ah ! ah ! quelle chance ! quel bonheur ! je respire ! Mais comment ai-je pu douter de vous ? Un homme ne serait pas intelligent s&#8217;il ne croyait pas les mondes habit\u00e9s. Il faut \u00eatre un sot, un cr\u00e9tin, un idiot, une brute, pour supposer que les milliards d&#8217;univers brillent et tournent uniquement pour amuser et \u00e9tonner l&#8217;homme, cet insecte imb\u00e9cile, pour ne pas comprendre que la terre n&#8217;est rien qu&#8217;une poussi\u00e8re invisible dans la poussi\u00e8re des mondes, que notre syst\u00e8me tout entier n&#8217;est rien que quelques mol\u00e9cules de vie sid\u00e9rale qui mour\u00adront bient\u00f4t. Regardez la voie lact\u00e9e, ce fleuve d&#8217;\u00e9toiles, et songez que ce n&#8217;est rien qu&#8217;une tache dans l&#8217;\u00e9tendue qui est <em>infinie. <\/em>Songez \u00e0 cela seulement dix minutes et vous com\u00adprendrez pourquoi nous ne savons rien, nous ne devinons rien, nous ne comprenons rien. Nous ne connaissons qu&#8217;un point, nous ne savons rien au-del\u00e0, rien au-dehors, rien de nulle part, et nous croyons, et nous affirmons. Ah ! ah ! ah !!! S&#8217;il nous \u00e9tait r\u00e9v\u00e9l\u00e9 tout \u00e0 coup, ce secret de la grande vie ultra-terrestre, quel \u00e9tonnement ! Mais non&#8230; mais non&#8230; je suis une b\u00eate \u00e0 mon tour, nous ne le comprendrions pas, car notre esprit n&#8217;est fait que pour comprendre les choses de cette terre ; il ne peut s&#8217;\u00e9tendre plus loin, il est limit\u00e9, comme notre vie, encha\u00een\u00e9 sur cette petite boule, qui nous porte, et il juge tout par comparaison. Voyez donc, Monsieur, comme tout le monde est sot, \u00e9troit et persuad\u00e9 de la puissance de notre intelligence, qui d\u00e9passe \u00e0 peine l&#8217;instinct des animaux. Nous n&#8217;avons m\u00eame pas la facult\u00e9 de percevoir notre infir\u00admit\u00e9, nous sommes faits pour savoir le prix du beurre et du bl\u00e9, et, au plus, pour discuter sur la valeur de deux chevaux, de deux bateaux, de deux ministres ou de deux artistes.<br \/>\n\u00bb C&#8217;est tout. Nous sommes aptes tout juste \u00e0 cultiver la terre et \u00e0 nous servir maladroitement de ce qui est dessus. A peine commen\u00e7ons-nous \u00e0 construire des machines qui mar\u00adchent, nous nous \u00e9tonnons comme des enfants \u00e0 chaque d\u00e9couverte que nous aurions d\u00fb faire depuis des si\u00e8cles, si nous avions \u00e9t\u00e9 des \u00eatres sup\u00e9rieurs. Nous sommes encore entour\u00e9s d&#8217;inconnu, m\u00eame en ce moment o\u00f9 il a fallu des milliers d&#8217;ann\u00e9es de vie intelligente pour soup\u00e7onner l&#8217;\u00e9lectri\u00adcit\u00e9. Sommes-nous du m\u00eame avis ? \u00bb<br \/>\nJe r\u00e9pondis en riant :<br \/>\n\u00ab Oui, Monsieur.<br \/>\n\u2014\u00a0 Tr\u00e8s bien, alors. Eh bien, Monsieur, vous \u00eates-vous quelquefois occup\u00e9 de Mars ?<br \/>\n\u2014\u00a0 De Mars ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Oui, de la plan\u00e8te Mars ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Non, Monsieur.<br \/>\n\u2014\u00a0 Voulez-vous me permettre de vous en dire quelques mots?<br \/>\n\u2014\u00a0 Mais oui, Monsieur, avec grand plaisir.<br \/>\n\u2014\u00a0 Vous savez sans doute que les mondes de notre syst\u00e8me, de notre petite famille, ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s par la con\u00addensation en globes d&#8217;anneaux gazeux primitifs, d\u00e9tach\u00e9s l&#8217;un apr\u00e8s l&#8217;autre de la n\u00e9buleuse solaire ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Oui, Monsieur.<br \/>\n\u2014\u00a0 Il r\u00e9sulte de cela que les plan\u00e8tes les plus \u00e9loign\u00e9es sont les plus vieilles, et doivent \u00eatre, par cons\u00e9quent, les plus civilis\u00e9es. Voici l&#8217;ordre de leur naissance : Uranus, Saturne, Jupiter, Mars, la Terre, V\u00e9nus, Mercure. Voulez-vous admet\u00adtre que ces plan\u00e8tes soient habit\u00e9es comme la terre ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Mais certainement. Pourquoi croire que la terre est une exception ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Tr\u00e8s bien. L&#8217;homme de Mars \u00e9tant plus ancien que l&#8217;homme de la Terre&#8230; Mais je vais trop vite. Je veux d&#8217;abord vous prouver que Mars est habit\u00e9. Mars pr\u00e9sente \u00e0 nos yeux \u00e0 peu pr\u00e8s l&#8217;aspect que la Terre doit pr\u00e9senter aux observateurs martiaux. Les oc\u00e9ans y tiennent moins de place et y sont plus \u00e9parpill\u00e9s. On les reconna\u00eet \u00e0 leur teinte noire parce que l&#8217;eau absorbe la lumi\u00e8re, tandis que les continents la r\u00e9fl\u00e9chissent. Les modifications g\u00e9ographiques sont fr\u00e9\u00adquentes sur cette plan\u00e8te et prouvent l&#8217;activit\u00e9 de sa vie. Elle a des saisons semblables aux n\u00f4tres, des neiges aux p\u00f4les que l&#8217;on voit cro\u00eetre et diminuer suivant les \u00e9poques. Son ann\u00e9e est tr\u00e8s longue, six cent quatre-vingt-sept jours terrestres, soit six cent soixante-huit jours martiaux, d\u00e9compos\u00e9s comme suit : cent quatre-vingt-onze pour le printemps, cent quatre-vingt-un pour l&#8217;\u00e9t\u00e9, cent quarante-neuf pour l&#8217;automne et cent quarante-sept pour l&#8217;hiver. On y voit moins de nuages que chez nous. Il doit y faire par cons\u00e9quent plus froid et plus chaud. \u00bb<br \/>\nJe l&#8217;interrompis.<br \/>\n\u00ab Pardon, Monsieur, Mars \u00e9tant beaucoup plus loin que nous du soleil, il doit y faire toujours plus froid, me semble-t-il. \u00bb<br \/>\nMon bizarre visiteur s&#8217;\u00e9cria avec une grande v\u00e9h\u00e9mence :<br \/>\n\u00ab Erreur, Monsieur ! Erreur, erreur absolue ! Nous sommes, nous autres, plus loin du soleil en \u00e9t\u00e9 qu&#8217;en hiver. Il fait plus froid sur le sommet du Mont Blanc qu&#8217;\u00e0 son pied. Je vous renvoie d&#8217;ailleurs \u00e0 la th\u00e9orie m\u00e9canique de la chaleur de Helmoltz et de Schiaparelli. La chaleur du sol d\u00e9pend principalement de la quantit\u00e9 de vapeur d&#8217;eau que contient l&#8217;atmosph\u00e8re. Voici pourquoi : le pouvoir absorbant d&#8217;une mol\u00e9cule de vapeur aqueuse est seize mille fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui d&#8217;une mol\u00e9cule d&#8217;air sec, donc la vapeur d&#8217;eau est notre magasin de chaleur ; et Mars ayant moins de nuages doit \u00eatre en m\u00eame temps beaucoup plus chaud et beaucoup plus froid que la terre.<br \/>\n\u2014\u00a0 Je ne le conteste plus.<br \/>\n\u2014\u00a0 Fort bien. Maintenant, Monsieur, \u00e9coutez-moi avec une grande attention. Je vous prie.<br \/>\n\u2014\u00a0 Je ne fais que cela, Monsieur.<br \/>\n\u2014\u00a0 Vous avez entendu parler des fameux canaux d\u00e9cou\u00adverts en 1884 par M. Schiaparelli ?<br \/>\n\u2014\u00a0 Tr\u00e8s peu.<br \/>\n\u2014\u00a0 Est-ce possible ! Sachez donc qu&#8217;en 1884, Mars se trouvant en opposition et s\u00e9par\u00e9e de nous par une distance de vingt-quatre millions de lieues seulement, M. Schiaparelli, un des plus \u00e9minents astronomes de notre si\u00e8cle et un des observateurs les plus s\u00fbrs, d\u00e9couvrit tout \u00e0 coup une grande quantit\u00e9 de lignes noires droites ou bris\u00e9es suivant des formes g\u00e9om\u00e9triques constantes, et qui unissaient, \u00e0 travers les conti\u00adnents, les mers de Mars ! Oui, oui, Monsieur, des canaux rectilignes, des canaux g\u00e9om\u00e9triques, d&#8217;une largeur \u00e9gale sur tout leur parcours, des canaux construits par des \u00eatres ! Oui, Monsieur, la preuve que Mars est habit\u00e9e, qu&#8217;on y vit, qu&#8217;on y pense, qu&#8217;on y travaille, qu&#8217;on nous regarde : comprenez-vous, comprenez-vous ?<br \/>\n\u00bb Vingt-six mois plus tard, lors de l&#8217;opposition suivante on a revu ces canaux, plus nombreux, oui, Monsieur. Et ils sont gigantesques, leur largeur n&#8217;ayant pas moins de cent kilom\u00e8tres. \u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_2004\" aria-describedby=\"caption-attachment-2004\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1892_Mars_map.jpg\" rel=\"lightbox[1999]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-2004\" src=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1892_Mars_map-450x245.jpg\" alt=\"Les canaux martiens selon Schiaparelli, eproduits dans &quot;La Plan\u00e8te Mars&quot; de Camille Flammarion (1892)\" width=\"450\" height=\"245\" srcset=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1892_Mars_map-450x245.jpg 450w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/FLAMMARION_1892_Mars_map.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2004\" class=\"wp-caption-text\">Les canaux martiens selon Schiaparelli, reproduits dans &#8220;La Plan\u00e8te Mars&#8221; de Camille Flammarion (1892)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">Je souris en r\u00e9pondant :<br \/>\n\u00ab Cent kilom\u00e8tres de largeur. Il a fallu de rudes ouvriers pour les creuser.<br \/>\n\u2014 Oh, Monsieur, que dites-vous l\u00e0 ? Vous ignorez donc que ce travail est infiniment plus ais\u00e9 sur Mars que sur la Terre puisque la densit\u00e9 de ses mat\u00e9riaux constitutifs ne d\u00e9passe pas le soixante-neuvi\u00e8me des n\u00f4tres ! L&#8217;intensit\u00e9 de la pesanteur y atteint \u00e0 peine le trente-septi\u00e8me de la n\u00f4tre.<br \/>\n\u00bb Un kilogramme d&#8217;eau n&#8217;y p\u00e8se que trois cent soixante-dix grammes ! \u00bb<br \/>\nIl me jetait ces chiffres avec une telle assurance, avec une telle confiance de commer\u00e7ant qui sait la valeur d&#8217;un nombre, que je ne pus m&#8217;emp\u00eacher de rire tout \u00e0 fait et j&#8217;avais envie de lui demander ce que p\u00e8sent, sur Mars, le sucre et le beurre.<br \/>\nIl remua la t\u00eate.<br \/>\n\u00ab Vous riez. Monsieur, vous me prenez pour un imb\u00e9cile apr\u00e8s m&#8217;avoir pris pour un fou. Mais les chiffres que je vous cite sont ceux que vous trouverez dans tous les ouvrages sp\u00e9ciaux d&#8217;astronomie. Le diam\u00e8tre de Mars est presque moiti\u00e9 plus petit que le n\u00f4tre ; sa surface n&#8217;a que les vingt-six centi\u00e8mes de celle du globe ; son volume est six fois et demie plus petit que celui de la Terre et la vitesse de ses deux satellites prouve qu&#8217;il p\u00e8se dix fois moins que nous. Or, Monsieur, l&#8217;intensit\u00e9 de la pesanteur d\u00e9pendant de la masse et du volume, c&#8217;est-\u00e0-dire du poids et de la distance de la surface au centre, il en r\u00e9sulte indubitablement sur cette plan\u00e8te un \u00e9tat de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui y rend la vie toute diff\u00e9rente, r\u00e8gle d&#8217;une fa\u00e7on inconnue pour nous les actions m\u00e9caniques et doit y faire pr\u00e9dominer les esp\u00e8ces ail\u00e9es. Oui, Monsieur, l&#8217;Etre Roi sur Mars a des ailes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2009\" aria-describedby=\"caption-attachment-2009\" style=\"width: 331px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/martiens-aile\u0301s-lefaure_p72.jpg\" rel=\"lightbox[1999]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2009\" src=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/martiens-aile\u0301s-lefaure_p72-450x330.jpg\" alt=\"Martiens ail\u00e9s, imagin\u00e9s en 1889 par Henry de Graffigny et Georges Le Faure dans leur r\u00e9cit de science-fiction &quot;Les aventures extraordinaires d'un savant russe&quot;\" width=\"331\" height=\"243\" srcset=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/martiens-aile\u0301s-lefaure_p72-450x330.jpg 450w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/martiens-aile\u0301s-lefaure_p72.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 331px) 100vw, 331px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2009\" class=\"wp-caption-text\">Martiens ail\u00e9s, imagin\u00e9s en 1889 par Henry de Graffigny et Georges Le Faure dans leur r\u00e9cit de science-fiction &#8220;Les aventures extraordinaires d&#8217;un savant russe&#8221;<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00bb Il vole, passe d&#8217;un continent \u00e0 l&#8217;autre, se prom\u00e8ne, comme un esprit, autour de son univers auquel le lie cepen dant l&#8217;atmosph\u00e8re qu&#8217;il ne peut franchir, bien que&#8230;<br \/>\n\u00bb Enfin, Monsieur, vous figurez-vous cette plan\u00e8te couverte de plantes, d&#8217;arbres et d&#8217;animaux dont nous ne pouvons m\u00eame soup\u00e7onner les formes et habit\u00e9e par de grands \u00eatres ail\u00e9s comme on nous a d\u00e9peint les anges ? Moi je les vois voltigeant au-dessus des plaines et des villes dans l&#8217;air dor\u00e9 qu&#8217;ils ont l\u00e0-bas. Car on a cru autrefois que l&#8217;atmosph\u00e8re de Mars \u00e9tait rouge comme la n\u00f4tre est bleue, mais elle est jaune. Monsieur, d&#8217;un beau jaune dor\u00e9.<br \/>\n\u00bb Vous \u00e9tonnez-vous maintenant que ces cr\u00e9atures-l\u00e0 aient pu creuser des canaux larges de cent kilom\u00e8tres ? Et puis songez seulement \u00e0 ce que la science a fait chez nous depuis un si\u00e8cle&#8230; depuis un si\u00e8cle&#8230; et dites-vous que les habitants de Mars sont peut-\u00eatre sup\u00e9rieurs \u00e0 nous&#8230; \u00bb<br \/>\nIl se tut brusquement, baissa les yeux, puis murmura d&#8217;une voix tr\u00e8s basse :<br \/>\n\u00ab C&#8217;est maintenant que vous allez me prendre pour un fou&#8230; quand je vous aurai dit que j&#8217;ai failli les voir&#8230; moi&#8230; l&#8217;autre soir. Vous savez, ou vous ne savez pas, que nous sommes dans la saison des \u00e9toiles filantes. Dans la nuit du 18 au 19 surtout, on en voit tous les ans d&#8217;innombrables quanti\u00adt\u00e9s ; il est probable que nous passons \u00e0 ce moment-l\u00e0 \u00e0 travers les \u00e9paves d&#8217;une com\u00e8te.<br \/>\n\u00bb J&#8217;\u00e9tais donc assis sur la Mane-Porte, sur cette \u00e9norme jambe de falaise qui fait un pas dans la mer et je regardais cette pluie de petits mondes sur ma t\u00eate. Cela est plus amusant et plus joli qu&#8217;un feu d&#8217;artifice, Monsieur. Tout \u00e0 coup j&#8217;en aper\u00e7us un au-dessus de moi, tout pr\u00e8s, globe lumineux, transparent entour\u00e9 d&#8217;ailes immenses et palpitantes ou du moins j&#8217;ai cru voir des ailes dans les demi-t\u00e9n\u00e8bres de la nuit. Il faisait des crochets comme un oiseau bless\u00e9, tournait sur lui-m\u00eame avec un grand bruit myst\u00e9rieux, sem\u00adblait haletant, mourant, perdu. Il passa devant moi. On e\u00fbt dit un monstrueux ballon de cristal, plein d&#8217;\u00eatres affol\u00e9s, \u00e0 peine distincts mais agit\u00e9s comme l&#8217;\u00e9quipage d&#8217;un navire en d\u00e9tresse qui ne gouverne plus et roule de vague en vague. Et le\u00a0\u00a0 globe\u00a0\u00a0 \u00e9trange,\u00a0\u00a0 ayant\u00a0\u00a0 d\u00e9crit une courbe\u00a0\u00a0 immense,\u00a0\u00a0 alla s&#8217;abattre au loin dans la mer, o\u00f9 j&#8217;entendis sa chute profonde pareille au bruit d&#8217;un coup de canon.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2010\" aria-describedby=\"caption-attachment-2010\" style=\"width: 194px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/nizerolles_mars.jpg\" rel=\"lightbox[1999]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-2010\" src=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/nizerolles_mars-262x450.jpg\" alt=\"Une autre vision de martiens ail\u00e9s, dans &quot;Les Aventuriers du Ciel&quot; de R.M. de Nizerolles (1935-1937) \" width=\"194\" height=\"334\" srcset=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/nizerolles_mars-262x450.jpg 262w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/nizerolles_mars.jpg 386w\" sizes=\"auto, (max-width: 194px) 100vw, 194px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2010\" class=\"wp-caption-text\">Une autre vision de martiens ail\u00e9s, dans &#8220;Les Aventuriers du Ciel&#8221; de R.M. de Nizerolles (1935-1937)<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\">\u00bb Tout le monde, d&#8217;ailleurs, dans le pays entendit ce choc formidable qu&#8217;on prit pour un \u00e9clat de tonnerre. Moi seul j&#8217;ai vu&#8230; j&#8217;ai vu&#8230; S&#8217;ils \u00e9taient tomb\u00e9s sur la c\u00f4te pr\u00e8s de moi, nous aurions connu les habitants de Mars. Ne dites pas un mot, Monsieur, songez, songez longtemps et puis racontez cela un jour si vous voulez. Oui, j&#8217;ai vu&#8230; j&#8217;ai vu&#8230; le premier navire a\u00e9rien, le premier navire sid\u00e9ral lanc\u00e9 dans l&#8217;infini par des \u00eatres pensants&#8230; \u00e0 moins que je n&#8217;aie assist\u00e9 simplement \u00e0 la mort d&#8217;une \u00e9toile filante captur\u00e9e par la Terre. Car vous n&#8217;ignorez pas, Monsieur, que les plan\u00e8tes chassent les mondes errants de l&#8217;espace comme nous poursui\u00advons ici-bas les vagabonds. La Terre qui est l\u00e9g\u00e8re et faible ne peut arr\u00eater dans leur route que les petits passants de l&#8217;immensit\u00e9. \u00bb<br \/>\nIl s&#8217;\u00e9tait lev\u00e9, exalt\u00e9, d\u00e9lirant, ouvrant les bras pour figurer la marche des astres.<br \/>\n\u00ab Les com\u00e8tes, Monsieur, qui r\u00f4dent sur les fronti\u00e8res de la grande n\u00e9buleuse dont nous sommes des condensations, les com\u00e8tes, oiseaux libres et lumineux, viennent vers le soleil des profondeurs de l&#8217;Infini.<br \/>\n\u00bb Elles viennent tra\u00eenant leur queue immense de lumi\u00e8re vers l&#8217;astre rayonnant ; elles viennent, acc\u00e9l\u00e9rant si fort leur course \u00e9perdue qu&#8217;elles ne peuvent joindre celui qui les appelle ; apr\u00e8s l&#8217;avoir seulement fr\u00f4l\u00e9 elles sont rejet\u00e9es \u00e0 travers l&#8217;espace par la vitesse m\u00eame de leur chute.<br \/>\n\u00bb Mais si, au cours de leurs voyages prodigieux, elles ont pass\u00e9 pr\u00e8s d&#8217;une puissante plan\u00e8te, si elles ont senti, d\u00e9vi\u00e9es de leur route, son influence irr\u00e9sistible, elles reviennent alors \u00e0 ce ma\u00eetre nouveau qui les tient d\u00e9sormais captives. Leur parabole illimit\u00e9e se transforme en une courbe ferm\u00e9e et c&#8217;est ainsi que nous pouvons calculer le retour des com\u00e8tes p\u00e9rio\u00addiques. Jupiter a huit esclaves, Saturne une, Neptune aussi en a une, et sa plan\u00e8te ext\u00e9rieure une \u00e9galement, plus une arm\u00e9e d&#8217;\u00e9toiles filantes&#8230; Alors&#8230; Alors&#8230; j&#8217;ai peut-\u00eatre vu seule\u00adment la Terre arr\u00eater un petit monde errant&#8230;<br \/>\n\u00bb Adieu,\u00a0\u00a0 Monsieur,\u00a0\u00a0 ne\u00a0\u00a0 me r\u00e9pondez rien, r\u00e9fl\u00e9chissez, r\u00e9fl\u00e9chissez, et racontez tout cela un jour si vous voulez&#8230; \u00bb<br \/>\nC&#8217;est fait. Ce toqu\u00e9 m&#8217;ayant paru moins b\u00eate qu&#8217;un simple rentier.<em><br \/>\n<\/em><\/p>\n<figure id=\"attachment_2008\" aria-describedby=\"caption-attachment-2008\" style=\"width: 328px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/1024px-Maupassant_2.jpg\" rel=\"lightbox[1999]\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2008 size-medium\" src=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/1024px-Maupassant_2-328x450.jpg\" alt=\"1024px-Maupassant_2\" width=\"328\" height=\"450\" srcset=\"https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/1024px-Maupassant_2-328x450.jpg 328w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/1024px-Maupassant_2-746x1024.jpg 746w, https:\/\/blogs.futura-sciences.com\/luminet\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2015\/12\/1024px-Maupassant_2.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 328px) 100vw, 328px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-2008\" class=\"wp-caption-text\">Guy de Maupassant<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify\"><span style=\"color: #339966\"><br \/>\n[1]<\/span> cf. <em>La Science Fiction avant la SF :Anthologie de l&#8217;imaginaire scientifique francais du romantisme \u00e0 la pataphysique.<\/em><br \/>\n\u00e9dition \u00e9tablie par Monique Lebailly- Collection Griffures, Ed.L&#8217;Instant (1989)<\/p>\n<!-- AddThis Advanced Settings generic via filter on the_content --><!-- AddThis Share Buttons generic via filter on the_content -->","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lu r\u00e9cemment cet extraordinaire mais peu connu conte de Guy de Maupassant, paru en 1887. 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