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Açores : « La femme de Porto Pim… » d’Antonio Tabucchi

Toujours des voyages immobiles. Tabucchi et ses récits fragmentaires, tel un archipel du rêve, avec les vaisseaux,  les naufrages, les baleines des Açores – autres îles de la Macaronésie et sœurs des Canaries – de « La femme de Porto Pim et autres histoires« .

« Nocturne indien » d’Antonio Tabucchi est plus connu. Un grand libre, toujours fragmenté et post-moderne sur Bombay, et j’aime aussi le film homonyme d’Alain Corneau avec Jean-Hughes Anglade qui l’a éclairé pour un plus large public.

Tabucchi nous a quitté malheureusement, il y a peu, et j’ai aussi beaucoup d’admiration pour son maître spirituel et écrivain nocturne, le portugais Pessoa et son chef-d’œuvre toujours inachevé car toujours repris « Le livre de l’intranquillité». Un manuscrit ou plutôt des notes qui dormirent ensuite longuement dans une malle de voyage.

El Hierro : Réserve de la biosphère

Prises des miradors construits par Don Zósimo, sous les conseils de César Manrique dans les années 80 (une œuvre poursuivie ensuite), ces photographies sont faciles à faire sans danger. Ces miradors incarneraient, s’il n’étaient point des objets, la réserve de la biosphère car insérant l’homme dans le monde minéral et vivant.

L’an 2000,  toute l’île a été déclarée Réserve de la biosphère par l’Unesco, dans le cadre du programme MAB (Man and Biosphere), après avoir déposé, par ses élus, sa candidature.

Mes voyages et missions cette année

Voilà mes missions et les évènements auxquels j’assisterai et où j’interviendrai les mois suivants en espérant en ajouter beaucoup d’autres.

2 février, 18 heures. Conférence au sujet de la transition énergétique, Aquaforum, en bordure de la Garonne, Rives d’Arsins, Bègles (Gironde), organisée par « Terre & Océan » de Bordeaux.

2-12 mars. Mission de terrain,  El Hierro et Tenerife (Canaries).

29 avril-10 mai. Terrain : géoparc Unesco de Sardaigne (Italie).
Dans le cadre de la préparation du COP 21 (Paris Climat 2015), l’Ambassade de France à Berlin, organise un symposium franco-allemand, en liaison avec l’INRA, sur le thème « Changement Climatique, Agriculture et Forêt » le 7 mai 2014 à Berlin. Invité début avril, je serai toutefois à cette époque en Sardaigne pour visiter, une seconde fois, le grand Géoparc multi-sites de cette île qui tourne autour de l’histoire et de l’archéologie industrielle. Pourquoi ? Afin d’étudier car l’île d’El Hierro a déposé aussi, auprès de l’Unesco, sa candidature en 2013 à cette classification de Géoparc pour relancer son tourisme choisi. Ce dernier est, de nos jours, réduit à la suite à la crise sismique et volcanique de 2011-2012. Cette crise deviendrait alors une chance pour El Hierro.

Début juillet.  Congrès PAGES (PAst Global chanGES) Amérique du Sud, Medellin, Andes de Colombie, organisé par l’IGBP (International Geosphere and Biosphere Programme).

Pago-Pago, Samoa : « Pluie » sur une île des Mers du Sud

Les voyages proposés seront immobiles car je ne parlerai que du temps passé et seul les livres en ont gardé trace. On peut y ajouter les archives et autres les grimoires, les vieilles cartes et photographies en blanc et noir.

Un exemple est donné ici : « A la différence des pluies molles du pays anglais, qui tombent en douceur, celle-ci, implacable, avait quelque chose d’effrayant : l’on croyait y rencontrer la malveillance des forces primitives de la nature ». (p.44).

Un extrait de l’excellente nouvelle de 1921 « Pluie » de W. Somerset Maugham  dans laquelle la perte de l’innocence d’un missionnaire protestant sur une île des mers du Sud correspond au déluge sous les tropiques, image du choc de la nature.

Cette île est Tutuila, dans l’archipel des Samoa américaines, où douze membres de l’équipage du scientifique Lapérouse avaient déjà péri en 1787. Elle est montagneuse et elle est 2 fois plus petite qu’El Hierro bien que 5 fois plus peuplée. Son port est Pago-Pago, un nom qui résonne telle une invitation aux voyages lointains.

El Hierro parmi « Un million de révolutions tranquilles »

Je  vous signale un livre sorti en 2012, mais seulement chroniqué par Jean-Luc Porquet dans  « Le Canard Enchaîné » le 11 décembre 2013 (page 5),  qui développe  entre autres l’expérience de l’île d’El Hierro aux Canaries : « Un million de révolutions tranquilles » par Bénédicte Manier aux éditions LLL.

Pour une fois, dans « Le Canard », la chronique du livre n’est pas acerbe mais, bien au contraire, élogieuse. L’auteur de cet ouvrage  est Bénédicte Manier, journaliste à l’AFP.

Ce livre est disponible dans les bonnes librairies et il peut être acheté sur l’Internet.

Mobilité électrique et la mienne avec une moto superéthanol

La mobilité électrique est encouragée sur El Hierro par un partenariat avec Renault-Nissan et l’implantation de bornes de recharge rapide par Endesa, l’équivalent en Espagne d’ EDF mais qui a été privatisée et qui est une société par actions, filiale de l’ENEL italienne.
Toutefois, en France le nombre de bornes est notoirement insuffisant. L’électricité fournie est aussi non tracée. Logiquement, la majorité doit venir de l’énergie nucléaire dont le gouvernement, dans le cadre de la future loi-programme sur la transition énergétique, veut voir sa part baisser dans la production nationale : à terme de 75% à 50%. De plus, ce n’est pas une énergie renouvelable (l’objectif affiché, et la France s’est engagée vis-à-vis de Bruxelles, est 23% de ENR en 2020). Enfin,  le minerai qui l’alimente est à 100% importé. Le déficit commercial de la France était en 2013 de 61,2 milliards d’euros dont l’énergie représente 83% du trou total (Le Figaro, 9 février 2014, Economie, p. 20). Continuer la lecture

El Hierro : l’homme qui plantait des arbres fontaines

La science est aussi une histoire d’amitiés. C’est parce que j’avais connu un ingénieur spécialisé dans le développement des zones arides au Niger en 1985 qui travaillait alors dans un pays voisin encore plus pauvre, le Tchad après une guerre civile, que je suis allé quelques années plus tard sur l’île d’El Hierro.
Andrés Acosta Baladón, c’était son nom – un homme petit mais vaillant aux jambes arquées peut-être la marque d’une jeunesse passée en partie à cheval dans son lointain Uruguay natal où les animaux sont bien plus nombreux que les hommes -, m’avait intrigué puis passionné avec ses filets attrape-brouillard et son histoire des usages traditionnels pour capturer l’eau de la brume dans les déserts côtiers grâce aux agaves et d’autres plantes. Entre autres, Andrés m’avait parlé de l’arbre fontaine ou arbre saint d’El Hierro aux Canaries qui avait existait là-bas jusqu’en 1610 et qui était utilisé comme source d’eau par les aborigènes berbères, les Guanches, avant la conquête espagnole au XVème siècle et encore au-delà. Continuer la lecture