Sibérie : l’amitié entre « Dersou Ouzala » et l’auteur Arseniev

Je pensais écrire au sujet du film de Kurosawa de 1975 et du livre source « Dersou Ouzala » de Vladimir Arseniev, publié en 1921 ou 1923 à Vladivostok. Toutefois une personne l’a fait bien mieux que j’aurais pu. Aussi je vous renvoie à son article sur la blogosphère et vous communique son nom avec plaisir Elizabeth Legros-Chapuis.

http://2009sediments.wordpress.com/2011/11/09/je-me-souviens-de-dersou-ouzala/

Dans la vraie vie, les deux amis, le guide et chasseur sibérien illettré Dersou Ouzala et le cartographe et officier russe de l’Extrême-Orient Vladimir Arseniev, disparurent de triste façon. Dans cet immense territoire asiatique, couvert par la  taïga, qu’ils aimaient le plus au monde, le premier fut assassiné en 1908 par un voleur et le second mourut en 1930, juste avant son arrestation. Cette dernière aurait vraisemblablement précédé son exécution par ceux-là mêmes qu’il avait servis, en tant que Commissaire des minorités ethniques, durant l’éphémère République de l’Extrême -Orient. Continuer la lecture

Mon expertise dans le Débat National sur la Transition Energétique

Une partie de ce travail est sur le site du MEDDE (Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie), dédié à la transition énergétique, mais une autre a été publiée essentiellement sur Mediapart*. Aussi ai-je souhaité regrouper ici ces textes correspondant à la durée de mon expertise (janvier-juillet 2013), sachant que la transition énergétique est l’un des grands chantiers du gouvernement :
– deux textes sur les outre-mer français et espagnol;
– deux textes sur la situation dans le Languedoc-Roussillon, au niveau régional, dont un exemple personnel rendu possible grâce à une importante entreprise locale qui s’est impliquée dans cette transition alors qu’a priori elle en est fort éloignée;
– un texte collectif du groupe des experts nationaux sur la gouvernance énergétique qui défend un rôle accru des collectivités territoriales et un rééquilibrage de leurs rapports avec les opérateurs de l’énergie, sur le modèle des régies municipales de l’eau.

Un documentaire « Les maîtres de l’eau«  a été tourné par Jean-Paul Llamazares (Gédéon Programmes), pendant cette période, et je suis persuadé qu’il donne plus de couleurs à ce travail technique, en fixant sur la pellicule les avancées effectuées sur l’île d’El Hierro (Canaries) dans l’outre-mer espagnol.

Les textes des experts n’engagent pas le MEDDE. Je remercie l’économiste Alain Grandjean de m’avoir proposé  d’être associé à cette expertise nationale.
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(*) Mediapart présente le double avantage d’être un site participatif et de mettre en accès libre sa partie « club » où j’ai déposée des contributions depuis 2010, soit en tant qu’invité soit en tant que blogueur.

 

ACTUS AFP : deux fois l’exemple d’El Hierro mis en avant

Réservoir supérieur et parc d'éoliennes. El Hierro, mars 2014. © A. Gioda,IRD.
Réservoir supérieur et parc d’éoliennes de la centrale hydro-éolienne. El Hierro, mars 2014. © A. Gioda,IRD.

Par deux fois, l’exemple de l’île d’El Hierro aux Canaries (Espagne) a été mis en avant par l’AFP ces derniers temps : le 20 mars et le 5 avril. La large couverture de l’agence de presse et ses nombreux clients lui ont donné une forte lisibilité.

Dans l’espace francophone,  la part des ENR – les énergies renouvelables y compris l’hydraulique – reste faible  (de l’ordre de 20,7% en 2013 de la production énergétique française) mais elle est en hausse sensible.

Ce chiffre est à comparer toutefois avec l’Espagne où l’éolien seul a fourni 21,1% de la demande en 2013 et les ENR 42,4% de celle-ci.

Pérou, Lima : « La Tante Julia et le scribouillard » de Mario Vargas Llosa

Dans le brouillard et donc sous un ciel plombé – les gens de Lima disent de couleur « ventre d’âne » -, les amours contrariées puis triomphantes d’une dame d’un certain âge, la Tante Julia, et de son neveu. En même temps à cette éducation sentimentale, s’ajoute celle du neveu au journalisme par un homme de plume et surtout de radio pittoresque : le scribouillard. La Tante Julia et le scribouillard viennent des hautes Andes de Bolivie et ils font souffler le vent de la liberté sexuelle et intellectuelle dans la société assoupie de la capitale péruvienne, au rythme provincial, qu’était alors Lima.

Conséquence de cette liberté : c’est un livre heureux où l’on rit beaucoup y compris le lecteur. Un récit largement autobiographique et un tableau truculent de la société péruvienne essentiellement urbaine des années 50 – plutôt toutefois les classes aisées . Un livre digne de Balzac le maître de Llosa qui tardivement a été couronné par le Nobel de littérature en 2010. A mon sens, un bijou ou mieux un gâteau à déguster telle la Tanta Wawa.

Exposition de Tanta Wawa, gâteaux  de fête préparés, lors de celle de Morts, pour ces derniers. Concours de la Casa de la cultura, Huacavelica, Hautes Andes, Pérou. Cliché : A. Gioda, IRD.
Exposition de Tanta Wawa, gâteaux de fête préparés, lors de celle de Morts, pour ces derniers. Concours de la Casa de la cultura, Huacavelica, Hautes Andes, Pérou. © A. Gioda, IRD.

P.S. : Les amours contrariées par la famille dans le livre de Llosa font irrésistiblement penser, selon mon épouse, au roman de Manzoni « Les fiancés«  du XIXème siècle dans lequel un seigneur empêche l’union des amants, au milieu de mille péripéties. Dans les deux romans, l’amour finit par triompher et le mariage célébré.

Japon : « Eloge de l’ombre », un bref essai de Jun’ichiro Tanizaki

 «  Eloge de l’ombre »  de Jun’ichiro Tanizaki est une lecture marquante de ma jeunesse, dans les années 70. Ce bref essai de 1933, était alors seulement disponible chez les Editions Orientalistes de France. Sa lecture explique peut-être pourquoi j’ai commencé à apprécier encore plus l’ombre, sachant que ma peau très blanche avait toujours craint le soleil.
Jun’ichiro Tanizaki l’un des écrivains majeurs du Japon du XXème siècle, explique bien que l’ombre y devient de plus en plus rare, avec l’occidentalisation croissante de son pays – depuis 1868 et donc l’ère Meiji. Il y a maintenant un culte de la lumière et blancheur par le biais de la recherche exacerbée de la propreté. S’effacent doucement du Japon, dans cette première moitié du XXème siècle, la lueur des bougies, la laque et métaphoriquement ses valeurs anciennes…
En Occident, on dirait que s’effacent le romantisme, le culte de la nature et du rêve dont l’émerveillement face au brouillard et aux cimes, le respect de la mort et le souvenir des Chers disparus. On ne retrouve l’amour de ces thèmes, au-delà de la mode gothique, que chez les plus jeunes qui sont toujours en quête du merveilleux et du surnaturel.

Très belle traduction de René Sieffert d’un texte publié pour la première fois en français en 1977. Vous l’avez compris : je vous le recommande chaleureusement. Pas cher car pas  épais. Aux EOF.

 

El Hierro : ombres et lumières du développement durable

Je suis rentré d’El Hierro ce mois de mars 2014 après une autre mission sur l’île.  C’était ma dixième, au moins depuis l’été 1991, sans compter quelques-unes sur les autres îles des Canaries et un séjour sur l’archipel du Cap Vert.

Quelles sont les ombres sur El Hierro ? De mon point de vue, il y a un retard préjudiciable et trois ombres ou trois problèmes sur l’île.

Le retard du démarrage de la centrale hydro-éolienne
Maintes fois reporté, son démarrage vient d’être encore renvoyé à l’été 2014. Toutefois les essais des turbines de la centrale hydraulique ont commencé en février dernier alors que les éoliennes sont déjà prêtes depuis largement plus d’une année.

Réservoir supérieur et parc d'éoliennes. El Hierro, mars 2014. © A. Gioda,IRD.
Réservoir supérieur de la centrale hydro-éolienne et parc de moulins (au 2ème plan et à gauche). El Hierro, mars 2014. © A. Gioda, IRD.

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Mimétisme et homochromie des attrape-brouillard

La nature prise tel un modèle, mimétisme et homochromie nous ont guidé, Carlos Recio, Arnaud Bouillon et moi, afin d’obtenir une large acceptation des attrape-brouillard dans des localités protégées et sensibles, ainsi les Réserves de la biosphère.

El Hierro : l’arbre fontaine imaginé dans l’Histoire

L’arbre fontaine d’El Hierro – le Garoé dans la langue des aborigènes Guanches – ne fut jamais croqué par ceux l’ayant vu entre 1405-06 (l’époque de la conquête de l’île par Jean de Béthencourt) et 1610 (l’année de son arrachage par une tempête). Il fut recréé puis finement dessiné par des artistes, des illustrateurs, des graveurs voire des scientifiques à partir de descriptions d’explorateurs, militaires, marchands et gens d’église. Le plus célèbre de ces observateurs du Garoé fut Bartolomé de Las Casas, missionnaire dominicain, évêque au Mexique et grand défenseur de la cause des Indiens au XVIème siècle, entre autres lors de la controverse de Valladolid.

El Hierro : l’arbre fontaine imaginé par les enfants

Camille Lassère Totchilkine, une jeune professeur de l’Ecole élémentaire Léo Malet de Celleneuve, village englobé dans la banlieue de Montpellier, m’avait joint, lors de l’année scolaire 2003-04, afin de travailler avec ses élèves au sujet l’arbre fontaine.  Ce sujet était paru en 2003 dans « Science & Vie Junior« , sous la plume du journaliste Pierre Lefèvre. J’ai pu conserver les prénoms et les noms des dessinateurs en herbe grâce aux bons soins de leur professeur des écoles : Hadjar Chadli, Emmanuela Fraisse, Léa François-Hage, Kamel Machkokot et Kevin Leffevre ou Pereira.

Les attrape-brouillard du projet européen Dysdera

« Les climats, les saisons, les sons, les couleurs, l'obscurité, la lumière , les éléments, les aliments, le bruit, le silence, le mouvement, le repos, tout agit sur notre machine, et sur notre âme . » Jean-Jacques Rousseau, Les confessions.