El Hierro 27 juin : inauguration de la centrale hydro-éolienne

NOUVELLE FLASH : inauguration officielle le 27 juin avec la cérémonie (en espagnol).

Panneau explicatif de la centrale 100% ENR El Hierro installé au niveau du réservoir supérieur. © A. Gioda, IRD.

Cette cérémonie sera précédée, les 25 et 26 juin à El Hierro, par un colloque Unesco. Pour plus d’informations à ce sujet, vous liriez sur le site de l’Unesco l’article correspondant sur www.renforus.net.
La société mixte, dans laquelle les autorités insulaires ont le premier rôle et qui est derrière la centrale dès sa conception depuis la fin de l’année 2004, a pris le nom de Gorona del Viento en hommage aux bergers de l’île. Ces derniers, tout comme sur les autres îles hautes des Canaries, sont célèbres dans l’histoire pour leurs acrobaties, faites avec un long bâton d’appui de la taille et de la forme d’une lance, face aux abimes des volcans afin de regrouper leurs chèvres égarées,  leur langage sifflé maintenant reconnu, protégé et diffusé, et ils bâtissaient traditionnellement des abris circulaires en pierre sèche (les goronas) pour se protéger du vent. La société de la nouvelle centrale hydro-éolienne a repris ce dernier nom afin de s’inscrire durablement dans l’histoire et aussi parce que les goronas sont liées au vent et que leur forme ronde, telle une couronne, se retrouve dans le cercle décrit par les éoliennes sans oublier le dessin des turbines hydrauliques.

Une gorona en ruine au premier plan. C'était un abri des anciens bergers contre le vent de forme circulaire et monté en pierre sèche. Celui-ci s'appuie en partie sur la roche en place. El Julian,  El Hierro. Cliché : A. Gioda, IRD.
Une gorona en ruine au premier plan. C’était un abri contre le vent des pasteurs, de forme circulaire, et monté en pierre sèche. Cette gorona s’appuie en partie sur la roche en place. El Julian, El Hierro. © A. Gioda, IRD.

 

 

2 réflexions sur “ El Hierro 27 juin : inauguration de la centrale hydro-éolienne ”

  1. Bonjour,
    Vous devriez peut-être prendre un peu de recul sur cette experimentaton en y intégrant les points suivants :
    . L’usine de dessalement d’eau de mer est maintenant dotée d’un process « osmose inverse » en lieu et place de l’ancien système par évaporation qui était gourmand en énergie.
    . La distribution de l’eau potable est assurée par un système de sous-stations et de réservoirs qui innervent l’île mais qui pèsent sur la consommation d’énergie.
    . L’eau osmosée, impropre à la consommation et à la culture doit être reminéralisée, ce qui est fait à partir de la déminéralisation de l’eau issue du puisage horizontal existant à la base de l’un des volcans.
    . Les murs de condensation de brumes produisent des quantités importantes d’eau potable en altitude.
    . La population n’est pas impliquée dans le processus d’autonomie énergétique et hydraulique, on ne peut donc pas attendre d’économie de ce côté là.
    . Le prix des carburants étant inférieur à 1 €, il ne faut pas imaginer de passage au tout électrique en matière de déplacement. Pire, les véhicules de Gorona del Viento sont tous à moteur thermique.
    A bientôt,
    Dominique
    06.30.44.30.52

    1. « L’usine de dessalement d’eau de mer est maintenant dotée d’un process « osmose inverse » en lieu et place de l’ancien système par évaporation qui était gourmand en énergie »

      Ma réponse (AG) :
      Les 3 usines de dessalement sur El Hierro fonctionnaient déjà à l’osmose inverse avant la construction récente de la 4ème usine, celle liée à la centrale hydro-éolienne. Le procédé à évaporation n’a plus cours depuis longtemps sur l’île. Il a fonctionné à l’usine la plus ancienne, celle de El Gangrejo (cf. « Les maîtres de l’eau », Géodéon Programmes, réalisateur Jean-Paul Llamazares, un documentaire de 52 mn qui fut diffusé sur Encyclo le 22 mars 2013).http://www.guilaindepardieu.fr/scienceenmarche.html

      Votre réaction (DD) :
      J’ignorais qu’il y avait 3 autres usines de dessalement. Je ne connaissais l’existence que de celle qui se trouve à proximité de l’usine de puisage Pozo de los Padrones. Cette usine de dessalement se situe là : https://www.google.fr/maps/place/El+Hierro,+Espagne/@27.7797366,-18.0125151,3a,75y,86.19h,88.87t/data=!3m7!1e1!3m5!1sslb2Cy6IejjzO5Isd9xqfw!2e0!6s%2F%2Fgeo1.ggpht.com%2Fcbk%3Fpanoid%3Dslb2Cy6IejjzO5Isd9xqfw%26output%3Dthumbnail%26cb_client%3Dmaps_sv.tactile.gps%26thumb%3D2%26w%3D100%26h%3D80%26yaw%3D42.713215%26pitch%3D0!7i13312!8i6656!4m2!3m1!1s0xc6b58ca31aa9a61:0x3e17297d21bf4a81!6m1!1e1
      Toutes les informations que je possède sur ces installations m’ont été données par l’un des gestionnaire du site : José Medina Alejandro, coordonnateur scientifique et ingénieur des mines qui nous a décrit les « pas si anciennes que ça » installations de dessalement par évaporation et leurs 72 heures de redémarrage nécessaires en cas d’arrêt. Des installations qu’il avait pilotées assez longtemps, selon ses mots.

      Ma 2e réponse (AD) :
      Il s’agit de la photographie de la station de dessalement proche de la localité balnéaire de La Maceta (Frontera) qui a été inaugurée en février 2012. Elle est fort moderne et fonctionne avec le procédé de l’osmose inverse.

      « La distribution de l’eau potable est assurée par un système de sous-stations et de réservoirs qui innervent l’île mais pèsent sur la consommation d’énergie ».

      Ma réponse (AG):
      C’est précisément pour garantir le pompage pour l’alimentation en eau et l’irrigation que l’on a diversifié les sources d’énergies et développé celles locales. Il est exclu de tomber en panne d’électricité longtemps et avec une seule centrale ici thermique, avec du fioul importé par bateau, c’était toujours possible.

      Votre réaction (DD) :
      Je suis bien d’accord avec vous sur ce point. Je n’ai pas pu obtenir de schéma du réseau de distribution, sous-stations de pompage et réservoirs (cela m’a été refusé pour des raisons de protection des données) et j’aurai bien voulu juger par moi-même des capacités de ce réseau. En augmentant la taille ou le nombre des réservoirs d’altitude, on peut non seulement « lisser » les consommations d’eau, mais encore on peut mieux les anticiper. On peut également, dans une certaine mesure, se passer d’électricité pendant plusieurs heures, les réservoirs ne nécessitant, par essence, aucune énergie de fonctionnement. Au fond il s’agit également de pomper de l’eau dans des réservoirs à l’instar de l’installation hydroaérolique [dans le blog, j’utilise son synonyme hydro-éolienne NdA] principale.

      Ma 2e réponse (AG) :
      Pour des raisons de sécurisation de l’alimentation en eau qui est vitale sur l’île et qui s’effectue essentiellement grâce au pompage électrique de l’eau de mer, la diffusion des données du réseau est, je vous le confirme, restreinte.

      « L’eau osmosée, impropre à la consommation et à la culture doit être reminéralisée, ce qui est fait à partir de la déminéralisation de l’eau issue du puisage horizontal existant à la base de l’un des volcans ».

      Ma réponse (AG) :
      Je ne vois pas la relation avec l’électricité. Toute eau déminéralisée dont celle de la pluie est impropre à la consommation, si ingérée en grande quantité. Il n’y a pas 1 puits horizontal mais bien 4 sur El Hierro dont 1 est privé.

      Votre réaction (DD) :
      Il n’y a pas de relation avec l’électricité. Je voulais prendre un peu de recul et voir le tableau dans son ensemble. Il n’y a pas que l’indépendance énergétique à envisager sur une telle île, Il y a aussi celle de l’indépendance chimique. Pour ce qui concerne les produits phytosanitaires agricoles, il faut revenir à une agriculture (et à une consommation) biologique de façon à, d’une part échapper aux conséquence de l’intensif, à ses perturbations endocriniennes et à son cortège de cancers inévitables, et d’autre part à ne pas dépendre des sociétés qui les produisent […]. Pour ce qui concerne l’eau, c’est le même problème. Certes l’osmose inverse apparaît comme une excellente solution, sauf en ce qui concerne la reminéralisation. Les sociétés, dont le comportement concernant l’eau rappelle celui des multinationales de l’agrochimie et des OGM, sont omniprésentes sur ce créneau. Il faudra lutter très fort pour ne pas dépendre des ces entreprises lorsque le seul moyen de produire de l’eau potable sur la planète sera de purifier les eaux usées au sortir de nos piètres station d’épuration, de les purifier par osmose inverse, puis de les reminéraliser en masse. C’est le très mauvais chemin que prend la Californie, par son expérience du Comté d’Orange au sud-est de Los Angeles, faute de consommer l’eau d’une manière parcimonieuse et raisonnée. J’ai beaucoup apprécié la réponse instantanée de Pepe (José Medina Alejandro) : « Notre eau issue de la base du volcan (Pozo de los Padrones) est naturellement minéralisée de façon excessive. Nous la déminéralisons et nous minéralisons l’eau osmosée avec les excédents ». Là je dis « Bravo Pepe ! » c’était la seule bonne réponse. Si d’aventure vous pouviez obtenir le schéma globale de production et de distribution de l’eau sur El Hierro, je serais très heureux de pouvoir y jeter un œil. En effet personne ne m’a cité, à part vous, les autres centrales de dessalement et les autres puisages horizontaux. Il faut dire que tous les exposés m’ont été faits en espagnol et que ma maîtrise de cette langue est loin d’être parfaite, je n’ai donc sûrement pas posé les bonnes questions, faute d’avoir pu les exprimer correctement. Il me revient cependant que, lors du tout premier exposé fait par un ingénieur de Gorona del Viento pour un groupe d’espagnols dans lequel je me suis immiscé subrepticement, il m’a semblé comprendre que l’usine de dessalement utilisait la pression de l’eau de turbinage de la centrale hydraulique (70 atmosphères me semble-t-il) pour augmenter la pression dans les chambres d’osmose. Si ce que j’ai compris est vrai, il faut évidemment que la centrale de dessalement se trouve tout prés de l’usine hydraulique pour minimiser les pertes de charge. Vous qui semblez avoir des informations plus complètes que les miennes (acquises sur place en 2 visites de 2 heures seulement) dans ce domaine, pourriez vous confirmer ou infirmer mes déductions ?

      Ma 2e réponse (AG) :
      Je vous confirme que la 4ème centrale de dessalement, la toute nouvelle de 2104, se trouve tout près de l’usine hydraulique afin de minimiser les pertes de charge.

      « Les murs de condensation de brumes produisent des quantités importantes d’eau potable en hauteur ».

      Ma réponse (AG) :
      Les brumes ou les brouillards sont déjà de la matière condensée au niveau physique. Il n’a pas des murs pour récupérer l’eau des brouillard mais, sur El Hierro, des arbres dits arbres fontaines et des filets attrape-brouillard. Néanmoins, leur collecte, bien que connue depuis des siècles, n’est pas pratiquée à grande échelle et cela reste un chantier à développer grandement. Je participe à un tel programme depuis 1991.

      Votre réaction (DD) :
      Je sais qu’il s’agit de matière condensée, mais sans ou avec très peu de précipitation, j’aurais du utiliser l’expression « murs de précipitations ». le rôle de l’arbre (que j’ai vu) ou des filets (que je n’ai pas vus) est donc d’augmenter le niveau de précipitation. Voici les informations dont je dispose : il existe 3 zones contenant chacune 2 murs en fonctionnement. Ces zones se situent à Malpaso, Ajonce et Binto. Chaque zone produit 1 000 litres d’eau par jour. Il m’a manqué 60 minutes de lumière naturelle, lors de la toute dernière journée de mon à séjour à El Hierro pour en visiter un. Je ne peux donc pas vous dire : « J’en ai vu un ! ». A vérifier donc. Si vous avez plus d’informations sur ce procédé, je suis preneur.

      Ma 2e réponse (AG) :
      Heureux de savoir qu’il y a maintenant des murs attrape-brouillard sur l’île. Une bonne chose. Je vérifierai cela début septembre ou mieux en octobre 2015 car j’aurai plus de temps.

      « La population n’est pas impliquée dans le processus d’autonomie énergétique et hydraulique, on ne peut donc pas attendre d’économie de ce côté là ».

      Ma réponse (AG) :
      La démarche insulaire a été différente.
      D’abord la population, soutenue par le parlement des Canaries et les deux universités, a refusé le tout tourisme puis le tout militaire et spatial qui aurait transformé El Hierro en petit Kourou, dans les années 90, au profit du développement durable. La conséquence en est une relative sobriété énergétique : la consommation par habitant est deux fois moindre que sur d’autres îles des Canaries telles Lanzarote et Fuerteventura ayant joué à fond la carte du tourisme de masse : 5 100 kWh/an contre au minimum 10 200 (données de 2010). En France métropolitaine, elle était en 2011 de 7 289 kWh/an/habitant. Ces chiffres se trouvent dans la publication académique Gioda (2014) in VertigO qui est en accès libre : « El Hierro (Canaries) : une île et le choix des transitions énergétique et écologique ».

      Ensuite, les revenus de Gorona del Viento sont versés après leur rachat, au prorata de sa participation de 66%, à l’administration insulaire, associant ainsi les habitants. La nouvelle équipe qui gère l’île et donc la centrale hydro-éolienne (grâce à sa participation majoritaire), depuis les élections générales espagnoles du 24 mai, avait mis le développement des EnR au centre de son programme de gouvernement.

      Votre réaction (DD) :
      Je n’étais pas au courant de toutes ces informations. Ma réflexion était plus basée sur des constats in situ. J’ai attendu 4 jours avant de prendre rendez-vous avec les gens de Gorona del Viento pour nos visites. Pendant ces 4 jours, j’ai demandé plus d’une vingtaine de fois à des autochtones (simples passants ou animateurs touristiques divers) de me dire qui s’occupait de gérer les installations hydroaéroliques et où je pouvais avoir une chance d’obtenir une autorisation de visite. Réponse systématique : « Aucune idée, essayez la mairie de Valverde« .
      « Il ne peut y avoir de progrès sans mesure ». Bien qu’usée jusqu’à la corde selon moi, cette phrase emblématique des démarches-qualité prend ici tout son sens. Les habitants de l’île, ne constatant pas de diminution de leur facture énergétique (due aux énergies renouvelables), seront incapables de mesurer leurs progrès et ils ne pourront pas modifier leur consommation. Pire que ça ! Les graphiques de production et de consommation de l’île sont consultables en temps réels sur Internet – https://demanda.ree.es/visionaCan/VisionaHierro.html# – mais il ne sont pas consultés parce que l’Internet ne fonctionne correctement qu’à un seul endroit El Puerto de la Estaca. Etant moi-même, spécialiste des faisceaux hertziens et des boucles locales hertziennes WiFi, j’ai été sidéré par la pauvre qualité de la couverture Internet de l’île (beaucoup de points de diffusion mais peu ou pas d’Internet diffusé à chaque point) alors qu’il est si simple de faire bien et pas cher. Le résultat est que, si les choses restaient en l’état, la population de l’île ne prendrait jamais connaissance de cet outil de mesure et elle ne progresserait pas dans ses habitudes de consommation. Une facture énergétique sur laquelle figurerait des coûts « fossiles/renouvelables » différents couplés à une surveillance continuelle, en temps réelle de la production de l’île, constituerait certainement une forte incitation à moins consommer mais surtout à consommer au bon moment.
      L’éclairage public reste partout allumé toute la nuit. Dans beaucoup de grandes villes de France, on supprime ces éclairages inutiles ou, du moins, on en limite le fonctionnement aux premiers heures de la nuit et au petit matin. Pourquoi pas à El Hierro ?
      Le touriste n’est pas incité à consommer moins d’eau, moins d’électricité. Pas d’information, pas de panneau d’affichage, tout est présenté comme si l’abondance était la règle. Etonnant, non ?

      « Le prix des carburants étant inférieur à 1 €/litre, il ne faut pas imaginer de passage au tout électrique en matière de déplacement. Pire, les véhicules de Gorona del Viento sont tous à moteur thermique ».

      Ma réponse (AG) :
      1 euro/litre pour de l’essence c’est encore fort cher pour les espagnols confrontés à la crise économique depuis 2008. Le prix du kW/h en Espagne est de l’ordre de 20-25 centimes d’euros ce qui rend économiquement fort intéressante la mobilité électrique.
      La transition vers la mobilité électrique sera progressive et elle s’appuiera sur l’administration insulaire et Endesa, sans compter que des lois régionales – oui, en Espagne, il y a des lois à ce niveau – pourraient la favoriser.
      Les gros véhicules des entreprises telles Gorona del Viento peuvent s’alimenter en biodiesel, d’origine locale, dont une petite unité de production a été créée sur l’île en 2014 avec l’aide de fonds européens. La transition, c’est aussi avoir des moteurs thermiques plus propres ou moins polluants, répondant à la norme E6. Il n’est pas recherché sur El Hierro le tout électrique. Les déplacements peuvent être suffisamment propres ou peu « impactants » sans être électriques. De plus, arriver à 100 % de renouvelables ne se fait pas du jour au lendemain, c’est un processus. Pour des raisons médiatiques, il faut toutefois simplifier la démarche. C’est un bon mix énergétique qui est la clef du succès soit « une révolution tranquille », selon les mots de la journaliste de l’AFP Bénédicte Manier.

      Votre réaction (DD) :
      Là je ne peux pas trop vous suivre, étant moi-même devenu un inconditionnel du 100% électrique et un ennemi des biocarburants lorsque l’autonomie agricole n’est pas atteinte. Les Etats-Unis contrôlent, avec l’Arabie Saoudite, le prix du brut depuis le début du XXème siècle (fin des années 20 et années 30). Les fluctuations du prix du brut ne sont pas le fruit d’un marché libre. […] Mon sentiment : arrêtons de consommer de l’énergie fossile comme si notre planète était inépuisable et sans nous rendre compte que nous enrichissons les pétroliers qu’ils soit américains, arabes, français ou espagnols. On doit passer au 100% électrique partout où cela est possible, en profitant chaque fois que possible du prix élevé des carburants fossiles, et cela serait certainement possible à El Hierro. La recharge des véhicules à des moments ou les éoliennes surproduisent fonctionnerait exactement comme un réservoir d’altitude supplémentaire. Mais pourquoi faire cet effort alors qu’il est si simple de consommer du carburant fossile si peu cher et se moquer de la pollution engendrée ? Mon sentiment est qu’il faut fortement promouvoir le 100% électrique pour que le processus s’amorce tout seul :

      – Construire des bornes de recharge 22 KW sur toute l’île, une borne de recharge pour chaque borne de diffusion d’Internet.
      – Équiper, à titre d’exemple, tous les services publics de l’île, de véhicules électriques (à commencer par Gorona del Viento qui utilise des grosses conduites intérieures diesel, une chose aberrante y compris pour ses salariés).
      – Proposer aux touristes de laisser leur voiture de location à Tenerife au profit d’un véhicule électrique fourni et rendu au port de La Estaca.
      – Proposer des locations gratuites de vélos à assistance électrique.
      – Engager un processus d’autopartage des véhicules électriques des autochtones.
      – Suivre la piste de Tinchebray-Bocage (5 000 habitants) dans l’Orne :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Tinchebray-Bocage
      http://www.tinchebray.fr/fr/actualite/97998/louez-voiture-electrique
      http://www.ouest-france.fr/une-marianne-dor-pour-le-projet-dauto-partage-electrique-2699306
      http://www.avere-france.org/Site/Article/?article_id=5595

      Ma 2e réponse (AG) :
      La mobilité électrique est sur la papier parfaite pour El Hierro car produite en grand partie avec des énergies renouvelables, sans nucléaire, et pour des trajets courts et fréquents. J’ai été interviewé plusieurs fois sur ce thème et mes idées sont encore sur l’Internet sur les sites de « La Croix », « Terra Eco », « Cité des Sciences et Palais de la Découverte de Paris », etc. Il suffirait avec un moteur de recherche de croiser le nom de ces médias avec le mien et « El Hierro » .
      Néanmoins, on ne peut pas forcer les gens à changer de type de mobilité (sans compter que les constructeurs bien implantés ne facilitent pas la tâche et la voiture est un choix individuel). C’est un travail de longue haleine car sur une telle île, loin de tout, la durée de vie d’une automobile court sur les 20 années. L’abattement des coûts de la mobilité électrique, en cas d’usage fréquent du moyen de transport, me parait le meilleur argument. Il présente aussi l’avantage de ne pas culpabiliser les gens qui n’y adhèrent pas tout de suite.
      Je précise que le biodiesel produit sur El Hierro ne vient pas des cultures mais uniquement du recyclage des huiles usagées (minérales et végétales, dans ce dernier cas, des cuisines des maisons et restaurants).

      « Vous devriez peut-être prendre un peu de recul… ».
      Ma réponse (AG) :
      Je fais de la recherche-action, une façon de travailler assez classique et donc bien définie, et les résultats sont évalués par mes pairs. Vous saurez que je n’ai ni biens ni autres intérêts économiques sur El Hierro qui est, d’abord pour moi, un objet d’étude.

      Votre réaction (DD) :
      Je ne vous faisais aucun procès d’intention, je cherchais juste à vous provoquer un petit peu pour vous contraindre à me répondre. Vous voudrez bien, je l’espère, me pardonner ce petit stratagème. Je ne suis moi-même qu’un simple touriste qui a fait exprès le déplacement vers El Hierro pour vérifier de visu ce qui est écrit sur le sujet sur Internet. J’ai évidemment été à la fois un peu déçu par l’embellissement journalistique non corrigé par les collectivités locales, dommage, et en même temps très emballé par ce que j’ai appris au contact de ceux qui font vivre le projet hydroaérolique avec un enthousiasme communicatif. La transition et l’autonomie énergétique est bien en marche à El Hierro. Par contre la transition agricole et l’autonomie alimentaire décrite sur Internet sont à mon avis sans fondement, la production biologique est quasi inexistante et là je suis très déçu. Il faut dire que l’Espagne en général, championne toutes catégories des cultures OGM en Europe, va bientôt payer le prix fort (avec des milliers de morts) pour cette erreur. J’avais espéré qu’El Hierro soit différente. Mais non, dommage !

      Ma 2e réponse (AG) :
      La transition écologique sur El Hierro a été une réussite sur le plan forestier, avec la fin de traversée de la montagne par les véhicules, pour l’élevage qui est reparti (en partie à cause du retour forcé à la terre des gens causé par la crise économique durable), pour la pêche traditionnelle, les loisirs verts tel le parapente, etc.
      Ce n’est pas le cas de l’agriculture qui est restée industrielle avec beaucoup d’intrants pour produire bananes, ananas et papayes sans oublier la viticulture où les bonnes pratiques restent trop rares.
      Des individus, souvent des néo-ruraux d’origine étrangère pas toujours bien intégrés dans une société insulaire traditionnelle, se sont lancés dans l’agriculture biologique mais les volumes produits restent faibles et leur production est écoulée sur les marchés de façon individuelle. La marque « Mercahierro », parrainée par l’administration insulaire et qui ne commercialise que tout petits volumes, est synonyme de qualité pour tout l’archipel des Canaries. Elle vend tout ce qu’elle commercialise : fromages, fruits et légumes.

      Ma conclusion (AG) :
      Vous accepteriez mes remerciements pour votre intérêt qui vous à mener sur l’île et j’espère qu’El Hierro, ses gens et leurs actions vous aient plu dans un archipel des Canaries bien différent d’elle.
      Votre réponse (DD) :
      Vous accepterez en retour mes propres remerciements pour la précision et la qualité de votre travail.
      Dominique Delport

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