El Hierro : un mix énergétique avec 67 % d’EnR en janvier 2018

La puissance électrique du mois de janvier 2018 produite sur l’île d’El Hierro aux Canaries fut de 3 405 MWh (Méga Watts heure) dont plus des deux-tiers (67 %) fournis par la seule centrale hydro-éolienne de Gorona del Viento inaugurée en 2014 et qui a pris sa vitesse de croisière en 2016.
Ce bon résultat de 2 270 MWh produit à partir d’EnR dépend en partie du bridage volontaire qu’effectue, dans sa feuille de route, le Réseau électrique espagnol (REE) qui met avant tout le thème de la sécurité de l’approvisionnement afin d’assurer le service de distribution. Le réseau dans une zone non interconnectée (ZNI dans le jargon technique), telle l’île d’El Hierro, ne cherche pas d’obtenir  de nouveaux records mais bien à assurer une transition énergétique en douceur. La part congrue du mix énergétique (33 %) a été produite par la centrale thermique au fioul de Llanos Blancos (1 135 MWh) qui fournissait encore 100 % de l’énergie électrique insulaire en 2014.
Le personnel Endesa de Llanos Blancos a dû faire face historiquement à deux tâches bien différentes dans deux centrales (thermique et EnR) de générations on ne peut plus dissemblables et il est donc en formation continue. Le fait que le personnel gère chaque jour mieux le mix énergétique (sans coupure de courant pour les usagers)  fait avancer l’aval du REE pour la pénétration de plus en plus importante des renouvelables dans le réseau insulaire.

Schéma de la station hydro-éolienne d’El Hierro. © http://gomollon.com. Le schéma est très pédagogique mais il manque la conduite forcée qui ferme le circuit d’eau en unissant le réservoir du haut à celui du bas tout en donnant son énergie à la centrale hydroélectrique (voir photo suivante). L’eau de mer préalablement dessalée ne sert que ponctuellement pour compenser les pertes dues pour l’essentiel à l’évaporation mais la centrale peut aussi utiliser de l’eau douce souterraine du volcan.
Lors de la fin de la construction de la centrale en 2013 on voit bien, au dessus de celle-ci et à gauche, les deux longs tubes verts : l’un celui de la conduite forcée, issu du bassin supérieur (invisible), et l’autre utilisé pour le pompage de l’eau du bassin inférieur, ici encore vide. © A. Gioda, IRD.

Le kWh (kilo Watt heure) est l’unité traditionnelle de mesure de l’énergie électrique. Il correspond au fonctionnement d’une puissance de 1 kW pendant 1 heure. Dans le langage courant, il est confondu fréquemment kilowatt (kW) et kilowatt heure (kWh). Un petit clin d’œil est nécessaire car nous parlons ici d’énergie propre alors que Watt – le véritable James Watt – est connu pour avoir grandement perfectionné la machine à vapeur qui utilisait des énergies fossiles. Cette machine a peu à peu déplacé la traction hippomobile bien que le cheval-vapeur, l’unité inventée par Watt lui-même, soit resté en usage dans la plupart des pays. Pour mémoire, 1 CV = 0,73539875 kW.

James Watt (1736-1819). Remarquable inventeur et industriel qui permit la diffusion massive de la machine à vapeur utilisant le charbon à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et au-delà.

Il est savoureux de savoir que James Watt fut l’ingénieur et l’industriel qui, en réussissant totalement la diffusion de la machine à vapeur inventée par Thomas Newcomen (ce dernier, dès 1712, construisit des engins capables de pomper l’eau qui s’infiltrait au fond des mines surtout celles, fort humides, d’étain des Cornouailles anglaises), est à l’origine involontairement du changement climatique anthropique par l’émission postérieure en masse de CO2 dans l’atmosphère. Certains scientifiques, par convention, font débuter d’ailleurs le changement climatique paroxystique actuel en 1769 quand Watt perfectionna, grâce à un brevet de façon satisfaisante, la machine à vapeur qui tournait essentiellement au charbon. Toutefois, à ce jour selon les publications de référence, la plupart admettent que la décennie de 1830 est la première dans laquelle, de manière significative, se note le réchauffement climatique causé par la révolution industrielle. Sur le fond et malgré cette belle avancée de l’équipe de Nerilie Abram, j’ai noté qu’il n’y a guère de lustres (périodes de 5 ans) durant lesquels cette limite soit repoussée par la science.

 

 

 

 

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